The Project Gutenberg EBook of De l'imprim  Internet, by Marie Lebert

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

** This is a COPYRIGHTED Project Gutenberg eBook, Details Below **
**     Please follow the copyright guidelines in this file.     **

Title: De l'imprim  Internet

Author: Marie Lebert

Release Date: October 26, 2008 [EBook #27031]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DE L'IMPRIM  INTERNET ***




Produced by Al Haines









DE L'IMPRIME A INTERNET


MARIE LEBERT


Editions 00h00, Paris, 1999 & NEF, University of Toronto, 2001

Copyright  1999 Marie Lebert

Comment le monde de l'imprim accepte-t-il ce nouvel outil d'information et de
communication qu'est Internet? De quelle manire Internet prend-il en compte les
diffrents secteurs de l'imprim? Une tude date de mars 1999 et base sur de
nombreux entretiens. Avec une version anglaise (diffrente): From the Print
Media to the Internet. Les versions originales sont disponibles sur le NEF:
http://www.etudes-francaises.net/entretiens/print.htm


TABLE


1. Prsentation

2. Internet

3. Les cyberlibrairies

4. Les diteurs sur le Web

5. La presse en ligne

6. Les bibliothques sur le Web

7. Les cyberbibliothques

8. Les catalogues en ligne

9. Perspectives

10. Glossaire

11. Slection de documents imprims

12. Slection de sites web

13. Index des sites et pages web

14. Index des personnes cites


1. PRESENTATION


Si le monde de l'imprim couvre plus de cinq sicles, celui d'Internet entame
seulement sa cinquime anne.

1994 est l'anne qui marque les vritables dbuts d'Internet  l'chelle
mondiale, avec une restructuration en profondeur des communications  l'chelon
personnel et professionnel, et une restructuration des mthodes de travail 
tous les niveaux. Si Internet existe en fait depuis 1969 en tant que rseau mis
en place par le Pentagone et si l'invention du World Wide Web, beaucoup plus
rcente, date de 1989-90, Internet n'a vritablement "explos" qu' partir de
novembre 1993, suite  la cration de Mosaic, le premier logiciel de navigation
et l'anctre de Netscape.

Le monde de l'imprim et celui d'Internet sont-ils antagonistes ou
complmentaires? Quelle est leur influence l'un sur l'autre? Comment le monde de
l'imprim accepte-t-il ce nouvel outil d'information et de communication qu'est
Internet? De quelle manire Internet prend-il en compte cet outil
multicentenaire qu'est l'imprim? Travaillent-ils de concert? Se font-ils
concurrence? Quel est leur avenir commun? Le monde d'Internet va-t-il
compltement avaler l'univers de l'imprim, ou l'imprim va-t-il au contraire
domestiquer Internet en tant qu'outil de communication supplmentaire? Sans
compter toutes les interconnexions et transformations dont nous n'avons pas
encore ide puisqu'on nous assure rgulirement qu'Internet est en train de
rvolutionner le monde au mme titre que l'criture ou l'imprimerie en d'autres
temps.

Par ailleurs, quelles sont les implications pour tous les professionnels de
l'imprim: auteurs, bibliothcaires, diteurs, imprimeurs, journalistes,
libraires, traducteurs, etc.? Comment voient-ils la dferlante qui s'abat sur
eux et l'ouragan qu'amne dans leur vie professionnelle la conqute du monde de
l'imprim par Internet? Telles sont les questions qui seront abordes dans les
pages qui suivent.

De plus en plus d'ouvrages ont  la fois une dition lectronique et une dition
papier pouvant toutes deux tre commandes en ligne. Les cyberbibliothques
permettent de consulter de nombreux textes  l'cran. On a toujours loisir
d'acheter ensuite la version imprime si on prfre lire cinq cents pages au
coin du feu plutt que sur son ordinateur. Certains textes ou magazines ne sont
dsormais disponibles qu'en version lectronique, et les livres lectroniques
sont pour bientt.

De plus en plus de journaux et magazines ont maintenant leur site sur lequel on
trouve le texte intgral ou des extraits du dernier numro, les archives des
numros prcdents, des dossiers, etc. De plus en plus de catalogues de
bibliothques sont consultables en ligne. Et pratiquement tous les sites
proposent des liens avec d'autres sites ayant les mmes centres d'intrt. En
bref, Internet est devenu indispensable pour se documenter, avoir accs aux
documents et largir ses connaissances.

On ne traitera pas ici des publications pour la jeunesse qui, ayant connu un
grand essor depuis les annes soixante, forment un monde bien spcifique aussi
bien sur papier que sur Internet, et qui mriteraient une tude  part.

Aprs avoir situ Internet dans un contexte  la fois international, europen et
francophone, on tudiera son interaction avec l'imprim dans les domaines
suivants: librairies, diteurs, presse, bibliothques, cyberbibliothques et
catalogues. On incluera aussi les rponses des professionnels qui ont particip
 une enqute mene en juin et juillet 1998. Cette enqute portait sur trois
questions: 1) Quel est l'historique de votre site web? 2) Dans quelle mesure
Internet a-t-il chang votre vie professionnelle? 3) Comment voyez-vous votre
avenir professionnel avec Internet?

On exposera ensuite les perspectives concernant la proprit intellectuelle et
le droit du cyberespace, l'dition lectronique, la convergence multimdia et la
socit de l'information.

L'univers du Web se dveloppe et se transforme  une telle vitesse que certaines
des informations prsentes dans ces pages risquent d'tre rapidement obsoltes.
Tant pis, ou plutt tant mieux. Le monde d'Internet est rapide. Cela n'empche
pas un point de la situation  un moment donn, mme si ce point devient trs
rapidement historique et passe dans les archives. Datant de mars 1999, cette
tude est la version actualise d'une thse de doctorat de l'Ecole pratique des
hautes tudes (Universit de la Sorbonne, Paris) soutenue en janvier 1999.

[Aprs avoir t documentaliste sous contrat dans plusieurs pays pour monter des
services documentaires et informatiser des catalogues, l'auteure participe
maintenant  la prparation de publications (rdaction, traduction, correction
ou indexation). Depuis 1996, elle travaille essentiellement pour le Bureau
international du Travail (BIT, Genve). Passionne par les langues, elle
s'intresse galement au multilinguisme sur le Web, objet d'une autre tude.]


2. INTERNET


[Dans ce chapitre:]

[2.1. Chiffres et lments techniques / 2.2. Concepts de base / 2.3.
"Info-riches" et "info-pauvres" / 2.4. Internet francophone, anglophone et
multilingue]


2.1. Chiffres et lments techniques


Depuis trois ans environ, Internet fait partie intgrante de notre vie
quotidienne. Fin 1997, le nombre des cybernautes tait estim  100 millions,
avec un million de nouveaux utilisateurs chaque mois. D'aprs le Computer
Industry Almanach, document de rfrence sur l'volution du cyberespace, les
cybernautes seront plus de 300 millions en l'an 2000.

La France a t raccorde  Internet trs exactement le 28 juillet 1988. Dix ans
aprs, le nombre de cybernautes franais est estim  3 millions. D'aprs le
Computer Industry Almanach, il sera de 12,6 millions  la fin de l'an 2000.

Aprs avoir t un phnomne exprimental qui a enthousiasm quelques
"branchs", Internet a envahi le monde. Les signes cabalistiques des adresses
Internet fleurissent sur les livres, les magazines, les affiches et les
publicits, sans parler de tous les produits qu'on achte au supermarch. On
nous promet bientt Internet dans tous les foyers. On parle de mariage de
l'ordinateur et de la tlvision avec crans interchangeables ou intgrs, et
d'accs  Internet par le mme biais que la tlvision cble. Depuis le 1er
janvier 1998, pour un abonnement de 260 FF par mois tout compris, les Parisiens
peuvent accder au rseau Internet par leur prise de cble dans certains
arrondissements, et plusieurs villes de province (Annecy, Nice, Strasbourg,
etc.) disposent des mmes facilits depuis 1997.

Une autre preuve tangible de l'invasion d'Internet dans notre vie quotidienne
est que sa majuscule tend petit  petit  s'estomper. Internet - qui tait
encore une plante  part voici peu de temps - est peu  peu remplac par
internet, avec un "i" minuscule. Internet deviendra sans doute un nom commun, au
mme titre que: tlphone, ordinateur ou tlcopieur. En franais, on crit
aussi bien Internet, sans article, que l'Internet, avec article. Dans les pages
qui suivent, on a choisi d'utiliser la forme la plus rpandue dans le grand
public,  savoir Internet avec une majuscule et sans article.

En ce qui concerne le vocabulaire d'Internet, on a galement choisi autant que
possible l'quivalent franais d'un terme anglais quand celui-ci existe. Mais -
que les dfenseurs inconditionnels de la langue franaise nous pardonnent - on
utilise aussi quelques termes rsolument anglophones parce que tout simplement
intraduisibles si on veut que le texte reste comprhensible. On a galement
tent d'viter le ridicule. Par exemple, CD-Rom reste CD-Rom - orthographe
utilise entre autres par Libration, Le Monde et Tlrama - et non cdrom,
comme le prconise l'Acadmie franaise. CD-Rom tant l'acronyme de "compact
disc-read only memory", il n'y a aucune raison de le franciser. De mme, on
parle par exemple de courrier lectronique et non de Ml. (abrg de: messagerie
lectronique), un terme  l'orthographe rsolument francophone, mais beaucoup
moins utilis.

Les paragraphes qui suivent ne se veulent en aucune manire une prsentation
complte d'Internet. Les ouvrages abondent dans ce domaine, et on en trouvera
une slection dans la bibliographie. Le but est seulement de "situer" Internet
pour une meilleure comprhension du sujet. De mme, on utilise les termes
techniques uniquement quand c'est indispensable, et ceux-ci sont
systmatiquement expliqus dans le corps du texte et dans le glossaire. Etant
assez critique  l'gard des informaticiens employant un language hermtique
compris d'eux seuls alors qu'ils sont censs se faire comprendre du grand
public, on a tent d'viter de tomber dans les mmes travers.

Internet est dfini comme un ensemble de rseaux commerciaux, rseaux publics,
rseaux privs, rseaux d'enseignement, rseaux de services, etc., qui oprent 
l'chelle plantaire. De par ses facilits de connexion d'une part et de par sa
diversit d'autre part, Internet offre d'normes ressources en information et en
communication, et ces ressources augmentent rgulirement et de faon
spectaculaire.

C'est le World Wide Web qui a rendu Internet trs populaire et qui a permis sa
gigantesque progression. Directeur de l'Internet Activities Board (IAB),
Christian Huitema explique que le World Wide Web "repose sur trois ides
principales, la navigation par 'hypertexte' [ensemble de liens permettant
l'accs  d'autres documents], le support du multimdia, et l'intgration des
services prexistants."

Plus communment appel Web, ou encore WWW ou W3, le World Wide Web a t cr
par Tim Berners-Lee en 1989-1990 au CERN (Laboratoire europen pour la physique
des particules)  Genve, et il a rvolutionn la consultation d'Internet en
permettant la publication de documents au moyen du systme hypertexte,  savoir
un ensemble de liens hypertextes permettant de passer d'un document textuel ou
visuel  un autre au moyen d'un simple clic de souris. Devenue vritablement
interactive, l'information devenait soudain beaucoup plus attractive.

Le Web est donc trs postrieur  Internet, rseau informatique global
connectant gouvernements, socits, universits, etc., depuis bientt trente
ans. Et, mme si, improprement, on les considre souvent comme synonymes, le Web
n'est qu'un des aspects d'Internet, qui englobe plusieurs autres services:
courrier lectronique, forums de discussion, visioconfrence, gopher, FTP (file
transfer protocol), IRC (Internet relay chat), Telnet (terminal network
protocol), etc.

Le Web a logiquement bnfici de l'infrastructure d'Internet, particulirement
aux Etats-Unis. C'est la raison pour laquelle ce pays a quelques longueurs
d'avance sur le reste du monde. On se plaint souvent de l'hgmonie amricaine
alors que il s'agit surtout d'une avance technique. Comme on le verra plus loin,
malgr tous les efforts des "dynosaures" politiques et commerciaux, il est
difficile  quelque pays ou  quelque communaut que ce soit de "mettre la main"
sur le Web, c'est ce qui fait sa force.

Dvelopp par le National Center for Supercomputing Applications (NSCA) 
l'Universit d'Illinois (USA) et distribu gratuitement  partir de novembre
1993, Mosaic fut le premier navigateur sur le Web et il contribua grandement 
son dveloppement rapide. Dbut 1994, une partie de l'quipe de Mosaic migra
dans la Netscape Communications Corporation pour commercialiser son logiciel
sous le nom de Nescape Navigator. A ce jour, il est le navigateur le plus
utilis au monde avec 70% du march mondial.

En 1995, pour concurrencer Netscape Navigator, Microsoft cra Internet Explorer,
distribu gratuitement dans le pack accompagnant Windows 95 - qui quipe 90% des
ordinateurs dans le monde - ce qui provoqua un vritable toll. Les concurrents
de Microsoft accusaient la socit de vouloir crer une situation de
quasi-monopole, mettant ainsi en pril la libre concurrence alors qu'il existe
une lgislation anti-trust dans le domaine de la haute technologie. Depuis
plusieurs mois, les mdias couvrent abondamment les dmls de Bill Gates,
patron de Microsoft, avec le ministre amricain de la Justice sur la
commercialisation d'Internet Explorer avec ou sans Windows 98 - qui succde 
Windows 95.

Chaque serveur web est accessible au moyen d'une adresse qui lui est propre,
plus prcisment appele URL (uniform resource locator). De par leur complexit,
un grand nombre d'adresses Internet sont difficiles  retenir, si bien que les
navigateurs proposent des favoris, galement appels signets. Ces favoris
permettent  chacun de constituer son propre rpertoire de sites web sans devoir
relancer une recherche ou bien retaper compltement une adresse pour chaque
consultation.

Un site web est le plus souvent form d'un ensemble de pages-cran relies entre
elles par des liens hypertextes, qui sont en gnral souligns et d'une couleur
diffrente de celle du texte. Grce  un simple clic, l'utilisateur est renvoy
soit  une autre partie du document, soit  un autre document du site, soit  un
autre site. Plus rcemment, cette interactivit a encore t accrue par la
possibilit de liens hypermdias permettant la connexion de textes et d'images
avec des graphiques, vidos ou bandes sonores.

La recherche sur le Web est facilite par des annuaires et des moteurs de
recherche.

Appels galement rpertoires par les francophones, les annuaires recensent tous
les sites web et les classent par thmes afin d'aider l'utilisateur  trouver
l'information qu'il cherche. Ces annuaires permettent aussi bien de trouver
l'adresse d'un site dont on connat dj le nom que de faire une recherche par
sujet.

L'annuaire le plus utilis sur le Web est Yahoo!, acronyme de: Yet Another
Hierarchical Officious Oracle! Cr en 1994 par des tudiants de l'Universit de
Stanford (Californie, USA) pour recenser et classer par thmes les sites web,
Yahoo! est devenu une institution. Le travail est effectu par le cerveau
humain, contrairement aux moteurs de recherche comme AltaVista o tout est
automatis. Divis en 63 grandes catgories, Yahoo! comprend notamment des
secteurs sur les bibliothques, les cyberbibliothques, les textes
lectroniques, etc. Consultable en anglais, allemand, coren, franais,
japonais, norvgien et sudois, Yahoo! travaille de concert avec AltaVista.
Quand une recherche ne donne pas de rsultat dans l'un, elle est automatiquement
aiguille sur l'autre. Depuis la fin dcembre 1998, le site de Yahoo! France
permet  chaque utilisateur de crer son propre guide de recherche avec Mon
Yahoo!

Les moteurs de recherche sont de gigantesques bases de donnes dans lesquelles
le recensement des sites est entirement automatis. Le plus utilis, AltaVista,
est disponible en quatorze langues, dont le franais. Il permet aussi la
recherche d'images, et la recherche par sujets grce  AltaVista Subject Search.
Depuis dcembre 1997, il propose AltaVista Translation, un service de traduction
automatise de l'anglais vers les langues suivantes: allemand, espagnol,
franais, italien et portugais, et vice versa. Bien qu'ayant ses limites:
traduction de trois pages maximum, texte traduit trs approximatif, etc., ce
service a t immdiatement trs apprci des cybernautes non anglophones.

D'autres instruments de recherche ont t crs  destination du public
francophone, par exemple Nomade ou Ecila.

Le seul vritable point faible du Web, ce sont les connexions parfois difficiles
et les dlais d'attente imprvisibles ncessaires pour se connecter  un
fournisseur d'accs  Internet par le biais du rseau tlphonique. Ces dlais
mettent les nerfs du cybernaute press  rude preuve et devraient tre rsolus
 plus ou moins long terme. Pour le moment, le plus souvent, un particulier se
connecte  Internet par le biais d'un modem branch sur sa ligne tlphonique,
appel un rseau  bande troite (fils de cuivre). Les rseaux  bande troite
seront progressivement remplacs par des rseaux  bande moyenne (RNIS et ADSL)
et des rseaux  large bande (fibres optiques), qui viteront les dlais de
connexion et permettront un dchargement rapide des images. D'ores et dj, la
carte RNIS (rseau numrique  intgration de services) permet une transmission
rapide des donnes par cble tlphonique, paralllement  la transmission des
services de tlphonie et de tlcopie.

Le procd ADSL (asymmetric digital subscriber line) permet d'augmenter
considrablement la vitesse de transmission des donnes par les lignes
tlphoniques classiques tout en prservant lui aussi la circulation de la voix
et de la tlcopie. Depuis octobre 1997, France Tlcom et Alcatel ont lanc
Turbo Wanadoo, avec une premire plate-forme exprimentale  Noisy-le-Grand
(Seine-Saint-Denis, dans la rgion parisienne), suivie d'une deuxime
plate-forme  Rennes (Bretagne) au printemps 1998. L'abonnement est de 422 FF
par mois.

Aux traditionnels cbles mtalliques succdent les cbles  fibres optiques, de
bien plus gros dbit. Ces cbles utilisent la technologie ATM (asnychronous
tranfer mode), un protocole pouvant transmettre tout type d'information, y
compris la voix et la vido, par l'acheminement indpendant de cette information
fragmente en de multiples paquets et reconstitue  l'arrive pour recomposer
l'information initiale, le tout dans un dlai donn.

Dans Cyberplante : notre vie en temps virtuel, passionnant ouvrage de Philip
Wade et Didier Falkand (Paris, ditions Autrement, 1998), il est indiqu que les
Etats-Unis installent 6.000 kilomtres de fibre optique par jour. A ce rythme,
il leur faudra 890 ans et 700 milliards de dollars d'investissement pour
remplacer tous les fils de cuivre du tlphone. Pour une opration similaire, le
Japon aurait besoin de quinze ans et 500 milliards de dollars.

Afin d'acclrer les changes de donnes sur le rseau, on envisage donc
maintenant d'installer des satellites en orbite basse d'ici l'an 2002. Situs 
moins de 2.000 km d'altitude, ces satellites auront un temps de rponse de vingt
millisecondes, correspondant  celui d'un cble  fibre optique. Plusieurs
programmes ont t mis en place pour travailler  ce projet, dont le programme
europen Skybridge et ceux de ses concurrents amricains Celestru et Teledesic.

Techniquement parlant, on s'interroge souvent sur la place de l'Europe dans le
dveloppement d'Internet. A la question pose en dcembre 1997 par Pierre
Ruetschi, journaliste  la Tribune de Genve: "Pourquoi l'Europe a-t-elle
accumul un tel retard sur les Etats-Unis en matire de prsence et de
dveloppement sur l'Internet? Et peut-elle rattraper ce retard?", Tim
Berners-Lee, prsident du World Wide Web Consortium, rpondait en expliquant
l'avance des Etats-Unis par les importants investissements faits par l'Etat. Il
insistait aussi sur l'avance technologique de l'Europe sur les Etats-Unis dans
plusieurs domaines: Minitel, cartes  puce, tlphones cellulaires, etc.

Il est vrai que la France fut un pays pilote avec l'utilisation intensive du
Minitel par un quart de sa population. Dvelopp par France Tlcom, le Minitel
est un terminal permettant la consultation de serveurs  domicile, consultation
qui fut fortement encourage par l'Etat franais puisqu'il distribua
gratuitement des millions de terminaux. L'opration Minitel fut un succs,
contrairement  des oprations similaires menes dans d'autres pays (Prestel en
Angleterre, BX en Allemagne ou Alex au Canada) qui, elles, ne remportrent pas
le succs escompt. Mme s'il est technologiquement limit, le Minitel est "tout
ce qu'Internet doit encore devenir", expliquait Bruno Guissani dans le quotidien
Libration du 5 dcembre 1997. "Le cot de l'quipement est proche de zro. Le
systme permet des transactions sres et lgalement fiables. Il garantit un bon
degr de protection personnelle (privacy). Il est simple  utiliser. Et il
gnre des revenus tant pour ses oprateurs que pour les marchands qui s'y
aventurent."

La plupart des serveurs disponibles sur Minitel le sont maintenant galement sur
le Web, avec les avantages qu'offrent une consultation meilleur march (le prix
d'une communication tlphonique locale), la facilit de navigation et les
possibilits du multimdia.

Dans les foyers, la consultation du Minitel va bientt tre rempace par celle
d'Internet. Alcatel, firme franaise qui fut l'une des bnficiaires du succs
du Minitel, compte mettre le successeur du Minitel sur le march en 1999. Muni
d'un cran couleur et fonctionnant en langage Java, ce tlphone permettra de
naviguer en direct sur Internet. Il sera quip d'un modem de 33,6K (kilobits
par seconde) ou d'une carte RNIS (rseau numrique  intgration de services),
ainsi que d'un lecteur de carte bancaire permettant les paiements scuriss. Cet
quipement cotera environ 3.000 FF.


2.2. Concepts de base


Sur le site de l'Internet Society, organisme professionnel international
coordonnant et promouvant le dveloppement d'Internet, The Brief History of
Internet propose d'Internet une triple dfinition. Internet est : 1) un
instrument de diffusion internationale, 2) un mcanisme de diffusion de
l'information, 3) un moyen de collaboration et d'interaction entre les individus
et les ordinateurs, indpendamment de leur situation gographique.

Selon ce document, bien plus que toute autre invention (tlgraphe, tlphone,
radio ou ordinateur), Internet a rvolutionn de fond en comble le monde des
communications. Il reprsente un des exemples les plus russis d'interaction
entre un investissement soutenu dans la recherche et le dveloppement de
l'infrastructure de l'information, qui ont t l'objet d'un rel partenariat
entre les gouvernements, les industries et les universits.

C'est le 24 octobre 1995 que le Federal Networking Council (FNC) accepte une
rsolution visant  proposer une dfinition dveloppe en consultation avec les
membres des communauts d'Internet et ceux des organismes dfendant la proprit
intellectuelle. Internet est donc dfini comme un systme d'information globale
obissant aux trois caractristiques suivantes: 1) des adresses d'un type unique
bases sur le protocope IP (Internet protocol) ou ses extensions, 2) des
communications utilisant le TCP/IP (transmission control protocol / Internet
protocol), ses extensions ou des protocoles compatibles, 3) la mise 
disposition de services publics ou privs  partir de ces infrastructures.

Sur le site du World Wide Web Consortium, consortium industriel international
tablissant les protocoles communs ncessaires au Web, Bruce Sterling dcrit le
dveloppement spectaculaire d'Internet dans Short History of the Internet.
Internet se dveloppe plus vite que les tlphones cellulaires ou les
tlcopieurs. En 1996, sa croissance tait de 20% par mois. Le nombre des
machines ayant une connexion directe TCP/IP avait doubl depuis 1988. D'abord
prsent dans l'arme et dans les instituts de recherche, Internet a dferl
comme un raz-de-mare dans les coles, les universits et les bibliothques, et
il a galement t pris d'assaut par le secteur commercial.

Bruce Sterling s'intresse aussi aux raisons pour lesquelles on se connecte 
Internet. Une des raisons essentielles lui semble tre la libert. Internet est
un exemple d'"anarchie relle, moderne et fonctionnelle". Il n'y a pas de
socit Internet. Il n'y a pas non plus de censeurs officiels, de patrons, de
comit de direction ou d'actionnaires. Toute personne peut parler d'gale 
gale avec une autre, du moment qu'elle se conforme aux protocoles TCP/IP, des
procotoles qui ne sont pas sociaux ou politiques mais strictement techniques.

Internet est aussi une bonne affaire commerciale. Contrairement  la tlphonie
traditionnelle, il n'y a pas de frais longue distance. Et, contrairement aux
rseaux informatiques commerciaux, il n'y pas de frais d'accs. En fait,
Internet, qui n'existe mme pas officiellement en tant qu'entit, n'a pas de
facturation propre. Chaque groupe de personnes ayant accs  Internet est
responsable de ses propres machines et de ses propres connexions.

Plusieurs organismes internationaux travaillent au dveloppement d'Internet. En
voici trois.

Cre en 1992 par Vinton Cerf, souvent appel le pre d'Internet parce qu'il est
l'inventeur du protocole TCP/IP ( la base de tout change de donnes),
l'Internet Society (ISOC) est un organisme professionnel international non
gouvernemental regroupant des secteurs ayant des intrts divers afin d'laborer
des solutions permettant de promouvoir le dveloppement d'Internet.

Le World Wide Web Consortium (W3C) est un consortium industriel international
fond en 1994 pour dvelopper les protocoles communs ncessaires  la croissance
du Web et guider ainsi cette croissance en en dfinissant les standards. Etabli
 Boston dans le MIT Laboratory for Computer Science (MIT: Massachussets
Institute of Technology, USA) et dirig par Tim Berners-Lee, inventeur du World
Wide Web en 1989-1990, il runit les entreprises qui comptent dans le monde
d'Internet.

L'Electronic Frontier Foundation (EFF) est un organisme  but non lucratif de
dfense des liberts civiles, qui oeuvre dans l'intrt public pour protger le
respect de la vie prive, la libert d'expression, l'accs en ligne de
l'information publique et la responsabilit civile dans les nouveaux mdias.

Internet est-il un concurrent direct de la tlvision et de la lecture? En 1996,
un cybernaute sur deux passait moins de temps devant la tlvision. 18% des
cybernautes lisaient moins de livres, 5% en lisaient plus. 15% lisaient moins de
quotidiens et magazines, 12% en lisaient plus.

Au Qubec, o 30,7% de la population est connecte  Internet, un sondage
ralis en mars 1998 par l'institut Som pour le compte du magazine
Branchez-vous! montre que 28,8% des Qubcois connects regardent moins la
tlvision qu'avant. Par contre, seuls 12,1% lisent moins, ce qui, d'aprs le
cyberquotidien Multimdium, est "plutt encourageant pour le ministre de la
Culture et des Communications qui a la double tche de favoriser l'essor de
l'inforoute et celui... de la lecture!"

Lors d'un entretien avec Annick Rivoire publi dans Libration du 16 janvier
1998, Pierre Lvy, philosophe, expliquait qu'Internet va contribuer  la fin des
monopoles:

"Le rseau dsenclave, donne plus de chance aux petits. On crie 'ah! le monopole
de Microsoft', mais on oublie de dire que l'Internet sonne la fin du monopole de
la presse, de la radio et de la tlvision et de tous les intermdiaires."

Fondateur de l'Internet Society (ISOC), Vinton Cerf insiste rgulirement sur le
fait qu'Internet relie moins des ordinateurs que des personnes et des ides. Il
explique aussi:

"Le rseau fait deux choses [...]: comme les livres, il permet d'accumuler de la
connaissance. Mais surtout, il la prsente dans une forme qui la met en relation
avec d'autres informations. Alors que dans un livre, l'information est maintenue
isole."

C'est ce que Pierre Lvy dfinit comme l'intelligence collective:

"Les rseaux permettent de mettre en commun nos mmoires, nos comptences, nos
imaginations, nos projets, nos ides, et de faire en sorte que toutes les
diffrences, les singularits se relancent les unes les autres, entrent en
complmentarit, en synergie."

Philosophe passionn par le cyberespace, Timothy Leary constate dans Chaos et
cyberculture (Paris, ditions du Lzard, 1997):

"Jamais l'individu n'a eu  sa porte un tel pouvoir. Mais,  l'ge de
l'information, il faut saisir les signaux. Populariser signifie 'rendre
accessible au peuple'. Aujourd'hui, le rle du philosophe est de personnaliser,
de populariser et d'humaniser les concepts informatiques, de faon  ce que
personne ne se sente exclu."

Lors d'une entrevue accorde en automne 1997  Franois Lemelin, rdacteur en
chef de L'Album, publication officielle du Club Macintosh de Qubec, Jean-Pierre
Cloutier, auteur des Chroniques de Cybrie, expliquait:

"Je crois que le mdium (Internet, ndlr) va continuer de s'imposer, puis donner
lieu  des services originaux, prcis, spcifiques, quand on aura trouv un
modle conomique de viabilit. Que ce soit pour les cybermdias d'information
comme les Chroniques de Cybrie, ou pour les info-services, les services
communautaires et publics en ligne, le commerce lectronique, l'ducation 
distance, la politique post-moderne qui va changer les rapports lus/commettants
(lus/administrs, ndlr), en fait, tout a s'en vient (tout cela est pour
bientt, ndlr). (...) Pour ce qui est des rapports avec les autres mdias, je
crois qu'il faut regarder en arrire. Contrairement aux dires des alarmistes de
toutes les poques, la radio n'a pas tu l'industrie de la musique ou du
spectacle, pas plus que le cinma. La tl n'a pas tu la radio, ni le cinma.
Le vido  domicile non plus. Quand un nouveau mdium arrive, il se fait une
place, les autres s'ajustent, il y a une priode de transition, puis une
'convergence'.

Ce qui est diffrent, avec Internet, c'est la dimension interactive du mdium et
son impact possible. C'est la donne sur laquelle on rflchit encore, on
observe. Aussi, comme mdium, le Net fait merger de nouveaux concepts sur le
plan de la communication, et sur le plan humain, et ce mme pour les non
branchs. Je me souviens (eh oui, j'ai cet ge) quand McLuhan est arriv, fin
des annes soixante, avec son concept de 'village global' en se basant sur la
tlvision, le tlphone, et qu'il prvoyait les changes de donnes entre
ordinateurs. Eh bien il y a eu des gens, en Afrique, sans tlvision et sans
tlphone, qui ont lu et qui ont compris McLuhan. Et McLuhan a chang des choses
dans leur conception de voir le monde. L'Internet a ce mme effet. Il provoque
une rflexion sur la communication, la vie prive, la libert d'expression, les
valeurs auxquelles on tient, celles dont on est prt  se dbarrasser, et c'est
a qui en fait un mdium si puissant, si important."


2.3. "Info-riches" et "info-pauvres"


Les enjeux conomiques de la socit de l'information sont considrables. "Un
chiffre trs suprieur aux exportations mondiales de produits agricoles, et une
croissance la plus rapide de toutes les industries avec un taux moyen de 15% par
an depuis 1990 pour l'informatique et de 10% pour les tlcommunications. Leur
contribution au PIB (produit intrieur brut) mondial devrait dpasser 10% d'ici
 l'an 2000 et poursuivre son expansion au-del", prcisent Philip Wade et
Didier Falkand dans Cyberplante: notre vie en temps virtuel (Paris, ditions
Autrement, 1998).

Il existe videmment une corrlation directe entre le dveloppement conomique
et social et l'accs aux tlcommunications. L'accs aux nouvelles technologies
de communication progresse beaucoup plus rapidement dans les nations situes au
nord de la plante que dans celles situes au sud, et on trouve beaucoup plus de
serveurs web en Amrique du Nord et en Europe que sur les autres continents.
Deux tiers des cybernautes habitent les Etats-Unis, pays dans lequel 40% des
foyers sont quips d'un ordinateur, pourcentage que l'on retrouve aussi au
Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas. Le pourcentage est de 30% en Allemagne, 25%
au Royaume-Uni, et 20% dans la plupart des pays industrialiss.

Disponibles dans le Computer Industry Almanach, document de rfrence sur
l'volution du cyberespace, les statistiques du 19 mars 1998 sur le pourcentage
des connexions par nombre d'habitants montrent que la Finlande est le pays le
plus "branch" du monde avec 25% de cybernautes, suivi par la Norvge (23%) et
l'Islande (22,7%). Les Etats-Unis se trouvent au quatrime rang avec 20% de
cybernautes. Onze pays dans le monde ont une proportion d'usagers d'Internet
dpassant les 10%, et la Suisse est le onzime avec 10,7%.

En ce qui concerne le pourcentage global, les statistiques de fin 1997 du
Computer Industry Almanach - qui tiennent compte des branchements  domicile, au
bureau et dans les tablissements d'enseignement - montrent que les Etats-Unis
sont encore largement en tte avec 54,68% du total mondial, suivis par le Japon
(7,97%), la Grande-Bretagne (5,83%) et le Canada (4,33%). Les chiffres montrent
aussi que la place des Etats-Unis ne cesse de diminuer: 80% en 1991, moins de
65% en 1994, moins de 50% courant 1998 et une prvision de moins de 40% en l'an
2000. La France (1,18%) et la Suisse (0,77%) font galement partie des quinze
pays les plus "branchs".

A l'chelle mondiale, l'accs universel aux autoroutes de l'information est loin
d'tre assur. En ce qui concerne la tlphonie de base, la tldensit varie de
plus de 60 lignes tlphoniques pour 100 habitants dans les pays riches (par
exemple 68 en Sude, 63 aux Etats-Unis, 61 en Suisse et au Danemark)  moins
d'une dans les pays pauvres. L'Amrique du Nord et l'Europe de l'Ouest disposent
de la moiti des lignes tlphoniques dans le monde, alors que la moiti de la
population mondiale n'a jamais utilis un tlphone.

Dans les pays en dveloppement, il est fort peu probable que les connexions 
Internet se fassent par le biais des lignes tlphoniques traditionnelles alors
qu'il existe maintenant d'autres solutions technologiques. Les pays en
dveloppement possdent un taux d'quipement en lignes numriques comparable 
celui des pays industrialiss. En 1995, les statistiques taient de 77% pour
l'Amrique du Nord, 72% pour l'Asie et le Pacifique, 64% pour l'Europe de
l'Ouest et l'Amrique latine, et 70% pour le Moyen-Orient et l'Afrique.

Le dveloppement de la tlphonie mobile est galement spectaculaire, et
l'quipement en tlviseurs est proche de celui des pays industrialiss. Selon
Philip Wade et Didier Falkland, le micro-ordinateur pourrait avoir un
dveloppement similaire,  condition que la fiscalit et les droits de douane ne
soient pas trop levs. La solution pourrait se trouver dans la radiotlphonie
cellulaire et la connexion par satellite. Par contre, le contrle des moyens
d'information, facile pour la tlvision, risque de l'tre beaucoup moins pour
Internet, mme si des pays comme la Chine ou Singapour bloquent pour le moment
l'accs  certains serveurs jugs politiquement ou moralement incorrects.

Lors d'un discours prononc en octobre 1995  Genve pendant le septime Forum
international des tlcommunications, Nelson Mandela, prsident de l'Afrique du
Sud, dclarait que "les technologies de communication ne doivent pas tre
considres comme un luxe, intervenant aprs le dveloppement gnral du pays,
mais comme l'une des convictions qui dterminent les capacits des pays en
dveloppement  engager la modernisation de leur conomie et de leur socit".

Les nouveaux rseaux peuvent contribuer au dveloppement conomique des pays en
dveloppement. Plusieurs programmes ont t lancs dans ce domaine comme infoDev
(programme de la Banque mondiale) ou WorldTel et, spcifiquement pour l'Afrique,
un programme de l'US Agency for International Development (AID), @frinet
(programme du Canada) ou AfriWeb (programme du Qubec).

La dmarcation entre "info-riches" et "info-pauvres" ne suit cependant pas
systmatiquement la dmarcation entre pays dvelopps et pays en dveloppement.
L'accs aux technologies de l'information est lui-mme trs ingal dans les pays
riches. Quelques pays en dveloppement, par exemple la Malaisie ou les pays
d'Amrique latine, ont une politique trs dynamique en matire de
tlcommunications. Un document prparatoire de la deuxime Confrence sur le
dveloppement des tlcommunications dans le monde - qui s'est droule du 23
mars au 1er avril 1998  Valletta (Malte) - montre que plusieurs pays en
dveloppement, comme le Botswana, la Chine, le Chili, la Thalande, la Hongrie,
le Ghana et l'Ile Maurice, ont russi  tendre la densit et la qualit de
leurs services tlphoniques au cours des trois dernires annes. Par contre,
pour les nations les plus pauvres, la situation s'est encore aggrave.

Prsident de Nation Printers and Publishers (Kenya) (devenue Nation Media Group
le 23 juillet 1998), Wilfred Kiboro dclarait lors du Colloque sur la
convergence multimdia des 27-29 janvier 1997  Genve:

"Le cot de la technologie de l'information doit tre ramen  un niveau
abordable. Je rve du jour o les villageois africains pourront accder 
Internet depuis leur village, aujourd'hui priv d'eau et d'lectricit." En
effet, dans le domaine des mdias particulirement, il existe un gouffre entre
les "info-riches" et les "info-pauvres". Dans de nombreux pays africains, le
tirage des journaux est extrmement faible compar au chiffre de la population,
et chaque exemplaire est lu par une vingtaine de personnes au moins. Selon
Wilfred Kiboro, les cots de distribution pourraient fortement baisser avec la
mise en service d'un systme d'impression par satellite qui viterait le
transport des journaux par camion dans tout le pays.

Un article du quotidien Le Monde du 30 mars 1998 montre que certains pays en
dveloppement comptent aussi sur le Web pour redorer leur image, comme la
Mauritanie qui, fin mars 1998, prsentait son site web officiel au sige de la
Banque mondiale. Vitrine du pays  destination des touristes et des
investisseurs trangers, ce site a pour but d'amliorer une image passablement
ternie suite au reportage d'une chane de tlvision sur la persistance de
l'esclavage dans ce pays, alors que celui-ci est officiellement aboli depuis des
annes. A l'intrieur du pays, la consultation d'Internet est fortement
rglemente par l'Office des postes et des tlcommunications (OPT), qui est
l'oprateur national, et rendue plus difficile encore par des cots de connexion
prohibitifs,  savoir trois fois ceux d'une communication tlphonique locale.

La Chine elle aussi est en train de dcouvrir l'information numrique. Elle
dispose d'un Internet national, le China Wide Web, dont le nombre d'abonns est
pass de 100.000 en 1996  600.000 en 1997. Mis en place par la China Internet
Corporation (CIC), une socit tablie  Hong Kong, il s'agit d'un rseau
d'affaires et d'informations passablement coup du monde, filtr et surveill
par les autorits chinoises. Le 27 mars 1998, le cyberquotidien Multimdium
crivait:

"Tout cela respire la langue de bois, le totalitarisme et l'opportunisme  plein
poumons, bien sr. Mais qui sait si la logique libertaire du mdium ne finira
effectivement pas, un jour, par l'emporter sur l'idologie? Ce fameux jour o la
Chine se branchera..."

Le goufre entre "info-riches" et "info-pauvres" n'est pas seulement celui qui
spare les pays dvelopps des pays en dveloppement. C'est aussi, dans
n'importe quel pays, celui qui spare les riches des pauvres, ceux qui ont du
travail et ceux qui n'en ont pas, ceux qui ont leur place dans la socit et
ceux qui en sont exclus. Moyen de communication, Internet peut tre une
passerelle au-dessus du goufre, comme le montre un encart de la revue
Psychologies de mai 1998:

"Aux Etats-Unis, un mouvement voit le jour: la confiance en soi... par Internet!
Des milliers de sans-abri ont recours au rseau pour retrouver une place dans la
socit. Non seulement le Net fournit une adresse  qui n'en a pas et te les
inhibitions de qui redoute d'tre jug sur son apparence, mais c'est aussi une
source d'informations et de contacts incomparable. Bibliothques et associations
d'aide au quart-monde l'ont bien compris: des salles informatiques, avec accs 
Internet, animes par des formateurs, sont ouvertes un peu partout et les
mairies en publient la liste. A travers le e-mail (courrier lectronique), les
homeless (sans-abri) obtiennent les adresses des lieux d'accueil, des banques
alimentaires et des centres de soins gratuits, ainsi qu'une plthore de sites
pour trouver un emploi. A 50 ans, Matthew B. a pass le quart de sa vie dans la
rue et survit, depuis trois ans, d'une maigre subvention. Il hante la
bibliothque de San Francisco, les yeux rivs sur l'cran des ordinateurs.
'C'est la premire fois, dit-il, que j'ai le sentiment d'appartenir  une
communaut. Il est moins intimidant d'tre sur Internet que de rencontrer les
gens face  face.'"


2.4. Internet francophone, anglophone et multilingue


Aprs avoir t anglophone  pratiquement 100%, Internet l'est encore  plus de
80%, un pourcentage qui s'explique par les trois facteurs suivants : 1) les
premires annes ont vu la cration d'un grand nombre de sites web manant des
Etats-Unis, du Canada ou du Royaume-Uni, 2) la proportion de cybernautes est
encore particulirement forte en Amrique du Nord par rapport au reste du monde,
3) l'anglais est la principale langue d'change internationale.

Comme Internet s'tend progressivement  tous les continents et  de nombreux
pays non anglophones, ce pourcentage est  la baisse.

Paralllement, les sites francophones ont enregistr une forte expansion depuis
1996. Au dbut de 1998, les Qubcois attendaient de pied ferme l'arrive en
masse de sites franais, surtout dans le domaine du commerce lectronique. Le 10
fvrier 1998 , lors d'un entretien avec le cyberquotidien Multimdium, Louise
Beaudouin, ministre de la Culture et des Communications du Qubec, dclarait:
"J'attendais depuis deux ans que la France se rveille. Aujourd'hui, je ne m'en
plaindrai pas. "A cette date, le Qubec (6 millions d'habitants) proposait plus
de sites web que la France (60 millions d'habitants). La ministre attribuait le
retard de la France  deux facteurs: d'une part les tarifs levs du tlphone
et du Minitel, d'autre part les transactions commerciales possibles sur le
Minitel depuis plusieurs annes, ce qui avait ralenti l'expansion du commerce
lectronique sur Internet.

"En voulant trop en faire une affaire nationale, qui exprimerait aussi par
ailleurs l'antipathie qu'ils ont envers les Anglais, les Franais ont tendance 
freiner la propagation de leur culture. Cela est trs regrettable", lit-on le 7
novembre 1996 dans Yomiyuri Shimbun, le plus grand quotidien japonais avec ses
dix millions d'exemplaires (cit dans un article de Pierre Perroud, crateur de
la cyberbibliothque Athena). Ce clich a-t-il jamais t vrai, si ce n'est
pendant la Guerre de cent ans?

Plus optimiste, Tim Berners-Lee, crateur du Web, dclarait cependant en
dcembre 1997  Pierre Ruetschi dans la Tribune de Genve:

"Pourquoi les francophones ne mettent-ils pas davantage d'informations sur le
Web? Est-ce qu'ils pensent que personne ne veut la lire, que la culture
franaise n'a rien  offrir? C'est de la folie, l'offre est videmment norme."
Ces remarques sont-elles une critique, un encouragement, ou les deux? On aurait
pu les comprendre il y a deux ou trois ans, mais il n'est pas sr qu'elles
soient encore de mise aujourd'hui. Il suffit de naviguer sur le Web francophone
pour s'en rendre compte.

Un exemple parmi d'autres de la coopration francophone est le beau site de
l'Agence de la francophonie. L'Agence, "instrument de coopration multilatrale
ne d'un idal, celui de crer une communaut qui fasse entendre sa voix dans le
concert des nations, participe aujourd'hui  l'avnement d'un Secrtariat
gnral de la Francophonie". Cre en 1970 pour regrouper 21 tats francophones,
l'Agence de la francophonie en comptait 47 en 1997.

S'il est la langue des pays francophones, le franais est aussi la deuxime
langue utilise dans les organisations internationales. Malgr la pression
anglophone, relle ou suppose selon les cas, des francophones veillent  ce que
le franais, langue officielle de plus de quarante tats, ait sa place en Europe
et dans le monde, au mme titre que les autres grandes langues de communication
que sont l'anglais, l'arabe, le chinois et l'espagnol. L aussi, l'optique est
aussi bien la dfense d'une langue que le respect du multilinguisme et de la
diversit des peuples.

C'est l'Annuaire de l'UREC (UREC: Unit rseaux du CNRS) qui a t le premier
annuaire de sites web franais. Travail de pionnier, il a permis aux cybernautes
francophones d'une part de se familiariser avec le Web sans se noyer dans la
masse d'informations mondiale, d'autre part de connatre les sites qui petit 
petit fleurissaient en France et ailleurs. Cr au dbut de 1994, il a d'abord
recens les sites acadmiques, puis son contenu est devenu plus gnraliste.

Comme l'expliquait Claude Gross sur le site  l'automne 1997, la gestion de
l'annuaire est ensuite devenue trs difficile du fait de l'accroissement
constant du nombre de sites web, et notamment de sites commerciaux. Par la
suite, d'autres annuaires ont vu le jour, dont certains dbuts avec l'aide de
l'UREC. En juillet 1997, considrant que la mission qu'elle s'tait donne tait
accomplie, l'UREC a donc arrt la mise  jour de cet annuaire gnraliste. Il
est maintenant remplac par un annuaire spcialis consacr  l'enseignement
suprieur et  la recherche.

Nombreux sont ceux qui travaillent  une meilleure reprsentation du franais
sur le Web, en prnant un Web francophone intgr dans un Web international et
multilingue tenant compte de la diversit des langues en Europe et dans le
monde.

La Dlgation gnrale  la langue franaise (DGLF) s'est donne plusieurs
missions : veiller  la promotion et  l'emploi du franais en France, favoriser
son utilisation comme langue de communication internationale et dvelopper le
plurilinguisme, garant de la diversit culturelle. La rubrique: France langue
propose trois listes de diffusion consacres  la langue franaise: France
langue, France langue assistance et France langue technologies. Gre et modre
par la DGLF, France langue se veut "un lieu convivial d'changes d'informations
et d'ides (manifestations, colloques, publications, etc.), ainsi qu'un lieu de
discussion sur les thmes lis  la langue franaise,  la diversit
linguistique,  la dynamique des langues,  la politique linguistique", et elle
accueille toutes les questions d'ordre linguistique (grammaire, orthographe,
usage, etc.).

La DGLF a galement men plusieurs actions pour assurer la place du franais sur
les nouveaux rseaux, notamment l''dition de guides techniques sur
l'utilisation dans les logiciels des caractres typographiques et des accents
propres  la langue franaise, ce en liaison avec l'AFNOR (Association franaise
de normalisation), et la traduction des logiciels commercialiss en France.

Le site de la Maison de la Francit, association belge subventionne depuis 1976
par la Commission communautaire franaise, souhaite prsenter la ralit
socio-linguistique de Bruxelles, seconde capitale internationale de langue
franaise aprs Paris, tout en agissant pour la dfense et la promotion de la
langue franaise  Bruxelles et au sein de la Communaut franaise
Wallonie-Bruxelles.

Au Qubec, le dynamique Office de la langue franaise (OLF), organisme
gouvernemental charg d'assurer la promotion du franais, veille 
l'implantation et au maintien du franais dans les milieux de travail et des
affaires et dans les services administratifs. Il dfinit et conduit la politique
qubcoise en matire de linguistique et de terminologie.

La propagation d'une langue passe aussi par l'tude dynamique de celle-ci.
Internet ouvre des horizons sans prcdent sur l'utilisation de bases de donnes
linguistiques et les possibilits de recherche textuelle, tmoin le site de
l'Institut national de la langue franaise (INaLF), qui prsente ses propres
recherches, notamment dans le discours littraire du 14e au 20e sicle (contenu,
smantique, thmatique), la langue courante (langue crite, langue parle,
argot), le discours scientifique et technique et ses ressources terminologiques.

Les instances politiques ont galement contribu  favoriser l'accs des
autoroutes de l'information aux francophones. En application de la Rsolution
sur la socit de l'information adopte par les chefs d'Etat et de gouvernement
 Cotonou (Bnin) en dcembre 1995, la Confrence des ministres francophones
chargs des inforoutes s'est droule  Montral (Qubec) du 19 au 21 mai 1997.
Date du 21 mai 1997, la Dclaration de Montral proposait de "dvelopper une
aire francophone d'ducation, de formation et de recherche; soutenir la cration
et la circulation de contenus francophones et contribuer  la sauvegarde et  la
valorisation des patrimoines; encourager la promotion de l'aire francophone de
dveloppement conomique; mettre en place une vigie francophone (veille active);
sensibiliser prioritairement la jeunesse ainsi que les utilisateurs, les
producteurs et les dcideurs; assurer la prsence et la concertation des
francophones dans les instances spcialises."

De par sa vocation internationale, Internet doit tre multilingue. On dispose
enfin d'un instrument qui peut abolir les frontires au lieu d'en crer
d'autres. De plus en plus de sites offrent des prsentations bilingues ou
trilingues, voire multilingues. Le site du quotidien belge Le Soir, par exemple,
offre une prsentation du journal en six langues: franais, allemand, anglais,
espagnol, italien et nerlandais. Le Club des potes, lui, prsente son site en
anglais, en espagnol et en portugais.

Le multilinguisme est l'affaire de tous, tmoin cet Appel du Comit europen
pour le respect des cultures et des langues en Europe (CERCLE) qui, diffus dans
les onze langues officielles de l'Union europenne, dfend "une Europe
humaniste, plurilingue et riche de sa diversit culturelle". Il propose aux
rviseurs du Trait de l'Union europenne douze amendements prenant en compte le
respect des cultures et des langues.

"La diversit et le pluralisme linguistiques ne sont pas un obstacle  la
circulation des hommes, des ides et des marchandises ou services, comme veulent
le faire croire certains, allis objectifs, conscients ou non, de la culture et
de la langue dominantes. C'est l'uniformisation et l'hgmonie qui sont un
obstacle au libre panouissement des individus, des socits et de l'conomie de
l'immatriel, source principale des emplois de demain. Le respect des langues, 
l'inverse, est la dernire chance pour l'Europe de se rapprocher des citoyens,
objectif toujours affich, presque jamais mis en pratique. L'Union doit donc
renoncer  privilgier la langue d'un seul groupe."

Il n'empche que, mme si on prne le multilinguisme, il est vraiment
dsagrable de se heurter  des pages web dont le contenu vous intresse mais
dont on ne comprend pas la langue. Depuis dcembre 1997, le moteur de recherche
AltaVista, utilis par douze millions d'internautes, propose AltaVista
Translation, un service de traduction automatise de l'anglais vers cinq autres
langues (allemand, espagnol, franais, italien et portugais), et vice versa.
Aliment par des dictionnaires multilingues contenant plus de 2,5 millions de
termes, ce service, gratuit et instantan, a t mis en place par Systran,
socit pionnire de la traduction automatique. La traduction tant entirement
automatise, elle est videmment approximative. Le texte  traduire doit tre de
trois pages maximum, et la page originale et la traduction apparaissent en
vis--vis sur l'cran. Cet outil a ses limites, mais il a le mrite d'exister et
il prfigure ceux de demain.

Internet est multilingue. Toutes les langues y sont dj reprsentes. Tt ou
tard, la rpartition des langues sur le Web correspondra  leur rpartition sur
la plante. Mme s'ils donnent encore des rsultats surprenants et souvent peu
satisfaisants, des logiciels de traduction de pages web sont maintenant
disponibles sur le march, et des recherches sont menes par plusieurs socits
(Alis Technologies, Globalink, Lernout & Hauspie, Systran, etc.) pour les
amliorer.

[Pour des informations plus compltes sur le Web et les langues, merci de vous
reporter  une autre tude, Le multilinguisme sur le Web.]


3. LES CYBERLIBRAIRIES


[Dans ce chapitre:]

[3.1. Cyberlibrairies francophones / 3.2. Cyberlibrairies non francophones /
3.3. Librairies de livres anciens / 3.4. Fournisseurs de livres pour
bibliothques / 3.5. L'avenir des cyberlibrairies]

De nombreuses librairies dites "traditionnelles" - avec libraires, locaux,
vitrines, livres en pile sur des prsentoirs ou aligns sur des rayonnages - ont
cr un site sur Internet. D'autres librairies n'ont ni murs, ni vitrine, ni
enseigne sur la rue. Leur vitrine est leur site web, et toutes leurs
transactions s'effectuent par le biais d'Internet. Dans les deux cas, les
librairies en ligne sont souvent appeles librairies virtuelles par les
francophones. Au terme de librairie virtuelle on prfrera ici celui de
cyberlibrairie parce que, bien que n'ayant ni murs, ni vitrine, ni enseigne sur
la rue, une cyberlibrairie n'en est pas moins bien relle.

L'internaute peut consulter le catalogue de la cyberlibrairie sur son cran et
rechercher un livre par auteur, par titre ou par sujet. Sur l'cran, il peut
galement lire le rsum ou des extraits des livres qui l'intressent, et se
tenir inform de l'actualit du livre. Et surtout, qu'il cherche, consulte, lise
ou commande, il n'a pas  se dplacer et  faire la queue. Il peut effectuer le
paiement de sa commande au moyen de sa carte de crdit puisque les librairies
sont maintenant pourvues d'un systme de paiement scuris. Il peut aussi
envoyer son paiement par chque ou par virement s'il est rfractaire  l'envoi
de son numro de carte de crdit par Internet.

Voici quelques exemples de cyberlibrairies francophones, cyberlibrairies
anglophones, librairies de livres anciens et fournisseurs de livres pour
bibliothques. Paralllement on s'interrogera sur l'avenir des librairies en
ligne et de la commercialisation des livres sur Internet.


3.1. Cyberlibrairies francophones


Le site de la FNAC ouvre sur le logo "fnac" blanc sur fond ocre bien connu.
Prsente en France, en Belgique et en Espagne, la FNAC se veut  la fois
dfricheur, agitateur culturel et commerant. Elle dfinit sa politique
commerciale comme "fonde sur l'alliance avec le consommateur, sa vocation
culturelle et sa volont de dcouvrir les nouvelles technologies". Outre un
magazine littraire en ligne, la FNAC a ouvert un secteur: commerce
lectronique, qui permet  chacun de commander les livres, disques, vidos et
CD-Rom de son choix. La commande s'effectue par Internet, Minitel ou tlphone.
La livraison s'effectue en France comme  l'tranger. Les modes de paiement sont
la carte de crdit ou le chque  la commande. Ce service inclut galement la
rservation et le paiement de places de spectacles qui sont ensuite envoyes au
domicile du client, et la rservation de voyages.

Le Furet du Nord est une chane de librairies franaises implante dans le Nord
de la France et dont le sige est  Lille. Son site permet de consulter une base
de donnes rpertoriant 250.000 ouvrages en langue franaise disponibles dans le
monde entier et de commander instantanment ces ouvrages. Il propose aussi un
suivi permanent de l'actualit littraire. La vente  distance reprsente 15 
20% du chiffre d'affaires total de la librairie, et les meilleurs clients sont
les coles, les universits, les comits d'entreprises et les ambassades.

En rgion Rhne-Alpes, la chane de librairies Decitre offre un site qui est un
modle de clart. Ses neuf librairies sont particulirement dynamiques dans le
domaine du multimdia, avec un rayon trs complet sur Internet et
l'informatique. Elles organisent rgulirement des confrences et des
initiations  Internet, et des dmonstrations de CD-ROM.

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Muriel Goiran expliquait que le
site web, cr en 1996 et revu en dcembre 1997, a t remani  nouveau pour
adopter une nouvelle prsentation fin juillet 1998:

"C'est pour l'instant juste un moyen de communication de plus (mail) avec nos
clients des magasins et nos clients bibliothques et centres de documentation.
Nous avons dcouvert son importance en organisant DOCForum, le premier forum de
la documentation et de l'dition spcialise, qui s'est tenu  Lyon en novembre
97 (la prochaine dition est fixe en novembre 99). Il nous est apparu
clairement qu'en tant que libraires, nous devions avoir un pied dans le Net.
Internet est trs important pour notre avenir. Nous allons mettre en ligne notre
base de 400.000 livres franais  partir de fin juillet 98, et elle sera en
accs gratuit pour des recherches bibliographiques (l'achat des livres sera
payant bien sr!). Ce ne sera pas une n-ime dition de la base de Plante
Livre [...], mais notre propre base de gestion, que nous mettons sur Internet."

Virgin MegaWeb est le magazine lectronique de la section franaise du clbre
mgastore, avec l'actualit de la musique, du livre, de la vido et des CD-Rom.
Le site du club France Loisirs prsente tout le catalogue: CD, vidos, livres,
magazines, tirages et appareils photo, etc. Il permet d'adhrer au club et de
passer commande.

Situe au coeur de Paris dans la rue Saint-Honor, la Librairie Itinraires
rassemble tous les ouvrages permettant de prparer, accompagner et prolonger un
voyage: guides, cartes, manuels de conversation, reportages, rcits de voyage,
livres de cuisine, livres d'art et de photographie, ouvrages d'histoire, de
civilisation, d'ethnographie, de religion et de littrature trangre, et cela
pour plus de 160 pays, soit environ 250 destinations. "Le monde en mmoire", tel
est le sous-titre de son site bilingue franais-anglais.

Ds 1985, la librairie avait cr une base de donnes avec classement des
ouvrages par pays et par thmes. Dans son courrier lectronique du 11 juin 1998,
Hlne Larroche, fondatrice de la librairie, expliquait:

"Il y a un peu plus de trois ans, nous en avons rendu la consultation possible
sur Minitel et effectuons aujourd'hui prs de 10% de notre chiffre d'affaires
avec la vente  distance. Passer du Minitel  Internet nous semblait intressant
pour atteindre la clientle de l'tranger, les expatris dsireux de garder par
les livres un contact avec la France et  la recherche d'une librairie qui
'livre  domicile' et bien sr les 'surfeurs sur le net', non minitlistes.

La vente  distance est encore trop peu utilise sur Internet pour avoir modifi
notre chiffre d'affaires de faon significative. Internet a cependant eu une
incidence sur le catalogue de notre librairie, avec la cration d'une rubrique
sur le Web, spcialement destine aux expatris, dans laquelle nous mettons des
livres, tous sujets confondus, qui font partie des meilleures ventes du moment
ou/et pour lesquels la critique s'emballe. Nous avons toutefois dcid de
limiter cette rubrique  60 titres quand notre base en compte 13.000. Un
changement non ngligeable, c'est le temps qu'il faut dgager ne serait-ce que
pour rpondre au courrier que gnrent les consultations du site. (...) Outre le
bnfice pour l'image de la librairie qu'Internet peut apporter (et dont nous
ressentons dj les effets), nous esprons pouvoir capter une nouvelle clientle
dans notre spcialit - la connaissance des pays trangers -, atteindre et
intresser les expatris ... et augmenter nos ventes  l'tranger."

Distributeur indpendant, la Socit internationale de diffusion et d'dition
(SIDE) est le spcialiste franais de l'exportation des livres, priodiques et
CD-ROM. La socit regroupe et exporte  travers le monde les livres en langue
franaise publis en Europe et traite les abonnements de priodiques franais.
Son site bilingue franais-anglais offre un plus  son activit.

Qubcoise, la Librairie Garnau est la plus grande chane de librairies
francophones en Amrique du Nord. Avec ses dix-sept points de vente  Montral,
Qubec, Sherbrooke, Victoriaville, Saint-Jrme, Laval, Sainte-Foy, Anjou,
Gatineau, Sorel, Saint-Bruno et Chicoutimi, elle est galement le plus gros
rseau de distribution de livres au Qubec.

Fonde en 1844 par le pote Octave Crmazie et son frre Joseph, la Librairie
Garneau tait un cercle littraire frquent par des crivains tels que
Franois-Xavier Garneau ou Louis Frchette. Elle eut aussi des htes illustres
comme Sir Winston Churchill, Herv Bazin, Andr Maurois, Ren Lvesque ou Lomer
Gouin. En 1897, la librairie passa aux mains de Samuel Chaperon qui s'associa
avec Pierre Garneau. Elle changea de propritaires plusieurs fois pour tre
finalement rachete en 1993 par Sogides, premier groupe d'dition, de diffusion
et de distribution au Qubec. Le 8 avril 1998, elle lance une cyberlibrairie de
250.000 titres base sur la technologie IBM et le protocole SecurNat de la
Banque nationale du Qubec.

Les librairies spcialises sont elles aussi prsentes sur le Web, comme Le
Monde en Tique qui offre un catalogue de 37.000 titres franais et trangers sur
l'informatique, les nouvelles technologies, le multimdia et Internet, ou encore
la Librairie Interfrences, spcialise en ouvrages scientifiques et trangers,
qui fut la premire librairie franaise  ouvrir un site sur Internet en 1995.
De nombreux autres sites de librairies spcialises francophones sont
accessibles grce  la liste des librairies en ligne de Livre.net.

Avec l'essor du Web sont apparues les cyberlibrairies qui vendent des livres
uniquement par le biais de leur site.

Alapage est une cyberlibrairie francophone qui propose tous les livres, disques
et vidos disponibles sur le march franais, soit 400.000 rfrences, avec
paiement scuris. Le site est bilingue franais-anglais, et la recherche est
possible par auteur, titre et diteur. Le mme service est galement disponible
sur Minitel (3615 Alapage).

Alapage travaille en partenariat avec Novalis, qui assure lui aussi la vente par
correspondance de produits culturels: disques, livres, vidos et multimdia. Les
deux cyberlibrairies ont dcid en 1997 de crer le premier prix littraire
francophone sur Internet, non pas pour crer un prix litraire de plus, mais
pour constituer une "premire".

Comme il tait expliqu sur le site en octobre 1997,

"a) C'est la premire fois que l'on utilise le support Internet pour organiser
un vote autour d'un prix littraire.

b) C'est la premire fois qu'est constitu un jury littraire compos d'un
potentiel aussi important et diversifi de votants, fidle reflet de la
diffusion de la culture franaise. Ce vote est en effet ouvert  nos visiteurs
de tous horizons, dissmins sur les cinq continents, qui pourront mettre leur
avis sur l'ensemble des ouvrages concourant aux principaux prix littraires de
fin d'anne.

c) C'est la premire fois qu'est imagin un instrument de mesure de la
satisfaction du lecteur et du bonheur de la lecture, qui ne soit pas seulement
un outil de mesure des ventes de livres, aussi fiable soit-il."

Un vote a donc t organis du 20 octobre au 9 novembre 1997 auprs de tous les
cybernautes. Afin d'viter les votes multiples, chaque voix n'a t valide que
si la fiche de vote tait scrupuleusement remplie. Toute fiche double a t
annule. Ce premier Prix littraire des internautes fut remport par Marc
Trillard pour son roman Coup de lame, paru aux ditions Phbus.

Chapitre.com est une cyberlibrairie de 350.000 titres, complte par une
bouquinerie, un choix d'diteurs, des liens avec 1.000 sites littraires et
culturels, et une revue des littratures intitule Tte de chapitre. Livre en
ligne est une autre cyberlibrairie disposant d'un catalogue de 300.000 titres.


3.2. Cyberlibrairies non francophones


Base au Royaume-Uni, Internet Bookshop, trs connue aussi sous son sigle iBS,
est la plus grande cyberlibrairie europenne avec 1,4 million de titres.

IBS a dvelopp un nouveau systme de partenariat sur le Web. Tout possesseur
d'un site web peut devenir partenaire d'iBS en slectionnant sur son propre site
un certain nombre de titres prsents dans le catalogue de la cyberlibrairie. IBS
prend en charge toute la partie commerciale,  savoir les commandes, les envois
et les factures. Le cybernaute partenaire reoit 10% du prix des ventes. Suivie
par Amazon.com, la grande cyberlibrairie amricaine, Internet Bookshop a t la
premire librairie en ligne  proposer une part aux bnfices exclusivement 
travers le Web, ce qui a d'ailleurs dmontr la ncessit d'une nouvelle
rglementation dans ce domaine.

En octobre 1997, Internet Bookshop a dbut la vente de livres anglais avec des
remises allant jusqu' 45%, prenant le risque d'une guerre des prix et des
droits avec les diteurs anglais. Paralllement, elle attendait la raction des
mmes diteurs  sa dcision de vendre des livres provenant des Etats-Unis,
vente dbute en septembre 1997 et pratique aussi par d'autres libraires
spcialiss.

A la mme poque, Waterstone's songeait galement  introduire des titres
amricains dans son catalogue  partir de dbut 1998. De son ct, The
Publishers Association, organisme reprsentant les diteurs du Royaume-Uni,
tudiait les propositions d'interdiction de vente de livres amricains  des
clients britanniques par des cyberlibrairies bases aux Etats-Unis.

Sur le site, la rubrique iBS News permet de suivre le match engag par les
librairies en ligne contre les associations d'diteurs ou contre les libraires
traditionnels, afin de permettre la suppression des frontires dans la vente des
livres.

Ailleurs en Europe, on peut citer par exemple les librairies en ligne allemandes
Buch +Medien Online ou Lehmanns Online Bookshop, ou encore Alice.it, qui est la
grande cyberlibrairie italienne.

Aux Etats-Unis, Amazon.com, cr en 1994, se prsente comme la plus grande
cyberlibrairie du monde avec ses 3 millions de livres, CD, DVD, jeux
informatiques, etc., soit quatorze fois plus que les plus grandes chanes de
supermarchs, et ses 3 millions de clients dans 160 pays. Son catalogue permet
de rechercher les livres par titre, auteur, sujet ou rubrique. Trs attractif,
le contenu ditorial du site change quotidiennement et forme un vritable
magazine littraire qui offre des extraits de livres, des entretiens avec des
auteurs, des commentaires de lecteurs et des conseils de lecture.

Sur les traces d'Internet Bookshop, Amazon.com offre une part des bnfices 
ses associs en ligne. Depuis le printemps 1997, tous les possesseurs d'un site
web peuvent vendre des livres appartenant au catalogue d'Amazon.com et toucher
un pourcentage de 15% sur les ventes. Ces associs effectuent une slection dans
les titres du catalogue et rdigent leurs propres rsums. Amazon.com prend les
commandes, expdie les livres, rdige les factures et leur envoie un rapport
hebdomadaire d'activit. Au printemps 1998, son rseau comprenait plus de 30.000
sites affilis.

"Introduit  la bourse de New York en mai 1997, Amazon.com a attir 54 millions
de dollars en ne cdant que 13% de son capital, une vritable performance pour
une socit dont le chiffre d'affaires tait alors de 32 millions de dollars",
expliquent Philip Wade et Didier Falkand dans Cyberplante: notre vie en temps
virtuel (Paris, Editions Autrement, 1998). Avec plus d'un million et demi de
clients et une trs bonne image de marque, elle est un symbole de russite dans
le cybercommerce. Sa cotation boursire est excellente, alors que la librairie
est toujours dficitaire aprs deux ans d'existence. Fondateur et principal
actionnaire d'Amazon.com, Jeff Bezos prcise: "Nous gnrons des revenus de plus
de 300.000 dollars [1 dollar = 6 FF environ] par an et par employ. Une
librairie traditionnelle ne fait que 95.000 dollars par employ."

Les autres gants amricains sont notamment Bookpage Online ou encore
Buybooks.com avec un catalogue de 1,4 million de titres amricains, 500.000
titres allemands, 500.000 titres franais, 200.000 titres anglais, 100.000
titres sudois, 80.000 films en vido ou sur disque laser, et 10.000 jeux
informatiques pour console ou sur CD-ROM. Le plus important libraire
"traditionnel" des Etats-Unis, Barnes & Nobles, a galement dcid de se lancer
dans la vente des livres sur Internet en crant en mai 1997 son site
barnesandnoble.com. Il a ainsi dclench une guerre des prix en faisant
directement concurrence  Amazon.com.


3.3. Librairies de livres anciens


Plusieurs libraires de livres anciens ont saisi l'opportunit que reprsentait
Internet pour faire connatre leurs fonds.

Cr en novembre 1995 par Pascal Chartier, de la Librairie du Bt d'Argent
(Lyon), Livre-rare-book est un site quadrilingue en franais, anglais, italien
et allemand. Il propose  la fois un catalogue de livres anciens regroupant les
catalogues de plusieurs librairies de la rgion et un annuaire lectronique
international des librairies de livres d'occasion. Pascal Chartier considre que
le Web lui a "ouvert une vaste porte",  la fois pour lui et pour ses clients.
Comment voit-il son avenir professionnel avec Internet? Comme "peut-tre la pire
et la meilleure des choses, la pire parce qu'il peut gnrer un travail constant
sans limite et la dpendance totale. Le meilleur parce qu'il peut s'largir
encore et permettre surtout un travail intelligent!", rpondait-il dans son
courrier lectronique du 10 juin 1998.

Class en plusieurs rubriques (beaux-arts, cartes postales, collections,
sotrisme, femmes, histoire, jeux, jouets, littrature, livres anciens,
Lyonnais, musique, rgionalisme en France, religions, revues, sciences, sports
et voyages), le catalogue de livres anciens est commun  la Librairie du Bt
d'Argent (Lyon), la Librairie Devaux (Moulins), la Libreria A. Guida (Naples),
la Librairie Heurtebise (Dijon), la Librairie Lucas et Vermorel (Lyon), la
Librairie Miraglia (Lyon) et la Librairie du Verseau (Lyon).

Spcialiste d'antiquits et de livres anciens, France Antiques hberge plusieurs
sites de librairies anciennes. Bas  Amboise (Loire), ce site bilingue
franais-anglais se veut celui de tous les professionnels du march de l'art
ancien franais: antiquaires, libraires, commissaires-priseurs, diteurs d'art,
fournisseurs et artisans d'art, etc. Mis  jour quotidiennement, le site informe
galement des ventes publiques, expositions, salons et manifestations diverses.
France Antiques comprend douze catalogues de librairies anciennes. Le site
propose aussi un annuaire des libraires, une liste des librairies complte par
un classement gographique, et un index par spcialits (autographes, manuscrits
- beaux-arts, architecture, arts dcoratifs - bibliographie, histoire du livre -
etc.).

Dans les sites non francophones consacrs aux livres anciens, le site Paulus
Swaen Old Maps and Prints propose des enchres sur Internet de cartes anciennes
du monde entier, gravures, imprims, atlas, globes et manuscrits mdivaux.

Par ailleurs, toujours dans le domaine du livre ancien, comme on le verra plus
loin dans les chapitres consacrs aux cyberbibliothques et aux catalogues,
toutes les cyberbibliothques proposent des oeuvres anciennes en texte intgral.
Des catalogues tels que celui de RLIN (Research Libraries Information Network)
recensent les fonds anciens de nombreuses bibliothques dans le monde.


3.4. Fournisseurs de livres pour bibliothques


Outre les librairies accessibles aux particuliers comme aux collectivits, il
existe des fournisseurs en livres et priodiques exclusivement pour les
collectivits, par exemple Blackwell et Dawson. Ces fournisseurs centralisent
toutes les demandes mises par ces collectivits, ce qui vite  celles-ci le
casse-tte engendr par la gestion de bons de commandes et de factures
multiples. De plus, les fournisseurs disposent d'un rseau international,
c'est--dire qu'ils s'engagent  fournir un livre ou un priodique quelle que
soit sa provenance. L aussi, les collectivits n'ont plus  faire face au
casse-tte reprsent par l'achat de documents hors des frontires d'un pays
donn.

Blackwell's Book Services est un fournisseur international de livres,
abonnements, bases de donnes bibliographiques et contrle d'autorits 
destination des bibliothques universitaires, bibliothques de recherche et
grandes bibliothques publiques du monde entier. La socit, qui a ft son
vingtime anniversaire en 1995, a une histoire intressante puisque, anglaise 
l'origine, elle a conquis le march amricain puis mondial.

A la fin des annes soixante et au dbut des annes soixante-dix, la socit de
Richard Abel, base  Portland (Oregon, USA), dominait le march universitaire
amricain. Elle vendait des livres aux bibliothques et proposait un service de
catalogage automatis. Mise en vente en 1974, cette socit fut rachete par la
librairie et l'diteur britanniques B.H. Blackwell et Blackwell Scientific, qui
cherchaient  s'tendre en Amrique du Nord et qui s'installrent  Portland
sous le nom de Blackwell North America (BNA). Blackwell tait dj connu  cette
poque en tant que fournisseur tranger de livres et de priodiques. Son unique
reprsentant aux Etats-Unis, Jack Walsdorf, entama son travail de prospection
dans les universits amricaines, et la vente des livres dbuta en mars 1975.

En 1979, Blackwell North America dbuta  la fois un service bibliographique sur
microfiches (standing order microfiche service) et un service de commande
lectronique (EAOS : easy access order system). Puis furent ajouts une
messagerie lectronique ainsi qu'un service de commande lectronique beaucoup
plus sophistiqu. Le service de contrle d'autorits fut considrablement
dvelopp. 200 millions de notices furent traites en 20 ans, entre 1975 et
1995, et l'accent fut mis sur l'expansion internationale.

Comme Blackwell, Dawson est spcialiste du traitement de l'information:
abonnements, livres et nouvelles technologies,  destination des professionnels
de la documentation. De par sa vocation internationale, il propose un site
trilingue anglais-franais-espagnol.

C'est en 1809 que William Dawson s'tablit comme libraire et dpositaire de
journaux  Cannon Street, dans Londres, et qu'il cra le premier service de
livraison de journaux par diligence hors de Londres, indique le site web.

Aujourd'hui, Dawson Holdings PLC est la plus grande socit europenne
d'abonnements et le plus grand fournisseur europen de livres pour les
entreprises et les universits. La socit est galement un des grands groupes
internationaux en services d'information. Elle procure des services
d'acquisition et de gestion aux bibliothques et centres de recherche du monde
entier. En octobre 1997, pour mieux rpondre  un march en voie de
mondialisation, Dawson a t rorganis en deux grands secteurs, l'un grant les
abonnements, l'autre grant les livres, ce indpendamment de la situation
gographique de ses clients.


3.5. L'avenir des cyberlibrairies


Grce au Web, les amoureux des livres disposent de catalogues en ligne
rpertoriant tous les titres disponibles. Ils ont la possibilit de passer
commande immdiatement en utilisant le rseau Internet. Ils peuvent aussi suivre
quotidiennement  l'cran l'actualit du livre. L'avenir des cyberlibrairies est
trs prometteur.

Chapters, le grand libraire canadien, et The Globe and Mail, quotidien de
Toronto, se sont allis pour crer une nouvelle cyberlibrairie canadienne,
Chaptersglobe.com, ouverte  l'automne 1998. Le site comprend des critiques et
recensions fournies par le journal, ses archives sur vingt ans, une liste de
best-sellers et des forums de discussion.

Le groupe allemand Bertelsmann, qui a acquis au printemps 1998 Random House, la
plus grande maison d'dition amricaine, compte ouvrir prochainement une
gigantesque cyberlibrairie proposant plusieurs millions de titres dans toutes
les langues, avec livraison rapide dans le monde entier.

En France, la loi sur le prix unique du livre laisse peu de latitude sur les
prix, contrairement aux possibilits qu'offre le prix libre du livre au
Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. En revanche, les libraires sont optimistes sur
les perspectives d'un march francophone. Un nombre significatif de commandes
provient de l'tranger. Il reprsente par exemple un pourcentage de 10% des
ventes pour la FNAC. Les clients sont des "Franais et membres de la diaspora
francophone, trangers francophiles, universits ou coles lointaines...
soucieux de se procurer les derniers titres de l'dition parisienne ou
simplement les livres qu'ils ne peuvent trouver  Kansas City ou  Kyoto",
prcisait Pierre Brianon dans le quotidien Libration du 14 novembre 1997.

Il faut galement replacer le dveloppement des cyberlibrairies franaises dans
le contexte plus gnral du cybercommerce franais. En mars 1998, le magazine
Stratgies Internet a men une tude sur le cybercommerce en France "auprs des
60 sites marchands les plus actifs en France, dressant ainsi l'tat des lieux et
donnant des pistes de rflexion aux entreprises franaises tentes par
l'aventure du cybercommerce." La commande en ligne n'tait possible qu'auprs
d'une centaine de sites seulement. Le cybercommerce franais reprsentait 40
millions de francs en 1997, avec une estimation de 160 millions de francs pour
la fin de 1998. Le nombre d'acheteurs sur Internet taient de 50.000 en mars
1998, avec une estimation de 400.000 pour mars 1999. L'tude indiquait que 25%
des sites taient considrs comme rentables ds 1997, alors que les autres
envisageaient plutt une rentabilit  moyen terme.

Mme si la cration d'une nouvelle lgislation s'avre difficile parce que
freine par la librairie "traditionnelle", l'abolition des frontires dans le
march du livre est invitable, puisqu'elle est lie  fois  la structure mme
d'Internet, rseau des rseaux par-del les frontires, et  la mondialisation
de l'conomie, phnomne conomique bien rel. Dans la foule d'Internet
Bookshop, librairie en ligne britannique qui a dcid de vendre des livres
publis aux Etats-Unis, d'autres librairies suivent, et on pense  dfinir une
nouvelle lgislation.

Les libraires ou les diteurs vendront-ils bientt  ceux qui le souhaitent le
texte intgral des livres en version lectronique? Dans ce cas, l'invitable
dlai d  l'envoi du livre par voie postale disparatra. On nous promet pour
trs bientt les livres lectroniques, ordinateurs de la taille d'un livre sur
lesquels on pourra stocker des dizaines puis des centaines de textes
lectroniques. Si nombre de lecteurs actuels sont ns  l're du papier et
prfrent encore lire un roman de trois cents pages en version imprime, ceci ne
sera peut-tre plus le cas pour les gnrations qui auront commenc  utiliser
l'ordinateur ds l'ge de trois ans.


4. LES EDITEURS SUR LE WEB


[Dans ce chapitre:]

[4.1. Quelques exemples d'diteurs / 4.2. Rpertoires d'diteurs / 4.3. Edition
traditionnelle et dition lectronique / 4.4. Les auteurs ont-ils encore besoin
des diteurs?]

Comme les libraires, les diteurs sont en train d'investir le Web. Et, comme
pour les libraires, certains diteurs traditionnels considrent leur site web
comme une vitrine permettant de faire connatre leur activit, alors que
d'autres sont des cyberditeurs qui traitent la totalit de leurs affaires sur
le Net. L'dition lectronique offre de nouvelles perspectives. Elle permettrait
entre autres de rsoudre la crise affectant les ditions universitaires et de
recherche.


4.1. Quelques exemples d'diteurs


Spcialises dans les romans policiers, les ditions du Choucas ont t fondes
en 1992 par Suzanne et Nicolas Pewny, libraires  Glapigny (Haute-Savoie). Sur
leur site web, cr en 1996, ils proposent un chapitre de chaque nouveaut.
Publi en septembre 1997, Affaire de coeurs est l'oeuvre de deux Canadiens,
Fernand Hroux et Liz Morency, que les diteurs ont connus grce au Web. Les
changes ont t effectus par courrier lectronique. Ralise par Joane
Michaud, infographiste et affichiste qubcoise, l'illustration de la couverture
a elle aussi t reue par le biais d'Internet.

Nicolas Pewny expliquait sa dmarche dans son courrier lectronique du 8 juin
1998:

"Le site des ditions du Choucas a t cr fin novembre 1996. Lorsque je me
suis rendu compte des possibilits qu'Internet pouvait nous offrir, je me suis
jur que nous aurions un site le plus vite possible. Un petit problme: nous
n'avions pas de budget pour le faire raliser. Alors, au prix d'un grand nombre
de nuits sans sommeil, j'ai cr ce site moi-mme et l'ai fait rfrencer (ce
n'est pas le plus mince travail). Le site a alors volu en mme temps que mes
connaissances (encore relativement modestes) en la matire et s'est agrandi, et
a commenc  tre un peu connu mme hors France et Europe.

Le changement qu'Internet a apport dans notre vie professionnelle est
considrable. Nous sommes une petite maison d'dition installe en province.
Internet nous a fait connatre rapidement sur une chelle que je ne souponnais
pas. Mme les mdias 'classiques' nous ont ouvert un peu leur portes grce 
notre site. Les manuscrits affluent par le courrier lectronique. Ainsi nous
avons dit deux auteurs qubcois. Beaucoup de livres se ralisent
(corrections, illustrations, envoi des documents  l'imprimeur) par ce moyen.
Ds le dbut du site nous avons reu des demandes de pays ou nous ne sommes pas
(encore) reprsents: USA, Japon, Amrique latine, Mexique, malgr notre volont
de ne pas devenir un site 'commercial' mais d'information et  'connotation
culturelle'. (Nous n'avons pas de systme de paiement scuris, etc., nous avons
juste rfrenc sur une page les libraires qui vendent en ligne)."

Comment Nicolas Pewny voit-il son avenir professionnel avec Internet?

"J'aurais tendance  rpondre par deux questions: Pouvez vous me dire comment va
voluer Internet? Comment vont voluer les utilisateurs? Nous voudrions bien
rester aussi peu 'commercial' que possible et augmenter l'interactivit et le
contact avec les visiteurs du site. Y russirons-nous? Nous avons dj reu des
propositions qui vont dans un sens oppos. Nous les avons mis 'en veille'. Mais
si l'volution va dans ce sens, pourrons-nous rsister, ou trouver une 'voie
moyenne'? Honntement, je n'en sais rien."

De plus en plus d'diteurs sont prsents sur le Web, par exemple Gallimard, La
Documentation franaise, Marabout et les ditions Odile Jacob. Le site des
Presses universitaires de France (PUF) prsente le fonds ditorial des PUF,
ainsi que la collection encyclopdique Que sais-je?, avec une recherche par
numro, un historique de la collection, une prsentation des titres sur les
trois derniers mois, un descriptif dtaill des dernires parutions, et un
classement thmatique.

Les ditions du Cerf se prsentent comme la bibliothque francophone de sciences
humaines et religieuses. Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Herv
Ponsot, webmestre du site, prcisait:

"Pour les ditions du Cerf dont je m'occupe sur le plan Internet, en effet, le
site existe en lien avec les ditions, mais marginalement quand mme : le
serveur se trouve en dehors du Cerf, et il est gr par une personne extrieure
au Cerf, moi-mme. Bref, il s'agit plutt d'un service rendu, dont on ne peut
dire qu'il ait boulevers la maison Cerf. Il reste que, par la grce de Dieu, de
plus en plus de consultants arrivent sur ce site, et que des commandes me sont
adresses de plus en plus rgulirement, sans que nous les ayons cherches,
puisque le site a t cr en priorit pour rendre service aux chercheurs, et
secondairement pour faire de la publicit pour la maison et renouveler son
image...

Mais j'ai constat, et beaucoup de personnes m'ont confirm, que les sites de
service pouvaient se rvler rentables, parfois plus facilement et plus
rapidement que les sites commerciaux: l'exemple le plus connu est fourni par les
sites de recherche sur Internet. La suite envisage pour le site Cerf ne devrait
pas fondamentalement changer par rapport  ce qui se passe aujourd'hui: rendre
service aux chercheurs, faire connatre la maison en lui donnant une image
dynamique. Nous pensons certes un jour faire du site, ou d'un site voisin, un
site commercial: mais la maison ne peut se permettre, compte tenu de sa faible
surface financire, d'tre leader en ce domaine; les pas seront donc compts et
trs prudents."

Lances en aot 1996, les ditions CyLibris vendent leurs livres uniquement sur
le Web et ne les impriment qu' la demande, ce qui leur permet d'viter le stock
et les intermdiaires. Trois mois aprs, l'diteur avait sign des contrats avec
treize auteurs et vendu cent livres. Le site offre des extraits d'ouvrages et
des informations sur de nouveaux auteurs, et il se propose aussi d'tre le
carrefour de la petite dition.

Le site des ditions 00h00.com (00h00 se prononce: zro heure) a t ouvert le
18 mai 1998.

"La cration de 00h00.com marque la vritable naissance de l'dition en ligne.
C'est en effet la premire fois au monde que la publication sur Internet de
textes au format numrique est envisage dans le contexte d'un site commercial,
et qu'une entreprise propose aux acteurs traditionnels de l'dition (auteurs et
diteurs) d'ouvrir avec elle sur le rseau une nouvelle fentre d'exploitation
des droits. Les textes offerts par 00h00.com sont soit des indits, soit des
textes du domaine public, soit des textes sous copyright dont les droits en
ligne ont fait l'objet d'un accord avec leurs ayants-droit. [...] Avec l'dition
en ligne merge probablement une premire vision de l'dition au 21me sicle.
C'est cette ide d'origine, de nouveau dpart qui s'exprime dans le nom de
marque, 00h00. [...]

Internet est un lieu sans pass, o ce que l'on fait ne s'value pas par rapport
 une tradition. Il y faut inventer de nouvelles manires de faire les choses.
[...] Le succs de l'dition en ligne ne dpendra pas seulement des choix
ditoriaux : il dpendra aussi de la capacit  structurer des approches neuves,
fondes sur les lecteurs autant que sur les textes, sur les lectures autant que
sur l'criture, et  rendre immdiatement perceptible qu'une aventure nouvelle a
commenc."

Tous les titres sont disponibles sous la forme d'un exemplaire numrique et d'un
exemplaire papier. Les collections sont les suivantes: indits, thtre
classique franais, contes et rcits fantastiques, contes et rcits
philosophiques, souvenirs et mmoires, philosophie classique, ralisme et
naturalisme, cyberculture, romans d'enfance, romans d'amour, nouvelles et romans
d'aventure. Le recherche est possible par auteur, par titre et par genre. Pour
chaque oeuvre, on a un descriptif en quelques lignes, un descriptif dtaill, la
table des matires et les commentaires des lecteurs. Le paiement est effectu en
ligne grce  un systme scuris mis en place par 00h00.com et la Banque
populaire. Pour ceux que le paiement en ligne rebute, il sera bientt possible
de rgler hors ligne par tlcopieur, courrier, carte bancaire ou chque.

Pas de stock, pas de contrainte physique de distribution, mais un lien direct
avec le lecteur et entre les lecteurs eux-mmes. Sur le site, les
cybernautes/lecteurs qui le souhaitent crent leur espace personnel dans lequel
ils peuvent rdiger leurs commentaires, recommander des liens vers d'autres
sites, exprimer leurs opinions et inviter leurs amis. Ils peuvent participer 
des forums ou commenter les oeuvres proposes par l'diteur. Ils peuvent encore
s'abonner  la lettre d'information pour tre tenu au courant des nouveauts.

Les ditions 00h00.com sont diriges par Jean-Pierre Arbon, ancien directeur
gnral de Flammarion, et Bruno de Sa Moreira, ancien directeur de Flammarion
Multimdia. Dans son courrier lectronique du 31 juillet 1998, Bruno de Sa
Moreira expliquait:

"Le site a ouvert le 18 mai dernier, la gestation du projet: brainstorming,
faisabilit, cration de la socit et montage financier, dveloppement
technique du site et informatique ditoriale, mise au point et production des
textes et prparation du catalogue  l'ouverture a dur un an."

Dans quelle mesure Internet a-t-il chang sa vie professionnelle?

"Radicalement, puisqu'aujourd'hui mon activit professionnelle est 100% base
sur Internet. Le changement ne s'est pas fait radicalement lui mais
progressivement (audiovisuel puis multimdia puis Internet)."

Comment voit-il son avenir professionnel avec Internet? "Difficile de rpondre,
il s'agit du prsent, nous faisons un pari, mais cela me semble un mdia capable
d'une trs large popularisation, sans doute grce  des terminaux plus faciles
d'accs que le seul micro-ordinateur."

Outre-Atlantique, des diteurs ont choisi de mettre en accs libre sur le Web le
texte intgral de leurs publications et, loin de baisser, les ventes ont au
contraire augment. La MIT Press (MIT: Massachussets Institute of Technology,
USA) par exemple a vu ses ventes doubler pour les titres disponibles sur
Internet.

Autre exemple, celui de la National Academy Press (NAP), qui publie environ 200
livres par an, principalement dans les domaines scientifique, technologique et
mdical:

"A premire vue, cela parat illogique. Un diteur de Washington, la National
Academy Press, qui a publi sur Internet 1.700 titres de son catalogue actuel,
permettant ainsi  tout un chacun de lire gratuitement ses livres, a vu ses
ventes augmenter de 17% l'anne suivante. Qui a dit que personne n'achterait la
vache si on pouvait avoir le lait gratuitement?"

Dans un article du Courrier international de novembre 1997, Beth Berselli,
journaliste au Washington Post, explique que l'diteur a choisi depuis 1994 de
mettre sur Internet le texte intgral d'un certain nombre de livres pour que les
lecteurs puissent les "feuilleter", comme ils l'auraient fait dans une
librairie, avant de les acheter ensuite s'ils le souhaitent. Si d'autres
diteurs rejettent cette solution du fait des cots d'installation excessifs,
des problmes lis au droit d'auteur ou d'une concurrence qu'ils estiment
nuisible  la vente, la NAP a choisi d'offrir ce service moyennant une dpense
allant de 250.000  400.000 dollars (1,5  2,4 millions de FF) par an.

En ce qui concerne le copyright, ce sont les auteurs eux-mmes qui, pour des
raisons publicitaires, demandent  ce que le livre soit disponible sur le site.
Pour l'diteur, le Web est un nouvel outil de marketing face aux 50.000 ouvrages
publis chaque anne aux Etats-Unis. Sur un chiffre d'affaires annuel de 5,5
millions de dollars (33 millions de FF) sur l'exercice 1997 (clos en juin), la
somme de 275.000 dollars (1,65 millions de FF), soit 5%, provenait de commandes
passes sur Internet. La prsence de l'diteur sur le Web a entran galement
une augmentation des ventes par tlphone. Dbut janvier 1998, le site disposait
de 1.000 livres avec contenu intgral sur le Web. Par ailleurs, une rduction de
20% est accorde pour toute commande effectue en ligne.


4.2. Rpertoires d'diteurs


Les rpertoires d'diteurs ne manquent pas. Biblio On Line, diffuseur franais
de l'information culturelle sur Internet, gre un rpertoire Editeurs. ClicNet,
site culturel et littraire francophone propos par l'Universit de Swarthmore
(Pennsylvanie, USA), recense 2.500 liens  des ressources francophones, y
compris des diteurs.

Editeurs francophones se prsente comme le site convivial de tous les diteurs
de langue franaise:

"Imaginez un espace convivial o vous, lecteurs du monde entier, pourrez faire
connaissance avec les maisons d'dition, dcouvrir un univers o la culture
francophone a toute sa place: actualits du livre, dossiers thmatiques,
rencontres avec des crivains... de multiples opportunits pour susciter
l'intrt et la curiosit. Bien d'autres domaines encore seront progressivement
dvelopps en coopration avec les diteurs, avec en perspective des changes
passionnants autour des grands sujets culturels pour vous."

Edilib rpertorie les diteurs, libraires et diffuseurs francophones. La gestion
de cette liste est assure par Benot Thiriou, de la bibliothque mdicale du
CHU (centre hospitalier universitaire) de Rouen (Normandie). L'indexation est
ralise  l'aide du rpertoire RAMEAU (rpertoire d'autorits matires
encyclopdique et alphabtique unifi) par Dominique Benoist, de la Bibliothque
universitaire de la Facult de mdecine de Rouen. La recherche est possible par
ordre alphabtique ou bien par sujets. Le site propose aussi des liens
hypertextes avec d'autres sites ayant trait  l'dition franaise et
internationale.

Financ notamment par le ministre de la Culture, France Edition, organisme de
promotion de l'dition franaise, organise l'espace de l'dition franaise lors
de foires du livre, congrs ou colloques, ainsi que des expositions thmatiques,
des stages, des missions d'audit et des programmes d'changes destins aux
libraires. Lors de ces manifestations, un espace multimdia est spcifiquement
amnag pour effectuer des dmonstrations de CD-Rom.

France Edition publie le mensuel La Lettre, des tudes et des dossiers sur
diffrents pays, les partenaires potentiels et l'volution du march, des
catalogues thmatiques, des listes de nouveauts et des annuaires d'diteurs
franais par secteur: sciences, techniques, mdecine, droit, etc. Par ailleurs,
une antenne de France Edition  New York (auparavant appele Bureau du Livre
Franais) propose aux diteurs franais les services d'une agence de droits pour
la langue anglaise: slection de titres, prospection des diteurs locaux,
soumission des ouvrages et ngociation des contrats.

FrancoAcquiNet est un rpertoire d'diteurs francophones avec liste alphabtique
et liste gographique pour les pays suivants : Autriche, Belgique, Canada,
Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Liban, Luxembourg, Pays-Bas et Suisse.
Conu par Julie Filion et Isabelle Bourgey dans le cadre d'un travail de
recherche  l'Ecole de bibliothconomie et des sciences de l'information de
l'Universit de Montral (Qubec), il se veut le complment francophone de
l'AcqWeb Directory of Publishers and Vendors, qui est un rpertoire
international des diteurs. Il est complt par trois rpertoires destins aux
bibliothcaires: associations professionnelles, listes de discussions
francophones et priodiques lectroniques francophones traitant de
bibliothconomie.

Livre.net propose  ses abonns, essentiellement des professionnels du livre,
une base de donnes bibliographique contenant plus de 300.000 notices et la
consultation de cinq annuaires professionnels (bibliothques, diffuseurs,
distributeurs, diteurs et librairies). En dcembre 1998, Livre.net comprenait
plus de 300.000 notices de livres, 5.037 notices d'diteurs, 2.137 notices de
libraires, 435 notices de diffuseurs, 390 notices de distributeurs et 3.120
notices de bibliothques, le tout tant accessible par le biais d'une recherche
 partir de critres diversifis (titre, auteur, diteur, date de parution,
ISBN, etc.). Un certain nombre d'informations sont galement disponibles en
libre accs : conseils pour crire et publier, revues littraires, concours
littraires, etc.

Plusieurs sites proposent des rpertoires d'diteurs internationaux. En voici
trois.

L'AcqWeb's Directory of Publishers and Vendors est un rpertoire des diteurs et
vendeurs situ sur le site de la bibliothque de l'Universit de Vanderbilt
(Tennessee, USA).

Les Publishers' Catalogues sont grs par Peter Scott de Northern Lights
Internet Solutions, une socit situe  Saskatoon, dans le Saskatchewan
(Canada). A titre d'exemple, voici la liste des diteurs franais rpertoris en
dcembre 1998: Actes Sud, Anako, Arnette Blackwell, Casterman, Cepadues, Culture
d'Oc, CyLibris Editions, Dunod, Editions Complicits, Editions Dalloz-Sirey,
Editions du Choucas, Editions Du Juris Classeur, Editions Eyrolles, Editions et
Librairie Oberlin, Editions Herms, Editions Jakin, Editions littraires et
linguistiques de Grenoble, Editions Marshall Cavendish, Editions Massin,
Editions Michel Lafon, Editions Milan Presse, Editions Odile Jacob, Editions
Phi, EDP sciences, Fata Morgana, Gallimard, Gauthier-Villars, Fabrice Gueho,
Masson, Presses Universitaires de France et Telesma Publishing.

Gre par la WWW Virtual Library, la Publishing Companies Online est une liste
d'diteurs classs selon les catgories suivantes: diteurs universitaires,
diteurs de livres informatiques, diteurs scientifiques, techniques et
mdicaux, diteurs lectroniques, projets d'dition en ligne, et autres diteurs
commerciaux.


4.3. Edition traditionnelle et dition lectronique


Depuis trente ans, la chane traditionnelle de l'dition est soumise  de
nombreux bouleversements.

Dans les annes soixante-dix, le march de l'imprimerie traditionnelle avait
d'abord t branl par l'apparition des machines de photocomposition. Le cot
de l'impression a ensuite continu de baisser avec les procds d'impression
assiste par ordinateur, les photocopieurs, les photocopieurs couleur et le
matriel d'impression numrique. L'impression est maintenant souvent assure 
bas prix par des ateliers de PAO (publication assiste par ordinateur) et des
entreprises d'arts graphiques. La numrisation a galement acclr le processus
de rdaction, puisque le rdacteur, le concepteur artistique et le personnel
charg de la mise en page peuvent maintenant travailler simultanment sur le
mme ouvrage.

Au Royaume-Uni, les fonctions de correction d'preuves et de rdaction
s'effectuent dsormais  domicile, le plus souvent par des travailleurs qui ont
pris le statut d'indpendants par suite de fusions d'entreprises,
dlocalisations ou licenciements. "Or cette forme d'emploi tient plus du travail
prcaire que du travail indpendant, car ces personnes n'ont que peu d'autonomie
et sont gnralement tributaires d'une seule maison d'dition", analysait Peter
Leisink, professeur associ d'tudes sociales  l'Universit d'Utrecht
(Pays-Bas) lors du Colloque sur la convergence multimdia de janvier 1997 
Genve.

Pour la publication d'ouvrages et de priodiques ducatifs et scientifiques,
dans lesquels l'information la plus rcente est primordiale, la numrisation
conduit  repenser compltement la signification mme de publication, et 
s'orienter vers une diffusion en ligne qui rend beaucoup plus facile les
ractualisations rgulires. Autre exemple, les universits amricaines
diffusent des manuels "sur mesure" composs d'un choix de chapitres slectionns
dans une trs importante base de donnes, choix complt par des articles et par
les commentaires des professeurs. Pour un sminaire, un trs petit tirage peut
tre effectu  la demande  partir de textes scientifiques transmis par voie
lectronique  un imprimeur.

Dans L'dition savante  l're de la bibliothque virtuelle: publication d'un
livre en SGML sur le World Wide Web, mmoire de matrise en bibliothconomie et
sciences de l'information (MBSI) de l'Universit de Montral (Qubec) dat de
novembre 1996, Guy Teasdale dmontre les avantages de l'dition lectronique
pour les presses universitaires. Il prsente les implications de l'dition
lectronique sur le Web tout en examinant les rles et intrts respectifs du
bibliothcaire et de l'diteur dans l'dification de la bibliothque numrique.
Suite  la crise affectant la publication d'ouvrages spcialiss par les presses
universitaires, il voit l'dition lectronique sur Internet comme la solution
pour alimenter les bibliothques universitaires et de recherche.

L'avenir de l'dition lectronique est galement li  la manire dont pourra
tre rsolu le paiement du droit d'auteur sur le Web. L'Association of American
Publishers (AAP) par exemple travaille  un nouveau systme d'identification
d'un objet numrique, appel DOI System (DOI: digital object identifier), dont
le but est  la fois d'identifier le document soumis au copyright et de relier
l'usager aux propritaires du copyright.

Il est vraissemblable que, pendant plusieurs annes, l'dition lectronique et
l'dition traditionnelle seront complmentaires, comme seront complmentaires
les librairies en ligne et les librairies traditionnelles, ou bien les
cyberbibliothques et les bibliothques traditionnelles. Il reste toujours
pratique d'avoir la version papier d'un livre ou d'un magazine pour lire sur son
divan, dans son lit, au caf, dans une salle d'attente, dans un train ou dans un
avion. Par contre,  terme, les fonctions de l'dition traditionnelle devront
certainement tre redfinies en profondeur face au dveloppement de l'dition
lectronique et aux immenses perspectives que celle-ci reprsente,  commencer
par sa rapidit d'accs et son cot.

Concernant la fiscalit, un accord-cadre entre les Etats-Unis et l'Union
europenne a t conclu en dcembre 1997, et cet accord devrait tre suivi d'une
convention internationale. Internet est considr comme une zone de
libre-change, c'est--dire sans droits de douane pour les logiciels, les films
et les livres lectroniques achets sur le rseau. Les biens matriels et autres
services sont soumis au rgime existant, avec perception de la TVA (taxe sur la
valeur ajoute) par exemple sans droits de douane supplmentaires.


4.4. Les auteurs ont-ils encore besoin des diteurs?


Internet a considrablement renforc les relations entre auteurs et lecteurs.
Grce au Web, ils peuvent faire connatre directement leurs oeuvres, et le
courrier lectronique leur permet de discuter avec leurs lecteurs. En
dfinitive, les auteurs ont-ils encore besoin des diteurs?

Professeur de lettres, pote et peintre, Silvaine Arabo a cr le site Posie
d'hier et d'aujourd'hui, sur lequel elle propose de nombreux pomes, y compris
les siens. Que peut apporter ce nouvel outil qu'est Internet  un pote? Dans
son courrier lectronique du 9 juin 1998, Silvaine Arabo rpondait:

"L'utilisation d'Internet a-t-elle chang quelque chose pour moi en tant que
pote? Pour rpondre  votre question, disons que la gestion d'un site Internet
- si l'on veut qu'il demeure vivant - requiert beaucoup de temps. Mais je fais
en sorte que ma cration personnelle n'en souffre pas. Par ailleurs, Internet
m'a mise en contact avec d'autres potes, dont certains fort intressants...
Cela rompt le cercle de la solitude et permet d'changer des ides. On se lance
des dfis aussi... Internet peut donc pousser  la crativit et relancer les
motivations des potes puisqu'ils savent qu'ils seront lus et pourront mme,
dans le meilleur des cas, correspondre avec leurs lecteurs et avoir les points
de vue de ceux-ci sur leurs textes. Je ne vois personnellement que des aspects
positifs  la promotion de la posie par Internet: tant pour le lecteur que pour
le crateur."

Le quotidien Libration du 27 fvrier 1998 donne aussi l'exemple de Barry
Beckham, romancier amricain qui a inaugur une formule originale pour diffuser
son roman You Have a Friend : The Rise and Fall and Rise of the Chase Manhattan
Bank, portrait de la grande banque Chase Manhattan sur deux sicles, entre 1793
et 1995. Ce sujet a t inspir par la vie professionnelle de l'auteur qui fut
rdacteur dans le service des relations publiques de cette banque. Moyennant un
abonnement de 9,95 dollars (environ 60 FF), le lecteur reoit un pisode par
courrier lectronique toutes les deux semaines et pendant six mois. Barry
Beckham pense tre le premier  adopter cette formule de roman-feuilleton sur le
Web, dans la ligne de Dostoevski, Dumas ou Dickens en d'autres temps. Parlant
de lui-mme, il dclare:

"Un auteur du 20e sicle utilise la mme dmarche [la publication de romans par
pisodes dans les journaux du 19e] pour atteindre des lecteurs  une poque o
l'dition littraire est domine par des conglomrats obsds par des titres
ayant un fort potentiel commercial mais peu de substance intellectuelle."

Esther Dyson est la prsidente d'EDventure Holdings, une socit spcialise
dans l'tude des nouvelles technologies de l'information au niveau
international, et elle fait galement partie du comit directeur de l'Electronic
Frontier Foundation (EFF). Depuis 1982, elle publie Release 1.0, lettre
d'information mensuelle trs prise des spcialistes et souvent appele la
lettre intellectuelle du monde informatique. En 1997, elle publie son premier
ouvrage: Release 2.0: A Design for Living in the Digital Age (Londres, Viking,
1997). Organis en neuf chapitres (communauts, travail, enseignement,
administration, proprit intellectuelle, contrle du contenu, vie prive,
anonymat et scurit), l'ouvrage explore l'impact et les implications du
cyberespace : son effet sur la vie quotidienne, les responsabilits lies aux
nouveaux pouvoirs qu'il nous donne, et les problmes de fond poss par Internet.
Il expose aussi les conflits fondamentaux lis au dveloppement de la
communication numrique: les conflits entre la vie prive et l'ouverture
sociale, la scurit et la libert, le commerce et la communaut. Paralllement
 la publication simultane de son ouvrage par plusieurs diteurs dans le monde,
Esther Dyson a ouvert le site Release 2.0 pour dialoguer avec ses lecteurs. Elle
compte tirer  profit tous ces changes dans une nouvelle dition de son livre.

S'il est maintenant frquent qu'un livre ait son correspondant numrique sur
Internet, le cas contraire ne l'est pas, comme l'explique Christian Aubry,
rdacteur en chef de Multimdium, dans sa prsentation de L'tat du
cybercommerce 1998-1996, ouvrage lanc le 25 fvrier 1998 lors du Forum
qubcois sur l'Internet.

"Il est devenu assez banal de numriser un livre afin de le rendre accessible
sur le rseau mondial. Mais le contraire - un site Internet transpos dans un
livre - est un phnomne suffisamment inusit pour attirer notre attention. Que
peut gagner le Web, ce mdium virtuel, universel, interactif et instantan, 
revenir ainsi en arrire et  se figer dans un simple objet de papier?"

Ecrit par Vallier Lapierre et Yves Leclerc, journalistes associs de Vianet, et
co-dit par Fortune 1000 et Communications Vianet, l'ouvrage est un recueil de
textes tirs du site CLS du commerce lectronique, et il recense les tendances
et stratgies rcentes en matire de commerce lectronique et de cyberconomie.

Pour clore ce chapitre, voici le commentaire de Jean-Paul, internaute amateur de
musique et d'criture, qui dclarait dans son courrier lectronique du 21 juin
1998:

"Mon avenir sur la toile est plus personnel que professionnel. L'Internet va me
permettre de me passer des intermdiaires: compagnies de disques, diteurs,
distributeurs... Il va surtout me permettre de formaliser ce que j'ai dans la
tte (et ailleurs) et dont l'imprim (la micro-dition, en fait) ne me
permettait de donner qu'une approximation. Puis les intermdiaires prendront
tout le pouvoir. Il faudra alors chercher ailleurs, l o l'herbe est plus
verte..."


5. LA PRESSE EN LIGNE


[Dans ce chapitre:]

[5.1. La presse en ligne francophone / 5.2. La presse trangre / 5.3. La presse
lectronique / 5.4. L'avenir de la presse en ligne]

Les premires ditions lectroniques de journaux ont t disponibles par le
biais de services commerciaux tels que America Online ou CompuServe. Puis les
diteurs de ces journaux ont cr des serveurs web. De nombreux journaux et
magazines sur papier ont maintenant leur site et proposent sur celui-ci la
version intgrale de leur dernier numro en ligne - qu'il est possible de
consulter librement ou moyennant un abonnement gratuit ou payant - ainsi que des
dossiers et des archives. D'autres journaux et magazines sont purement
lectroniques. L'avenir de la presse en ligne est galement li  un dbat de
fond sur le mtier de journaliste.


5.1. La presse en ligne francophone


Comme on le verra dans les lignes qui suivent, plusieurs journaux se disputent
la paternit du premier site sur le Web.

Libration a dbut son site web  la fin de l'anne 1995, peu aprs le
lancement de la version papier de son Cahier Multimdia, inclus dans l'dition
du jeudi. Le site de Libration propose la Une du quotidien, le Cahier Livres
complt par Chapitre un (les premiers chapitres de livres rcents), et bien
d'autres rubriques. Indispensable pour qui veut se tenir au courant de
l'actualit d'Internet, la rubrique Multimdia inclut les articles du Cahier
Multimdia papier hebdomadaire et les archives des numros prcdents.

Sur le site du Monde, cr en 1996, on trouve des dossiers en ligne, la Une du
Monde en version graphique  partir de 13 h, l'intgralit du journal avant 17
h, l'actualit en liaison avec l'AFP (Agence France Presse), et des rubriques
sur la bourse, les livres, le multimdia et les sports. L'abonnement au journal
complet en ligne est de 5 FF par jour, soit 30% de moins que l'dition papier
qui cote 7,50 FF. S'ils concernent le multimdia, les articles du supplment
papier hebdomadaire Tlvision-Radio-Multimdia sont disponibles gratuitement en
ligne dans la rubrique Multimdia, rebaptise ensuite Nouvelles technologies.

Le site du Monde diplomatique permet l'accs  l'ensemble des articles de la
revue depuis janvier 1994, par date, sujet et pays. L'intgralit du mensuel en
cours est consultable gratuitement pendant les deux semaines suivant sa
parution. Un forum permanent de discussion en ligne permet au journal de
discuter avec ses lecteurs. Dans son courrier lectronique du 17 juin 1998,
Philippe Rivire prcisait:

"Mont dans le cadre d'un projet exprimental avec l'INA (Institut national de
l'audiovisuel), dbut 1995, le site tait le premier site d'un journal franais.
Depuis il a bien grandi, autour des mmes services de base: archives et annonce
de sommaire. [Grce  Internet,] le travail journalistique s'enrichit de sources
faciles d'accs, aisment disponibles. Le travail ditorial est facilit par
l'change de courriers lectroniques; par contre, une charge de travail
supplmentaire due aux messages reus commence  peser fortement."

En septembre 1996, L'Humanit a t le premier quotidien franais  proposer la
version intgrale du journal sur le Web. Classs par rubriques, les articles
sont disponibles sur le serveur entre 10 h et 11 h du matin,  l'exception de
L'Humanit du samedi qui n'est gnralement mise en ligne que le lundi.
L'archivage est automatique.

Dans son courrier lectronique du 23 juillet 1998, Jacques Coubard expliquait:

"Le site de L'Humanit a t lanc en septembre 1996  l'occasion de la Fte
annuelle du journal. Nous y avons ajout depuis un forum, un site, en
partenariat, pour la rcente Coupe du monde de football, et des donnes sur la
Fte et sur le meeting d'athltisme, parrain par L'Humanit. Nous esprons
pouvoir dvelopper ce site  l'occasion du lancement d'une nouvelle formule du
quotidien qui devrait intervenir  la fin de l'anne ou au dbut de l'an
prochain. Nous esprons galement mettre sur site L'Humanit hebdo dans les
mmes dlais. Jusqu' prsent on ne peut pas dire que l'arrive d'Internet ait
boulevers la vie des journalistes faute de moyens et de formation (ce qui va
ensemble). Les rubriques sont peu  peu quipes avec des postes ddis, mais
une minorit de journalistes exploitent ce gisement de donnes. Certains s'en
servent pour transmettre leurs articles, leurs reportages. Il y a sans doute
encore une 'peur' culturelle  plonger dans l'univers du Net. Normal, en face de
l'inconnu. L'avenir devrait donc permettre par une formation (peu complique) de
combler ce handicap. On peut rver  un enrichissement par une sorte d'dition
lectronique, mais nous sommes svrement brids par le manque de moyens
financiers."

Le site des Echos prsente l'information financire en continu, un moteur de
recherche par nom de socit, un atlas rgional des activits conomiques, une
slection de sites, etc. La consultation du quotidien est payante, soit par
numro, soit par abonnement (215 FF par mois). Le site de La Tribune, gratuit,
propose La Tribune du jour et les archives du journal, ainsi qu'une slection
d'articles en anglais.

Infos On Line, le service en ligne des publications du Groupe Havas, a vu son
ouverture retarde pour des raisons administratives, et le site n'tait toujours
pas ouvert en dcembre 1998. Il devrait diffuser les articles de 01 Informatique
Agro-distribution,L'Entreprise, L'Expansion, L'Express, La France agricole, Le
Moniteur des travaux publics et du btiment,La Revue de l'leveur laitier, La
Revue de l'industrie agro-alimentaire, L'Usine nouvelle, La Vie franaise et La
Vigne, auxquels s'ajouteraient les articles de l'hebdomadaire Le Point et ceux
du quotidien Les Echos. 100.000 articles seront accessibles grce  un moteur de
recherche multicritres proposant une liste d'articles, avec titre du priodique
et rsum. L'abonnement minimal sera de 50 FF pour 10 articles. Il s'effectuera
directement en ligne par carte bancaire ou par abonnement. Les personnes
rfractaires au paiement en ligne pourront choisir d'effectuer le rglement par
l'intermdiaire de CompuServe, fournisseur d'accs  Internet, et la somme
correspondant aux achats d'articles sera ajoute  la facture mensuelle envoye
par CompuServe.

Co-dit par Havas Interactive et l'Agence JSI depuis le printemps 1998, Infos
Graphiques On Line a pour but de diffuser l'information explique en images.
Disponibles par abonnement, des centaines d'infographies sont regroupes selon
les thmes suivants: culture, conomie, France, monde, sciences, social,
socit, sports, vie quotidienne, clin d'oeil, comment a marche. La recherche
est possible par thme ou par priode: jour, semaine, mois, ou archives plus
anciennes.

Le Canard Enchan, hebdomadaire satirique, n'a malheureusement pas de site
officiel sur le Net, mais un site officieux lui est consacr: La Crme de
Canard, qui propose chaque semaine une slection d'articles et de dessins, avec
une semaine de retard par rapport  l'hebdomadaire, et des archives remontant 
aot 1995.

Les journaux rgionaux sont galement reprsents sur le Web, par exemple Le
Rpublicain lorrain, Le Dauphin libr, les Dernires nouvelles d'Alsace ou
Ouest-France.

Outre l'intgrale de l'dition du jour, le site des Dernires nouvelles d'Alsace
(DNA) propose des services comme le cours de la bourse et le calcul des impts,
et il offre aussi une dition abrge en allemand. Dans son courrier
lectronique du 16 juin 1998, Michel Landaret prcisait que DNA, "cr en
septembre 1995 [et qui compte] actuellement 5.500 lecteurs par jour [est le]
premier journal franais a avoir mis son contenu sur le Web".

France-Ouest, site du quotidien Ouest-France, a t cr en juillet 1996. Dans
son courrier lectronique du 17 juin 1998, Bernard Boudic expliquait:

"[A l'origine, l'objectif tait de] prsenter et relater les grands vnements
de l'Ouest en invitant les internautes  une promenade dans un grand nombre de
pages consacres  nos rgions (tourisme, industrie, recherche, culture). Trs
vite, nous nous sommes aperus que cela ne suffisait pas. Nous nous sommes
tourns vers la mise en ligne de dossiers d'actualit, puis d'actualits tout
court. Aujourd'hui nous avons quatre niveaux d'infos : quotidien, hebdo (tendant
de plus en plus vers un rythme plus rapide), vnements et dossiers. Et nous
offrons des services (PA [petites annonces], guide des spectacles, presse-cole,
boutique, etc.). Nous travaillons sur un projet de journal lectronique total:
mise en ligne automatique chaque nuit de nos quarante ditions (450 pages
diffrentes, 1.500 photos) dans un format respectant typographie et hirarchie
de l'information et autorisant la constitution par chacun de son journal
personnalis (critres gographiques croiss avec des critres thmatiques).

[Internet a chang ma vie professionnelle] d'abord parce que j'en suis devenu le
responsable ditorial... Les retombes sur le travail quotidien des journalistes
d'OF [Ouest-France] sont encore minces. Nous commenons seulement  offrir un
accs Internet  chacun (rdaction d'OF = 370 journalistes rpartis dans
soixante rdactions, sur douze dpartements... pas simple). Certains utilisent
Internet pour la messagerie lectronique (courrier interne ou externe, rception
de textes de correspondants  l'tranger, envoi de fichiers divers) et comme
source d'informations. Mais cette pratique demande encore  s'tendre et  se
gnraliser. Bien sr, nous rflchissons aussi  tout ce qui touche 
l'criture multimdia et  sa rtroaction sur l'criture imprime, aux
changements d'habitudes de nos lecteurs, etc. [...]

[Internet est]  la fois une menace et une chance. Menace sur l'imprim, trs
certainement (captation de la pub et des PA [petites annonces], changement de
rflexes des lecteurs, perte du got de l'imprim, concurrence d'un mdia
gratuit, que chacun peut utiliser pour diffuser sa propre info, etc.). Mais
c'est aussi l'occasion de relever tous ces dfis, de rajeunir la presse
imprime."

Bel exemple de multilinguisme, le site du quotidien belge Le Soir offre une
prsentation du journal en franais, allemand, anglais, espagnol, italien et
nerlandais. Le site du Courrier international permet de retrouver les articles
de la presse internationale slectionns et traduits par le Courrier, et de
consulter ses sources au moyen de nombreux liens.

Prsent sur le Web depuis le 14 septembre 1995, Webdo, premier journal
lectronique suisse, est issu de L'Hebdo, magazine d'information publi 
Lausanne (Suisse). On y trouve son dition de la semaine et ses archives, ainsi
qu'un rpertoire quasi-exhaustif de la presse non spcialise sur le Web.

Le Journal officiel est en ligne depuis dbut 1998. Le site est accessible soit
directement, soit par le biais de Lgifrance qui propose plusieurs autres
documents officiels: le Code civil, le Code pnal, la Constitution de la Ve
Rpublique (1958), la Dclaration universelle des droits de l'homme, des textes
de lois et des arrts de jurisprudence. La page d'accueil offre cinq grandes
rubriques: la Constitution, la loi, la jurisprudence, le droit europen et
l'actualit juridique. Une grande "premire" puisque les textes lgislatifs
n'taient jusque-l accessibles que par Minitel ou par le biais de bases de
donnes  la facturation leve.

Dans le domaine informatique, l'excellente revue professionnelle Le M@nde
informatique est mise  jour tous les vendredis. ZDNet, site du plus grand
diteur mondial de magazines informatiques, propose ZDNet France, un magazine
lectronique ax sur la micro-informatique. Il contient des articles de la
rdaction de ZDNet ou bien publis dans PC Direct et PC Expert.

Plusieurs rpertoires permettent de "naviguer" sur la presse francophone.

Outre la diffusion de l'information mondiale en franais, anglais, allemand,
espagnol et portuguais, le site de l'Agence France-Presse (AFP) propose des
liens hypertextes  la fois avec la presse franaise (titres nationaux, journaux
rgionaux, chanes de tlvision, radios et journaux lectroniques) et avec la
presse francophone des pays suivants : Belgique, Canada, Hati, Madagascar,
Maroc, Runion (DOM-TOM), Suisse et Tunisie.

Biblio On Line, serveur franais d'informations culturelles sur Internet,
propose dans BiblioPresse 80.000 rfrences d'articles dans plus de cent titres
de la presse franaise. La recherche est possible par titre d'article, thme,
revue et anne.

PageFrance prsente l'actualit franaise multimdia, l'actualit franaise en
gnral avec des liens pour trouver l'information, une slection de sites web
francophones, une recherche de coordonnes en tous genres, et un guide pour
acheter en ligne sur Internet.


5.2. La presse trangre


Voici quelques exemples aussi pour la presse trangre.

Aux Etats-Unis, le Wall Street Journal possde environ 100.000 abonns payants
en ligne. La version en ligne du New York Times est disponible sur abonnement
gratuit. Le Washington Post propose l'actualit quotidienne en ligne et une
banque de donnes d'articles, le tout avec images, sons et vidos. Pathfinder
est le site web du groupe Time-Warner, diteur de Time Magazine, Sports
Illustrated, Fortune, People, Southern Living, Money, Sunset, etc. On peut y
lire la presse en ligne et rechercher des articles par date ou par sujet.

Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font Web commun, avec possibilit de
crer une dition personnalise. The Economist, magazine conomique anglais qui
fait rfrence, est galement disponible en ligne, comme le sont aussi le grand
quotidien espagnol El Pais ou les magazines allemands Focus ou Der Spiegel,
parmi tant d'autres.

Concernant la presse informatique, on a par exemple le mensuel Wired, cr en
1992 en Californie, une revue culte qui fut le premier magazine consacr  la
culture cyber et qui se veut aujourd'hui le journal du futur  l'avant-garde du
21e sicle.

Plusieurs rpertoires recensent la presse internationale,  commencer par
l'excellent Les journaux sur le Web, tenu  jour par Grald Verdon sur le site
de Webdo. Il recense tous les sites web de quotidiens et magazines non
spcialiss du monde entier, ainsi que les magazines lectroniques et les
chanes ou les missions de tlvision.

AJR/NewsLink (AJR : American Journalism Review) propose des liens avec un grand
nombre de journaux et magazines, associations de journalistes, ressources pour
les journalistes, etc. Electronic Newstand offre des liens avec des centaines de
magazines et permet aussi la recherche d'articles. Tenu  jour par Oxbridge
Communications, MediaFinder gre des annuaires regroupant 90.000 magazines,
lettres d'information, catalogues, priodiques, etc., et il est aussi
fournisseur d'abonnements ou d'annonces publicitaires.

Plusieurs bibliothques ont galement cr des rpertoires exhaustifs de la
presse sur le Web, par exemple la section sur l'actualit, les mdias et les
priodiques cre par la Michigan Electronic Library (MEL).


5.3. La presse lectronique


S'ils ont eux aussi commenc  circuler par le biais de services commerciaux
tels que America On Line (AOL) ou CompuServe, les journaux lectroniques ont
connu un essor important lorsqu'ils ont t disponibles sur le Web.

Fond en avril 1997 par deux journalistes franais de la grande presse, Anna
Alter et Max Casmurri, Le Petit Bouquet est le premier quotidien francophone
exclusivement lectronique. Un systme d'abonnement gratuit permet  25.000
francophones du monde entier de le recevoir quotidiennement.

ZazieWeb est une revue littraire en ligne conue et ralise par Isabelle
Aveline, avec un graphisme d'Olivier Cornu. Club des libraires multimdias,
manifestations culturelles, atelier d'criture et billets d'humeur, toute
l'actualit du livre est prsente avec punch et humour.

Pagina, magazine hebdomadaire de l'dition, fait le point sur l'actualit
littraire. Magazine bilingue franais-anglais, The (virtual) Baguette donne
toutes sortes de nouvelles humoristiques sur le monde d'Internet.

Le Micro Bulletin Actu (LMB Actu) se prsente comme "l'hebdomadaire Internet
immatriel et francophone", et il est la rfrence dans le domaine des
technologies de l'information. Diffus gratuitement par messagerie lectronique
chaque jeudi matin, il est ensuite archiv sur le site web. Ralis par la
Dlgation aux systmes d'information du Centre national de la recherche
scientifique (CNRS), avec la collaboration de Tektonika, il complte la revue
papier Le Micro Bulletin, destine aux utilisateurs de l'informatique dans la
recherche.

Trs apprci de toute la communaut francophone, l'excellent cybermagazine
qubcois Multimdium est le "quotidien des nouvelles technologies de
l'information". Il prsente l'actualit internationale  base d'articles courts
renvoyant aux sources et  des informations complmentaires sur d'autres sites.
Infos technos propose une slection de revues informatiques francophones,
complte par quelques titres anglophones.

A la consternation de ses lecteurs, les Chroniques de Cybrie, bulletin
hebdomadaire lui aussi trs pris des cybernautes francophones, avait d cesser
sa parution en octobre 1997 pour des raisons budgtaires. Pionniers dans ce
domaine, Jean-Pierre Cloutier et Mychelle Tremblay ne pouvaient continuer sans
un appui publicitaire qui ne s'est pas prsent: "Au Qubec, [...] les
annonceurs des secteurs public et priv et les commanditaires ne sont pas au
rendez-vous, du moins pour l'instant, pour assurer la viabilit du modle
conomique d'une prtendue industrie qubcoise du contenu sur les inforoutes."

Le 22 avril 1998, les Chroniques de Cybrie taient de retour grce  leur
alliance avec le Webdo de Lausanne qui, pendant les deux semaines suivant leur
publication, en dtient l'exclusivit sur le site cr  cet effet. Elles
rejoignent ensuite le site qubcois initial, qui contient les archives et le
rpertoire actualiss, le moteur de recherche interne et la liste d'abonnement.

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Jean-Pierre Cloutier, auteur des
Chroniques, expliquait son parcours professionnel:

"Il y a deux choses ici, dans mon cas. D'abord une poque o j'tais traducteur
(aprs avoir travaill dans le domaine des communications). Je me suis branch 
Internet  la demande de clients de ma petite entreprise de traduction car a
simplifiait l'envoi des textes  traduire et le retour des textes traduits.
Assez rapidement, j'ai commenc  largir mon bassin de clientle et  avoir des
contrats avec des clients amricains. Puis, il y a eu carrment changement de
profession, c'est--dire que j'ai mis de ct mes activits de traduction pour
devenir chroniqueur. Au dbut, je le faisais  temps partiel, mais c'est
rapidement devenu mon activit principale. C'tait pour moi un retour au
journalisme, mais de manire manifestement trs diffrente. Au dbut, les
Chroniques traitaient principalement des nouveauts (nouveaux sites, nouveaux
logiciels). Mais graduellement on a davantage trait des questions de fond du
rseau, puis dbord sur certains points d'actualit nationale et internationale
dans le social, le politique et l'conomique. Dans le premier cas, celui des
questions de fond, c'est relativement simple car toutes les ressources
(documents officiels, dpches, commentaires, analyses) sont en ligne. On peut
donc y mettre son grain de sel, citer, tendre l'analyse, pousser des
recherches. Pour ce qui est de l'actualit, la slection des sujets est
tributaire des ressources disponibles, ce qui n'est pas toujours facile 
dnicher. On se retrouve alors dans la mme situation que la radio ou la tl,
c'est--dire que s'il n'y a pas de clip audio ou d'images, une nouvelle mme
importante devient du coup moins attrayante sur le plan du mdium."

Dans les titres anglophones, on peut citer par exemple News.Com, qui prsente
des articles dtaills et des dossiers spciaux sur la micro-informatique et
Internet. Prs d'un million d'utilisateurs sont abonns  la lettre
d'information quotidienne, envoye gratuitement par courrier lectronique.

La presse lectronique est rpertorie dans E.Journal, dont la base de donnes
comprend les catgories suivantes: journaux universitaires, lettres
d'information par messagerie lectronique, magazines et journaux, journaux
politiques, journaux imprims, journaux par sujets, journaux sur le monde des
affaires et autres ressources.

Cre par John Labovitz, la E-Zine-List rpertorie 3.000 magazines
lectroniques. A l'origine, un e-zine - abrg de fanzine ou magazine - tait en
gnral produit par une personne ou un petit groupe, et il tait uniquement
distribu par voie lectronique. Le plus souvent, il ne contenait pas de
publicit, ne visait pas un profit commercial et n'tait pas dirig vers une
audience de masse.

Sur le site, John Labovitz explique qu'il a dbut la E-Zine-List durant l't
1993. A l'origine, son intention tait de faire connatre Crash, un zine imprim
pour lequel il souhaitait crer une version lectronique. A la recherche de
rpertoires, il n'a trouv que le groupe de discussion alt.zines, et des
archives comme le WELL et ETEXT. Il eut alors l'ide d'un rpertoire organis.
Il commena avec douze titres classs manuellement dans un diteur de textes.
Puis il crivit sa propre base de donnes pour gnrer automatiquement le texte,
les liens et les fichiers. En quatre ans, de 1993  1997, les quelques douzaines
de zines sont devenus plusieurs centaines, et la signification mme de zine
s'est largie puisque le terme recouvre maintenant tout type de publication
publie par voie lectronique. John Labovitz constate cependant qu' "il subsiste
toujours la frange originale et indpendante qui continue de publier suivant
leur coeur ou de repousser les frontires de ce que nous appelons un zine".


5.4. L'avenir de la presse en ligne


Selon Henri Pigeat, prsident de l'Institut international des communications
(cit dans Cyberplante: notre vie en temps virtuel), "l'dition lectronique
reprsente un axe majeur de dveloppement pour la presse". D'aprs lui, le Web
remplit trois fonctions principales: il est un outil de promotion pour le
journal parce qu'il attire de nouveaux lecteurs, souvent plus jeunes, il offre
plus de prcisions et d'exhaustivit que sur un support papier limit par la
place, et enfin il "permet d'occuper le terrain, notamment face  la concurrence
de services en ligne nouveaux ou de la tlvision".

La vitesse de croisire va-t-elle remplacer la folle expansion de ces quatre
dernires annes? C'est ce que pense Eric K. Meyer, qui analyse la prsence des
journaux sur le Web dans un article trs document de l'AJR/NewsLink (AJR:
American Journalism Review).

En dcembre 1997, le nombre de journaux publiant sur le Net tait de 3.622, un
chiffre correspondant  peu prs  la prvision de 4.000 titres donne par
l'AJR/NewsLink en 1994. Les six mois prcdents (juin-dcembre 1997) avaient vu
l'apparition de 1.702 nouveaux titres. 594 titres avaient vu le jour entre
dcembre 1996 et mai 1997, contre 471 titres pour les six mois prcdents. 1.563
journaux en ligne taient bass hors des Etats-Unis, ce qui reprsentait un
pourcentage de 43%, alors que ce pourcentage tait seulement de 29% un an
auparavant. La forte augmentation de ce pourcentage correspondait  un
dveloppement rapide des journaux en ligne, notamment au Canada, au Royaume-Uni,
en Norvge, au Brsil et en Allemagne. Fait non surprenant, les trois pays les
plus reprsents taient les Etats-Unis (2.099 journaux), le Royaume-Uni (294
journaux) et le Canada (230 journaux).

En septembre 1998, le nombre de journaux publiant sur le Net tait de 4.925,
soit 1.300 titres de plus que fin 1997. Le site annonait aussi la
ractualisation des statistiques donnes dans l'article de dcembre 1997, mais
ces nouveaux chiffres n'taient pas encore disponibles en dcembre 1998.

Un autre lment nouveau d au Web est la collaboration entre grands groupes de
presse traditionnellement concurrents. Site rdactionnel commun qui a dur plus
d'un an, entre fvrier 1997 et mars 1998, NewsWorks proposait un service
d'information quotidien gr par le News Century Network, qui regroupait neuf
des plus grands groupes de presse des Etats-Unis: Advance Publications, Cox
Newspapers, The Gannett Company, The Hearst Corporation, Knight-Ridder Inc., The
New York Times Company, Times Mirror, The Tribune Company et The Washington Post
Company, soit 140 titres  eux tous. La msentente et le manque de cohsion
entre les partenaires ont eu raison de cette alliance le 10 mars 1998. Mme si
le partenariat semble difficile, le fait que le Web ouvre la voie  une
collaboration troite entre diffrents groupes de presse pour proposer des
serveurs d'information multinationaux et multilingues est un lment nouveau qui
va profondment bouleverser les us et coutumes.

Un nouveau type de presse dbute. Dans un article de Libration dat du 21 mars
1997, Laurent Mauriac insistait sur l'importance de la date du 28 fvrier 1997
dans l'histoire de la presse, du journalisme et d'Internet. A 15 h 15, le Dallas
Morning News, l'un des dix grands quotidiens amricains, livrait en ligne une
information exclusive: la reconnaisance de sa culpabilit par Timothy McVeigh,
le principal suspect de l'attentat d'Oklahoma City. Pour la premire fois, une
information exclusive n'tait pas livre par une dition imprime mais par une
dition en ligne. Elle renversait les rapports d'un journal avec son site web,
puisque, jusque l, l'dition en ligne se contentait d'tre une copie de
l'dition imprime.

Moins d'un an aprs, le mcanisme tait au point. Dans Libration du 30 janvier
1998, Pierre Brianon expliquait que le scandale provoqu par les relations
sexuelles de Bill Clinton, prsident des Etats-Unis, avec Monika Lewinski,
ancienne stagiaire  la Maison Blanche, tait "le premier grand vnement
politique dont tous les dtails sont instantanment reproduits sur le Web". Tous
les grands mdias d'information ont constitu une page web spciale consacre au
scandale. "Pour la premire fois, le Web apparat ainsi comme un concurrent
direct et brutal, non seulement des journaux - handicaps par leur priodicit -
mais des radios ou tlvisions."

Comme ces deux exemples le montrent, l'implantation du Web dans la presse, et
inversement, a cr un nouveau type de presse en ligne, qui offre une
information presque instantane, ou en tout cas encore plus rapide que celle
donne par la tlvision ou la radio. L'information est galement beaucoup plus
complte grce  la possibilit de multiples hyperliens vers d'autres sources
d'information et documents en tous genres.

Dans un entretien avec le magazine multimdia allemand Com! publi dans le
numro de mars 1998 (et relat dans la dpche AFP du 19 fvrier 1998), Hermann
Meyn, prsident du Deutscher Journalisten Verband (Fdration des journalistes
allemands), proposait d'tablir un code de dontologie professionnelle 
l'intention des journalistes sur Internet afin d'viter les drapages vus lors
de l'affaire Clinton-Lewinsky.

"Un tel code est ncessaire car le flux d'informations est beaucoup plus rapide
sur Internet que dans les mdias classiques, et 'les rumeurs et les fausses
nouvelles se rpandent beaucoup plus vite', a-t-il expliqu. [...] Soulignant
que des lois nationales ne suffiraient pas  combattre cette tendance sur le
rseau informatique mondial qu'est Internet, il a jug 'beaucoup plus sens'
d'tablir un code de l'honneur pour les journalistes."

Dans la Tribune de Genve du 28 fvrier-1er mars 1998, Antoine Maurice
prsentait les mutations technologiques ayant affect le monde de la presse
durant ces vingt dernires annes: impression offset, photocomposition,
informatisation progressive des rdactions et des oprations de production des
journaux. La fin des annes quatre-vingt voit "des rdactions compltement
informatises et dpourvues de papier - le tout cran - compltement en rseau
et en flux immatriel de production, compltement dtaches et dtachables des
lieux d'impression".

Nombre de mtiers ont disparu. Les journalistes doivent maintenant compter avec
des secrtaires de rdaction qui traitent les textes puis montent les pages sur
cran, et avec des ingnieurs qui contribuent eux-aussi  la dfinition de
l'information puisqu'ils rglementent les modalits du travail. Les techniciens
de l'information et ceux qui l'crivent sont tous deux "journalistes de plein
droit, puisque des metteurs en page sur ordinateur sont autant responsables du
contenu du journal que des rdacteurs". Les journalistes doivent aussi compter
avec la concurrence d'Internet qui vhicule un trs grand nombre d'informations
et qui "court-circuite en partie le pouvoir d'informer, privilge jusque-l d'un
milieu mdiatique qui se serait bien pass de cette concurrence".

La convergence multimdia peut tre dfinie comme la convergence des secteurs de
l'informatique, du tlphone et de la radiotlvision dans une industrie de la
communication et de la distribution utilisant les mmes autoroutes de
l'information. Si, dans certains secteurs, ce phnomne a rcemment entran de
nouveaux emplois, par exemple ceux lis  la production de films ou de produits
audio-visuels, d'autres secteurs sont soumis  d'inquitantes restructurations.
Lors du Colloque sur la convergence multimdia organis les 27-29 janvier 1997 
Genve par l'Organisation internationale du Travail (OIT), plusieurs
interventions taient particulirement intressantes, et elles sont toujours
d'actualit.

Bernie Lunzer, secrtaire trsorier de la Newspaper Guild (Etats-Unis), tait
l'intervenant le plus pessimiste sur la rentabilit de la presse sur le Web.
D'aprs lui, les espoirs de rentabilit, d'abord fonds sur les placards
publicitaires, se sont ensuite reports sur les petites annonces, sans garantie
de succs jusque-l. L'instauration de l'abonnement payant sur le Web semble
galement vou  l'chec, parce qu'il prive le site d'une grande partie de son
trafic. Bernie Lunzer insistait galement sur les batailles juridiques faisant
rage sur les problmes de proprit intellectuelle. Ces batailles visent
notamment  contrer l'attitude des directeurs de publications, qui amnent les
crivains indpendants  signer des contrats particulirement choquants cdant
tous leurs droits au directeur de la publication, avec une contrepartie
financire ridicule.

Heinz-Uwe Rbenach, du Bundesverband Deutscher Zeitungsverleger (Association
allemande de directeurs de journaux), ne pensait pas que, dans un proche avenir,
les journaux puissent tre vincs par les services de presse en ligne. Par
contre ceux-ci concurrencent dj la presse traditionnelle dans le domaine des
annonces immobilires ou des offres d'emploi. Si un lecteur veut acheter des
billets pour des manifestations exceptionnelles par exemple, le service en ligne
est plus adapt que le journal parce qu'il permet la commande directe des
billets et une mise  jour constante des informations. Tout comme Bernie Lunzer,
Heinz-Uwe Rbenach insistait lui aussi sur la ncessit financire pour les
entreprises de presse de grer et de contrler l'utilisation sur le Web des
articles de leurs journalistes, afin de constituer les fonds ncessaires pour
continuer  investir dans ce type de technologie.

Un problme tout aussi proccupant est celui de la pression constante exerce
sur les journalistes des salles de rdaction: le produit de leur travail n'est
plus utilis seulement en fin de journe, mais il doit tre disponible tout au
long de la journe. Ces tensions  rptition sont encore aggraves par une
journe de travail sur cran pendant huit  dix heures d'affile. Le rythme de
travail et l'utilisation intensive de l'ordinateur entranent de proccupants
problmes de scurit au travail. Aprs quelques annes de ce rgime, des
journalistes "craquent"  l'ge de trente-cinq ou quarante ans.

Prsident de la Federacin Nacional de Periodistas (FENAJ) (Fdration nationale
des journalistes) du Brsil, Carlos Alberto de Almeida dnonait lui aussi
l'exploitation des journalistes. En thorie, les nouvelles technologies devaient
donner la possibilit de rationaliser le travail et d'en rduire la dure pour
favoriser l'enrichissement intellectuel et les loisirs. En pratique, les
professionnels des mdias, les cadres et les journalistes par exemple, sont
obligs d'effectuer un nombre d'heures de travail de plus en plus grand. La
journe lgale de cinq heures est en fait une journe de dix  douze heures. Les
heures supplmentaires ne sont pas payes, comme ne sont pas payes non plus
celles effectues le week-end par un journaliste pendant sa priode de repos.

Si elle acclre le processus de production, l'automatisation des mthodes de
travail,  commencer par la numrisation, entrane une diminution de
l'intervention humaine et donc un accroissement du chmage. Alors qu'auparavant
le personnel de production devait retaper les textes du personnel de rdaction,
la mise en page automatique a entran la combinaison des deux tches de
rdaction et de composition. Dans les services publicitaires aussi, la
conception graphique et les tches commerciales sont maintenant intgres.

Etienne Reichel, directeur supplant de Viscom (Visual Communication),
l'association suisse pour la communication visuelle, dmontrait que le transfert
de donnes et la suppression de certaines phases de production ont rduit le
nombre d'emplois traditionnels. Le travail de vingt typographes est maintenant
assur par six travailleurs qualifis. La concentration des centres de
production a entran une forte pression sur les petites et moyennes entreprises
qui taient auparavant gnratrices d'emploi. Par contre, l'informatique permet
 certains professionnels de s'installer  leur compte, comme c'est le cas pour
30% des salaris ayant perdu leur emploi.

Heinz-Uwe Rbenach pensait au contraire que l'emploi n'tait pas menac. Depuis
des annes, les rdactions locales sont relies aux rdactions centrales et les
journalistes produisent sur leur propre ordinateur des pages prtes 
l'impression. Une fois de plus, dclarait-il, "les journalistes et autres
employs des journaux devront adapter leur activit aux nouvelles technologies
afin de soutenir la concurrence et de prserver leur emploi".

Les services en ligne crent de nouveaux emplois. Lors d'une enqute auprs de
l'Association europenne des directeurs de journaux, Heinz-Uwe Rbenach a
observ que les services en ligne recrutaient des journalistes ne provenant pas
des services de presse classiques, et qu'aucun poste n'avait t supprim dans
des entreprises de presse suite au dveloppement des services en ligne. Phil
O'Reilly, directeur gnral de la Newspaper Publishers' Association of NZ (NZ:
New Zealand) expliquait qu'en Nouvelle-Zlande aussi le dveloppement des sites
sur Internet a entran quelques crations d'emploi. Mais aucun intervenant n'a
donn le pourcentage de cration d'emplois par rapport au nombre de
licenciements.

Mme si Internet est un gigantesque rservoir d'informations, la presse aura
toujours besoin des journalistes, comme l'explique Jean-Pierre Cloutier, auteur
des Chroniques de Cybrie, dans un article de WebdoMag de juillet 1998:

"Certains ont prvu  court terme la disparition des mdias traditionnels et de
leurs artisans. 'Nous n'aurons plus besoin de journalistes quand un bon fureteur
pour les groupes News sera disponible', estimait il y a deux ans Michael Hauben
de l'Universit Columbia. 'Plus la population de branchs grandira, plus les
mdias d'information professionnels seront marginaliss.' N'en croyons rien.

L'esprit de dcouverte et le got de l'exploration et du bricolage technique de
ceux et celles qui ont t prcoces  adopter l'Internet (ceux que les
sociologues du Net appellent les early doers) ne sont pas partags par la
deuxime vague d'utilisateurs qui constituent maintenant la partie la plus
importante de cette 'masse critique'.

Et voil le dfi de la presse spcialise, c'est--dire accompagner le grand
public dans sa dcouverte du nouveau mdium et dans son appropriation de
l'espace cyber, l'aider  analyser, faciliter sa comprhension, ajouter une
valeur  l'information brute."

Le goufre entre les "info-riches" et les "info-pauvres" est particulirement
prsent dans la presse. Dans de nombreux pays africains, le tirage des journaux
est extrmement faible compar au chiffre de la population, et chaque exemplaire
est lu par une vingtaine de personnes au moins. Wilfred Kiboro, prsident de
Nation Printers and Publishers (Kenya) (devenue Nation Media Group le 24 juillet
1998), a observ dans son entreprise la baisse du prix des journaux grce au
phnomne de convergence multimdia. D'aprs lui, les cots de distribution
pourraient eux aussi fortement baisser avec la mise en service d'un systme
d'impression par satellite qui viterait de transporter les journaux par camion
dans tout le pays.

Toutefois la convergence multimdia en particulier et la mondialisation de
l'conomie en gnral placent une fois de plus les pays en dveloppement en tat
d'infriorit, puisque les moyens d'impression et de radiotldiffusion sont
dans les mains de quelques grands groupes occidentaux. Les problmes conomiques
sont galement doubls de problmes culturels: paradoxalement, les informations
concernant l'Afrique  destination des Africains ne viennent pas du continent
lui-mme, mais elles sont diffuses par des occidentaux qui transmettent leur
propre vision de l'Afrique, sans relle perception de sa situation conomique et
sociale.

Autre apport de taille au monde de la presse, Internet permet de lire en ligne
des titres difficiles ou impossibles  trouver en kiosque. Un article du
quotidien Le Monde du 23 mars 1998 donne l'exemple du quotidien algrien El
Watan, en ligne depuis octobre 1997. Selon Redha Belkhat, rdacteur en chef du
journal, l'enjeu est capital:

"Pour la diaspora algrienne, trouver dans un kiosque  Londres, New York ou
Ottawa, un numro d'El Watan dat de moins d'une semaine relve de l'exploit.
Maintenant, le journal tombe ici  6 heures du matin, et  midi il est sur
Internet."

Internet permet aussi aux journaux interdits d'exister, comme l'hebdomadaire
indpendant La Nation qui, parce qu'il dnonait les violations des droits de
l'homme en Algrie, a t contraint d'arrter ses activits en dcembre 1996. Un
an plus tard, un numro spcial tait disponible sur le site de Reporters sans
frontires  l'occasion de l'anniversaire de sa disparition. "En mettant La
Nation en ligne, notre but tait de dire: cela n'a plus de sens de censurer les
journaux en Algrie, parce que grce  Internet les gens peuvent rcuprer les
articles, les imprimer, et les distribuer autour d'eux", indiquait Malti
Djallan,  l'origine de cette initiative.

Nouvelles du bled est un journal lectronique sur l'Algrie cr en dcembre
1997 par Christian Debraisne, franais, et Mohamed Zaoui, journaliste algrien
en exil. L'quipe est maintenant constitue d'une douzaine de personnes qui se
retrouvent le jeudi soir dans un caf du onzime arrondissement de Paris.
Christian Debraisne, qui effectue la mise en page, dclarait dans Le Monde du 23
mars 1998:

"Avec Internet, nous avons trouv un espace de libre expression et, en prime,
pas de problme d'imprimerie ni de distribution. Je rcupre tous les papiers et
je les mets en ligne la nuit  partir de chez moi."

La revue de presse est effectue  partir des journaux d'Alger. Dans le mme
article, Mohamed Zaoui expliquait:

"La rdaction d'El Watan, par exemple, nous envoie des papiers qu'elle ne peut
pas publier l-bas. C'est une faon de djouer la censure. J'avais envie d'tre
utile et j'ai pens que mon rle en tant que journaliste tait de saisir
l'opportunit d'Internet pour faire entendre une autre voix entre le
gouvernement algrien et les intgristes."

Selon une enqute mene en fvrier 1998 aux Etats-Unis par Market Facts pour le
compte de MSNBC (Microsoft Network Broadcasting Corporation), Internet est en
train de supplanter les mdias classiques en tant que diffuseur de nouvelles.
Avec une moyenne gnrale d'utilisation de 3,5 heures par semaine, Internet
surclasse les magazines (2,4 heures), et il est dj pratiquement  galit avec
les journaux (3,6 heures). Il tend  se rapprocher de la radio (4,5 heures), de
la tlvision par cble (5 heures) et de la tlvision classique (5,7 heures).
De plus, Internet l'emporte sur tous les autres mdias pour la consultation des
nouvelles au bureau, particulirement les nouvelles conomiques et financires.

Signe des temps, en France, l'Ecole suprieure de journalisme (ESJ) de Lille
propose maintenant une formation en journalisme multimdia  destination des
journalistes professionnels franais et trangers. "En associant sur un mme
support l'crit, l'image, le son, les ressources documentaires et
l'interactivit, le multimdia modifie substantiellement les pratiques des
diteurs et des professionnels", indiquait l'ESJ. Une deuxime session de
formation de neuf mois - dont trois mois de stage en entreprise - a dbut en
septembre 1998. Termine en juin 1998, la premire session comprenait huit
diplms.

Dans un article du cyberquotidien Multimdium date du 17 avril 1998, Bruno
Guglieminetti, ralisateur aux projets spciaux numriques de Radio Canada,
expliquait:

"Le journalisme en ligne fait appel  une toute autre philosophie,  un tout
autre systme de production que le journalisme "traditionnel". Avec la cration
de cette filire, Lille se plante vraiment  l'avant-garde du journalisme
europen, ce qui n'empchera pas les journalistes traditionnels d'y recevoir
leur formation et d'y trouver leur compte."

La presse doit maintenant compter avec Internet pour les ressources qu'il offre
dans de nombreux domaines:

- rapidit de propagation des informations,

- accs immdiat  de nombreux sites d'information,

- liens  des articles et sources traitant du mme sujet,

- normes capacits documentaires allant du gnral au spcialis et
rciproquement (cartes gographiques, notices biographiques, textes officiels,
informations politiques, conomiques, culturelles, etc.),

- grande varit d'illustrations suite au dveloppement de stocks d'archives
photographiques lis  des sites d'information,

- possibilits d'archivage avec dossiers d'archives et moteurs de recherche
permettant de retrouver rapidement un article.

Internet permet une information en profondeur qu'aucun organe de presse ne
pouvait donner jusqu'ici. Derrire l'information du jour se trouve toute une
encyclopdie qui aide  la comprendre.

Mme si la presse en ligne s'allie de plus en plus avec l'audiovisuel et la
vido, l'important reste son contenu, comme le rappelait Jean-Pierre Cloutier,
auteur des Chroniques de Cybrie, dans son courrier lectronique du 8 juin 1998:

"Dans le cas des Chroniques de Cybrie, nous avons pu lancer et maintenir une
formule en raison des cots d'entre relativement faibles dans ce mdium.
Cependant, tout dpendra de l'ampleur du phnomne dit de 'convergence' des
mdias et d'une hausse possible des cots de production s'il faut offrir de
l'audio et de la vido pour demeurer concurrentiels. Si oui, il faudra songer 
des alliances stratgiques, un peu comme celle qui nous lie au groupe Ringier et
qui a permis la relance des Chroniques aprs six mois de mise en veilleuse. Mais
quel que soit le degr de convergence, je crois qu'il y aura toujours place pour
l'crit, et aussi pour les analyses en profondeur sur les grandes questions."


6. LES BIBLIOTHEQUES SUR LE WEB


[Dans ce chapitre:]

[6.1. Bibliothques francophones / 6.2. Rpertoires de bibliothques / 6.3.
Internet dans les bibliothques / 6.4. L'avenir des bibliothques avec Internet]

Ce chapitre est consacr aux sites crs par des bibliothques traditionnelles,
caractrises par des btiments, des bibliothcaires, des documents aligns sur
les rayonnages, et des tables et siges pour les lecteurs. Les
cyberbibliothques, ensembles de textes lectroniques disponibles sur Internet,
seront abordes au chapitre suivant.

Aprs avoir prsent quelques sites de bibliothques francophones et plusieurs
rpertoires de bibliothques en Europe et dans le monde, on se penchera sur
l'utilisation d'Internet dans les bibliothques, les nouveaux outils qu'il
apporte aux bibliothcaires, et l'avenir des bibliothques face  cette
gigantesque manne documentaire forme  la fois par un Web encyclopdique et des
cyberbibliothques de plus en plus nombreuses.


6.1. Bibliothques francophones


Le site trs color de la Bibliothque publique d'information (BPI) est un
modle du genre. Incluse dans le Centre national d'art et de culture Georges
Pompidou qui est lui-mme situ au coeur de l'ancien quartier des Halles, la BPI
est la grande bibliothque parisienne multimdia en libre accs. En travaux pour
restructuration aprs vingt ans de fonctionnement (1977-1997), elle a dmnag
provisoirement en novembre 1997 dans d'autres locaux du mme quartier, avec
rouverture prvue en l'an 2000. La page d'accueil de son site web permet le
choix entre l'accueil  la BPI, l'organisation de la bibliothque, son
catalogue, les guides et outils, la programmation, les formations, les
publications, le courrier et les sites web.

Le serveur de la BPI propose un accs direct aux catalogues des bibliothques
franaises. Il propose aussi l'Oriente-Express, un rpertoire d'adresses de
bibliothques et de centres de documentation publics ou privs situs  Paris ou
en rgion parisienne, choisis soit parce qu'ils sont ouverts  un large public,
soit parce qu'ils font rfrence dans leur domaine. Tous les organismes sont
prsents dans un cadre identique avec description des fonds et des domaines
couverts, et un lien hypertexte vers leur site web.

Bilingue franais-anglais, le serveur de la Bibliothque nationale de France
(BnF) est  la fois solidement ancr dans le pass et rsolument ouvert sur
l'avenir, comme en tmoigne le menu principal de la page d'accueil avec ses neuf
rubriques: nouveau (les nouvelles manifestations culturelles), connatre la BnF,
les actualits culturelles, les expositions virtuelles (quatre expositions en
septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son temps,
naissance de la culture franaise, tous les savoirs du monde), des informations
pratiques, l'accs aux catalogues de la BnF, l'information professionnelle
(conservation, dpt lgal, produits bibliographiques, etc.), la bibliothque en
rseau (francophonie, coopration nationale, coopration internationale, etc.),
et les autres serveurs (bibliothques nationales, bibliothques franaises,
universits, etc.). Enfin, bien en vue sur la page d'accueil, une photo ancienne
permet d'accder  Gallica, la cyberbibliothque de la Bibliothque nationale de
France, sur laquelle on reviendra dans le chapitre suivant.

Le beau site bilingue franais-anglais de la Bibliothque municipale de Lyon
propose quelques photos "pleine page". Il est organis  partir du menu suivant:
services en ligne, visite, collections, expositions, calendrier culturel, infos
pratiques et liens.

Les sites web de bibliothques franaises sont de plus en plus nombreux, et
plusieurs rpertoires ont t crs pour faciliter leur accs.

Ralis par Thierry Samain, le rpertoire des catalogues des bibliothques
francophones de l'ENSSIB (Ecole nationale suprieure des sciences de
l'information et des bibliothques) donne la liste de toutes les bibliothques
francophones classes en fonction des sept rubriques suivantes: bibliothques
gnrales, arts, droit et conomie, lettres et sciences humaines, mdecine,
sciences de l'information et bibliothques, sciences et techniques.

L'Association des bibliothcaires franais (ABF) tient un rpertoire des
bibliothques sur Internet en France, en francophonie et dans le monde.

Les sites Web des bibliothques de Biblio On Line comprend cinq parties:
bibliothques publiques, bibliothques universitaires, rseaux de bibliothques,
bibliothques spcialises et bibliothques virtuelles.

Rsultat de la coopration entre sites web en bibliothconomie et sciences de
l'information, Sitebib permet maintenant une "gestion partage des liens" entre
diffrents organismes.

Situ sur le site de la Bibliothque nationale de France, le Catalogue collectif
de France (CCFR) permet de "trouver des informations dtailles sur les
bibliothques franaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou
spcifiques), connatre prcisment les services qu'elles rendent et interroger
leur catalogue en ligne".


6.2. Rpertoires de bibliothques


Les rpertoires des bibliothques tenus  jour par des organismes franais
viennent d'tre signals.

Il existe bien sr des rpertoires nationaux pour chaque pays, par exemple, sur
le site du Fachbereich Informatik de la Techniche Universitt de Berlin
(Allemagne), Bibliotheken, qui donne la liste des bibliothques nationales,
universitaires et publiques d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse, ou encore
BIBSYS, qui est le site des bibliothques de Norvge.

Gr par la bibliothque de l'Universit d'Exeter, Library and Related Resources
est la liste des principales ressources offertes par les bibliothques, muses
et centres de recherche du Royaume-Uni.

Dans sa section Library and Information Science Resources, la Library of
Congress (USA) donne une liste des bibliothques publiques et bibliothques
universitaires avec accs  leurs serveurs et  leurs catalogues. Plusieurs
autres rubriques concernent la recherche et la rfrence, les services
techniques, les collections particulires, les cyberbibliothques, les
organisations professionnelles, les coles des sciences de l'information et des
bibliothques, les journaux professionnels et les fournisseurs de bibliothques.

A l'chelon europen, la rubrique General Library Resources on the Web, gre
par l'Union europenne, donne une liste des bibliothques en Europe et dans le
monde, une liste des bibliothques publiques, une liste d'diteurs, et des
informations diverses sur les bibliothques et les projets de l'Union europenne
dans ce domaine.

Site trilingue anglais-franais-allemand, Gabriel est l'acronyme de "Gateway and
Bridge to Europe's National Libraries". Comme son nom l'indique, il s'agit du
serveur des bibliothques nationales europennes, cr afin d'offrir un point
d'accs unique aux services et collections de ces bibliothques.

"Gabriel rappelle galement les travaux de Gabriel Naud, dont l'Advis pour
dresser une bibliothque (Paris, 1627) est le premier travail thorique en
Europe sur les bibliothques et qui constitue ainsi un point de dpart sur les
bibliothques de recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employ dans de
nombreuses langues europennes et vient de l'Ancien Testament, Gabriel tant
l'un des archanges ou messager cleste. Il est galement prsent dans le Nouveau
Testament et dans le Coran."

Le site procure des liens hypertextes avec tous les services en ligne des
bibliothques nationales europennes. Il couvre les pays suivants: Allemagne,
Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France,
Grce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie,
Luxembourg, Macdoine, Malte, Norvge, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Rpublique
slovaque, Rpublique tchque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Sude, Suisse,
Turquie et Vatican. Le site donne aussi des nouvelles de leurs projets communs.

Comment Gabriel vit-il le jour?

L'ide d'un site web commun aux bibliothques nationales europennes fut mise
en 1994  Oslo (Norvge) lors de la runion de la Conference of European
National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle runion rassembla les
reprsentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), la British Library
(Royaume-Uni) et la Bibliothque de l'Universit d'Helsinki (Finlande) afin de
discuter du site web de la CENL. Ils se mirent d'accord sur un projet pilote et
furent ensuite rejoints par trois autres bibliothques nationales: Die Deusche
Bibliothek (Allemagne), la Bibliothque nationale de France et la Biblioteka
Narodowa (Pologne).

Le projet Gabriel fut approuv en septembre 1995 lors de la runion annuelle de
la CENL  Berne (Suisse). Il fut ensuite lanc sur Internet par la British
Library qui s'occupa de sa maintenance ditoriale, avec la collaboration des
bibliothques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La seconde tape eut lieu
entre octobre 1995 et septembre 1996. Toutes les bibliothques nationales qui
n'avaient pas particip  la phase pilote furent invites  se joindre au
projet, ce qui permit une extension rapide de celui-ci. Entre-temps, de
nombreuses bibliothques avaient ouvert leur propre serveur web. Lors de sa
runion  Lisbonne (Portugal) en septembre 1996, la CENL dcida le lancement de
Gabriel en tant que service officiel de la CENL  compter du 1er janvier 1997.
Sa maintenance ditoriale fut reprise par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).

La recherche sur Gabriel peut tre effectue par pays ou bien par type de
services. Ces types de services sont les suivants : OPAC (online public access
catalogues), bibliographies nationales, catalogues collectifs nationaux, index
du contenu des priodiques, serveurs web, gophers (systmes d'information  base
de menus textuels  plusieurs niveaux), et liste complte des services en ligne
par bibliothque.

Quelle est la situation dans les bibliothques publiques?

Internet and the Library Sphere, document de l'Union europenne mis  jour le 11
dcembre 1998, value  environ 1.000 le nombre de bibliothques publiques ayant
un serveur web. Ces bibliothques sont rparties dans une trentaine de pays. Les
pays les plus reprsents sont la Finlande (247 bibliothques), la Sude (132
bibliothques), le Royaume-Uni (112 bibliothques), le Danemark (107
bibliothques), l'Allemagne (102 bibliothques), les Pays-Bas (72
bibliothques), la Lituanie (51 bibliothques), l'Espagne (56 bibliothques) et
la Norvge (45 bibliothques). Les pays nouvellement reprsents sont la
Rpublique tchque (29 bibliothques) et le Portugal (3 bibliothques). La
Russie propose aussi une liste de 26 bibliothques de rfrence sur le Web. Les
sites sont trs htrognes. Certains mentionnent seulement des informations de
base telles que l'adresse des locaux et les heures d'ouverture, tandis que
d'autres proposent toute une gamme de services, ainsi que l'accs  l'OPAC
(online public access catalogue) de la bibliothque.

Public Libraries of Europe, liste de Sheila et Robert Harden, procure un
annuaire des sites de bibliothques publiques europennes avec classement par
pays. Gr par la St Joseph County Public Library,  South Bend (Indiana, USA),
SJCPL's Public Library WWW Servers rpertorie 560 serveurs de bibliothques
publiques dans le monde.

Si on souhaite un outil  l'chelle mondiale, LibWeb: Library Servers via WWW,
tenu  jour par Thomas Dowling, de la Digital Berkeley Library (Californie,
USA), recense tous les serveurs de bibliothques disponibles sur le Web, 
savoir 2.500 serveurs dans 70 pays. La mise  jour est quotidienne, tous les
jours  minuit heure locale. La recherche est possible par lieu, type de
bibliothque ou nom. Except pour les Etats-Unis, le classement est effectu par
continent et non par pays. Une centaine de bibliothques europennes est
rpertorie.


6.3. Internet dans les bibliothques


L'Union europenne dispose d'un Programme des bibliothques dont le but est
d'aider au dveloppement des ressources Internet et de faciliter les connexions
des bibliothques avec l'infrastructure de l'information et des communications.
Le dveloppement de systmes appropris est effectu en fonction de deux
objectifs principaux: d'une part faciliter l'accs de l'usager aux ressources de
la bibliothque, d'autre part faciliter l'interconnexion des bibliothques entre
elles dans le cadre du dveloppement des autoroutes de l'information. Les tests
de validation sont accompagns de mesures permettant de promouvoir des normes,
diffuser des rsultats et informer le personnel des bibliothques des
possibilits offertes par les systmes tlmatiques.

Paralllement  ces travaux mens  l'chelon international, de nombreuses
bibliothques sont en train de dvelopper une cyberbibliothque  ct de leurs
collections traditionnelles.

La Bibliothque nationale de France a cr Gallica qui, dans un premier temps,
propose des images et textes du 19e sicle francophone. Une slection de 3.000
livres est complte par un chantillon de la future iconothque numrique.
Grce  son site web, la Bibliothque municipale de Lyon met ses enluminures 
la disposition de tous. Une slection de 3.000 images (avec une prvision de
10.000) permet au grand public de faire connaissance avec 200 manuscrits et
incunables s'chelonnant du 5e sicle  la Renaissance. La bibliothque
lectronique de Lisieux propose chaque mois la version intgrale d'une oeuvre
littraire, ainsi que les oeuvres littraires des mois prcdents.

Qu'elles soient des bibliothques de textes, des bibliothques d'images fixes ou
animes ou des bibliothques sonores, ou bien qu'elles associent les trois
supports, les cyberbibliothques cres par les bibliothques et mdiathques
pour faire connatre leurs collections se dveloppent trs rapidement. Elles
permettront  un large public d'avoir accs  des documents jusque-l
pratiquement impossibles  consulter parce qu'appartenant  des fonds anciens,
des fonds locaux et rgionaux, ou des fonds spcialiss. Ces fonds taient
souvent trs difficilement accessibles pour des raisons diverses: souci de
conservation des documents rares et fragiles, heures d'ouverture rduites,
nombreux formulaires  remplir, dlais de communication, pnurie de personnel,
qui taient autant de barrires  franchir et qui demandaient souvent au
chercheur une patience  toute preuve et une dtermination hors du commun pour
arriver jusqu'au document.

Grce  la cyberbibliothque, la bibliothque peut enfin rendre comptatibles
deux objectifs qui jusque l ne l'taient gure,  savoir la conservation des
documents et la communication de ceux-ci. D'une part le document ne quitte son
rayonnage qu'une seule fois pour tre scann, d'autre part le grand public y a
enfin accs. A long terme, une fois numriss, tous ces fonds qui dorment sur
les rayonnages pourront tre utiliss sans le parcours du combattant qu'on vient
d'voquer. Assis sur sa chaise ou dans son fauteuil, le lecteur pourra avoir
accs  des oeuvres en cliquant de l'une  l'autre, au gr de son humeur, de ses
centres d'intrt ou d'une curiosit passagre, de faon encore plus pratique
qu'en se promenant dans les rayonnages, et surtout de faon beaucoup plus
exhaustive puisque, dans les bibliothques, une bonne partie des collections se
trouve range dans des magasins et n'est donc pas en libre accs pour le lecteur
qui "chine". Si le lecteur veut ensuite consulter le document lui-mme - dans
certains cas, la consultation  l'cran ne peut remplacer le "contact" direct
avec l'oeuvre - il pourra ensuite se lancer dans les diffrentes tapes de la
consultation "traditionnelle", mais ceci en connaissance de cause, aprs que le
"feuilletage"  l'cran lui ait permis de slectionner les documents en question
afin de ne demander que ceux qui l'intressent vraiment.

Le terme cyberspace (de l'anglais cyberspace) doit sa paternit  l'auteur de
science-fiction William Gibson qui le dcrit dans son roman Neuromancien paru en
1984:

"Cyberespace: une hallucination consensuelle exprimente quotidiennement par
des milliards d'oprateurs rguliers, dans chaque nation, par des enfants  qui
on enseigne des concepts mathmatiques... Une reprsentation graphique des
donnes extraites des banques de tous les ordinateurs dans le systme humain.
Complexit incroyable. Des lignes de lumire qui vont dans le non-espace de
l'esprit, des agglomrats et des constellations de donnes. Et qui fuient, comme
les lumires de la ville."

Nombreux sont les bibliothcaires qui rvent de pouvoir offrir  leurs lecteurs
de vritables cyberespaces dans lesquels ils puissent travailler. Reste  savoir
si on leur en donnera les moyens. "Les bibliothques franaises dveloppent une
connexion  l'Internet ouverte au public, mais elles sont malheureusement encore
peu nombreuses, moins d'une dizaine en avril 1997", crivait Florent Latrive
dans le quotidien Libration du 25 avril 1997.

La Bibliothque publique d'information (BPI), la Mdiathque
d'Issy-les-Moulineaux ou la Bibliothque municipale de Lyon, par exemple,
mettent Internet  la disposition de leur public.

Situs dans le dpartement du Lot-et-Garonne (sud-ouest de la France), les
quatre villages d'Armillac, Labretonie, Laperche et Saint-Barthlmy comptent
950 habitants. Leur site, le site d'ARPALS (Amicale du regroupement pdagogique
Armillac Labretonie Saint-Barthlmy), a pour sous-titre: "Internet et
Multimdia aux champs ou comment amener la culture en milieu rural". Il a t
cr par une association de parents d'lves d'un Regroupement pdagogique
intercommunal (RPI), et ce "regroupement pdagogique permet  des villages de
mettre 'leur cole en commun' pour viter des fermetures de classes dans le
monde rural."

L'association a mis sur pied tout un ensemble d'activits pour conserver les
habitants actuels et en attirer d'autres: d'une part des animations telles que
repas, kermesse ou bal masqu, qui sont annonces sur le site web, d'autre part
une bibliothque intercommunale de 1.300 livres en partenariat avec la
Bibliothque dpartementale de prt (BDP) de Villeneuve-sur-Lot. Le site
prsente une slection de livres avec un rsum pour chacun d'eux.

L'association a galement mis en place une multimdiathque ouverte 22 heures
par semaine pour un public allant de 3  76 ans. Quatre ordinateurs (ordinateurs
multimdias Scenic Multimdium de chez Siemens Nixdorf, complts de deux
imprimantes couleurs Hewlett Packard et d'un scanner  plat Hewlett Packard)
permettent la consultation de CD-ROM, le libre accs  Internet et l'utilisation
de logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw,
Publisher, PhotoPaint, etc.

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre du
site, prcisait: "Notre site Internet a t lanc en 1996. Son but est de faire
connatre l'existence de la mdiathque intercommunale de St-Barthlmy et ce
que nous y faisons. C'est un moyen pour nous de dmontrer l'utilit et l'intrt
de ce type de structures et la simplicit de l'usage des nouvelles technologies
dans le cadre d'une bibliothque." Le but du site est d'aider la bibliothque 
intgrer Internet dans son fonctionnement et dans les services qu'elle offre 
son public. Son but est "galement de pallier  la faiblesse de notre fonds
documentaire. Internet et le multimdia nous permettent d'offrir beaucoup plus
de ressources et d'informations  nos usagers".

Mais, jusqu' une poque rcente,  l'exception de quelques initiatives le plus
souvent dues  des bibliothcaires passionns qui se battent pour franchir
toutes sortes de barrires, y compris psychologiques et budgtaires, les espaces
Internet dans les bibliothques semblaient malheureusement se dvelopper moins
vite que les cybercafs, Internet dans les tablissements d'enseignement,
Internet  La Poste et Internet chez France Tlcom. La situation devrait
maintenant voluer assez rapidement puisque, en avril 1998, le ministre de la
Culture a annonc un budget de 10 millions de FF pour la cration d'"espaces
culture multimdia".

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Christiane Jadelot, ingnieur
d'tudes  l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue franaise),
expliquait:

"Je pense qu'il faut quiper de plus en plus les laboratoires avec du matriel
de pointe, qui permette d'utiliser tous ces mdias. Nous avons des projets en
direction des lyces et des chercheurs. Le ministre de l'Education nationale a
promis de cbler tous les tablissements, c'est plus qu'une ncessit nationale.
J'ai vu  la tlvision une petite cole dans un village faisant l'exprience de
l'Internet. Les lves correspondaient avec des coles de tous les pays, ceci ne
peut tre qu'une exprience enrichissante, bien sr sous le contrle des adultes
forms pour cela. Voil ma petite exprience. Je me suis quipe maintenant 
domicile dans un but plus ludique, en esprant convaincre ma fille d'utiliser au
mieux tous ces outils!"

Voici les projets franais lancs en 1998.

En janvier 1998, lors d'une crmonie d'inauguration dans le bureau de poste
d'Autrans (Isre), La Poste a lanc le projet Cyberposte dans la rgion du
Vercors. Cette inauguration a marqu le premier pas dans la ralisation du
projet national des 1.000 bureaux Internet d'ici la fin 1998. Dans tous les
bureaux de poste de la rgion, Internet est dsormais  la disposition du public
au moyen d'une carte  puce (90 FF pour trois heures de connexion) et d'une
adresse lectronique pour tous. Le but du projet est de familiariser le public
avec les nouvelles technologies et,  long terme, de lui permettre d'effectuer
des tlprocdures.

En fvrier 1998, France Tlcom annonait  son tour un plan national
d'ouverture d'espaces multimdias ouverts  tous, avec priorit pour les
tudiants et les enseignants. En partenariat avec les collectivits locales, une
centaine d'espaces multimdias sont prvus pour les trois ans qui viennent, et
vingt d'entre eux devaient tre oprationnels  la fin 1998.

Le 14 avril 1998, le gouvernement lanait trois appels  projets multimdias 
l'intention des bibliothques, des PME (petites et moyennes entreprises) et du
secteur ducatif, qui reprsentent 22 millions de FF destins  soutenir les
initiatives slectionnes, et qui sont rpartis ainsi: 5 millions pour les PME,
5 millions pour les bibliothques et 12 millions pour les coles. Mis en place
par le ministre de la Culture et de la Communication et le ministre de
l'Environnement et de l'Amnagement du territoire, ce programme est destin 
faciliter l'acquisition de matriel multimdia par les bibliothques des petites
communes, les tablissements scolaires et les PME des rgions rurales et des
zones en reconversion industrielle. L'objectif est un souci d'quit
territoriale pour faire face  l'ingalit gographique existante alors
qu'Internet devrait au contraire permettre  tous d'accder aux mmes services
quel que soit le lieu gographique.

A cette occasion, Catherine Trautman, ministre de la Culture, annonait que,
"aprs le monde universitaire, le monde des entreprises, c'est le monde de la
culture qui s'empare de l'Internet", et que 1998 serait donc "l'anne de
lancement de l'Internet culturel". Elle prcisait aussi que "cette politique ne
vise pas seulement  amliorer notre position dans la comptition conomique,
mais aussi, fondamentalement,  garantir une nouvelle libert d'expression et de
communication pour nos concitoyens". 5 millions de FF ont t dbloqus pour
inciter les bibliothques de villes de moins de 5000 habitants  s'quiper de
connexions Internet, et les villes intresses devaient dposer leurs dossiers
avant le 30 juin. D'ici la fin de 1998, une centaine d'"espaces culture
multimdia" devaient tre crs dans les bibliothques et centres culturels.

Quant  nos voisins anglais, ils ont lanc le 16 avril 1998 un trs important
programme d'investissement dans les technologies de l'information sur cinq ans
(1998-2002). En dvoilant ce programme, Tony Blair, premier ministre, dclarait:
"Nous sommes au coeur de la rvolution de l'information. Il est vital que la
Grande-Bretagne ouvre la voie afin que nous soyons les pionniers de l'Europe
dans ce que l'on appelle l'ge de l'information." La moiti du budget de 600
millions de livres (environ 6 milliards de FF) sera consacr  l'achat de
matriel, et l'autre moiti  la formation. L'achat de matriel devait permettre
le cblage des coles britanniques en 1998, l'achat de 10.000 ordinateurs
portables pour les professeurs, la mise en ligne de l'information dans les
bibliothques et la connexion de tous les tablissements de sant. Le budget
attribu  la formation permettra de financer la cration de 40.000 blocs de
formation dans les centres d excellence IT (IT: information technology - ces
centres sont de nouveaux tablissements spcialiss crs par le gouvernement),
une formation de base  tous les professeurs et  tous les bibliothcaires, un
bagage informatique  la plupart des lves anglais, et la formation aux
technologies de l'information de 200.000 travailleurs britanniques.

En ce qui concerne les grandes bibliothques, une trs intressante initiative
est celle mene  bien par Pierre Pelou, directeur de la Bibliothque de
l'Office des Nations Unies  Genve (ONUG). Ouvert depuis juillet 1997, un
Cyberespace est mis gratuitement  la disposition des reprsentants des missions
permanentes, dlgus de confrences, fonctionnaires internationaux, chercheurs,
tudiants, journalistes, membres des professions librales, ingnieurs et
techniciens. Le personnel du Cyberespace collabore aussi avec la Section de
formation des Nations Unies pour l'organisation de l'enseignement  distance.

Ce Cyberespace a t amnag au premier tage de l'imposante bibliothque par
Antonio Bustamante, architecte au Palais des Nations (btiment qui abrite les
Nations Unies  Genve). Les 24 stations comprennent chacune un ordinateur Intel
Pentium MMX 200Mhz avec une mmoire de 32 Mo, un disque de 2,5 Go, un lecteur
16x de CD-ROM, des cartes Matrox Millenium Graphics et Matrox Media XL-MPEG, et
un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est reli  une
imprimante laser.

En plus de l'utilisation du traitement de texte WordPerfect et de l'accs au
courrier lectronique, chaque station permet la consultation des services
suivants:

- Internet,

- le systme optique des Nations Unies,

- un serveur regroupant une cinquantaine de CD-ROM en rseau,

- la banque de donnes UNBIS (United Nations Bibliographic Information System)
coproduite par les deux bibliothques des Nations Unies  New York et  Genve,

- le catalogue de la Bibliothque de l'Office des Nations Unies  Genve,

- Profound, qui est une collection de banques de donnes conomiques et
commerciales,

- RERO, qui est le catalogue du Rseau romand des bibliothques suisses et qui
comprend celui de la Bibliothque des Nations Unies de Genve  titre de
bibliothque associe,

- un ensemble de CD-ROM multimdia (Encarta 97, L'tat du monde, Elyse 2,
Nuklear, etc.),

- des vidocassettes multistandards et des disques DVD (digital versatile disk)
prsentant des programmes, films et documentaires sur l'action internationale,
l'action humanitaire, etc.

Les avantages d'Internet pour les bibliothcaires? Voici un sujet de rflexion
men par de trs nombreux organismes.

Une rflexion particulirement intressante est celle de l'Internet Public
Library (IPL), qui se dfinit comme la premire bibliothque publique d'Internet
et pour Internet. Cette cyberbibliothque dispose de 20.166 documents
slectionns, catalogus et dcrits par le personnel de l'IPL. En tant que
bibliothque exprimentale, l'IPL gre aussi une section intitule IPL Services
For Librarians, qui est consacre aux avantages d'Internet pour les
bibliothcaires et les professionnels de l'information, et qui donne des
informations sur les ralisations et la formation professionnelle dans ce
domaine.

Pour les bibliothcaires, Internet est un outil de communication sans prcdent.

D'abord le courrier lectronique. Ceux qui ont pu y goter sont enthousiasms
par les avantages qu'il procure. Dot d'une adresse lectronique, tout
professionnel dispose d'un outil de communication simple et rapide pour entrer
en relation avec les collgues de sa ville, de sa rgion, de son pays et du
monde entier. Plus besoin d'attendre que la ligne de son correspondant soit
libre. Plus besoin non plus d'effectuer des calculs de fuseaux horaires quand on
tlphone dans un autre continent. Le message attend le correspondant dans sa
bote aux lettres lectronique, et le correspondant lit et rpond  ses messages
au moment choisi par lui. Le courrier lectronique est galement moins formel
que le courrier classique. On ne peut pas jeter sur le papier une question de
trois lignes avec un simple bonjour et au revoir, alors que c'est possible sur
cran. Pas d'enveloppe, pas de timbre, pas de tlcopieur engorg. Tous ceux qui
ont pratiqu le courrier lectronique pendant quelques semaines se demandent
comment ils ont jamais pu s'en passer.

Par le biais d'Internet, les bibliothcaires ont galement la possibilit de
participer  un ou plusieurs forums de discussion leur permettant de s'informer,
de suivre et participer  des dbats, de demander des avis et des conseils. Pour
un bibliothcaire ou documentaliste travaillant seul, c'est un grand "bol d'air"
sur l'extrieur. Pour celui qui est entour de collgues, le forum de discussion
lui permet la frquentation de personnes venant d'autres horizons.

Cre en 1993, la liste de diffusion Biblio-fr est  destination des
bibliothcaires et documentalistes francophones, et elle est ouverte aussi 
toute personne intresse par la diffusion lectronique de l'information
documentaire. Elle comptait 3.329 abonns le 20 dcembre 1998.

Modre par Herv Le Crosnier, professeur  l'Universit de Caen (Normandie),
cette liste de diffusion est le regard francophone des documentalistes sur les
questions souleves par le dveloppement d Internet : diffusion de la
connaissance, organisation de collections de documents lectroniques,
maintenance et archivage de l'crit lectronique. Le but de Biblio-fr est
galement d'assurer la prsence de la langue franaise sur un rseau multilingue
qui accorde leur place  toutes les cultures.

Biblio On Line, qui se prsente comme le serveur franais des informations
culturelles sur Internet, est un excellent outil  destination des
bibliothques. Jean-Baptiste Rey, son rdacteur, expliquait dans son courrier
lectronique du 8 juin 1998:

"Le site dans sa premire version a t lanc en juin 1996. Une nouvelle version
(l'actuelle) a t mise en place  partir du mois de septembre 1997. Le but de
ce site est d'aider les bibliothques  intgrer Internet dans leur
fonctionnement et dans les services qu'elles offrent  leur public. Le service
est dcompos en deux parties:

- une partie "professionnelle" o les bibliothcaires peuvent retrouver des
informations professionnelles et des liens vers les organismes, les institutions
et les projets et ralisations ayant trait  leur activit,

- une partie comprenant annuaire, mode d'emploi de l'Internet, villes et
provinces, etc... permet au public des bibliothques d'utiliser le service
Biblio On Line comme un point d'entre vers Internet.

Personellement Internet a compltement modifi ma vie professionnelle puisque je
suis devenu webmestre de site Internet et responsable du secteur nouvelles
technologies d'une entreprise informatique parisienne. Il semble que l'essort
d'Internet en France commence (enfin) et que les demandes tant en matire
d'informations, de formations que de ralisations soient en grande
augmentation."

L'Ecole nationale suprieure des sciences de l'information et des bibliothques
(ENSSIB) tient  jour une section Rfrence, qui comprend notamment des dossiers
thmatiques (histoire du livre, enseignement  distance, bibliothques
lectroniques, cours sur Internet en sciences de l'information, conomie du
document, normes et normalisation, droit de l'information) et une liste des
revues en sciences de l'information.

L'ENSSIB hberge galement la version lectronique du Bulletin des bibliothques
de France (BBF), revue professionnelle bimensuelle cre en 1956.
"Professionnels et spcialistes de l'information y discutent de toutes les
questions concernant la politique et le dveloppement des bibliothques et des
centres de documentation: volution par secteur, grands projets,
informatisation, technologies de l'information, crits lectroniques, rseaux,
coopration, formation, gestion, patrimoine, usagers et publics, livre et
lecture..."

Le serveur permet l'accs aux textes intgraux des articles depuis 1995. Dans
son courrier lectronique du 6 juillet 1998, Annie Le Saux, rdactrice du
Bulletin des bibliothques de France, expliquait:

"C'est en 1996 que le BBF a commenc  paratre sur Internet (les numros de
1995). [...] Nous nous servons beaucoup du courrier lectronique pour prendre
contact avec nos auteurs et pour recevoir leurs articles. Cela diminue
grandement les dlais. Nous avons aussi recours au Web pour prendre connaisance
des sites mentionns lors de colloques, vrifier les adresses, retrouver des
indications bibliographiques dans les catalogues des bibliothques..."

Publi deux fois par an, au printemps et  l'automne, Cursus est le priodique
lectronique tudiant de l'Ecole de bibliothconomie et des sciences de
l'information (EBSI) de l'Universit de Montral (Qubec).

Concernant les revues professionnelles anglophones, le Library Journal Digital
(LJDigital), slection lectronique du Library Journal, est la plus ancienne
revue amricaine des bibliothques. Les vingt numros annuels sont lus par
100.000 abonns, qui disposent de 7.500 analyses faites par des bibliothcaires
sur des livres, documents audio, documents vido, CD-ROM, sites web, magazines,
etc., soit 250  300 analyses par numro, le plus souvent avant la publication
des dits documents.

Publie par les bibliothques de l'Universit de Houston (Texas, USA), la Public
Access Computer Systems Review (PACS-R) est une revue lectronique sur les
systmes informatiques dans les bibliothques. Elle est diffuse gratuitement
sur Internet et d'autres rseaux informatiques  environ 8.000 personnes dans
une soixantaine de pays. Les contributions traitent des thmes suivants:
bibliothques numriques, systmes de livraison des documents, dition
lectronique, systmes expert, systmes hypermdias et multimdias, bases de
donnes locales, ressources et outils d'information en rseau, catalogues en
ligne. Ses archives sont intgralement disponibles sur le Web.

Les associations de bibliothcaires sont galement prsentes sur le Web. Fonde
en 1906 et reconnue d'utilit publique en 1969, l'Association des
bibliothcaires franais (ABF) est, avec ses 3.500 adhrents, la plus ancienne
et la plus importante association de bibliothcaires en France. Elle regroupe
des bibliothcaires de tous types d'tablissements et de toutes catgories.
L'Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS)
dispose d'un site bilingue franais-anglais articul autour de trois grandes
rubriques : vie associative, vie professionnelle, produits et services.

Cre en 1937, l'American Society for Information Science (ASIS) est une
association de recherche regroupant 4.000 professionnels de l'information et
favorisant les nouvelles thories et techniques permettant d'amliorer l'accs 
l'information. L'Association for Research Libraries (ARL) est une organisation 
but non lucratif regroupant les bibliothques des institutions de recherche
nord-amricaines. Elle est  la fois un forum pour les changes d'ides et un
agent pour l'action collective, cette action consistant  dvelopper la
communication dans le domaine de la recherche.

A la fois sobre et superbe, le site de l'International Federation of Library
Associations and Institutions (IFLA) offre une mine d'informations dans tous les
domaines de la bibliothconomie. Organisme international indpendant 
destination des bibliothcaires du monde entier, l'IFLA se veut un carrefour
pour changer des ides et promouvoir la coopration internationale et la
recherche dans tous les secteurs d'activit des bibliothques. Ses objectifs
sont de reprsenter les bibliothcaires au niveau international, promouvoir la
formation continue du personnel des bibliothques, et dvelopper et mettre en
oeuvre des directives pour les bibliothques.

Dans son courrier lectronique du 18 juin 1998, Olivier Bogros, crateur de La
bibliothque lectronique de Lisieux (Normandie), donnait son sentiment sur la
place d'Internet dans les bibliothques:

"[Internet est] un outil formidable d'change entre professsionnels (tout ce qui
passe par le courrier lectronique, les listes de diffusion et les forums) mais
qui est un consommateur de temps trs dangereux: on a vite fait si l'on n'y
prend garde de divorcer et de mettre ses enfants  la DASS [Direction d'action
sanitaire et sociale]. Plus srieusement c'est pour les bibliothques la
possibilit d'largir leur public en direction de toute la francophonie. Cela
passe par la mise en ligne d'un contenu qui n'est pas seulement la mise en ligne
du catalogue, mais aussi et surtout la constitution de vritables bibliothques
virtuelles. Les professionnels des bibliothques sont les acteurs d'un enjeu
important [concernant] la place de la langue franaise sur le rseau."


6.4. L'avenir des bibliothques avec Internet


Service interactif de la Commission europenne, I*m Europe prsente
l'information la plus rcente sur les marchs europens du multimdia et des
services d'information lectronique, y compris le Programme d'applications
tlmatiques destin aux bibliothques. Le site web est en anglais, et il inclut
des documents dans les onze langues europennes officielles.

L'informatique d'abord et Internet ensuite amnent les bibliothques  dfinir
leur rle vis--vis de l'dition lectronique.

Le projet BIBLINK fut lanc en avril 1996 par le Programme d'applications
tlmatiques de l'Union europenne. Son objectif tait d'tablir des liens entre
les agences bibliographiques nationales et les diteurs de documents
lectroniques, afin de contribuer  la cration d'un service bibliographique qui
fasse autorit. Le projet manait de CoBRA (Computerised Bibliographic Record
Action), forum de l'Union europenne institu suite au dveloppement de
l'dition lectronique pour susciter des dcisions  l'chelon international.

Pratiquement, le projet BIBLINK doit procurer un systme pilote qui permettrait
aux diteurs de documents lectroniques de transmettre aux services
bibliographiques nationaux des notices de base comportant un nombre minimal
d'informations sur ces documents. Ces services bibliographiques seraient ensuite
autoriss  enrichir ces notices de base - notamment par le contrle d'autorits
sur les noms propres et l'ajout de mots-cls correspondant aux sujets traits -
et  retransmettre ensuite les notices compltes aux diteurs.

Dans ce monde boulevers  la fois par les possibilits documentaires sans
prcdent qu'offre Internet et par le dveloppement vertigineux des
cyberbibliothques, que vont devenir les bibliothcaires et les documentalistes?
Vont-ils devenir des cyberthcaires, nouvelle gnration de bibliothcaires
spcialistes du multimdia, ou bien vont-ils progressivement disparatre parce
que les usagers n'auront tout simplement plus besoin d'eux lorsque tous les
documents seront disponibles en ligne?

Dans Digital Literacy (New York, Wiley, 1997), Paul Gilster assure que ce sont
les bibliothcaires et non les programmeurs qui seront la cl du dveloppement
des cyberbibliothques et d'Internet. Surpris par le pessimisme qui a saisi les
bibliothcaires devant les changements affectant leur profession, il pense que
celui-ci est sans fondement. D'aprs lui, Internet n'est pas plus une menace
pour les livres que l'avion n'tait une menace pour la voiture. Le livre
"physique" gardera son utilit pendant qu'Internet se dveloppera, et les deux
supports seront en quelque sorte des voies parallles avec des fonctions
diffrentes.

Cependant, au moins dans le domaine des bibliothques spcialises, on ne voit
maintenant plus gure l'utilit d'aligner des documents sur les rayons, alors
qu'il est tellement plus pratique de les scanner pour pouvoir les stocker sur un
disque dur, les communiquer par voie lectronique et les imprimer seulement  la
demande. Nous sommes en pleine priode de transition.

Par contre, les bibliothques publiques auront probablement une dure de vie
plus longue. On ne va pas lire sur cran cinq cents pages d'un roman de Zola ou
de Proust. Mais c'est sans doute aussi une question de gnration. Les enfants
qui jouent avec l'ordinateur ds l'ge de trois ans ne verront peut-tre aucun
problme  lire les oeuvres de Zola ou de Proust  l'cran. Il est vrai que,
pour le moment, emporter son ordinateur pour lire au coin du feu ou dans son lit
est beaucoup moins pratique que d'avoir son livre de poche, mme quand il s'agit
d'un portable, mais les ordinateurs portables deviennent de plus en plus
compacts et lgers, et la qualit des crans s'amliore chaque anne. De plus,
ds cette anne, les livres lectroniques, petits ordinateurs de la taille d'un
livre, seront disponibles sur le march et permettront de lire et stocker une
dizaine d'oeuvres, chiffre qui devrait augmenter rapidement. Il faudra toutefois
attendre quelque temps pour que leur prix soit  la porte de toutes les
bourses.

Quant aux bibliothques nationales et aux grandes bibliothques, elles auront
toujours  prserver le patrimoine pluricentenaire constitu par les manuscrits,
les incunables et les livres imprims, les collections de journaux, les
partitions musicales, les gravures, les images, les photos, les films, les
documents lectroniques, etc., qui se sont accumuls sur leurs rayons, en partie
grce au dpt lgal.

Comme on a dj vu apparatre les discothques, les vidothques et les
mdiathques il y a quelques annes, on assistera certainement  l'apparition
d'un nouveau type de bibliothque et  une nouvelle gnration de professionnels
de la documentation. Le premier site web de bibliothque - celui de la
Bibliothque publique d'Helsinki (Finlande) - ne date jamais que de fvrier
1994. On ne fait qu'amorcer un virage, et l'avenir est encore flou.

Le mtier de bibliothcaire, qui s'est beaucoup transform avec l'apparition de
l'informatique, va continuer de se transformer avec l'apport d'Internet.

L'informatique a dj permis au bibliothcaire de ne plus passer des heures 
classer manuellement ses fiches dans de multiples tiroirs en bois. Elle lui a
permis de remplacer ces normes catalogues sur fiches par des catalogues
informatiques consultables  l'cran, avec un classement alphabtique ou
systmatique effectu non plus par lui-mme mais par la machine. Elle a permis
aussi le prt informatis et la gestion informatise des commandes, faisant
disparatre l'impressionnant stock de fiches et bordereaux ncessaires lors des
oprations manuelles.

L'informatique en rseau a fait natre ensuite les catalogues collectifs
permettant de regrouper dans une mme base de donnes les catalogues de
bibliothques de la mme rgion, du mme pays ou de la mme spcialit,
entranant du mme coup des services trs facilits pour le prt
interbibliothques et le regroupement des commandes auprs de fournisseurs.

Puis un certain nombre de bibliothques ont ouvert un serveur Minitel pour la
consultation de leur catalogue, dsomais disponible au domicile du lecteur.
Progressivement, ces catalogues deviennent disponibles sur Internet, avec une
consultation plus souple et plus attractive que sur Minitel. A long terme, on
pourra galement disposer des documents eux-mmes en version lectronique, et
pas seulement de leurs rfrences.

Les serveurs web de bibliothques proposent aussi d'autres services tels que
renseignements  distance, cyberbibliothques ou liens hypertextes avec d'autres
sites, ce qui vite  leurs usagers de se perdre dans la Toile.

Par la suite, pour des recherches pointues, les usagers auront certainement
besoin d'avoir recours  un cyberthcaire en ligne, un peu comme un fournisseur
de matriel ou de programmes informatiques met un service d'aide en ligne  la
disposition de ses clients.

Comme le prcisait Peter Raggett, sous-directeur de la Bibliothque centrale de
l'Organisation de coopration et de dveloppement conomiques (OCDE, Paris),
dans son courrier lectronique du 18 juin 1998, "les responsables de
l'information ont un grand rle  jouer dans la recherche et l'organisation de
l'information sur Internet". Lui-mme a slectionn plusieurs centaines de sites
pour en favoriser l'accs  partir de l'Intranet de l'OCDE, et cette slection
fait partie du "bureau de rfrence virtuel" propos par la bibliothque 
l'ensemble du personnel de l'Organisation. "Outre les liens, ce bureau de
rfrence virtuel contient des pages de rfrences aux articles, monographies et
sites web correspondant aux diffrents projets de recherche en cours  l'OCDE,
l'accs en rseau aux CD-ROM, et une liste mensuelle des nouveaux titres. Le
catalogue de la bibliothque sera bientt lui aussi disponible sur l'Intranet."

Peter Raggett prvoit "une forte expansion d'Internet pour l'ducation et la
recherche. Les bibliothques seront amenes  crer des bibliothques virtuelles
permettant  un tudiant de suivre un cours gr par une institution  l'autre
bout du monde." La tche du bibliothcaire sera de filtrer les informations pour
le public. "Je me vois devenir de plus en plus un bibliothcaire virtuel,
dit-il. Mes clients ne me rencontreront peut-tre pas mais ils me contacteront
par e-mail ou par tlphone ou par tlcopieur, j'effectuerai la recherche et je
leur enverrai les rsultats lectroniquement."


7. LES CYBERBIBLIOTHEQUES


[Dans ce chapitre:]

[7.1. Dfinition de la cyberbibliothque / 7.2. Cyberbibliothques francophones
/ 7.3. Cyberbibliothques non francophones / 7.4. Un exemple: la toile
littraire francophone / 7.5. L'avenir des cyberbibliothques]

Appeles aussi bibliothques numriques, bibliothques lectroniques ou
bibliothques virtuelles, bien qu'elles soient bien relles quoique sur cran,
les cyberbibliothques sont peut-tre l'apport majeur d'Internet dans le domaine
de l'imprim.

Grce  Internet, des centaines d'oeuvres du domaine public, documents
littraires et scientifiques, articles, travaux universitaires et de recherche,
images et bandes sonores sont maintenant disponibles  l'cran, et le mouvement
va en s'amplifiant.

Aprs avoir tent de dfinir la cyberbibliothque, on dcrira quelques
cyberbibliothques francophones et non francophones. On prendra aussi comme
exemple la toile littraire francophone sur le Web, et on examinera ensuite le
futur des cyberbibliothques.


7.1. Dfinition de la cyberbibliothque


Bibliothque pionnire en Europe dans sa rflexion sur la cyberbibliothque, la
British Library la dfinit comme une entit rsultant de l'utilisation des
technologies numriques pour acqurir, stocker, prserver et diffuser des
documents. Ces documents sont soit publis directement sous forme numrique,
soit numriss  partir d'un document imprim, audiovisuel ou autre.

Une collection numrique devient une bibliothque numrique quand elle rpond
aux quatre facteurs suivants: 1) elle peut tre cre et produite dans un
certain nombre d'endroits diffrents, mais elle est accessible en tant qu'entit
unique, 2) elle doit tre organise et indexe pour un accs aussi facile que
possible  partir du lieu de base o elle est produite, 3) elle doit tre
stocke et gre de manire  avoir une existence assez longue aprs sa
cration, 4) elle doit trouver un quilibre entre le respect du droit d'auteur
et les exigences universitaires.

Dans Information Systems Strategy, un document qui tait prsent sur le site de
la British Library en 1997, Brian Lang expliquait que la cyberbibliothque ne
devait pas tre envisage comme un secteur  part, mais qu'elle devait au
contraire faire partie intgrante d'une vision globale de la bibliothque. Alors
que certains pensent que les documents numriques prdomineront dans les
bibliothques du futur et que d'autres sont au contraire convaincus que leur
impact sera faible, la British Library n'envisage pas une bibliothque
exclusivement numrique. Elle considre comme fondamentale la communication
physique des imprims, manuscrits, partitions musicales, bandes sonores, etc.,
tout en ayant conscience de la ncessit du dveloppement parallle des
documents numriques.

Cyberbibliothque hberge par l'Universit Carnegie Mellon (Pittsburgh,
Pennsylvanie, USA) et relie au catalogue exprimental (Experimental Search
System - ESS) de la Library of Congress , l'Universal Library dfinit les trois
avantages de la bibliothque numrique: 1) elle occupe moins de place qu'une
bibliothque relle et son contenu peut tre copi ou sauvegard
lectroniquement, 2) elle est immdiatement accessible  quiconque sur Internet,
3) comme toute recherche sur son contenu peut tre automatise, elle permet une
rduction des cots importante et le dveloppement sensible de l'accessibilit
des documents.

Qui dit cyberbibliothque dit numrisation, c'est--dire conversion des textes
et des images en bits et en octets pour traitement informatique. Pour pouvoir
tre consult  l'cran, un livre peut tre numris en mode image ou en mode
texte. La numrisation en mode image correspond  la photographie du livre page
aprs page, pour un cot approximatif de 3 FF par page. C'est la mthode
employe pour les numrisations  grande chelle, par exemple pour la plus
grande partie du programme de numrisation de la Bibliothque nationale de
France. Outre un cot peu lev, l'avantage qu'y voient les bibliothques est la
conservation de la notion de livre, puisque la version informatique est en
quelque sorte le fac-simil de la version imprime.

Les documents sont galement patiemment dactylographis page aprs page - par
exemple ceux d'ABU: la bibliothque universelle, de La bibliothque lectronique
de Lisieux ou du Project Gutenberg. Il s'agit dans ce cas de numrisation en
mode texte - puisqu'elle implique la saisie d'un texte. Contrairement  la
numrisation en mode image, la version informatique ne conserve pas la notion de
livre ou de page. Le livre devient texte,  savoir un ensemble de caractres
standardiss qui apparat en continu  l'cran. Cette mthode, beaucoup plus
onreuse, permet les recherches textuelles, et elle rend l'indexation du texte
beaucoup plus facile. Mme si, pour des raisons de cot, le texte est numris
en mode image, la numrisation en mode texte est souvent utilise pour les
tables des matires et les sommaires. Des recherches sont actuellement menes
pour que la lecture d'un texte en mode image soit galement possible en mode
texte.


7.2. Cyberbibliothques francophones


Hberge par l'Universit de Genve (Suisse), Athena est l'oeuvre de Pierre
Perroud. Le site bilingue franais-anglais donne accs  8.000 documents en
plusieurs langues dans les domaines suivants: philosophie, sciences, priode
classique, littrature, histoire, conomie, etc. Un de ses objectifs est de
mettre des textes franais  la disposition de la communaut d'Internet. La
section Helvetia concerne les livres sur la Suisse. Athena propose aussi des
liens avec d'autres cyberbibliothques, ainsi qu'une table de minralogie qui
est l'oeuvre de Pierre Perroud et qui est consulte dans le monde entier.

Dans L'Hebdo, Pierre-Louis Chantre nous prsente Pierre Perroud, 53 ans,
professeur de philosophie au Collge Voltaire de Genve, qui consacre trente
heures par semaine  Athena pour numriser des livres, mettre en page des textes
envoys par des volontaires, tablir des liens lectroniques avec des livres
disponibles ailleurs et rpondre aux centaines de lettres lectroniques qu'il
reoit puisque le nombre de personnes qui consultent le site varie entre 3 mille
et 18 mille par jour. Malgr ses demandes rptes au dpartement de
l'Instruction publique de Genve, celui-ci ne le paie que deux heures par
semaine pour ce travail.

Ouvert en 1997, Gallica est la cyberbibliothque de la Bibliothque nationale de
France, inaugure avec des images et textes du 19e sicle francophone, qui fut
le "sicle de l'dition et de la presse moderne, sicle du roman mais aussi des
grandes synthses historiques et philosophiques, sicle scientifique et
technique". Ce serveur exprimental comprend 2.500 ouvrages numriss en mode
image complts par 250 volumes saisis en mode texte de la base FRANTEXT du CNRS
(Centre national de la recherche scientifique). Classes par discipline, ces
ressources sont compltes par une chronologie du 19e sicle et des synthses
sur les grands courants en histoire, sciences politiques, droit et conomie,
littrature, philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose
aussi un chantillon de l'iconothque numrique de la mme poque,  savoir le
fonds du photographe Eugne Atget, une slection d'images sur l'crivain Pierre
Loti, une collection d'images de l'Ecole nationale des ponts et chausses sur
les grands travaux qui ont accompagn la rvolution industrielle en France, et
un choix de livres illustrs de la Bibliothque du Muse de l'homme.

Le but de Gallica est de prfigurer ce que sera la consultation  distance des
collections numrises de la Bibliothque nationale de France, qui devraient
comprendre 100.000 volumes et 300.000 images fixes  la fin de 1999 et
s'accrotre ensuite rgulirement. Ces collections numriques pourront galement
tre consultes sur place au moyen de 3.000 postes multimdias (dont quelques
centaines fonctionnent dj), et qui permettront  la fois d'accder aux
catalogues et de consulter les documents numriques. Les 100.000 volumes, qui
reprsentent 30 millions de pages numrises, ont t choisis dans les
collections des imprims, et plus du tiers concerne le 19e sicle. Quant aux
300.000 images fixes, la moiti appartient aux dpartements spcialiss de la
BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies et
mdailles, etc.). L'autre moiti provient de collections d'tablissements
publics (muses et bibliothques, La Documentation franaise, l'Ecole nationale
des ponts et chausses, l'Institut Pasteur, l'Observatoire de Paris, etc.) ou
privs (associations, agences de presse dont Magnum, l'Agence France-Presse,
Sygma, Rapho, etc.).

Fin 1997, il tait expliqu sur le site que Gallica se voulait moins une banque
de donnes numrises qu'un "laboratoire dont l'objet est d'valuer les
conditions d'accs et de consultation  distance des documents numriques". Le
but tait d'exprimenter la navigation dans ces fonds, une navigation qui permet
 la fois le libre parcours du chercheur ou du curieux et des recherches
textuelles trs pointues.

En 1998 la Bibliothque nationale de France a quelque peu modifi ses
orientations premires. Dans Le Figaro du 3 juin 1998, Jrme Strazzulla
expliquait que la BnF tait "passe d'une esprance universaliste,
encyclopdique,  la ncessit de choix ditoriaux pointus". Dans cet article,
Jean-Pierre Angremy, prsident de la BnF, expliquait le choix de son comit
ditorial:

"Nous avons dcid d'abandonner l'ide d'un vaste corpus encyclopdique de cent
mille livres, auquel on pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous
orientons aujourd'hui vers des corpus thmatiques, aussi complets que possibles,
mais plus restreints. [...] Nous cherchons  rpondre, en priorit, aux demandes
des chercheurs et des lecteurs."

Prvu pour dans deux ans, le premier corpus concerne les voyages en France, et
il rassemblera des textes, estampes et photographies du 16e sicle  1920. Les
corpus envisags ensuite sont: Paris, les voyages en Afrique des origines 
1920, les utopies, et les mmoires des Acadmies des sciences de province.

Fonde en avril 1993 et hberge par le Centre d'tudes et de recherche
informatique (CEDRIC) du Conservatoire des arts et mtiers (CNAM), l'ABU: la
bibliothque universelle est la cyberbibliothque de l'Association des
bibliophiles universels. Depuis 1993, elle permet l'accs libre au texte
intgral d'oeuvres du domaine public francophone soit, en chiffres, 223 textes
et 76 auteurs.

Ce nom ABU vient  la fois de Aboulafia, petit ordinateur prsent dans Le
pendule de Foucault, roman d'Umberto Ecco dans lequel "s'entremlent savoirs
anciens et high tech", et dont l'intrigue est situe au Conservatoire national
des arts et mtiers (CNAM), qui hberge l'ABU. "Au dpart, il s'agissait de
biblioFiles universels, et non de biblioPHiles; mais la prfecture de Paris n'a
pas sembl saisir tout le sel de ce nologisme", explique l'ABU sur son site.

La bibliothque lectronique de Lisieux (Normandie) comprend la version
intgrale d'une oeuvre littraire du domaine public - avec une nouvelle oeuvre
chaque mois - les archives des mois prcdents, une slection d'oeuvres courtes
du 19e sicle, une slection du fonds documentaire de la bibliothque
(opuscules, brochures, tirs  part), une slection de son fonds normand
(brochures et bibliographies), ainsi qu'un choix de sites normands et de sites
littraires francophones.

La slection mensuelle de janvier 1998 tait Les Dliquescences, pomes
dcadents d'Ador Floupette (1885), une oeuvre de Henri Beauclair et Gabriel
Vicaire. Les mois prcdents avaient vu passer des oeuvres de Thophile Gautier,
Vivant Denon, Jean Lorrain, Charles Nodier, Ernest Lavisse, Jean Revel, Charles
Rabou, Claire de Duras, Xavier Forneret, Ernest Renan, Joris-Karl Huysmans,
Philarte Chasles, Emile Gaboriau, Georges Eekhoud, Prosper Mrime, Stendhal,
Denis Diderot, Gaston Leroux, Marc de Montifaud, etc.

Le rayon littraire prsente une collection de pages consacres principalement
aux auteurs du 19e sicle: des nouvelles de Jean Lorrain, Guy de Maupassant,
Alphonse Allais, Octave Mirbeau, Remy de Gourmont, Jules Barbey d'Aurevilly,
Isabelle Eberhardt, Charles Asselineau, Marcel Schwob, Jean Richepin, Eugne
Mouton, Jean de La Ville de Mirmont, Lon Bloy, des lettres de Gustave Flaubert,
ainsi que des bibliographies et des travaux du lyce Marcel Gambier de Lisieux.
Dans le quotidien Libration du 17 avril 1998, Olivier Bogros, directeur de la
bibliothque, racontait:

"En me baladant sur un BBS [bulletin board service], j'ai vu qu'on s'changeait
des textes. Je me suis dit qu'on pouvait rassembler en local tout ce qui
tranait comme textes lectroniques et les mettre  disposition des lecteurs.
[...] Les francophones qui ne trouvent pas un texte ou une rfrence  la
bibliothque de la Runion, des Italiens qui font des tudes de franais et
cherchent tel pome de Mallarm, un Japonais en qute d'un nom latinis, un
diteur anglais qui cherche des documents sur les maisons en bois... On a reu
des mails du monde entier."

Quel est l'historique de ce site qui suscite beaucoup d'intrt dans le monde
francophone parce qu'il montre ce qui est faisable avec beaucoup de
dtermination et des moyens limits? Dans son courrier lectronique du 18 juin
1998, Olivier Bogros expliquait:

"Le site La bibliothque lectronique de Lisieux a t ouvert en juin 1996.
Hberg sur les pages personnelles, limites  5 Mo, de mon compte CompuServe,
il est depuis quelques jours [dbut juin 1998] install sur un nouveau serveur
o il dispose d'un espace disque plus important (15 Mo) et surtout d'un nom de
domaine. Les frais inhrents  l'entretien du site sont  ma charge, la ville
finance de manire indirecte le site en acceptant que tous les textes soient
choisis, saisis et relus par du personnel municipal sur le temps de travail (ma
secrtaire pour la saisie et une collgue pour la relecture). Ce statut trange
et original fait de La bibliothque lectronique de Lisieux le site presque
officiel de la Bibliothque municipale, tout en restant sous mon entire
responsabilit, sans contrle ni contrainte.

J'ai dj rapport dans un article paru dans le Bulletin des Bibliothques de
France [1997, n 3, article en ligne] ainsi que dans le Bulletin de l'ABF
[Association des bibliothcaires franais] [1997, n 174, sommaire en ligne],
comment l'envie de crer une bibliothque virtuelle avait rapidement fait son
chemin depuis ma dcouverte de l'informatique en 1994 : cration d'un bulletin
lectronique d'informations bibliographiques locales (Les Affiches de Lisieux)
en 1994 dont la diffusion locale ne rencontre qu'un trs faible cho, puis en
1995 dbut de la numrisation de nos collections de cartes postales en vue de
constituer une photothque numrique, saisie de nouvelles d'auteurs d'origine
normande courant 1995 en imitation (modeste) du projet de l'ABU [Association des
bibliophiles universels] avec diffusion sur un BBS [bulletin board service]
spcialis. L'ide du site Internet vient d'Herv Le Crosnier, enseignant 
l'universit de Caen et modrateur de la liste de diffusion Biblio-fr, qui monta
sur le serveur de l'universit la maquette d'un site possible pour la
Bibliothque municipale de Lisieux, afin que je puisse en faire la dmonstration
 mes lus. La suite logique en a t le vote au budget primitif de 1996 d'un
crdit pour l'ouverture d'une petite salle multimdia avec accs public au
rseau pour les Lexoviens [habitants de Lisieux]. Depuis cette date un crdit
d'entretien pour la mise  niveau des matriels informatiques est allou au
budget de la bibliothque qui permettra cette anne la monte en puissance des
machines, l'achat d'un graveur de cdroms et la mise  disposition d'une
machine bureautique pour les lecteurs de l'tablissement.... ainsi que la
cration en ce dbut d'anne d'un emploi jeune pour le dveloppement des
nouvelles technologies."

Une autre initiative intressante est celle de Bibelec (Bibliothque
lectronique des tudiants), ralise par les tudiants de Sciences-Po (Institut
d'tudes politiques, Paris). Lors de sa cration, elle se dfinissait comme la
premire cyberbibliothque franaise en sciences sociales exclusivement ralise
par des tudiants.

Professeur de franais, de littrature franaise et d'applications informatiques
 Tokyo (Japon), Patrick Rebollar utilise l'ordinateur pour la recherche et
l'enseignement depuis plus de dix ans. En 1994, il a vu apparatre Internet
"dans le champ culturel et linguistique francophone" et il a dbut son site web
en 1996. Son site comprend notamment une excellente Chronologie littraire
1848-1914, qui est organise anne aprs anne. Pour chaque anne, outre des
liens avec le texte intgral des oeuvres publies cette anne-l, on trouve des
notes historiques, politiques et sociales, des informations scientifiques,
mdicales et technologiques, et des informations sur le monde littraire.

Dans son courrier lectronique du 17 juillet 1998, Patrick Rebollar expliquait:

"Pour la Chronologie littraire, cela a commenc dans les premires semaines de
1997, en prparant un cours sur le roman fin de sicle (19e). Je rassemblai
alors de la documentation et m'aperus d'une part que les diverses chronologies
trouves apportaient des informations complmentaires les unes des autres, et
d'autre part que les quelques documents littraires alors prsents dans le Web
n'taient pas prsents de faon chronologique, mais toujours alphabtique. Je
fis donc un document unique qui contenait toutes les annes de 1848  1914, et
l'augmentais progressivement. Jusqu' une taille gnante pour le chargement, et
je dcidai alors, fin 1997, de le scinder en faisant un document pour chaque
anne. Ds le dbut, je l'ai utilis avec mes tudiants, sur papier ou sur
cran. Je sais qu'ils continuent de s'en servir, bien qu'ils ne suivent plus mon
cours. J'ai reu pas mal de courrier pour saluer mon entreprise, plus de
courrier que pour les autres activits Web que j'ai dveloppes."

Une des autres activits de Patrick Rebollar sont ses Bookmarks, rpertoire trs
complet des sites francophones, y compris littraires.

Situ  l'autre bout du monde,  l'Universit de Swarthmore (Pennsylvanie, USA),
ClicNet est un site culturel et littraire francophone qui propose 800 liens 
des oeuvres de littrature par ordre alphabtique et par sujet, et 2.500 liens 
des ressources francophones.

Des bibliothques numrisent aussi leurs collections anciennes d'images, ce qui
permet  celles-ci d'tre consultes par tous et non plus seulement par un petit
nombre d'lus du fait de la valeur et de la fragilit des originaux. La
Bibliothque municipale de Lyon par exemple met ses enluminures  la disposition
du public. Constitue aujourd'hui de 3.000 images, sa collection d'enluminures
prsentera  terme plus de 10.000 images correspondant  200 manuscrits et
incunables, sur une priode allant du 5e sicle  la Renaissance. Le systme
utilis est le SGBI (Systme de gestion de banques d'images) cr par la Maison
de l'Orient  Lyon, sous l'gide du CNRS (Centre national de la recherche
scientifique) et de l'Universit Lyon 2.

"Chaque document, signal par son auteur, son titre et son sicle de
ralisation, reprsente une entit. Par un double clic sur l'entit choisie, on
accde  un cran qui permet de feuilleter les images du document. Chaque cran
peut comporter 9 imagettes, correspondant  des objets-images. Lorsque le
document comporte davantage d'objets-images, des flches permettent d'accder
aux objets-images suivants. Chaque objet-image peut comprendre plusieurs images,
leur nombre tant indiqu sous chaque objet-image. Un double-clic sur une
imagette permet de voir l'image agrandie. Dans une seconde tape, une
interrogation multicritres sera possible."

Des bases de donnes textuelles sont accessibles par abonnement payant, par
exemple FRANTEXT et l'ARTFL Project.

FRANTEXT, prsent sur le Web depuis dbut 1995, est prpar par l'Institut
national de la langue franaise (INaLF), une branche du CNRS (Centre national de
la recherche scientifique). La base comprend, en mode interactif, 180 millions
de mots-occurrences rsultant du traitement informatique d'une collection
reprsentative de 3.500 units textuelles en arts, sciences et techniques
couvrant cinq sicles (16e-20e sicles). Dbut 1998, 82 centres de recherche et
bibliothques universitaires d'Europe, d'Australie, du Japon et du Canada
taient abonns, ce qui reprsentait 1.250 postes de travail ayant accs 
FRANTEXT. Le nombre de sessions d'interrogations de la base tait d'une
cinquantaine par jour.

Christiane Jadelot, ingnieur d'tudes  l'INaLF-Nancy, expliquait dans son
courrier lectronique du 8 juin 1998:

"Les premires pages sur l'INaLF ont t mises sur l'Internet au milieu de
l'anne 1996,  la demande de Robert Martin, directeur de l'INaLF. Je peux en
parler, car j'ai particip  la mise sous Internet de ces pages, avec des outils
qui ne sont pas comparables  ceux que l'on utilise aujourd'hui. J'ai en effet
travaill avec des outils sous UNIX, qui n'taient pas trs faciles
d'utilisation. Nous avions peu d'exprience de la chose,  l'poque, et les
pages taient trs verbeuses. Mais la direction a senti la ncessit urgente de
nous faire connatre par l'Internet, que beaucoup d'autres entreprises
utilisaient dj pour promouvoir leurs produits. Nous sommes en effet Unit de
recherche et de service et nous avons donc  trouver des clients pour nos
produits informatiss, le plus connu d'entre eux [tant] la base textuelle
FRANTEXT. Il me semble que la base FRANTEXT tait dja sur Internet [depuis
dbut 1995], ainsi qu'une maquette du tome 14 du TLF [Trsor de la langue
franaise]. Il tait donc ncessaire de faire connatre l'ensemble de l'INaLF
par ce moyen. Cela correspondait  une demande gnrale."

Comme l'indique Christiane Jadelot, l'INaLF prpare galement la version en
ligne du Trsor de la langue franaise (TLF) (Jean Nicot, 1606), dont une
maquette est disponible sur le Web pour les lettres Q  S. L'oeuvre complte du
TLF est disponible sur le site de l'ARTFL Project, avec recherche textuelle
possible par mot ou portion de texte.

Dans son courrier lectronique du 11 juin 1998, Arlette Attali indiquait les
changements qu'Internet a apport dans sa vie professionnelle:

"Etant moi-mme plus spcialement affecte au dveloppement des bases textuelles
 l'INaLF, j'ai t amene  explorer les sites du Web qui proposaient des
textes lectroniques et  les "tester". Je me suis donc transforme en 'touriste
textuelle' avec les bons et mauvais cts de la chose. La tendance au zapping et
au survol tant un danger permanent, il faut bien cibler ce que l'on cherche si
l'on ne veut pas perdre son temps. La pratique du Web a totalement chang ma
faon de travailler: mes recherches ne sont plus seulement livresques et donc
d'accs limit, mais elles s'enrichissent de l'apport des textes lectroniques
accessibles sur Internet.

[A l'avenir je pense] contribuer  dvelopper des outils linguistiques associs
 la base FRANTEXT et  les faire connatre auprs des enseignants, des
chercheurs, des tudiants et aussi des lycens."

En janvier 1998, elle a men une enqute auprs des utilisateurs de FRANTEXT en
Europe, en Australie, au Japon et au Canada pour mieux connatre ses
utilisateurs. Les rsultats de cette enqute sont disponibles en ligne.

L'ARTFL Project (ARTFL: American and French Research on the Treasury of the
French Language) est un projet commun du CNRS (Centre national de la recherche
scientifique, France) et de l'Universit de Chicago (Illinois, USA), qui vise 
constituer une base de donnes de 2.000 textes du 13e au 20e sicle concernant
la littrature, la philosophie, les arts ou les sciences.

L'ARTFL travaille aussi  la version en ligne exhaustive de la premire dition
(1751-1772) de l'Encyclopdie ou Dictionnaire raisonn des sciences, des mtiers
et des arts de Diderot et d'Alembert. 72.000 articles crits par plus de 140
collaborateurs (dont Voltaire, Rousseau, d'Alembert, Marmontel, d'Holbach,
Turgot, etc.) ont fait de cette encyclopdie un monumental ouvrage de rfrence.
Destine  rassembler puis divulguer les connaissances de l'poque, elle porte
la marque des courants intellectuels et sociaux du 18e sicle, et c'est grce 
elle qu'ont t propages les ides du Sicle des Lumires.

Les chiffres sont loquents quant  l'ampleur du travail: l'Encyclopdie
comprend 17 volumes de texte et 11 volumes de planches, 18.000 pages de texte et
20.736.912 mots. La base de donnes correspondant au premier volume est
accessible en ligne  titre exprimental. La recherche peut tre effectue par
mot, portion de texte, auteur ou catgorie, ou par la combinaison de ces
critres entre eux. On dispose de renvois d'un article  l'autre, et des liens
permettent d'aller d'une planche au texte, ou du texte au fac-simil des pages
originales. L'automatisation complte des procdures de saisie a entran
quelques erreurs typographiques et des erreurs d'identification qui seront
corriges plus tard. La recherche d'images par mot, portion de texte ou
catgorie sera galement possible  l'avenir.

L'ARTFL travaille aussi  un projet de base de donnes pour le Dictionnaire de
l'Acadmie franaise, dont les diffrentes ditions se sont chelonnes entre
1694 et 1935. Ce projet inclut la saisie, l'dition et le dveloppement d'un
moteur de recherche spcifique. Les diffrentes ditions pourront tre combines
dans une seule base de donnes qui permettra de consulter aussi bien une dition
particulire que l'ensemble de celles-ci pour juger de l'volution d'un terme.
Pour le moment, seules deux ditions, la premire (1694) et la cinquime (1798)
sont disponibles pour une recherche par mot. Une fonction de recherche en texte
intgral est prvue par la suite.

Une rubrique prsente une liste des autres projets de l'ARTFL, notamment la
version image de l'dition de 1740 du Dictionnaire historique et critique de
Philippe Bayle, le Roget's Thesaurus de 1911, le Webster's Revised Unabridged
Dictionary de 1913, le Thresor de la langue franaise de Jean Nicot (1606), un
projet multilingue sur La Bible comprenant La Bible franaise de Louis Segond
(1910), etc.


7.3. Cyberbibliothques non francophones


De par la quantit d'oeuvres dactylographies  cette intention, le Project
Gutenberg est la plus ancienne et la plus grande cyberbibliothque qui existe.
Cre en 1971 par Michael Hart aux Etats-Unis, elle a pour but de mettre
gratuitement le plus grand nombre possible de textes  la disposition du plus
grand nombre possible de lecteurs,  raison d'environ 45 titres par mois. Ses
objectifs pour 2001 sont un stock de 10.000 textes littraires et une
transmission de 1.000 milliards de textes lectroniques, soit 10.000 livres
numriques vers 100 millions de lecteurs.

Le projet dbuta en 1971 quand on donna  Michael Hart un compte de 100 millions
de dollars de "temps machine" au Materials Research Lab de l'Universit
d'Illinois (USA). Immdiatement aprs avoir reu ce crdit, il dcida de le
consacrer  la recherche et au stockage des oeuvres conserves dans les
bibliothques. Il dcida aussi de stocker des textes lectroniques de la manire
la plus simple possible, en format ASCII, avec des lettres capitales pour les
termes en italique, gras ou souligns, afin que ces textes puissent tre lus
quels que soient la machine et le logiciel utiliss.

Cinquante heures environ sont ncessaires pour slectionner, dactylographier,
corriger et mettre en page un texte lectronique. La dactylographie des textes
est l'oeuvre de volontaires. Un ouvrage de taille moyenne - par exemple un roman
de Stendhal ou de Jules Verne - est compos de deux fichiers ASCII.

Le Project Gutenberg inclut trois grands secteurs: la littrature de
divertissement (Light Literature), comme Alice au pays des merveilles, Peter Pan
ou les Fables d'Esope, la littrature "srieuse" (Heavy Literature) comme La
Bible, les oeuvres de Shakespeare ou Moby Dick, et la littrature de rfrence
(Reference Literature), compose d'encyclopdies et de dictionnaires, par
exemple le Thesaurus de Roget.

Sur le site web, Michael Hart explique que la collection de littrature de
divertissement est destine  amener devant l'cran aussi bien un enfant d'ge
pr-scolaire qu'une personne du troisime ge. Des enfants ou des grand-parents
vont rechercher le texte lectronique de Peter Pan aprs avoir vu Hook au
cinma, ou bien ils lisent Alice au pays des merveilles aprs l'avoir regard 
la tlvision. Pratiquement tous les pisodes de Star Trek ont mentionn des
livres qui ont leur correspondant lectronique dans le Project Gutenberg (Moby
Dick, Peter Pan...). L'objectif est que les gens puissent retrouver des
citations qu'ils ont entendues dans des conversations, des films, des musiques,
d'autres livres, et ce  l'aide d'une bibliothque contenant tous ces lments
dans un format facile pour la recherche.

En juillet 1997, le Project Gutenberg ftait son vingt-sixime anniversaire avec
la mise en ligne des Merry Adventures of Robin Hood de Howard Pyle. En septembre
1997, il ftait son millime texte lectronique avec la version anglaise de la
Divine comdie de Dante. Dans sa lettre d'information d'octobre 1997, Michael
Hart annonait son intention de complter la collection d'Oscar Wilde, de
"sparer" les oeuvres compltes de Shakespeare en fichiers individuels pour
chaque oeuvre, et de mettre en ligne des ouvrages non anglophones.

Outre l'anglais, on trouve quelques oeuvres en allemand, espagnol, franais,
italien et latin, mais elles ne sont pas encore lgion. En janvier 1998, si on
lanait une recherche sur les ouvrages disponibles en langue franaise, on
trouvait neuf titres, dont six romans de Stendhal (L'Abbesse de Castro, La
Chartreuse de Parme, La Duchesse de Palliano, Le Rouge et le Noir, Les Cenci,
Vittoria Accorambani), deux romans de Jules Verne (De la terre  la lune et Le
tour du monde en 80 jours) et French Cave Paintings, un ouvrage sur les
peintures prhistoriques. A part l'ouvrage sur les cavernes, disponible depuis
1995, tous ces ouvrages n'ont t intgrs  la bibliothque que dbut 1997. Si
aucun titre de Stendhal n'tait disponible en anglais, il existait trois oeuvres
de Jules Verne en langue anglaise : 20,000 Leagues Under the Sea (disponible
depuis septembre 1994), Around the World in 80 Days (disponible depuis janvier
1994) et From the Earth to the Moon (disponible depuis septembre 1993).

Dbut septembre 1998, le nombre de titres d'ouvrages en langue franaise tait
mont  onze, avec Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, disponible depuis mars
1998, et La Rvolution franaise, de Thomas Carlyle, disponible depuis mai 1998.

Une autre importante bibliothque lectronique anglophone est The On-Line Books
Page. Cre par John Mark Ockerbloom, ancien tudiant de l'Universit Carnegie
Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, USA), elle est un rpertoire de livres en
accs libre sur Internet, avec un index de 7.000 livres en ligne et des liens
vers d'autres rpertoires et archives de textes en ligne.

Cres en t 1992 par Paul Southworth et hberges par l'Information Technology
Division de l'Universit du Michigan (USA), les ETEXT Archives rassemblent des
textes lectroniques de toutes sortes, sans juger de leur contenu. L'quipe est
entirement compose de volontaires.

Les ETEXT Archives virent le jour pour combler le manque d'organisation observ
dans les archives de documents politiques, priodiques et forums de discussion
politiques et sociaux parpills dans Usenet, puis elles furent dveloppes pour
combler le mme manque d'organisation dans l'archivage des magazines
lectroniques (e-zines) lorsque ceux-ci ont commenc  prolifrer sur Internet.

Elles hbergent aussi gratuitement des priodiques, oeuvres de fiction, oeuvres
politiques, potiques, religieuses, etc.,  la demande d'auteurs ou d'organismes
souhaitant les faire connatre, aprs avoir sensibilis les auteurs au respect
d'une certaine thique (pas d'ouvrages pornographiques), aux rgles concernant
le droit d'auteur et  l'utilisation d'un format lisible par tous (ASCII, HTML,
PDF et PostScript). Par contre, le site ne propose pas de liens hypertextes avec
d'autres oeuvres ou d'autres sites. Il s'en tient au but fix,  savoir
l'archivage de textes.

Propose par Logos, une socit internationale de traduction dont la maison-mre
est  Modne (Italie), la Wordtheque est une bibliothque multilingue permettant
une recherche par mot dans une base de donnes de plus de 328 millions de termes
provenant de romans, documents techniques et traductions dans de nombreuses
langues. Les recherches sont possibles par langue, mot, auteur et titre. Le
logiciel de recherche documentaire permet aussi l'accs au texte intgral
d'oeuvres littraires du domaine public. Si on souhaite acqurir une de ces
oeuvres, un lien permet de la commander en ligne  la cyberlibrairie Amazon.com.

Entre autres outils de travail, Logos propose aussi une base de donnes de 553
glossaires dans Linguistic Resources, un dictionnaire multilingue de 7,5
millions d'entres dans Multilingual Dictionary et la conjugaison des verbes en
17 langues dans Conjugation of Verbs.

Logos a t cr par Rodrigo Vergara, un rfugi politique chilien qui a migr
en Italie quand il tait tudiant en agronomie pour chapper au rgime du
gnral Pinochet. Aujourd'hui,  45 ans, il dirige une entreprise de traduction
offrant des services dans plus de 35 langues, avec un rseau de 300 traducteurs
dans le monde et un chiffre d'affaires de 60 millions de FF.

En dcembre 1997, Rodrigo Vergara expliquait  Annie Khan, journaliste au Monde:

"Nous voulions que nos traducteurs aient tous accs aux mmes outils de
traduction. Nous les avons donc mis  leur disposition sur Internet, et tant
qu' faire nous avons ouvert le site au public. Cela nous a rendus trs
populaires, nous a fait beaucoup de publicit. L'opration a drain vers nous de
nombreux clients, mais aussi nous a permis d'toffer notre rseau de traducteurs
grce aux contacts tablis  la suite de cette initiative."

Dans Links to Electronic Book and Text Sites, OmniMedia Digital Publishing
propose un rpertoire de serveurs de livres et de textes lectroniques. Premire
bibliothque publique d'Internet et pour Internet, l'Internet Public Library
(IPL) dispose de 20.166 documents en ligne soigneusement slectionns,
catalogus et dcrits par son personnel. La Online Book Initiative (OBI) est un
projet consistant  rassembler une importante collection de textes du domaine
public en format ASCII.

Cre par l'Universit Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, USA),
l'Universal Library a pour objectif de mettre le plus grand nombre d'ouvrages
possibles  la disposition des usagers d'Internet. Elle comprend un index de
plus de 5.000 oeuvres en anglais. La moiti de ces oeuvres est relie au
catalogue exprimental de la Library of Congress, si bien que - rve enfin
devenu ralit - les usagers peuvent avoir un accs direct au texte intgral de
l'oeuvre  partir de la notice du catalogue.

Une trs bonne srie de liens vers la littrature anglophone est Literary
Resources on the Net. Oeuvre de John Lynch, docteur en littrature anglaise 
l'Universit de Pennsylvanie (USA), le site propose des ressources littraires
en fonction des catgories suivantes : priode classique et biblique, priode
mdivale, Renaissance, 18e sicle, priode romantique, priode victorienne
anglaise, 20e sicle anglais et irlandais, thtre et drame, thorie,
littrature fminine et fminisme, ethnies et nationalits, autres littratures
nationales, bibliographie et histoire du livre, hypertextes et divers.

La Bibliotheca universalis est un des onze projets retenus lors du Sommet du G7
des 13-17 mai 1996. Ce projet de bibliothque lectronique  l'chelon mondial
"illustre la ncessit de donner  la socit de l'information une ambition
culturelle internationale, respectant les diversits culturelles et la pluralit
linguistique". Il a "pour ambition de donner accs aux oeuvres principales du
patrimoine culturel et scientifique mondial - textes, images, sons - par le
biais des technologies multimdias. Il doit ainsi favoriser le dialogue culturel
par-del les frontires et amliorer les services rendus aux utilisateurs." Le
projet souhaite proposer une collection universelle  partir des programmes de
numrisation existants, avec environnement en rseau, systme d'information
distribu, fonctions de recherches avances, et normes communes pour la
numrisation des textes, des images et des sons ainsi que pour les protocoles de
communication.

Ouvert en 1992, l'Electronic Text Center de l'Universit de Virginie (USA)
propose la combinaison d'un archivage en ligne au format SGML (standard
generalized markup language) de 40.000 textes lectroniques en douze langues et
des 19.000 illustrations correspondant  ces textes, dont certains sont du
domaine public, avec un centre comprenant le matriel informatique et les
logiciels permettant la cration et l'analyse de texte. French Texts and
Language Resources procure des textes franais en ligne et sur CD-ROM, et une
srie de liens menant  d'autres textes lectroniques en franais.

De nombreuses cyberbibliothques sont galement accessibles au moyen d'un
abonnement payant, comme l'Electric Library, un centre de recherche en ligne
permettant l'accs au texte intgral de 150 journaux et de centaines de
magazines, 2.000 ouvrages de littrature classique, 28.000 photos, images et
cartes, les transcriptions d'missions de tlvision et de radio, des rsums de
livres, films et logiciels, des encyclopdies, etc., ou encore l'ACM Digital
Library, cre en octobre 1997 par l'Association for Computing Machinery (ACM),
organisme scientifique et de recherche international. Cette bibliothque
comprend des informations bibliographiques et des textes d'articles, ainsi
qu'une section consacre aux cyberbibliothques et  la recherche d'information.

Ce ne sont pas seulement les textes mais aussi les images qui sont numriss,
comme on l'a vu plus haut dans Gallica, la bibliothque numrique de la
Bibliothque nationale de France, qui a inaugur son site en 1997 par des images
et textes du 19e sicle francophone.

D'autres cyberbibliothques sont consacres uniquement aux images, comme Corbis,
socit cre en 1989 par Bill Gates, patron de Microsoft. Cet ensemble d'images
numriques a t constitu pour fournir des ressources d'information visuelle 
l'chelon international. Paralllement au dveloppement de ses collections et au
marketing de celles-ci, Corbis est aussi une plate-forme de recherche pour
tudier les dcisions  prendre en matire de normes industrielles de
reproduction et de protection de la proprit intellectuelle  l're numrique.

Avec 25 millions d'images dont 1,4 million en ligne en dcembre 1998, le fonds
de Corbis est constamment enrichi par l'acquisition de droits ou la conclusion
de partenariats avec de grands muses. Chaque image est accompagne d'une
lgende, d'un commentaire et de mots-cls permettant une recherche thmatique au
moyen d'un thsaurus de 25.000 mots. La base de donnes est commercialise
auprs des professionnels sous forme de licences. Le grand public y a accs par
Internet et par une srie de CD-ROM thmatiques.

Le problme majeur des bibliothques d'images sur le Web est le temps ncessaire
au tlchargement, temps proportionnel  la taille de l'image. Aprs avoir
d'abord propos des images "pleine page" agrables  l'oeil mais trs longues 
apparatre sur l'cran, de nombreux sites optent maintenant pour des images de
format rduit, avec possibilit de cliquer sur ces images pour obtenir un format
plus grand si ncessaire. Ce problme devrait tre rsolu  l'avenir avec
l'augmentation de la vitesse de transmission des donnes.

Bien que les cyberbibliothques anglophones soient encore trs largement
majoritaires, l'univers des cyberbibliothques devient rapidement multilingue.
Le Projekt Gutenberg-DE comprend plus de 200 titres de littrature allemande et
de littrature trangre en allemand. Dbut en 1992 par LYSATOR, un club
informatique d'tudiants, en collaboration avec la Linkping University Library
(Sude), le Projekt Runeberg regroupe 200 oeuvres de littrature nordique. Liber
Liber, qui s'annonce comme la premire et la plus grande bibliothque
tlmatique italienne, dbute sa page de prsentation par une maxime loquente:
"Nullus amicus magis liber quam liber." Paralllement, les grandes
cyberbibliothques introduisent peu  peu dans leurs collections des textes en
d'autres langues que leur langue dominante.


7.4. Un exemple: la toile littraire francophone


Prise au sens large, la notion de cyberbibliothque dpasse trs largement
l'ensemble des cyberbibliothques dfinies comme telles. Un site littraire est
pratiquement toujours doubl d'une cyberbibliothque. Il propose souvent le
texte intgral d'oeuvres litraires ainsi que des liens vers d'autres sites
traitant de la mme poque, du mme auteur ou du mme genre littraire, et ainsi
de suite.

On ne compte pas le nombre de sites consacrs  la littrature en gnral, et 
la littrature francophone en particulier. On ne peut pas plus justement parler
de Toile - traduction littrale du terme Web souvent adopte par les
francophones - que pour la littrature, qui sert de support  l'laboration
d'une gigantesque toile littraire. Un passionn de littrature peut passer des
journes entires  aller d'une oeuvre  l'autre et d'un site  l'autre. A
l'heure actuelle, c'est la littrature du 19e et du dbut du 20e sicle qui est
la plus fortement reprsente, puisqu'une grande partie des oeuvres est du
domaine public et n'est donc pas soumise au droit d'auteur et au casse-tte que
la gestion de celui-ci reprsente encore sur le Web.

Voici quelques exemples.

CyLibris, maison d'dition sur Internet, propose une slection de sites sur
l'Internet littraire francophone, les jeux de rles et les journaux.

Patrick Rebollar, professeur de littrature franaise et d'applications
informatiques  Tokyo (Japon), mne plusieurs ralisations sur le Web, par
exemple la Chronologie littraire 1848-1914. Il tient  jour une liste de
signets trs complte, notamment dans les domaines suivants : littrature et
recherche (normes et rgles, bibliothques et diteurs, bibliographies), revues
littraires, linguistique, dictionnaires, lexiques, recherche littraire,
documents littraires par thmes et par auteurs (Malraux, Sarraute, Camus,
Gracq, Robbe-Grillet, etc.), oeuvres littraires, posie, bandes dessines, etc.

Dans son courrier lectronique du 17 juillet 1998, il expliquait:

"Animant des formations d'enseignants  l'Institut franco-japonais de Tokyo, je
voyais d'un mauvais oeil d'imprimer rgulirement des adresses pour demander aux
gens de les recopier. J'ai donc commenc par des petits documents rassemblant
les quelques adresses web  utiliser dans chaque cours (avec Word), puis me suis
dit que cela simplifierait tout si je mettais en ligne mes propres signets, vers
la fin 1996. Quelques mois plus tard, je dcidai de crer les sections finales
de nouveaux signets afin de visualiser des adresses qui sinon taient fondues
dans les catgories. Cahin-caha, je renouvelle chaque mois. Mais les quantits
de travail entranes par le Salon du livre de Tokyo (et les interviews
d'crivains), en janvier 98, et le Festival de Yokohama (juin 1998), font qu'il
y a bien longtemps que je n'ai pas fait srieusement mon travail de veille
techno-culturelle..."

Projet commun du CNRS (Centre national de la recherche scientifique, France) et
de l'Universit de Chicago (Illinois, USA), l'ARTFL Project (ARTFL: American and
French Research on the Treasury of the French Language) est une base de donnes
payante de 2.000 textes du 13e au 20e sicle concernant la littrature, la
philosophie, les arts ou les sciences. Le site propose aussi en accs libre une
intressante liste de liens avec les serveurs de littrature franaise lui
paraissant dignes d'intrt.

Voici aussi quelques exemples pris dans les sites consacrs  la posie.

Le Club des potes est un site de posie francophone qui souhaite la "bienvenue
en territoire de posie de la France au Chili, de Villon jusqu' de jeunes
potes contemporains, en passant par toutes les grandes voix de la posie de
tous les temps et de tous les pays". Dans son courrier lectronique du 8 juin
1998, Blaise Rosnay retraait l'volution de son site:

"Le site du Club des Potes a t cr en 1996, il s'est enrichi de nombreuses
rubriques au cours des annes et il est mis  jour deux fois par semaine.
L'Internet nous permet de communiquer rapidement avec les potes du monde
entier, de nous transmettre des articles et pomes pour notre revue, ainsi que
de garder un contact constant avec les adhrents de notre association. Par
ailleurs, nous avons organis des travaux en commun en particulier dans le
domaine de la traduction. [Nos projets pour notre site sont d']y mettre encore
et toujours plus de posie. Ajouter encore des enregistrements sonores de posie
dite ainsi que des vidos de spectacles."

Posie franaise propose un choix de pomes franais de la Renaissance au dbut
du 20e sicle. Dans son courrier du 8 juin 1998, Claire Le Parco, de la socit
Webnet, indiquait:

"Nous avons cr ce site lors de la cration de notre socit, spcialise dans
la ralisation de sites Internet et Intranet. Nous sommes des informaticiens qui
aimons la posie, et nous avions envie de montrer que posie et Internet
pouvaient faire bon mnage!"

Dans Posie d'hier et d'aujourd'hui, Silvaine Arabo propose de nombreux pomes,
y compris les siens. Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, elle
expliquait:

"Je suis pote, peintre et professeur de lettres (13 recueils de pomes publis,
ainsi que deux recueils d'aphorismes et un essai sur le thme: posie et
transcendance; quant  la peinture, j'ai expos mes toiles  Paris - deux fois -
et en province ). [...] Pour ce qui est d'Internet, je suis 'autodidacte' ( je
n'ai reu aucune formation informatique quelle qu'elle soit ) ; j'ai eu l'an
pass l'ide de construire un site littraire centr sur la posie: Internet me
semble un moyen privilgi pour faire circuler des ides, pour communiquer ses
passions aussi. Je me suis donc mise au travail, trs empiriquement, et ai
finalement abouti  ce site [...] sur lequel j'essaye de mettre en valeur des
potes contemporains de talent, sans oublier la ncessaire prise de recul
(Rflexions sur la posie) sur l'objet considr.

Ma vie professionnelle [en tant que professeur de lettres] n'en a pas t
bouleverse puisqu'elle est indpendante de cette cration sur Internet. Disons
que trs rcemment, dans le cadre de mon activit professionnelle, j'ai fait
avec mes lves quelques ateliers de posie et que, devant la pertinence de
leurs productions, j'ai dcid de leur consacrer une page sur mon site (
rubrique Le jardin des jeunes potes ). Je fais galement un 'appel du pied' aux
professeurs de lettres francophones pour qu'ils m'adressent des pomes - qu'ils
estiment russis - de leurs lves. Disons que ce site pourrait servir, entre
autres, de motivation - donc de moteur -  la crativit des jeunes enfants ou
des adolescents."

Voici encore quelques exemples pris dans des genres littraires diffrents.

Thtrales est une collection de textes et d'hypertextes en franais sur le
thtre. Le site a t cr en mai 1995 par Andr G. Bourassa, professeur 
l'Universit de Qubec  Montral, et par Barry Russell, Visiting Fellow de
l'Universit Brookes d'Oxford.

Polar Web se prsente comme le premier site francophone entirement consacr au
roman policier, avec des informations sur les manifestations autour du polar,
une rubrique annonant les nouveaux titres chez diffrents diteurs, et la liste
de tous les documents disponibles en texte intgral: livres, pages, articles,
nouvelles et entretiens.

BD Paradisio est consacr  la bande dessine en ligne avec dossiers,
entretiens, biographies, dessins indits et forums de discussion  thmes.

Une Autre Terre est un site consacr  la science-fiction. Dans son courrier
lectronique du 9 juin 1998, Fabrice Lhomme, son crateur, expliquait:

"Le serveur a vu le jour fin novembre 1996. J'ai commenc en prsentant quelques
bibliographies trs incompltes  l'poque et quelques critiques. Rapidement,
j'ai mis en place les forums  l'aide d'un logiciel "maison" qui sert galement
sur d'autres actuellement. [...] Depuis [la page ralise pour le] premier
anniversaire [du serveur], le phnomne le plus marquant que je puisse noter
c'est la participation de plusieurs personnes au dveloppement du serveur alors
que jusque l j'avais tout fait par moi-mme. Le graphisme a t refait par un
gnreux contributeur et je reois rgulirement des critiques ralises par
d'autres personnes. Pour ce qui est des nouvelles, la rubrique a eu du mal 
dmarrer mais une fois qu'il y en a eu un certain nombre, j'ai commenc  en
recevoir rgulirement (effet d'entranement). Actuellement, j'ai toutes les
raisons d'tre satisfait car mon site reoit plus de 2.000 visiteurs diffrents
chaque mois et toutes les rubriques ont une bonne audience. Le forum des
visiteurs est trs actif, ce qui me ravit. Concernant les perspectives d'avenir,
j'envisage pour trs bientt d'ouvrir une nouvelle rubrique proposant des livres
d'occasion  vendre avec l'ambition de proposer un gros catalogue.
Eventuellement, j'ouvrirai aussi une rubrique prsentant des biographies car je
reois pas mal de demandes des visiteurs en ce sens. [...] Si l'activit de
vente de livres d'occasion se montre prometteuse, il est possible que j'en fasse
une activit professionnelle sous la forme d'une micro-entreprise."

L'actualit littraire est prsente avec punch et humour dans ZazieWeb, revue
en ligne conue et ralise par Isabelle Aveline, avec un graphisme d'Oliver
Cornu. ZazieWeb comprend un dito, une rubrique Au fil du Net, un agenda, une
revue de presse, un annuaire des sites et un self-service multimdia. Sur le
site, Isabelle Aveline explique:

"ZazieWeb est un site World Wide Web professionnel et grand public indpendant,
spcifiquement ddi aux libraires, diteurs... et grand public de culture
'livre'. Conu comme une librairie virtuelle, un espace de documentation,
d'orientation et de ressources pour un public de culture 'papier' s'intressant
 Internet, il se situe aux frontires de l'crit et de l'dition lectronique.
L'originalit du traitement des rubriques par rapport  un mdia papier tant
videmment de 'mailler' l'information avec un site sur Internet. C'est donc un
site 'passerelle' vers Internet pour un public curieux et dsorient, avide de
connatre ce qui se passe 'de l'autre ct de l'cran'."

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, elle ajoutait:

"ZazieWeb est n il y a deux ans environ: juin 96. C'tait  l'poque un projet
personnel qui entrait dans le cadre d'un master multimdia et que j'ai essay de
'vendre' aux diteurs. [...] Dcouvrir Internet a ouvert d'autres possibilits
et surtout maintenant je ne conois pas de ne pas travailler 'on the web'!"

On assiste aussi  l'apparition de "la littrature interactive lance par le
grand crivain amricain John Updike, qui, l'an dernier, balana sur le Web le
premier chapitre d'un roman que les internautes taient censs poursuivre",
expliquait Emmanule Peyret dans le quotidien Libration du 27 fvrier 1998.
Cette premire exprience de littrature interactive a t ralise 
l'initiative de la grande cyberlibrairie Amazon.com.

Lors de la fte d'Internet des 20-21 mars 1998, ATOS et France Loisirs ont 
leur tour lanc le premier roman interactif francophone, dont le premier et le
huitime et dernier chapitres ont t crits par le romancier Yann Quefflec. Le
thme du roman tait le suivant: "Une femme, condamne  mort aux Etats-Unis,
bnficie d'un sursis de 30 jours accord par le gouverneur, avant son
excution. Que va-t-elle faire de ce rpit? A quoi pense-t-elle et quel message
va-t-elle laisser aux partisans et aux opposants de la peine de mort?" Le
premier chapitre tait disponible sur le site de France Loisirs trs exactement
le 20 mars 1998, premier jour de la fte d'Internet. Les cybernautes disposaient
de deux semaines pour proposer un deuxime chapitre. Le jury du club devait
ensuite slectionner le meilleur chapitre qui devenait la suite officielle du
roman, et ainsi de suite jusqu'au 27 juillet. France Loisirs devait publier le
roman en septembre 1998.

L'hgmonie de l'anglais sur le Web? Elle tait invitable  l'poque
balbutiante du Web, puisque le rseau tait en premier lieu amricain et ensuite
essentiellement anglophone, mais ce n'est plus vrai maintenant. Tous les
amoureux de la langue franaise n'ont plus de souci  se faire, sinon 
continuer le travail entrepris, et peut-tre aussi oeuvrer aussi bien pour un
Web francophone que pour un Web multilingue, comme le Club des potes, qui offre
une prsentation de son site en anglais, en espagnol et en portugais.


7.5. L'avenir des cyberbibliothques


"Qu'il me suffise, pour le moment, de redire la sentence classique: 'La
bibliothque est une sphre dont le centre vritable est un hexagone quelconque,
et dont la circonfrence est inaccessible'."

Cette citation de Jorge Luis Borges pourrait parfaitement convenir aux
cyberbibliothques.

A court ou  long terme, leur dveloppement rapide va certainement amener 
dfinir la place de la cyberbibliothque, toute rcente, par rapport  la
bibliothque multicentenaire, tout comme la bibliothque traditionnelle doit
maintenant redfinir ses fonctions du fait de l'existence des
cyberbibliothques.

La British Library par exemple n'envisage pas une bibliothque qui devienne
uniquement "cyber", et elle souhaite garder son importance  la communication
physique des imprims, manuscrits, partitions musicales, bandes sonores, etc.,
tout en ayant conscience de la ncessit du dveloppement parallle des
documents numriques. Tout comme la British Library, nombreux sont ceux qui
pensent que la bibliothque relle ne va pas disparatre parce que la
cyberbibliothque existe, de mme que le livre physique ne va pas disparatre
parce que son quivalent numrique existe.

"On ne peut pas, on ne pourra pas tout numriser. A terme, une bibliothque
virtuelle ne sera jamais qu'un lment de l'ensemble bibliothque", soulignait
Jean-Pierre Angremy, prsident de la Bibliothque nationale de France, dans un
article du Figaro du 3 juin 1998. Ds 1992, la BnF avait lanc un trs important
programme de numrisation, et une partie des collections numrises est
maintenant disponible sur le serveur Gallica.

Pierre Perroud, fondateur de la cyberbibliothque Athena, expliquait dans
Informatique-Informations de fvrier 1997 que "les textes lectroniques
reprsentent un encouragement  la lecture et une participation conviviale  la
diffusion de la culture", notamment pour la recherche textuelle et l'tude des
textes. Il pense que ces textes "sont un bon complment au livre imprim -
celui-ci restant irremplaable lorsqu'il s'agit de lire". S'il est persuad de
la ncessit de suivre de prs l'volution technologique et d'y adapter le monde
du livre et celui de l'enseignement, il n'empche que le livre reste "un
compagnon mystrieusement sacr vers lequel convergent de profonds symboles: on
le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa
petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilit
renferme une densit qui nous fascine; comme l'homme il craint l'eau et le feu,
mais il a le pouvoir de mettre la pense de celui-l  l'abri du Temps."

Il est vrai que, outre l'accs direct  de trs nombreuses oeuvres du domaine
public, l'existence des cyberbibliothques facilite grandement la recherche
textuelle sur une ou plusieurs oeuvres  la fois. Par exemple, les bases de
donnes constitues par l'ARTFL Project permettent une recherche textuelle sur
l'Encyclopdie de Diderot et d'Alembert ou le Dictionnaire de l'Acadmie
franaise. Mens par plusieurs organismes, de nombreux autres projets sont en
cours pour l'tude de La Bible, La Divine Comdie de Dante, l'ensemble des
oeuvres de Shakespeare, etc., et ces projets permettront de disposer de bases de
donnes incluant  la fois les textes et leurs commentaires sur plusieurs
sicles.

La consultation sur cran de livres anciens offre galement d'immenses
perspectives. Elle permettra aux chercheurs de les visualiser et de mieux
slectionner ceux qui les intressent avant de demander la consultation de
certains originaux. Les perspectives sont grandes aussi pour les bibliothques
d'images, dans lesquelles enluminures, gravures, affiches, cartes postales,
photos et films sont ou seront disponibles sur cran. Pour le moment, le temps
de dchargement d'une image est encore assez long, mais cet inconvnient devrait
bientt disparatre avec l'augmentation de la vitesse de transmission des
donnes.

Le problme majeur auquel se heurte la cyberbibliothque  l'heure actuelle est
celui du droit d'auteur. Ce problme - qui ne concerne pas seulement le livre,
la revue ou l'image, mais aussi la musique, les arts graphiques, les logiciels,
etc. - est fbrilement tudi par les auteurs, diteurs, journalistes, etc.

Comment largir la cyberbibliothque  toutes les oeuvres et ne plus la limiter
aux oeuvres du domaine public comme c'est le cas maintenant? Comment mettre en
ligne les oeuvres soumises au droit d'auteur tout en respectant la lgislation
concernant la proprit intellectuelle? Ce problme, qui concerne les
cyberbibliothques, les librairies, les diteurs ou la presse en ligne,
sous-tend le dveloppement d'Internet dans le domaine culturel et, toujours dans
le domaine culturel, son utilisation maximale comme outil de connaissance et de
communication.

Un problme plus pratique est celui de l'harmonisation des formats
informatiques, afin de rendre possible la lecture de tout document lectronique
quels que soient l'ordinateur ou le logiciel utiliss. Comme nombre de
cyberbibliothques numrisant en mode texte, le Project Gutenberg conseille
l'utilisation du format ASCII (American standard code for information
interchange).

Cyberbibliothque francophone gre par l'Association des bibliophiles
universels, l'ABU donne les neuf conseils suivants aux volontaires souhaitant
dactylographier des textes: 1) pas de mise en page, seulement du texte avec des
lignes d'environ 70 caractres et des sauts de ligne, 2) des sauts de ligne
avant chaque paragraphe, y compris pour les dialogues, 3) la transcription du
tiret long accompagnant les dialogues par deux petits tirets, 4) des majuscules
pour les titres, noms de chapitres et sections, avec un soulignement fait de
petits tirets, 5) la transcription des mots en italique par des blancs
souligns, 6) pas de tabulation, mais des blancs, 7) la mise des notes de
l'auteur entre crochets et dans le corps du texte, 8) facultativement, la
pagination de l'dition originale entre crochets, 9) l'encodage final en
ISO-Latin-1.

Dans L'dition savante  l're de la bibliothque virtuelle: publication d'un
livre en SGML sur le World Wide Web, mmoire de matrise en bibliothconomie et
sciences de l'information (MBSI) de l'Universit de Montral (Qubec) dat de
novembre 1996, Guy Teasdale rpertorie tous les formats utiliss pour la
communication d'un texte lectronique. Le plus utilis est le texte en format
ASCII (American standard code for information interchange), pour que celui-ci
puissent tre lu par tous les systmes et sur toutes les machines. On a aussi
des textes formats  partir d'un traitement de texte tel que WordPerfect ou
Word, des textes en format RTF (rich text format), format cr par Microsoft,
des textes de type PostScript ou PDF (portable document format) crs par Adobe,
des hypertextes formats en HTML (hypertext markup language), pour lequel
Microsoft ou Netscape proposent des ajouts correspondant  leurs propres
logiciels de navigation. On a enfin des textes en format SGML (standard
generalized markup language), qui correspond  la norme ISO-8879:1986, format
dont l'auteur dmontre les avantages par rapport aux autres pour l'dition
lectronique de monographies spcialises.

Guy Teasdale montre galement le danger que reprsente l'dification d'"une tour
de Babel numrise". L'utilisation de tous ces formats est en effet assez
inquitante alors qu'un des objectifs du Web est justement de permettre la
circulation de l'information  travers des rseaux htrognes, d'o la
ncessit d'adopter un langage qui ne soit pas affect par les nombreux
changements informatiques  venir.

Etant donn le dveloppement rapide des cyberbibliothques sur Internet, de
nombreux organismes publics et privs s'y intressent de trs prs et mnent des
recherches approfondies souvent disponibles en ligne. Ces organismes sont
notamment la British Library et la Library of Congress, deux bibliothques
nationales pilotes dans ce domaine, ou encore la Bibliothque de l'UC Berkeley
(UC: University of California) avec son site SunSITE (financ en partie par Sun
Microsystems), sur lequel elle monte ses collections et services tout en
procurant informations et conseils.

Le projet Digital Library Technology (DLT) soutient le dveloppement de
nouvelles technologies permettant de faciliter l'accs public aux informations
de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) par les rseaux
informatiques, particulirement les technologies dveloppant outils,
applications, matriel informatique et logiciels permettant de rpondre 
l'volution des besoins des usagers et  l'augmentation norme des demandes
d'accs.

Le Stanford Digital Libraries Project fait partie de la Digital Library
Initiative, lance en 1994 pour quatre ans et soutenue par la NSF (National
Science Foundation), la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et la
NASA (National Aeronautics and Space Administration).

Le serveur Library 2000 prsente l'histoire du projet du MIT Laboratory for
Computer Science (MIT: Massachussets Institute of Technology) entre octobre 1995
et octobre 1997. L'objectif de Library 2000, projet de recherche sur les
systmes informatiques, tait d'tudier le stockage en ligne  grande chelle en
utilisant comme exemple la future bibliothque lectronique. Il s'agissait d'un
projet pragmatique, qui a permis de dvelopper un prototype utilisant la
technologie et les configurations de systmes conomiquement viables en l'an
2000.

Financ par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), D-Lib Magazine
est un magazine de recherche sur les cyberbibliothques, qui comprend
l'actualit mensuelle, des commentaires, des discussions et des ressources pour
la recherche.

Organisme international indpendant  destination des bibliothcaires du monde
entier, l'International Federation of Library Associations and Institutions
(IFLA) consacre une passionnante section aux collections et services
lectroniques.


8. LES CATALOGUES EN LIGNE


[Dans ce chapitre:]

[8.1. Catalogues de bibliothques francophones / 8.2. Catalogues de
bibliothques non francophones / 8.3. Catalogues collectifs mondiaux / 8.4.
L'avenir des catalogues en ligne]

Pourquoi un chapitre entier sur les catalogues? Parce que, dans le domaine de
l'imprim, le catalogue correspond au cerveau chez l'tre humain. Il permet de
rpertorier et prsenter les documents de manire systmatique. Que l'on soit
professionnel du livre, tudiant, chercheur ou cybernaute voulant se documenter
sur un sujet donn, l'utilisation du catalogue est une tape indispensable pour
trouver les documents souhaits.

Par le pass, on a pu reprocher aux catalogues d'tre austres, peu conviviaux,
et surtout de donner les rfrences du document mais en aucun cas l'accs  son
contenu. Depuis qu'ils sont disponibles sur Internet, les catalogues sont moins
austres et plus conviviaux. Et surtout - rve de tous qui commence  devenir
ralit - ils vont progressivement permettre l'accs aux documents eux-mmes.
Ceci est dj vrai dans certains cas, comme par exemple 2.500 oeuvres de
l'Universal Library accessibles par le biais de l'Experimental Search System
(ESS) de la Library of Congress.

Le souci de mettre en place des catalogues collectifs ne date pas d'hier.
Pendant des dcennies, les bibliothcaires et documentalistes ont catalogu le
mme ouvrage au mme moment dans leur propre bibliothque, d'abord dans des
registres relis, ensuite dans des catalogues sur fiches. Quand ils en avaient
les moyens, leur catalogue tait imprim pour tre diffus  l'chelon rgional,
national ou international. L're des catalogues sur fiches fut longue et elle
n'a pas encore disparu. Les salles entires de catalogues sur fiches rangs dans
de multiples tiroirs en bois - la salle des catalogues de la Bibliothque
publique et universitaire de Genve par exemple - ont fait et font toujours
l'admiration de tous. Par contre l'informatique a rapidement rendu obsoltes les
machines qui dupliquaient les fiches cartonnes ou encore les socits
prestataires de services vendant des fiches cartonnes  partir d'une liste de
ISBN (international standard book number).

Depuis bientt vingt ans, suite  l'informatisation progressive de tous les
services, de nombreuses tentatives plus ou moins russies ont permis aux
bibliothcaires d'unir leurs forces au lieu d'effectuer le mme travail en de
multiples exemplaires.

En France par exemple, le Catalogage national centralis (CANAC) a t suivi de
Libra, un logiciel en temps rel propos par la Direction du livre et de la
lecture, qui a lui-mme t suivi par le Catalogue collectif national des
publications en srie (CCN-PS), un rseau coopratif de catalogage sur SIBIL
(Systme intgr pour les bibliothques universitaires de Lausanne) et par le
Pancatalogue, driv du OCLC Online Union Catalog, explique Thierry Samain dans
L'accs aux catalogues des bibliothques par Internet.

Nombreuses sont aussi les bibliothques qui ont utilis le catalogue sur CD-ROM
de la Bibliothque nationale de France pour "rcuprer" les notices de la BnF et
les intgrer  leur propre catalogue. Avec Internet, on aborde enfin une
nouvelle tape qui, si elle n'est pas sans difficults, rsoud le problme
majeur de la communication au plus grand nombre.

Dans ce chapitre, on prsentera d'abord quelques catalogues et rpertoires de
catalogues francophones. On prsentera ensuite les catalogues de trs grandes
bibliothques comme ceux de la Library of Congress ou de la British Library,
ainsi que deux catalogues collectifs mondiaux qui constituent des "rservoirs"
de notices pour les professionnels du livre. On abordera enfin l'avenir des
catalogues sur Internet, un futur qui semble assez prometteur puisqu'il rendra
plus accessible et donc plus familier un univers jusque l rput pour son
aridit.


8.1. Catalogues de bibliothques francophones


Le site web de la Bibliothque nationale de France ne propose pas encore ses
catalogues Bn-Opale (livres et priodiques) et Bn-Opaline (collections
spcialises) en libre accs sur le Web. Ces catalogues sont disponibles
moyennant un abonnement  Telnet, un systme permettant d'utiliser son
micro-ordinateur comme un simple terminal afin de pouvoir consulter le catalogue
 distance de la mme manire que si on se trouvait sur place.

On peut par contre consulter directement sur le Web le Catalogue des imprims en
libre accs, qui donne le signalement de 430.000 documents de rfrence imprims
et audio-visuels accessibles au public dans les nouveaux locaux de Tolbiac,
inaugurs en 1996.

Bn-Opale contient plus de deux millions de rfrences correspondant aux
collections suivantes: les livres entrs par dpt lgal, achat, don ou change
depuis 1970, les priodiques entrs par dpt lgal, abonnement, don ou change
depuis 1960, les ouvrages anonymes des 16e-18e sicles (catalogue en cours de
constitution), les microformes de sauvegarde commercialises par le Service de
la reproduction, et les documents informatiques depuis 1994. Bn-Opale inclut
aussi le catalogue partag avec des bibliothques universitaires ou
spcialises, le catalogue partag du dpt lgal en relation avec les
bibliothques rgionales habilites au dpt lgal pour l'dition rgionale, la
production de la Bibliographie nationale franaise (livres, publications
officielles et publications en srie, soit au total 48.000 rfrences par an).

Bn-Opale n'inclut pas les notices d'ouvrages antrieurs  1970 et de priodiques
antrieurs  1960. Celles-ci ne sont pour le moment disponibles que sur le
CD-ROM du Catalogue gnral des Imprims de la Bibliothque nationale de France.

La base Bn-Opaline comprend des documents spcialiss (cartes, plans, estampes,
etc.) entrs par dpt lgal, achat, don et change, des microformes tablies
par le Centre de Sabl et des documents entrs dans les bibliothques
partenaires de la Bibliothque nationale de France. La rpartition des notices
bibliographiques est la suivante: 82.377 cartes et plans depuis 1987, 54.928
estampes et photographies depuis 1988, 281.068 documents audiovisuels depuis
1989, 35.076 partitions musicales depuis 1991, 4.944 monnaies et mdailles
depuis 1994, et 1.655 documents concernant les arts du spectacle depuis 1995.

Depuis plusieurs annes, un certain nombre de catalogues de bibliothques
publiques sont disponibles sur le Minitel, ce qui permet leur consultation dans
nombre de foyers et de lieux publics. La consultation est possible soit
directement sur un Minitel, soit sur un micro-ordinateur utilis en mulation
Minitel. Les notices ne peuvent cependant pas tre affiches de manire
dtaille, et le mode "feuilletage" ne peut pas tre utilis sur un grand nombre
d'crans successifs, ce qui explique l'attrait que reprsente le transfert
progressif de ces catalogues sur Internet o ces fonctions sont possibles.

Comme les bases Bn-Opale et Bn-Opaline de la Bibliothque nationale de France,
un grand nombre de catalogues - y compris ceux des bibliothques universitaires
- sont maintenant disponibles par le biais de Telnet. Un code d'accs et un mot
de passe permettent de se connecter  l'OPAC (online public access catalogue) de
la bibliothque. Telnet, malgr les services considrables qu'il a rendu et
qu'il rend encore, prsente des inconvnients du fait du fonctionnement
diffrent de chaque OPAC, des configurations diffrentes de claviers, etc. La
formule de l'accs libre sur le Web adopte par la British Library ou la Library
of Congress par exemple est videmment beaucoup plus pratique.

Un autre systme est l'accs des catalogues par WAIS (wide area information
server). Ce systme est utilis pour les bibliothques de laboratoires et
d'units de recherche dans le domaine scientifique et technique. Ses principaux
avantages sont "un accs rparti  diffrents catalogues, un mode
d'interrogation simple, un cot nul, le logiciel tant facilement disponible
dans le domaine public, une technique ne ncessitant pas de gros
investissements", explique Thierry Samain dans L'accs aux catalogues des
bibliothques par Internet.

Du fait de l'essor d'Internet, un nombre croissant de bibliothques est en train
d'tablir un accs direct et gratuit  leur catalogue  partir de leur site web,
moyennant une interface spcifique. L'accs direct par le Web offre de nombreux
avantages,  commencer par celui de l'utilisation de la souris. L'usager a le
choix entre au moins deux types de recherche, simple et avance, et il peut
slectionner plusieurs critres complmentaires tels que le nombre
d'enregistrements souhaits ou bien le mode de classement. Il peut drouler
plusieurs pages de notices abrges ou compltes. Les notices slectionnes
peuvent tre copies, imprimes, sauvegardes ou bien envoyes par messagerie
lectronique. Des liens hypertextes permettent de passer facilement d'une
recherche  une autre. On peut galement intgrer au catalogue des images,
extraits sonores ou bandes vido.

La meilleure formule serait l'utilisation  grande chelle de la norme Z39.50,
norme nationale amricaine utilise par exemple pour la consultation du
catalogue de la Library of Congress. La norme Z39.50 dfinit un protocole pour
la recherche documentaire d'un ordinateur  un autre. L'utilisateur d'un systme
peut ainsi rechercher des informations chez les utilisateurs d'autres systmes
utilisant la mme norme, sans devoir connatre la syntaxe de recherche utilise
par ces systmes. L'Union europenne a entrepris des recherches pour favoriser
l'utilisation de cette norme en Europe.

Paralllement  ces amliorations techniques, on voit se dvelopper des
catalogues collectifs visant  faire connatre les ressources disponibles 
l'chelon rgional, national et international.

Situ sur le site de la Bibliothque nationale de France, le Catalogue collectif
de France (CCFR) permet de "trouver des informations dtailles sur les
bibliothques franaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou
spcifiques), connatre prcisment les services qu'elles rendent et interroger
leur catalogue en ligne". A compter du premier trimestre 1999, il permettra
aussi de "localiser des ouvrages (documents imprims, audio, vido, multimdia)
dans les principales bibliothques et demander le prt ou la reproduction des
documents" qui seront remis  l'usager dans la bibliothque de son choix.

Plusieurs rseaux rgionaux ont galement vu le jour. Voici trois exemples.

N en 1988, le rseau BRISE (Bibliothques en rseau informatis de
Saint-Etienne) dispose d'un catalogue collectif pour les bibliothques
municipales et celles des tablissements d'enseignement suprieur.

Le Ple europen universitaire et scientifique de Grenoble a mis en place REDOC
(Rseau documentaire du site de Grenoble), disponible sur le Web avec des liens
hypertextes entre le serveur commun et les services rpartis, le but tant de
donner accs aux catalogues et aux collections lectroniques des bibliothques
et centres de documentation de l'agglomration grenobloise.

D'autres rseaux se sont dvelopps avec consultation des catalogues et autres
services, par exemple le Rseau des bibliothques des universits de Toulouse,
le Rseau IRIS pour la Rgion Provence-Alpes-Cte d'Azur ou encore RVOdoc, le
rseau documentaire du Val-d'Oise.

Plusieurs rpertoires ont t crs pour accder aux sites et aux catalogues des
bibliothques franaises et francophones. Propos par l'Ecole nationale
suprieure des sciences de l'information et des bibliothques (ENSSIB) et
ralis par Thierry Samain, le rpertoire des catalogues de bibliothques
francophones est class en plusieurs rubriques: bibliothques gnrales, arts,
droit et conomie, lettres et sciences humaines, mdecine, sciences de
l'information et bibliothques, sciences et techniques. Plusieurs autres
rpertoires de catalogues sont recenss dans Sitebib, qui est le rsultat de la
coopration entre sites web en bibliothconomie et sciences de l'information.


8.2. Catalogues de bibliothques non francophones


Deux catalogues, celui de la British Library et celui de la Library of Congress,
constituent d'excellents outils bibliographiques pour les cybernautes du monde
entier.

En mai 1997, la British Library a lanc OPAC 97, un catalogue en ligne
permettant l'accs libre et gratuit aux catalogues de ses principales
collections  Londres et  Boston Spa. Rassembles depuis 250 ans, ces
collections reprsentent 150 millions de documents appartenant  toutes les
civilisations, dans toutes les langues et dans tous les domaines.

Les catalogues prsents dans OPAC 97 concernent notamment les livres et
priodiques du Royaume-Uni et de l'tranger, la collection des humanits et des
sciences sociales depuis 1975, notamment un fonds oriental, un fonds hispanique
et une des plus grandes collections europennes sur l'Europe de l'Est et la
Russie, la collection des sciences et technologies et du monde des affaires
depuis 1975, la collection de musique depuis 1980, la collection de priodiques
britanniques et trangers depuis 1700 (500.000 titres) et la collection de
compte-rendus de confrences depuis 1800 (la plus grande collection mondiale).

A l'heure actuelle, ces diffrentes collections ont chacune leur propre
catalogue, correspondant souvent  un domaine spcifique. Le Corporate
Bibliographic Programme (CBP) tudie la cration d'une seule base de donnes, 
la fois pour un meilleur dveloppement des collections et pour une meilleure
utilisation du catalogue par les usagers. Le mme programme tudie aussi le
remplacement des systmes informatiques actuels - qui ont maintenant vingt ans -
par un systme plus performant  la fois pour les besoins de la bibliothque et
pour la coopration avec ses nombreux partenaires.

Le catalogue de la Library of Congress est le plus grand catalogue en ligne du
monde, et sa consultation est gratuite, avec menus de consultation en anglais et
en espagnol. On y trouve les rfrences de documents dans de trs nombreuses
langues, y compris en franais.

La recherche s'effectue au moyen de la norme Z39.50 et suivant quatre procds:
recherche par mots, recherche par liste, recherche par commandes par le biais de
Telnet pour la connexion  LOCIS (Library of Congress Information System), et
recherche par l'Experimental Search System (ESS).

La recherche par mots peut s'effectuer  deux niveaux: recherche simple et
recherche avance.

La recherche simple est effectue par titre (tout ou partie du titre, du
sous-titre ou de la mention de responsabilit) ou par auteur personnel (un seul
auteur). Elle permet l'accs aux principaux catalogues de la Library of
Congress: le catalogue des livres, les catalogues des documents informatiques
(notices bibliographiques des logiciels et documents en langage informatique),
les catalogues des documents en cours de traitement, les catalogues JACKPHY
(notices bibliographiques des publications en caractres autres que les
caractres romains: japonais, arabe, chinois, coren, persan, hbreu et
yiddish), le catalogue des manuscrits, le catalogue des cartes, le catalogue de
la musique, le catalogue des priodiques et le catalogue des documents visuels,
soit environ 6,3 millions de notices.

La recherche avance permet la combinaison de critres multiples  l'aide
d'oprateurs bolens (and, or, and not, correspondant aux oprateurs bolens
franais: et, ou, sauf).

Le moyen le plus rapide de trouver un document est l'utilisation du LCCN
(Library of Congress control number), de l'ISBN (international standard book
number) ou de l'ISSN (international standard serial number). Si on ne dispose
pas d'un de ces nombres, on peut combiner les lments suivants: titre, auteur
personnel, auteur collectif, collection, sujet ou note, en utilisant un mot, une
liste de mots ou une expression. Un mot est dfini comme un groupe de caractres
sans espace. Une liste de mots est dfinie comme deux ou plusieurs mots spars
par un espace, sans exigence concernant l'ordre des mots. Une expression est
dfinie comme un ou plusieurs groupes de caractres spars par des espaces et
dans lesquels l'ordre des mots doit tre respect.

La recherche avance donne accs au catalogue des autorits pour les noms et les
sujets (environ 4 millions de notices en 1997), le National Union Catalog
(publications catalogues par d'autres bibliothques et non encore intgres aux
collections de la Library of Congress) et le catalogue PreMARC (notices
catalogues antrieurement aux dates officielles auxquelles les diffrents
catalogues ont dbut).

La recherche par liste permet une premire slection au moyen d'un index
alphabtique des termes utiliss dans les catalogues de la Library of Congress:
livres, priodiques (magazines, journaux et autres publications paraissant de
manire rgulire et continue), documents cartographiques (cartes, atlas, etc.)
et microformes. Les renvois utiliss dans la recherche par sujet sont galement
indiqus dans l'index alphabtique. On peut effectuer la recherche par sujet,
auteur (personnel ou collectif), nom de confrence, titre, nom de priodique,
classification de la Library of Congress (qui correspond  une partie de la
cote) ou numro de la classification dcimale de Dewey. On peut galement
rechercher le "numro d'identit" exact du document, par exemple l'ISBN
(international standard book number), l'ISSN (international standard serial
number) ou le LCCN (Library of Congress control number).

La Library of Congress a galement lanc l'Experimental Search System (ESS), qui
est un systme permettant de consulter tout un ensemble de catalogues grce une
seule interface compose de plusieurs pages de recherche (simple, avance, par
nombre ou par liste) et plusieurs pages de rsultats (avec une liste de notices
abrges ou bien des notices compltes), en liaison avec des fichiers d'aide en
ligne. Son but est de favoriser une recherche plus intuitive que celle du
traditionnel OPAC (online public access catalogue), grce  la synergie entre le
lien de l'hypertexte et l'engin de recherche spcifique InQuery cr par la
socit Sovereign Hill Software.

La consultation de l'OPAC par le biais du traditionnel catalogue en ligne est
cependant encore indispensable puisque plusieurs catalogues de livres et la
plupart des catalogues de "non-livres" (microformes, articles, manuscrits, etc.)
ne sont pas encore prsents dans l'ESS. Le menu de recherche avance prcise les
bases de donnes et les collections disponibles par rubrique, et la quantit de
documents pour chaque rubrique.

Le 20 dcembre 1998, l'ESS comprend les notices de 9,5 millions de livres,
incluant les notices JACKPHY (notices en japonais, arabe, chinois, coren,
persan, hbreu et yiddish), 825.664 priodiques, 278.771 documents visuels tels
que films, films fixes ou vidos, 68.135 images et photos, 209.142
enregistrements sonores et partitions musicales, 171.756 cartes, 10.698
manuscrits et 6.318 logiciels. Les notices de 140.000 photos et manuscrits de la
National Digital Library Program's American Memory sont relies  plus de 70.000
photos et images numriques disponibles en ligne. Grce  l'indexation des
oeuvres slectionnes et classes par l'Universal Library de l'Universit
Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, USA), l'ESS procure aussi les liens
au texte intgral de 2.500 oeuvres en ligne disponibles sur diffrents sites.

L'intrt d'un tel catalogue est expliqu sur le site web: c'est sa capacit 
montrer les relations existant entre les termes en texte libre, le vocabulaire
contrl (par exemple les principaux sujets de la Library of Congress) et les
schmas de classification. Comme, de plus en plus, les textes de documents
gouvernementaux ou du domaine public seront disponibles en ligne, ils seront
relis aux notices bibliographiques afin d'tre accessibles par un seul point
d'entre. Cette nouvelle infrastructure prfigure une bibliothque lectronique
nationale. Comme on l'a vu plus haut, l'ESS ne remplace pas les catalogues
traditionnels, mais le fait qu'il permette l'accs immdiat aux textes et
documents numriques permettra d'encourager la migration des catalogues
traditionnels dans cette direction.

L'ESS prfigure ce que sera le catalogue  l'avenir: non plus seulement un
ensemble de notices qui sont le prlude  un parcours du combattant pour trouver
les documents, le plus souvent par prt interbibliothques, mais un ensemble de
notices qui permettront l'accs immdiat au texte intgral du document.

Gres par des socits prives, les bases commerciales telles que Dialog,
LEXIS-NEXIS ou UnCover prfigurent aussi ce que sera la recherche numrique de
demain, en attendant que les organismes publics prennent le relais. Depuis
plusieurs annes, ces bases associent catalogues et documents en ligne (ou
envoys par tlcopieur dans le cas de UnCover). Leur seul dfaut, et de taille,
est que leurs cots sont vite prohibitifs pour un particulier (et ce malgr un
compteur permettant de consulter en continu la somme facture afin d'viter les
mauvaises surprises!).

Gre par Knight-Ridder Information, la Dialog Corporation comprend un certain
nombre de bases documentaires dont la plus connue, Dialog, regroupe 450 bases de
donnes sur le monde des affaires, l'industrie, l'actualit, les droits et
brevets, la chimie, l'environnement, les sciences et techniques et les outils de
rfrence. Une recherche par mots-cls permet d'oprer une slection dans les
dizaines de milliers de documents disponibles. Le serveur donne ensuite une
liste bibliographique de tous les documents correspondant  la recherche lance.

Les avantages de cette recherche automatise sont normes si on pense aux
centaines de tables des matires ou d'index qu'il faudrait parcourir pour
arriver au mme rsultat. A partir de cette bibliographie, on peut ensuite
slectionner quelques documents et demander leur envoi par voie informatique. L
aussi, le service est trs coteux. C'est la raison pour laquelle les services
documentaires contrlent de prs les requtes de leurs usagers sur Dialog.

LEXIS-NEXIS est un fournisseur international de services d'information et
d'outils de gestion (en ligne, sur Internet, sur CD-ROM et sur support papier) 
l'intention des professionnels du droit, de l'actualit et des affaires. Avec
des clients dans plus de 60 pays, la socit fait partie de Reed Elsevier
(Londres), grande socit d'dition et d'information.

Propos par la CARL Corporation, UnCover permet de se procurer des articles
provenant de 17.000 priodiques couvrant tous les domaines depuis 1988. Si
l'envoi d'articles est payant, la recherche dans la base de donnes, les tables
des matires des priodiques et l'index par mots-cls est gratuite.

Cot except, ces trois bases commerciales sont un exemple de ce que peuvent
tre les catalogues de demain, qui trouveront tout leur sens quand ils donneront
accs aux documents numriss.


8.3. Catalogues collectifs mondiaux


Internet, rseau mondial, rend possible la gestion de catalogues  l'chelle
internationale. C'est ce que font deux associations bases aux Etats-Unis, le
OCLC Online Computer Library Center et le Research Library Information Network
(RLIN), qui grent des "rservoirs" de notices aliments par les bibliothques
adhrentes, ce qui permet aux bibliothcaires d'unir leurs forces par-del les
frontires.

Le OCLC Online Computer Library Center est une association  but non lucratif
proposant  ses membres - le plus souvent des bibliothques et centres de
documentation - toute une gamme de services avec deux objectifs: favoriser
l'accs  l'information  l'chelon international et rduire les cots
correspondants.

Mais, dans l'esprit de nombreux bibliothcaires et documentalistes, le sigle
OCLC est d'abord synonyme de catalogue. Depuis 1971, OCLC gre le OCLC Online
Union Catalog, qui est devenu le plus grand catalogue collectif mondial avec ses
38 millions de notices en 370 langues (avec translitration pour les caractres
non-romains) et ses 25.000 bibliothques adhrentes. L'accroissement annuel est
de 2 millions de notices. Les huit formats bibliographiques utiliss
correspondent aux types de documents suivants: livres, priodiques, documents
visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions
et documents informatiques.

Le but du OCLC Online Union Catalog part d'une ide simple propre  tous les
catalogues collectifs: gagner du temps en vitant  de multiples catalogueurs de
cataloguer la mme publication au mme moment. L'ide gniale tait d'utiliser
Internet et d'tendre le catalogue collectif au monde entier. Si le catalogueur
trouve la notice, il la copie pour sa propre base. S'il ne trouve pas la notice,
il la cre, et cette notice est aussitt disponible pour les catalogueurs
suivants. La mme rgle vaut pour les catalogueurs de Paris (France), Tokyo
(Japon) ou Canberra (Australie).

Contrairement  RLIN qui, lui, propose plusieurs notices pour le mme document
dans la mesure o celui-ci a t catalogu par diffrentes bibliothques, OCLC
enregistre seulement la premire notice et demande instamment  ses adhrents de
ne pas crer de double. Ceux-ci sont tenus d'utiliser la notice existante quand
un document a dj t catalogu, et ils ne crent une notice sur le rseau
qu'aprs avoir vrifi l'absence d'une notice pour le document en question. Les
notices sont cres en format USMARC (US machine readable catalog) selon les
normes de catalogage AACR2 (Anglo-American cataloguing rules, version 2). Les
notices de base disponibles sur le rseau ne peuvent tre modifies que par les
bibliothques habilites  le faire parce qu'elles disposent d'une quipe de
catalogueurs trs expriments.

OCLC vit le jour en 1967. En 1967, les prsidents des collges et universits de
l'Ohio fondrent le Ohio College Library Center (OCLC) afin de dvelopper un
systme informatis permettant aux bibliothques des institutions universitaires
du mme Etat de partager leurs ressources et de rduire ainsi leurs cots de
fonctionnement. Les premiers bureaux d'OCLC furent installs dans la
bibliothque centrale de la Ohio State University (OSU), et le OSU Research
Center hbergea la premire salle informatique d'OCLC. C'est  partir de cette
implantation dans le monde universitaire que Frederick G. Kilgour, le premier
prsident d'OCLC, fit passer OCLC d'un systme informatique rgional 
destination de 54 tablissements universitaires appartenant au mme Etat  un
rseau informatique couvrant le monde entier. En 1981, tout en gardant le mme
sigle, le Ohio College Library Center devint le OCLC Online Computer Library
Center.

Une forte proportion des 25.000 bibliothques participantes est situe en
Amrique du Nord. Ces bibliothques appartiennent  des rseaux rgionaux
regroupant chacun plusieurs tats pour les Etats-Unis ou plusieurs provinces
pour le Canada. OCLC vise maintenant  dvelopper le nombre de ses adhrents
dans d'autres pays et continents. Les bibliothques adhrentes recoivent les
services d'OCLC grce  OCLC Asie et Pacifique, OCLC Europe, OCLC Amrique
Latine et Carabes, ou bien par le biais de distributeurs internationaux.

Outre la gestion du OCLC Online Union Catalog, OCLC propose des services tels
que le catalogage, la gestion des acquisitions, le contrle d'autorits, l'envoi
de documents suite  une demande de prt interbibliothques, la rfrence en
ligne, la recherche spcialise dans les nouvelles technologies, le microfilmage
et la scannrisation des documents. OCLC dispose aussi d'une maison d'dition,
Forest Press, et d'une filire commerciale, Information Dimensions. Forest Press
publie notamment la Dewey Decimal Classification, classification utilise dans
les bibliothques publiques pour le classement des documents. Information
Dimensions fournit des logiciels de gestion documentaire et ditoriale et des
logiciels d'archivage lectronique.

OCLC dispose galement d'un service appel NetFirst, qui rpertorie, classe,
catalogue et indexe les ressources disponibles sur Internet (articles complets,
journaux lectroniques, lettres d'information, sites gopher et catalogues de
bibliothques) et donne un rsum pour chacune d'elles. Les URL (uniform
resource locators) des sites, les adresses lectroniques et les forums de
discussions sont formats en liens hypertextes.

A la fois complmentaire et diffrent du catalogue d'OCLC, le gigantesque
catalogue du Research Libraries Information Network (RLIN) comprend 82 millions
de notices. Il est gr par le Research Libraries Group (RLG), une association 
but non lucratif qui rassemble les organismes souhaitant amliorer l'accs 
l'information dans les domaines de l'enseignement et de la recherche.

Des centaines de bibliothques de recherche, dpts d'archives, muses,
bibliothques universitaires, bibliothques publiques, bibliothques de droit,
bibliothques techniques et bibliothques d'entreprise utilisent RLIN pour le
catalogage, le prt interbibliothques et le contrle des archives et des
manuscrits. Catalogue collectif en ligne regroupant les notices de tous les
organismes adhrents, RLIN est  la fois un systme de recherche documentaire et
une base de donnes internationale d'information bibliographique. 365 langues y
sont reprsentes, et les notices sont galement disponibles dans les alphabets
des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coren, persan, hbreu et
yiddish) et du cyrillique.

RLIN inclut aussi l'English Short Title Catalogue (ESTC) et des fichiers
d'autorits.

L'English Short Title Catalogue (ESTC) donne les descriptifs des publications
anglaises ou de langue anglaise publies entre 1473 et 1800. Ce catalogue
"contient les notices de tous types de documents publis en Grande-Bretagne ou
dans ses colonies ou publis en langue anglaise n'importe o dans le monde, et
qui vont des oeuvres de Shakespeare et de La Bible du roi Jacques aux ballades
et crits anonymes". Prcdemment appele Eighteenth-Century Short Title
Catalogue, la base, qui s'est fortement accrue en 1994 avec l'ajout de 75.000
notices de documents publis avant 1701, a t rebaptise English Short Title
Catalogue. Ce catalogue d'environ 500.000 notices s'enrichit tous les jours de
nouvelles notices provenant principalement de l'ESTC/Amrique du Nord et de la
British Library.

Les fichiers d'autorits de RLIN comprennent le thsaurus d'art et
d'architecture, le fichier d'autorits des auteurs personnels et collectifs de
la Library of Congress et le fichier d'autorits des sujets, constitu des
mots-cls et des renvois tablis par la Library of Congress.

RLIN est notamment trs pris dans le domaine de l'histoire de l'art. Il
rassemble les 65 bibliothques amricaines spcialises dans les mmes domaines,
y compris des bibliothques de muses. Le rseau compte 100.000 notices de
catalogues d'expositions et 168.500 enregistrements de documents tels que
photographies, diapositives, dessins, estampes ou affiches. Il inclut aussi les
110.000 notices de la base bibliographique Scipio, consacre aux catalogues de
ventes. Reli  d'autres bases de donnes, il permet par exemple de consulter la
liste des thses amricaines.


8.4. L'avenir des catalogues en ligne


L'avenir des catalogues en rseau tient  l'harmonisation du format MARC
(machine readable catalogue), qui est la norme utilise pour le stockage et
l'change de notices bibliographiques. Le terme "catalogue" prte ici 
confusion puisque le format MARC n'est ni un type de catalogue, ni une mthode
de catalogage, mais seulement un ensemble de codes correspondant  chaque partie
de la notice bibliographique pour permettre son traitement informatique.

Une vingtaine de versions MARC a vu le jour depuis le dbut des annes
soixante-dix: INTERMARC en France, UKMARC au Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis,
CAN/MARC au Canada, etc., correspondant chacune aux pratiques nationales de
catalogage. Toutes ces versions posent de nombreux problmes pour les changes
de donnes, si bien qu'on a cr UNIMARC pour disposer d'un format intermdiaire
international. Les notices dans le format MARC d'origine sont d'abord converties
en UNIMARC avant d'tre converties  nouveau dans le format MARC de destination.

Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of
Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothque nationale du Canada (qui
utilise CAN/MARC) sont en train d'harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un
programme de trois ans a t instaur en dcembre 1995 pour mettre au point un
format MARC commun aux trois bibliothques.

Paralllement, dans le contexte du Programme des bibliothques lanc par l'Union
europenne, l'accent a t mis en 1996 sur l'utilisation du format UNIMARC comme
format commun d'change entre tous les formats MARC utiliss par les
bibliothques europennes. Le groupe de travail constitu a tudi aussi les
problmes poss par les diffrentes polices de caractres, ainsi que la relation
entre le format bibliographique et le format du document quand celui-ci sera
disponible en ligne.

Certains prconisent l'utilisation de SGML (standard generalized markup
language) comme format commun aux notices bibliographiques et aux documents
hypertextuels et multimdias correspondants.

Comme la plupart des diteurs stockent dj des documents en format SGML, on
songe  faire converger MARC et SGML. La Library of Congress a ralis la DTD
(definition of type of document, qui en dfinit la structure logique) pour le
format USMARC, parce qu'elle sera sans doute de plus en plus amene  vendre des
donnes  la fois en SGML et en USMARC. Une DTD pour le format UNIMARC est
galement dveloppe dans le cadre d'un projet de l'Union europenne. Dans son
mmoire L'accs aux catalogues des bibliothques par Internet, Thierry Samain
mentionne l'adoption du format SGML par certaines bibliothques pour encoder
leurs donnes bibliographiques. Dans le catalogue collectif belge par exemple,
l'utilisation de SGML permet d'ajouter des lments descriptifs issus du format
MARC et d'autres types de formats. Elle permet aussi de faciliter la production
du CD-ROM annuel.

Dans Digital Literacy (New York, Wiley, 1997), Paul Gilster se demande si les
moteurs de recherche d'Internet seront les catalogues de demain, ce qui n'est
gure possible  l'heure actuelle: contrairement au systme commun d'indexation
propre aux bibliothques amricaines, chaque engin de recherche a sa propre
mthode d'indexation, et l'usager doit se familiariser avec elle afin d'en tirer
le meilleur parti.

Ceci dit, les remarques que fait Paul Gilster sur les engins de recherche
d'Internet sont applicables aussi aux catalogues des bibliothques vus 
l'chelon mondial. Pour indexer leurs documents, un certain nombre de
bibliothques tentent d'harmoniser leurs mots-matire en utilisant par exemple
ceux de la Library of Congress dans le monde anglophone ou ceux de RAMEAU
(rpertoire d'autorits matires encyclopdique et alphabtique unifi) ou de la
Bibliothque nationale du Canada dans le monde francophone. Malgr ces
tentatives d'harmonisation, on ne compte pas le nombre de thsaurus utiliss de
par le monde. Le meilleur test est une recherche par sujets dans le OCLC Union
Library Catalog pour tre persuad du fait que l'absence d'un thsaurus
universel est vraiment problmatique.

Les bibliothques auraient un gigantesque effort  fournir pour harmoniser leurs
thsaurus ou leurs listes de mots-matire. En Europe, un thsaurus multilingue
serait galement indispensable, puisque chacun indexe en gnral ses
publications dans sa propre langue. Le travail est titanesque. Puisque les
bibliothques et Internet sont destins  collaborer troitement, pourquoi ne
pas envisager une liste multilingue commune  partir des meilleurs outils
existant dans les deux domaines?

Un autre problme est celui de l'harmonisation des logiciels. En Europe, l'Union
europenne a lanc le projet OPAC Network in Europe (ONE), pour un meilleur
accs des OPAC (online public access catalogues) et des catalogues nationaux des
bibliothques europennes.

Ralis entre janvier et dcembre 1997, ONE a rassembl 15 organismes dans 8
pays europens. Son objectif tait de produire un logiciel permettant
l'interaction entre les logiciels existants, de faon  n'avoir qu'un seul point
d'accs par lequel les usagers d'un pays donn puissent se connecter aux
catalogues des bibliothques d'autres pays. Le but tait  la fois d'encourager
l'interconnexion entre les bibliothques europennes pour une plus grande
coopration et de rsoudre les problmes lis aux divers formats de notices et
aux diffrentes polices de caractres. Le projet tait galement bas sur
l'utilisation de protocoles internationaux comme la norme Z39.50.

Comme c'est eux qui,  terme, permettront l'accs au documents, les catalogues
informatiques doivent tre aussi parfaits que possible. On peut mme rver  des
catalogues communs aux bibliothques, aux librairies et aux diteurs. Du fait de
la rigueur et du professionnalisme qu'il implique, le catalogage est devenu un
mtier  part entire. La notice minimale: auteur, titre, diteur fait
maintenant place  une notice plus complexe rgie par des normes internationales
permettant un meilleur change de donnes. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si
la rputation d'une bibliothque s'appuie en partie sur la qualit de son
catalogue. Il est sa colonne vertbrale, et le sera de plus en plus avec le
dveloppement des cyberbibliothques.


9. PERSPECTIVES


[Dans ce chapitre:]

[9.1. Proprit intellectuelle / 9.2. Droit du cyberespace / 9.3. Document
imprim et/ou lectronique / 9.4. Numrisation et convergence multimdia / 9.5.
La socit de l'information]

Plutt qu'une conclusion, difficile  envisager pour un sujet aussi neuf, on
parlera plutt de perspectives puisque, comme on l'a vu dans les chapitres
prcdents, Internet ouvre de nombreuses perspectives - avec son lot de
problmes  rsoudre - dans tous les secteurs de l'imprim.

Tout auteur a dsormais la possibilit de faire connatre ses oeuvres en crant
un site web, sans attendre de trouver un diteur pour tre publi, et il peut
facilement changer avec ses lecteurs grce au courrier lectronique.

Les cyberlibraires ont non seulement la possibilit de vendre les livres publis
dans leur propre pays, mais aussi celle de vendre des livres trangers ou bien
de vendre  l'tranger des livres publis dans leur propre pays. Il leur faut
encore convaincre les associations d'diteurs ou de libraires dits
"traditionnels" pour faire disparatre les frontires dans la vente de livres.
Les lecteurs ont  leur disposition des extraits ou parfois mme le texte
intgral des nouveauts, qu'ils peuvent "feuilleter" tout  loisir  domicile.
Plusieurs cyberlibrairies offrent aussi un vritable magazine littraire avec un
contenu ditorial chaque jour diffrent.

Les gestionnaires de catalogues peuvent enfin voir se concrtiser la possibilit
de donner accs au texte du document  partir de sa notice bibliographique. Ceci
est dj vrai pour quelques milliers d'oeuvres appartenant au domaine public et,
les cyberbibliothques continuant de se dvelopper rapidement, le mouvement ira
en s'amplifiant. On tudie aussi la possibilit d'accder au texte intgral de
documents dits commerciaux moyennant une taxe correspondant au droit d'auteur,
sans avoir recours  des prestataires aux tarifs souvent prohibitifs.

Les bibliothques ont un nouvel outil de travail pour faire connatre leurs
collections et dvelopper des projets permettant de tisser davantage de liens
avec leurs usagers rels et potentiels. Grce  Internet, elles disposent aussi
de la plus grande encyclopdie qui soit pour leur personnel et leurs lecteurs.

De nombreux journaux et magazines sont maintenant en ligne, avec des extraits ou
l'intgrale de leur dernier numro, ainsi que des dossiers sur les sujets
d'actualit et les archives des numros prcdents. On assiste aux balbutiements
d'une presse en ligne qui se voudrait diffrente de la presse papier. Quant aux
priodiques spcialiss, rejoints par les diteurs d'ouvrages universitaires et
de recherche, ils songent  Internet comme une solution possible pour sortir de
la crise ditoriale.

En plus de l'encyclopdie bouillonnante et multilingue que constitue Internet,
tous les professionnels du livre ont dsormais la possibilit d'un change accru
avec autant de correspondants qu'ils le souhaitent grce au courrier
lectronique et aux forums de discussion.

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Christiane Jadelot, ingnieur
d'tudes  l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue franaise),
racontait ses premiers pas sur Internet:

"J'ai commenc  utiliser vraiment l'Internet en 1994, je crois, avec un
logiciel qui s'appelait Mosaic. J'ai alors dcouvert un outil prcieux pour
progresser dans ses connaissances en informatique et linguistique,
littrature... Tous les domaines sont couverts. Il y a le pire et le meilleur,
mais en consommateur averti, il faut faire le tri de ce que l'on trouve. J'ai
surtout apprci les logiciels de courrier, de transfert de fichiers, de
connexion  distance. J'avais  cette poque des problmes avec un logiciel qui
s'appelait Paradox et des polices de caractres inadaptes  ce que je voulais
faire. J'ai tent ma chance et pos la question dans un groupe de News
appropri. J'ai reu des rponses du monde entier, comme si chacun tait
soucieux de trouver une solution  mon problme! Je n'tais pas habitue  ce
type de solidarit! Les habitudes en France sont plutt de travailler avec des
cloisons tanches!"

Pour une fois, un nouvel outil (relativement) conomique abolit  la fois les
frontires et les distances puisque, que le cybernaute soit connect  Paris, 
Cuba ou  Hong-Kong, le tarif de connexion est celui d'une communication
tlphonique locale. Nombreux sont les professionnels qui assistent ou
participent  la cration d'une toile artistique, scientifique ou littraire
francophone et multilingue abolissant les barrires de la distance et du temps.

Le bouleversement du monde de l'imprim par Internet entrane des perspectives
nouvelles pour la proprit intellectuelle, le droit du cyberespace et l'dition
lectronique. La convergence multimdia entrane elle aussi des changements
majeurs dans les mtiers du livre. Que nous rserve la socit de l'information
dont nous vivons les premires annes?


9.1. Proprit intellectuelle


Qu'est-ce qu'un texte du domaine public? L'Association des bibliophiles
universels (ABU), qui propose une cyberbibliothque d'oeuvres du domaine public
francophone, rpond  cette question sur son site web: en France, un texte tombe
dans le domaine public cinquante ans aprs la mort de son auteur. Les annes de
guerre (1914-1919 et 1938-1948) comptent double. Quand un texte appartient au
domaine public, il peut tre diffus et reproduit, mais non mutil ou dform
puisque le droit moral de l'auteur (paternit et respect de l'oeuvre) est
intemporel. Mme si une oeuvre est du domaine public, une dition donne de
cette oeuvre n'est pas pour autant libre de reproduction si elle est rcente. La
traduction, l'appareil critique (notes, prface, etc.) et l'appareil ditorial
(tables, index, pagination) sont soumis au droit d'auteur.

Les sites web sont galement soumis au droit d'auteur. Sur le site consacr  sa
bibliothque lectronique Gallica, inaugure en 1997, la Bibliothque nationale
de France donne les prcisions suivantes:

"En application de la loi franaise 92-597 du 1er juillet 1992, portant code de
la proprit intellectuelle, la Bibliothque nationale de France est titulaire
des droits d'auteur sur le site dnomm 'Gallica' et la base de donnes ainsi
constitue. Toute reprsentation ou reproduction intgrale ou partielle faite
sans le consentement de la Bibliothque nationale de France est illicite, et
constitue une contrefaon sanctionne pnalement."

Le texte de la loi 92-597 du 1er juillet 1992, qui rgit le droit d'auteur
franais, prcise notamment que "l'auteur jouit sa vie durant du droit exclusif
d'exploiter son oeuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit
pcuniaire. Au dcs de l'auteur, ce droit persiste au bnfice de ses ayants
droit, pendant l'anne civile en cours et les cinquante annes qui suivent."

Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg, grande cyberbibliothque
anglophone, explique aux volontaires fournissant des textes quelles sont les
rgles  suivre pour dterminer si un document appartient au domaine public et
s'il peut donc faire partie des collections de la bibliothque.

Aux Etats-Unis, une oeuvre publie avant 1978 est sujette au droit d'auteur
pendant soixante-quinze ans aprs la date de publication. Aprs 1978, elle est
sujette au droit d'auteur cinquante ans aprs la date du dcs de l'auteur s'il
s'agit d'un auteur personnel et soixante-quinze ans aprs la date de publication
s'il s'agit d'un auteur collectif. Au Royaume-Uni, l'oeuvre est sujette au droit
d'auteur pendant cinquante ans aprs le dcs de l'auteur.

L'Organisation mondiale de la proprit intellectuelle (OMPI) est une
organisation intergouvernementale qui fait partie des seize institutions
spcialises du systme des Nations Unies. Elle est charge de promouvoir la
protection de la proprit intellectuelle  travers le monde grce  la
coopration des tats et d'assurer l'administration de divers traits
multilatraux touchant aux aspects juridiques et administratifs de la proprit
intellectuelle.

L'OMPI dfinit la protection du droit d'auteur de la faon suivante:

"La protection du droit d'auteur signifie en gnral que certaines utilisations
de l'oeuvre ne sont licites que si elles sont autorises par le titulaire du
droit d'auteur. Les plus typiques sont: le droit de copier ou de reproduire
n'importe quel genre d'oeuvre; le droit de diffuser des exemplaires dans le
public; le droit de louer des exemplaires, du moins pour certaines catgories
d'oeuvres (telles que les programmes d'ordinateur et les oeuvres
audiovisuelles); le droit de faire des enregistrements sonores de
reprsentations ou d'excutions d'oeuvres littraires ou musicales; le droit de
reprsenter ou d'excuter en public, spcialement des oeuvres musicales,
dramatiques ou audiovisuelles; le droit de communiquer au public, par cble ou
autrement, les reprsentations ou excutions de ces oeuvres et, en particulier,
de transmettre par radio, tlvision ou par d'autres moyens sans fil toutes
sortes d'oeuvres; le droit de traduire des oeuvres littraires; le droit de
louer, notamment, des oeuvres audiovisuelles, des oeuvres matrialises dans des
phonogrammes et des programmes d'ordinateur; le droit d'adapter toutes sortes
d'oeuvres et en particulier le droit d'en faire des oeuvres audiovisuelles."

En rsum, la rgle gnrale est un dlai de protection qui commence  la
cration de l'oeuvre et qui expire cinquante ans (parfois soixante-dix ou
soixante-quinze ans en fonction des pays) aprs la mort de l'auteur. Dans
certains pays, on observe des exceptions, soit pour certaines catgories
d'oeuvres (par exemple les photographies et les oeuvres audiovisuelles), soit
pour certains usages (par exemple la traduction).

Le site de l'International Trade Law (ITL) permet l'accs  l'ensemble des
textes et documents du Web ayant trait  la proprit intellectuelle, ainsi que
ceux concernant particulirement l'Union europenne.

L'arrive en force des textes lectroniques a rendu le problme du droit
d'auteur encore plus complexe qu'il n'tait. De par le monde, nombre d'auteurs,
d'diteurs, de journalistes, etc., tudient fbrilement comment venir  bout de
la complexit du problme. Trs attendue, la rsolution de ce problme permettra
une interaction encore plus grande entre le monde de l'imprim et celui
d'Internet en permettant la communication  grande chelle de livres et revues
dans leur version lectronique intgrale, et en rduisant paralllement le
nombre de documents sur support papier.

La communication de textes intgraux a dj t amorce dans nombre de
cyberbibliothques, sites d'diteurs, sites de presse, sites de littrature,
etc. Pour le moment, les cyberbibliothques et les sites littraires offrent le
plus souvent les textes intgraux d'oeuvres tombes dans le domaine public,
puisqu'ils se heurtent  la barrire infranchissable du paiement du droit
d'auteur. Certains diteurs comme la National Academy Press (NAP) offrent le
texte intgral de certaines publications avec l'accord de leurs auteurs. Par
contre, les journalistes voient souvent leurs articles rutiliss sans en en
avoir donn l'autorisation.

Il est vident que le piratage de l'information est beaucoup plus facile sur
Internet que par les moyens traditionnels. Dans le cas d'un article par exemple,
les moyens traditionnels exigeaient qu'on photocopie l'article puis qu'on le
tlcopie ou qu'on l'envoie par courrier au destinataire. Il fallait donc
absolument disposer d'une photocopieuse et d'un tlcopieur ou bien, dans le cas
d'un particulier, aller faire des photocopies  la poste ou au supermarch du
quartier, trouver une enveloppe et un timbre, puis faire le trajet jusqu' la
bote aux lettres (solution moins onreuse en ce qui concerne l'quipement en
machines, mais on n'imagine pas le nombre de documents dont l'envoi promis a t
remis jour aprs jour pour tre finalement oubli). Dsormais, ceux qui sont
connects  Internet n'ont besoin que de quelques clics de souris pour
localiser, reproduire et envoyer un document quel qu'il soit.

Par ailleurs, la preuve tangible de la proprit intellectuelle n'est plus du
tout aussi vidente. Jusqu' une poque rcente, la page dactylographie ou
imprime constituait la preuve physique de l'information protge par le droit
d'auteur. Depuis quelques annes, cette scurit lgale s'est effondre, ce qui
ajoute encore  la complexit du dbat de fond sur le contrle des droits
lectroniques. Le dbat est rendu plus difficile encore par le fait que chaque
document peut tre accompagn de liens hypertextes le reliant par exemple 
d'autres documents du mme auteur ou  des documents rdigs par d'autres
auteurs sur le mme thme. Pire encore, chaque site dispose de liens hypertextes
avec des dizaines ou des centaines d'autres sites qui eux aussi autorisent
l'accs aux dits documents au moyen de quelques clics de souris. Une chane sans
fin qui, si elle est une manne d'informations pour le cybernaute, reprsente un
vrai casse-tte pour les auteurs, les diteurs et les instances charges de
faire respecter le droit d'auteur.

Le droit d'auteur est  la fois un problme crucial et une des cls de l'dition
lectronique. En dcembre 1996,  Genve, une confrence mondiale a runi des
experts de 160 pays sous l'gide de l'Organisation mondiale de la proprit
intellectuelle (OMPI). Les dbats ont abouti au vote de plusieurs textes,
notamment l'adaptation de la Convention de Berne de 1889 sur les droits
littraires et artistiques, convention dont le dernier amendement datait de
1971. La convention prvoit maintenant la protection des "transmissions et
distributions numrises". Le stockage d'une oeuvre sous forme numrique
constitue une reproduction. En cas de diffusion sur Internet, l'metteur est
tenu au respect du droit d'auteur.

Par contre, les dlgus n'ont pu se mettre d'accord sur l'extention du droit
d'auteur aux copies lectroniques temporaires stockes dans la mmoire vive de
l'ordinateur quand l'utilisateur consulte une page web. Alors que l'OMPI aurait
souhait que ces reproductions relvent aussi du droit d'auteur, les
fournisseurs d'accs - qui transmettent plus de 500 millions de messages par
jour - ont menac de paralyser le rseau si une telle mesure tait adopte. Ils
considraient qu'ils ne pouvaient tre tenus pour responsables de la protection
d'un contenu original qu'ils n'avaient aucun moyen de vrifier.

Au niveau europen, les auteurs de Cyberplante: notre vie en temps virtuel
(Paris, Editions Autrement, 1998) mentionnaient la publication en 1996 par la
Commission europenne d'un Livre Vert sur le droit d'auteur et les droits
voisins dans la socit de l'information. Ces droits recouvrent les oeuvres
imprimes, les films, les oeuvres d'art graphiques et plastiques, les produits
lectroniques comme les programmes d'ordinateur, les missions transmises par
cble ou satellite, les disques, les reprsentations thtrales et musicales,
les expositions et ventes aux enchres de revues d'art, les oeuvres
lectroniques, les services  la demande et les prestations lectroniques 
distance, toutes ces activits reprsentant 5  7% du produit national brut des
quinze pays membres. "Constatant d'importantes disparits' de protection entre
les lgislations nationales, les auteurs du Livre Vert sont favorables  une
harmonisation  l'chelon europen, mme si la mise en oeuvre des dispositions
relve des Etats. Pour en arriver l, il faudra adapter le cadre juridique de
certains d'entre eux." La Commission prcise aussi que "ces mesures ne doivent
pas entraner de modifications radicales du cadre rglementaire existant. C'est
l'environnement dans lequel les oeuvres seront cres ou protges qui doit
changer."

Lors du Colloque sur la convergence multimdia organis en janvier 1997 
Genve, Bernie Lunzer, secrtaire trsorier de la Newspaper Guild (Etats-Unis),
insistait sur les batailles juridiques faisant rage pour dfendre la proprit
intellectuelle, notamment  l'encontre des directeurs de publications qui font
tout pour avoir le contrle et la proprit de celles-ci. Les contrats des
crivains indpendants sont particulirement choquants puisqu'ils doivent cder
tous leurs droits au directeur de la publication moyennant une contrepartie
financire ridicule. Heinz-Uwe Rbenach, du Bundesverband Deutscher
Zeitungsverleger (Association allemande de directeurs de journaux), insistait
lui aussi sur la ncessit pour les entreprises de presse de grer et contrler
financirement l'utilisation des articles de leurs journalistes, afin d'avoir
les fonds ncessaires pour continuer d'investir dans ce type de technologie.

En France, le Syndicat national des journalistes (SNJ) lutte pour que les
journalistes aient leur juste part des profits apports par les nouveaux mdias
lectroniques. En mars 1998, le SNJ entamait sa troisime poursuite contre un
employeur de la presse crite pour l'obliger  rtribuer les journalistes dont
les articles sont repris sur le Web. Aprs avoir poursuivi les Dernires
nouvelles d'Alsace puis le Groupe Havas, le SNJ s'attaquait au Figaro pour
"contrefaon et exploitation ligitieuse" des articles de la rdaction mis en
ligne sur Internet. Le cyberquotidien Multimdium expliquait:

La poursuite s'appuie sur l'article 9 de la convention collective qui stipule
que "si un journaliste est appel par son employeur  collaborer  un autre
titre que celui ou ceux auxquels il est attach, ou  excuter son contrat de
travail selon un mode d'expression diffrent, cette modification doit faire
l'objet d'un accord dans les conditions prvues  l'article 20, c'est  dire qu'
'un change de lettres sera ncessaire chaque fois qu'interviendra une
modification du contrat de travail'. L'employeur ayant dcid de mettre en ligne
les articles sans l'accord des journalistes, et ceux-ci estimant que la
publication en ligne n'est pas la mme que l'imprime  laquelle ils sont lis,
le syndicat estime que la convention collective n'est pas respecte."

Dans Digital Literacy (New York, Wiley, 1997), Paul Gilster prcisait que, suite
 l'extension du droit d'auteur  des supports autres que textuels, ceux-ci sont
maintenant aprhends au niveau international par l' Universal Copyright
Convention (UCC). Adopte par 70 pays, cette convention protge le droit
d'auteur aussi bien pour les oeuvres d'un pays concern que pour les oeuvres
trangres  ce pays. Paralllement, des organismes travaillent  des projets de
protection du droit d'auteur pour les documents lectroniques. Cette protection
exige un logiciel tablissant une connexion entre les tenants de la proprit
intellectuelle et les usagers, afin de permettre de localiser et de conserver la
trace de tout affichage ou copie d'un texte donn, en exploitant par exemple le
pouvoir des engins de recherche pour localiser l'information dans un contexte
universel. Le logiciel dterminerait une taxe qui sera divise entre l'auteur,
l'diteur et le service de protection. Paul Gilster donne l'exemple du systme
de Digimarc Corporation: un code transparent est attribu  une image numrique,
un document audio ou un document vido, et l'utilisation du document entrane
l'activation de ce code transparent pour le calcul et le paiement du droit
d'auteur.

La solution propose par Paul Gilster serait une taxe par page ou par unit
d'information. Le paiement bas sur le principe de l'abonnement tel que le
pratiquent par exemple les grands fournisseurs de documents tels que Dialog,
LEXIS-NEXIS ou UnCover serait remplac par ce que Paul Gilster appelle le
systme de la microtransaction. Situs dans de multiples bibliothques ou
librairies numriques, les documents, qu'ils soient commerciaux ou diffuss
gratuitement par les gouvernements, les organismes ou les individus, seront tous
accessibles sans abonnement. Dans le cas de documents commerciaux, soumis donc
au droit d'auteur, le fait de cliquer sur l'un d'eux gnrera un systme de
paiement qui taxera l'usager uniquement pour les pages qu'il lira, et ainsi de
suite pour tout document du mme type. La carte de crdit de l'usager sera
automatiquement dbite de la somme correspondante. Cette somme devant le plus
souvent tre distribue entre diffrents partenaires,  commencer par l'auteur
et l'diteur, elle sera donc divise en microtransactions permettant de
favoriser cette distribution.

Dans le mme ordre d'ides, une quipe travaille  la mise en place du DOI
System (DOI: digital object identifier). L'origine du DOI System est la
suivante: Internet reprsentant un nouvel environnement pour l'industrie du
livre, il est ncessaire de dvelopper des technologies adaptes protgeant  la
fois le consommateur et l'diteur. Des systmes devront authentifier le contenu
afin de certifier que l'information fournie au consommateur est bien
l'information demande. Paralllement, ils assureront le calcul et le paiement
du droit d'auteur.

En tudiant l'utilit de tels systmes, les diteurs d'ouvrages et de
priodiques diffuss  l'chelon international ont ralis qu'un premier pas
dans ce domaine serait le dveloppement d'un nouveau systme d'identification
qui serait utilis pour tout contenu numrique. Le DOI System procurerait non
seulement une identification unique pour ce contenu, mais aussi un lien entre
les utilisateurs et les tenants des droits du dit contenu, ceci afin de
faciliter le commerce numrique informatis.

Dvelopp et test en 1996, le DOI System a d'abord t utilis par une dizaine
d'diteurs amricains et europens (Academic Press, Authors' Licensing and
Collecting Society, Copyright Clearance Center, Elsevier, Houghton Mifflin
Company, International Publishers Association (IPA), John Wiley & Sons,
Shepard's, Springer-Verlag) dans le cadre d'un programme pilote mis en place
entre juillet et octobre 1997. Lors la Foire du livre de Francfort (Allemagne)
d'octobre 1997, la participation  la deuxime phase du programme a t tendue
 tous les diteurs qui souhaitaient y participer.

Une fois que le DOI System aura dpass le stade exprimental, sa gestion sera
assure par un organisme international  but non lucratif baptis DOI Foundation
et bas aux Etats-Unis et en Suisse. La fondation accordera les licences aux
gestionnaires du systme et  ses fournisseurs en technologie, elle dterminera
la politique  adopter pour le dveloppement du systme, et elle encouragera le
dveloppement des technologies ncessaires  la cration d'une infrastructure
pour l'dition lectronique, comme par exemple le dveloppement des systmes de
gestion du droit d'auteur.

Dans un article de l'AJR NewsLink (AJR: American Journalism Review) consacr 
la proprit intellectuelle sur le Web, Penny Pagano, journaliste indpendante,
tentait aussi de cerner les problmes lgaux auxquels se heurtent  la fois les
journalistes, les crivains et les diteurs sur les droits affectant les
documents lectroniques qu'ils produisent ou distribuent.

Elle relatait la cration par la National Writers Union (Etats-Unis) d'une
nouvelle agence dnomme la Publications Rights Clearinghouse (PRC). Inspire du
fonctionnement de l'ASCAP (American Society of Composers, Authors, and
Publishers), qui gre les droits de l'industrie musicale, la PRC recense les
transactions individuelles et paie des royalties aux auteurs dont les articles
sont rutiliss. Ces royalties correspondent au droit d'auteur "secondaire".
Pour 20 dollars (120 FF environ), les auteurs indpendants qui le souhaitent
peuvent s'inscrire  la PRC, et leurs articles sont alors inclus dans leur
fichier. Plusieurs socits se sont galement inscrites, notamment UnCover, le
grand fournisseur mondial d'articles de journaux et magazines.


9.2. Droit du cyberespace


Cres pendant l't 1992 par Paul Southworth et hberges par l'Information
Technology Division de l'Universit du Michigan, les ETEXT Archives rassemblent
des textes lectroniques de toutes sortes: textes politiques, textes personnels,
textes sacrs, textes profanes, etc. Elles hbergent en outre gratuitement des
priodiques, oeuvres de fiction, oeuvres politiques, potiques, religieuses,
etc.,  la demande d'auteurs ou d'organismes souhaitant les faire connatre. Les
volontaires qui composent l'quipe s'engagent  ne pas juger le contenu de ces
textes, mais refusent les oeuvres  caractre pornographique.

"Vous tes responsable des informations diffuses sur vos pages. En cas de non
respect des lois en vigueur, ces informations sont susceptibles d'engager votre
responsabilit civile et/ou pnale. Notamment, vos pages ne doivent pas tre 
caractre pornographique, raciste, diffamatoire, informait aussi Mygale (qui a
depuis fusionn avec The (virtual) Baguette pour devenir MultiMania) dans sa
charte  destination des particuliers ou des associations  but non lucratif qui
souhaitaient disposer gratuitement d'un compte sur son serveur.

Comme pour la ntiquette, terme utilis pour l'tiquette du Net et qui recouvre
l'ensemble de rgles de savoir-vivre rgissant le rseau, notamment pour le
courrier lectronique et les forums de discussion, ce sont d'abord les
cybernautes qui rgulent le Web. La prolifration de sites pornographiques,
pdophiles ou pro-nazis a amen la cration de logiciels (par exemple Cyber
Patrol, CYBERSitter, Net Nanny, SafeSurf et SurfWatch) pouvant tre paramtrs
par les parents et les ducateurs en fonction de l'ge des enfants et du degr
de contrle souhait.

Une rglementation est galement mise en place pour lutter contre les messages
lectroniques non sollicits, appels spams. En avril 1998, l'Etat de Washington
a propos une loi prvoyant de "condamner toute personne morale ou physique qui
envoie des messages intempestifs en masse en cachant son identit et en trompant
les destinataires par des titres de messages fallacieux", crivait Le Micro
Bulletin Actu du 2 avril 1998. La mise en application de cette loi est
intervenue dbut aot, avec un ddommagement de 500 dollars pour les
destinataires de tels messages et une indemnit de plus de 1.000 dollars pour
les fournisseurs d'accs  Internet. Cette loi est le "premier pas vers un cadre
lgislatif qui pourrait faire cole".

Autre problme, un certain nombre d'organismes et de socits hsitent encore 
mettre Internet en accs libre parce qu'ils craignent que leurs salaris ne se
ruent sur des sites n'ayant rien  voir avec leur activit professionnelle. On
trouve heureusement plus souvent la tendance inverse. Il est vrai que le fait
d'tre connect pour la premire fois provoque souvent une curiosit euphorique
qui a au moins deux mrites: se familiariser trs vite avec le Web et avoir une
premire approche de ses multiples possibilits. Ce n'est pas parce que le
cybernaute dbutant s'initie  Internet en cliquant sur tous les liens
hypertextes qui passent  porte de sa souris qu'il faut lui interdire Internet
 des fins professionnelles. Ce n'est pas non plus parce qu'on jette un coup
d'oeil curieux  Paris-Match en attendant son rendez-vous de dentiste qu'on ne
lit pas aussi Le Nouvel Observateur ou Time Magazine.

Autorit administrative indpendante, la Commission nationale de l'informatique
et des liberts (CNIL) est un organisme public franais charg de veiller 
l'application de la loi relative  l'informatique, aux fichiers et aux liberts,
communment appele loi "informatique et liberts" (loi n 78-17 du 6 janvier
1978), dont l'article premier rappelle que "l'informatique doit tre au service
de chaque citoyen. Son dveloppement doit s'oprer dans le cadre de la
coopration internationale. Elle ne doit porter atteinte ni  l'identit
humaine, ni aux droits de l'homme, ni  la vie prive, ni aux liberts
individuelles et publiques." La CNIL veille notamment  ce que la gestion des
fichiers informatiques tienne compte du respect de la vie prive du citoyen.

Paralllement, la CNIL est en train d'adapter sa mission  Internet, sur lequel
tout cybernaute est facilement reprable. L'annuaire Dejanews, par exemple,
donne la possibilit  un employeur de connatre les forums de discussion
auxquels participe un salari. Utiliss  l'origine pour des raisons
commerciales pour reprer les sites consults par un cybernaute et connatre
ainsi ses centres d'intrt, les outils de filature (adresse IP, applet Java,
cookie ou script CGI) peuvent trs bien tre servir aussi  d'autres fins
mettant en pril la libert individuelle et la vie prive. "Sur Internet, il n'y
a pas d'anonymat, prvient aujourd'hui la CNIL. Ce qui impose  chacun d'tre
vigilant." Le site donne nombre d'indications pratiques et explique par exemple
comment neutraliser ces outils de filature.

Consacre aux annuaires des abonns au tlphone, la dlibration du CNIL du 8
juillet 1997 concerne entre autres les projets de basculement de ces annuaires
sur Internet et l'absence de dispositifs de scurit propres  viter le
tldchargement. Des informations personnelles pourraient ainsi tre
massivement tldcharges depuis un pays non soumis  des rgles de protection
de donnes, afin d'tre cdes, vendues, stockes, traites et exploites sans
garantie ni contrle. Pour contrer tout tldchargement, la directive de
l'Union europenne du 24 octobre 1995 devait tre transpose dans la lgislation
de chacun des tats membres d'ici la fin 1998. Les transferts internationaux de
donnes devaient tre autoriss seulement si le pays destinataire pouvait
assurer une protection adquate conforme aux normes europennes.

En ce qui concerne l'inscription  l'annuaire des abonns au tlphone sur
Internet, la CNIL recommande que la dcision soit prise par les utilisateurs
eux-mmes, comme c'est dj le cas pour l'inscription sur la liste rouge ou la
liste orange. S'inscrit sur la liste rouge toute personne ne souhaitant pas
figurer sur l'annuaire. 5,6 millions d'abonns - soit le quart du nombre des
abonns de France Tlcom - y sont inscrits. L'inscription  cette liste est
payante malgr les recommandations de la CNIL qui prne sa gratuit, comme c'est
le cas dans d'autres pays europens. La liste orange, elle, regroupe l'ensemble
des personnes qui, si elles souhaitent tre dans l'annuaire, s'opposent 
l'utilisation commerciale de leurs coordonnes. Contrairement  la liste rouge,
l'inscription  la liste orange est gratuite. En ce qui concerne la parution des
coordonnes de l'abonn sur Internet, la CNIL prconise que, aprs avoir pris
connaissance des caractristiques du rseau, chaque abonn au tlphone juge
lui-mme s'il souhaite voir ses coordonnes apparatre ou non.

Li  la fois au droit informatique et aux lgislations balbutiantes d'Internet
tentes par certains gouvernements, le droit du cyberespace est en train
d'merger d'un monde en bullition. On tente de redfinir des domaines
traditionnels tels que la proprit intellectuelle ou la censure. On tente aussi
de dfinir de nouveaux domaines, comme la responsabilit ou non des fournisseurs
de services Internet vis--vis de l'information circulant par leur
intermdiaire.

Depuis ses dbuts en septembre 1995, le UCLA Online Institute for Cyberspace Law
and Policy (ICLP) (UCLA: University of California, USA) a les objectifs
suivants: procurer des ressources aux universitaires, praticiens, tudiants et
usagers d'Internet intresss par le droit du cyberespace, aider  trouver des
solutions aux problmes propres au cyberespace, identifier les problmes lgaux
et politiques, favoriser le dveloppement du droit du cyberespace en tant que
discipline propre, procurer un moyen de dissmination des ides nouvelles et
favoriser de nouvelles communauts lectroniques dans ce domaine.

Propose par l'ICLP, Cyberspace Law Bibliography, bibliographie trs complte
sur le droit du cyberespace, renvoie  des documents ayant trait  de nombreux
domaines: cryptographie, problmes de juridiction dans le cyberespace, commerce
lectronique, communauts lectroniques et droit, quit, accs au cyberespace,
libert d'expression, obscnits et pornographie en ligne, proprit
intellectuelle et droit, droit du copyright, droit intellectuel, respect de la
vie prive et scurit.

Disponible en allemand, anglais, espagnol, franais, occitan et portugais, le
Manifeste du Web indpendant insiste sur la ncessit d'un Web respectueux de la
libert individuelle et de la diversit culturelle face  la main-mise
croissante des "dynosaures" politiques et commerciaux.

"Le Web indpendant, ce sont ces milliers de sites offrant quelques millions de
pages faites de passion, d'opinion, d'information, mises en place par des
utilisateurs conscients de leur rle de citoyens. Le Web indpendant, c'est un
lien nouveau entre les individus, une bourse du savoir gratuite, offerte,
ouverte; sans prtention. Face aux sites commerciaux aux messages publicitaires
agressifs, destins  ficher et cibler les utilisateurs, le Web indpendant
propose une vision respectueuse des individus et de leurs liberts, il invite 
la rflexion et au dialogue. Quand les sites d'entreprises se transforment en
magazines d'information et de divertissement, quand les mastodontes de
l'info-spectacle, des tlcommunications, de l'informatique et de l'armement
investissent le rseau, le Web indpendant propose une vision libre du monde,
permet de contourner la censure conomique de l'information, sa confusion avec.
[...] Nous invitons donc les utilisateurs  prendre conscience de leur rle
primordial sur l'Internet: lorsqu'ils montent leur propre site, lorsqu'ils
envoient des commentaires, critiques et encouragements aux webmestres,
lorsqu'ils s'entraident dans les forums et par courrier lectronique, ils
offrent une information libre et gratuite que d'autres voudraient vendre et
contrler. La pdagogie, l'information, la culture et le dbat d'opinion sont le
seul fait des utilisateurs, des webmestres indpendants et des initiatives
universitaires et associatives."

Dans un article de Libration dat du 9 janvier 1998, Esther Dyson, prsidente
d'EDventure Holdings et personnalit du monde informatique, prcisait que, du
point de vue commercial galement, Internet devrait tre rglement moins par un
gouvernement central qui en dfinirait les rgles que par plusieurs organismes
mis en concurrence dans l'intrt du consommateur.

Disponible sur le Web depuis mars 1998, le Manifeste pour un technoralisme fait
le point sur les relations entre cyberespace et socit:

"Plus le cyberespace devient populaire, plus il ressemble  la socit relle
dans toute sa complexit. Chacun des cts positifs ou habilitants de la vie en
ligne est accompagn de dimensions malicieuses, perverses [...]. Contrairement 
ce que certains prtendent, le cyberespace n'est pas un lieu distinct qui serait
rgi par des rgles distinctes de celles de la socit civile. Les gouvernements
doivent respecter les rgles et coutumes nes avec le cyberespace, mais cela ne
veut pas dire pour autant que le public n'a aucun droit sur un citoyen qui
draille ou une entreprise qui commet une fraude. En tant que reprsentant du
peuple et gardien des valeurs dmocratiques, l'tat a le droit et la
responsabilit d'aider  intgrer le cyberespace  la socit civile."


9.3. Document imprim et/ou lectronique


L'interaction entre document imprim et document lectronique est maintenant
omniprsente, et elle s'accentuera encore dans les prochaines annes,  tel
point qu'il deviendra probablement ridicule d'tablir une distinction entre
document lectronique et document imprim. Dj,  l'heure actuelle,
pratiquement tous les documents imprims rcents sont issus d'une version
lectronique sur traitement de texte, tableur ou base de donnes. De plus en
plus de documents n'existent dsormais qu'en version lectronique, et de plus en
plus de documents imprims sont numriss.

Le Chteau, par exemple, propose "la mmoire vive des grands auteurs",  savoir
une centaine d'hyperlivres qui sont les versions lectroniques des
chefs-d'oeuvre de la littrature classique. Ces hyperlivres sont vendus sur
disquettes avec logiciel de recherche comprenant des outils de lecture tels que
recherche de mots, recherches d'analogies, recherche de citations et lecture
hypertextuelle.

Document lectronique? Document numrique? Livre numrique? Livre lectronique?
Un vocabulaire adapt reste  dfinir. Comme l'explique le GIS Sciences de la
cognition (GIS: groupement d'intrt scientifique) dans Le livre lectronique:
rflexion de prospective, rapport de synthse rdig par Jean-Gabriel Ganascia,
le terme "livre lectronique", souvent utilis en franais, est " la fois
restrictif et inopportun". Le terme est restrictif parce que le livre dsigne
"un support particulier de l'crit qui est advenu  un moment donn dans
l'histoire" alors que le document lectronique comporte  la fois de l'crit, de
l'image et du son. Le terme est galement inopportun parce qu'on ne peut gure
juxtaposer au terme "livre" le terme "lectronique", "un nouvel objet immatriel
dfini par un ensemble de procdures d'accs et une structuration logique". De
plus, qu'il s'agisse de sa forme exacte ou de sa fonction exacte, le statut mme
de ce qu'on appelle "livre lectronique" reste encore  dterminer.

Outre sa facilit d'accs et son faible cot, le grand mrite du document
lectronique est que, dans le cas o ce document est rgulirement actualis, le
cybernaute/lecteur dispose toujours en ligne de la version la plus rcente du
document. Point n'est besoin d'attendre une nouvelle dition imprime soumise
aux contraintes commerciales et aux exigences de l'diteur. On pense notamment 
la diffusion en ligne d'ouvrages et de priodiques ducatifs et scientifiques,
dans lesquels l'information la plus rcente est primordiale.

Autre exemple, les universits amricaines diffusent des manuels "sur mesure"
composs d'un choix de chapitres slectionns dans une trs importante base de
donnes, choix complt par des articles et des commentaires de professeurs.
Pour un sminaire, un trs petit tirage peut tre effectu  la demande  partir
de textes scientifiques transmis  un imprimeur par voie lectronique. L'dition
lectronique apparat donc comme une solution  tudier de prs pour les presses
universitaires et les diteurs axs sur la publication d'ouvrages de recherche.

Lors d'une trs intressante confrence donne en septembre 1996 dans le cadre
de l'International Federation of Information Processing (IFIP), Dale Spender
tentait de cerner les changements fondamentaux apports par Internet dans
l'acquisition du savoir et les mthodes d'enseignement. Voici son argumentation
rsume en quelques lignes.

Dans les cinq cents dernires annes, l'enseignement tait principalement bas
sur l'information donne par les livres. Or les habitudes lies  l'imprim ne
peuvent tre transfres au monde numrique. L'enseignement en ligne offre des
possibilits tellement nouvelles qu'il n'est gure possible d'effectuer les
distinctions traditionnelles entre enseignant et enseign. Le passage de la
culture imprime  la culture numrique exige d'entirement repenser le
processus d'enseignement, puisque nous avons maintenant l'opportunit sans
prcdent de pouvoir influer sur le genre d'enseignement que nous souhaitons.

Dans la culture imprime, l'information contenue dans les livres restait la mme
un certain temps, ce qui nous a encourag  penser que l'information tait
stable. La nature mme de l'imprim est lie  la notion de vrit, stable elle
aussi. Cette stabilit et l'ordre qu'elle engendre ont t un des fondements de
l'ge industriel et de la rvolution scientifique. Les notions de vrit, de
lois, d'objectivit et de preuve ont t les lments de rfrence de nos
croyances et de nos cultures. Mais la rvolution numrique change tout ceci.
Soudain l'information en ligne supplante l'information imprime pour devenir la
plus fiable et la plus utile, et l'usager est prt  la payer en consquence.
C'est cette transformation radicale dans la nature de l'information qui doit
tre au coeur du dbat concernant les mthodes d'enseignement.

Dans son courrier lectronique du 7 juillet 1998, Patrick Rebollar, professeur
de lettres et d'informatique  Tokyo (Japon) et auteur notamment de la
Chronologie littraire 1848-1914, analysait l'impact d'Internet sur sa vie
professionnelle:

"Mon travail de recherche est diffrent, mon travail d'enseignant est diffrent,
mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue et de littrature est
totalement lie  l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses mauvais cts (surtout
vers le haut de la hirarchie universitaire, plutt constitue de gens gs et
technologiquement rcalcitrants). J'ai cess de m'intresser  certains
collgues proches gographiquement mais qui n'ont rien de commun avec mes ides,
pour entrer en contact avec des personnes inconnues et rparties dans diffrents
pays (et que je rencontre parfois,  Paris ou  Tokyo, selon les vacances ou les
colloques des uns ou des autres). La diffrence est d'abord un gain de temps,
pour tout, puis un changement de mthode de documentation, puis de mthode
d'enseignement privilgiant l'acquisition des mthodes de recherche par mes
tudiants, au dtriment des contenus (mais cela dpend des cours).
Progressivement, le paradigme rticulaire l'emporte sur le paradigme
hirarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent  mort
d'enseigner a, et de le dire d'une faon aussi crue. Cependant ils sont obligs
de s'y mettre..."

Comment Patrick Rebollar voit-il l'avenir du rseau, et son avenir professionnel
avec Internet?

"Trouble. Entre ceux qui cherchent  gagner de l'argent  tout prix, et ceux qui
en font une banque d'images pornographiques, ceux qui cherchent des amis pour
pallier un manque et ceux qui cherchent du travail. Ceux qui... et ceux qui...
le rseau devient progressivement une projection du monde lui-mme, plus prcise
et exacte chaque jour. Mon avenir professionnel, qui sera de toute faon en
liaison directe avec l'Internet, n'est pas plus clair que mon avenir lui-mme.
J'attends les opportunits professionnelles car l'enseignement universitaire
n'est pas assez dynamique dans ce domaine, et je ne suis pas sr d'y rester -
pourtant j'aime enseigner et j'aime les tudiants."

Autre problme de taille  rsoudre, ces adresses de sites, dnommes URL
(uniform resource locators), qui changent et qui rendent le document
indisponible si le responsable du site et/ou l'auteur du document n'ont pas
pens  tablir un lien de l'ancienne adresse  la nouvelle. Dans son mmoire
L'accs aux catalogues des bibliothques par Internet, Thierry Samain
expliquait:

"Concernant la mobilit des URLs affectes  un document sur le Web, il a t
adopt afin de remdier  ce problme, le terme d'URN (uniform resource name)
qui identifie une ressource ou une unit d'information indpendamment de sa
location, jouant en quelque sorte le mme rle que l'ISBN [international
standard book number] pour les monographies traditionnelles. Les URNs sont, de
manire universelle, uniques, persistantes et accessibles sur le rseau. Une URC
(uniform resource characteristic) a galement t propose pour servir de
connexion entre les URNs et les URLs. Si une URL change, les usagers autoriss
peuvent la modifier  l'intrieur du service URC. Celui-ci inclurait des
capacits de recherche bibliographique et dans le futur, il pourrait tre
possible de se connecter  une varit de serveurs URC en mesure d'assister les
bibliothcaires dans le catalogage et l'archivage d'informations de qualit."

Par ailleurs, les livres lectroniques sont pour bientt. Un petit ordinateur
ayant le format d'un livre permettra de lire plusieurs dizaines de documents
dont les ditions lectroniques pourront tre achetes directement auprs des
diteurs ou des distributeurs. Quatre types de livres lectroniques au moins
seront disponibles dans quelques mois: le Rocket eBook (cr par NuvoMedia en
partenariat avec Barnes & Noble et Bertelsmann), le SoftBook (cr par SoftBook
Press en partenariat avec Random House et Simon & Schuster), l'Everybook (EB)
(cr par Everybook) et le Millennium EBook (cr par Librius.com).


9.4. Numrisation et convergence multimdia


Toutes les informations, qu'elles soient du texte, du son ou des images, peuvent
tre converties en bits et en octets pour traitement informatique. C'est ce
qu'on appelle la numrisation. La numrisation permet de crer, d'enregistrer,
de combiner, de stocker, de rechercher et de transmettre des informations et des
produits fonds sur l'information par des moyens simples et rapides. Des
procds similaires permettent le traitement de l'criture, de la musique et du
cinma alors que, par le pass, ce traitement tait assur par des procds
diffrents sur des supports diffrents (papier pour l'criture, bande magntique
pour la musique, et cellulod pour le cinma). De plus, des secteurs autrefois
distincts comme l'dition (qui produisait des livres) et l'enregistrement sonore
(qui produisait des disques) s'unissent maintenant pour produire des CD-ROM.

La numrisation a galement considrablement acclr le processus matriel de
production. Dans la presse par exemple, le processus de mise en page automatique
a t suivi de la modification des phases de rimpression, devenues un processus
de production intgr et continu bas sur la numrisation. Alors qu'auparavant
le personnel de production devait dactylographier les textes du personnel de
rdaction, les journalistes et les rdacteurs envoient maintenant directement
leurs textes pour mise en page. La numrisation a acclr le processus de
publication des livres. Le rdacteur, le concepteur artistique et le personnel
charg de la mise en page peuvent travailler simultanment sur le mme ouvrage.

Les progrs des techniques de l'informatique et de la communication en gnral,
et de la numrisation en particulier, entranent progressivement l'unification
de tous les secteurs lis  l'information: imprimerie, publication, conception
graphique, presse, enregistrement sonore, ralisation de films, radiodiffusion,
tlcommunications, etc. C'est ce qu'on appelle la convergence multimdia. Reste
 savoir si les technologies de l'information et de la communication crent des
emplois nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien si elles sont source
de chmage, comme l'affirment les syndicats.

Le Colloque sur la convergence multimdia organis en janvier 1997  Genve par
l'Organisation internationale du Travail (OIT) comprenait des contributions
particulirement intressantes  cet gard, et qui sont toujours d'actualit.

Suite  une enqute mene en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe par le
biais de l'Association europenne des directeurs de journaux, Heinz-Uwe
Rbenach, du Bundesverband Deutscher Zeitungsverleger (Association allemande de
directeurs de journaux), assurait que les services en ligne crent de nouveaux
emplois et qu'ils recrutent des journalistes ne provenant pas de services de
presse classiques. Selon cette enqute, aucun poste n'a t supprim dans des
entreprises de presse suite au dveloppement des services en ligne. Phil
O'Reilly, directeur gnral de la Newspaper Publishers Association of NZ (New
Zealand), prcisait que, en Nouvelle-Zlande aussi, le dveloppement des sites
sur Internet a entran quelques crations d'emplois.

Cependant, sauf quelques cas particuliers comme ceux-ci, il est dj dmontr
que la convergence multimdia entrane des suppressions massives d'emplois,
comme tous les changements rcents lis  l'introduction de nouvelles
technologies.

Selon Michel Muller, secrtaire gnral de la Fdration des industries du
livre, du papier et de la communication (France), les industries graphiques
franaises ont perdu 20.000 emplois au cours des dix dernires annes
(1987-1996). Les effectifs ont t ramens de 110.000 personnes  90.000. Les
entreprises ont d mettre sur pied des plans sociaux trs coteux pour favoriser
le reclassement des personnes licencies en crant des emplois souvent
artificiels, alors qu'il aurait t trs prfrable de financer des tudes
fiables sur les crations et suppressions d'emplois quand il en tait encore
temps.

Partout dans le monde, de nombreux postes  faible qualification technique sont
remplacs par des postes exigeant des qualifications techniques leves. Les
personnes peu qualifies sont licencies. D'autres suivent une formation
professionnelle complmentaire, parfois auto-finance et prise sur le temps de
loisir, et cette formation professionnelle ne garantit pas pour autant le
remploi.

Lors du mme colloque, Walter Durling, directeur des AT&T Global Information
Solutions (USA), insistait sur le fait que l'humanit ne devait pas avoir peur
de la technique. Ses arguments taient les suivants: la technique ne changera
pas fondamentalement les relations humaines, et les relations entre salaris et
employeurs resteront les mmes. L'invention du film n'a pas tu le thtre, et
celle de la tlvision n'a pas fait disparatre le cinma. La crativit ne doit
pas tre touffe par les rglementations. Elle doit aussi s'appliquer aux
entreprises qui devraient crer des emplois lis aux nouvelles technologies et
les proposer  ceux qui sont obligs de quitter d'autres postes devenus
obsoltes. Des arguments bien thoriques alors que le problme est plutt celui
du pourcentage. Combien de cration de postes pour combien de licenciements?

De leur ct, les syndicats luttent pour la cration d'emplois par
l'investissement, l'innovation, la formation professionnelle aux nouvelles
technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont supprims,
des conditions quitables pour l'tablissement des contrats et des conventions
collectives, la dfense du droit d'auteur, une meilleure protection des
travailleurs dans le domaine artistique, et la dfense des tltravailleurs en
tant que travailleurs  part entire. D'aprs les prvisions de la Commission
europenne, l'Europe devrait compter 10 millions de tltravailleurs en l'an
2000, soit 20% du total mondial.

Malgr tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle aussi
dramatique que celle dcrite dans un document de l'Organisation internationale
du Travail demandant si "les individus seront forcs de lutter pour survivre
dans une jungle lectronique avec les mcanismes de survie qui ont t mis au
point au cours des prcdentes dcennies?"

Dans Cyberplante : notre vie en temps virtuel (Paris, Editions Autrement,
1998), Philip Wade et Didier Falkand indiquaient que les Etats-Unis, le Canada
et le Japon, pays qui investissent le plus dans les nouvelles technologies, sont
aussi ceux qui crent le plus d'emplois. D'aprs une tude ralise en fvrier
1997 par le Cabinet Booz.Allen & Hamilton pour les ministres europens de
l'Industrie, le retard de l'Europe lui aurait cot un million d'emplois en 1995
et 1996, du fait d'une croissance technologique de 2,4% (9,3% aux Etats-Unis).
Selon une autre tude mene par Bipe Conseil en janvier 1997 pour le compte de
la Commission europenne, 1,3 million d'emplois pourraient tre maintenus ou
crs dans l'Union europenne d'ici l'an 2005. Les 300.000 suppressions
d'emplois d'oprateurs traditionnels seraient compenss par 93.000 postes crs
par leur concurrents et 1,2 million d'emplois crs dans les secteurs suivants:
tlcommunications, construction lectrique et lectronique, quipement et
distribution de produits de communication.

Pour en revenir au monde de l'imprim, la distinction traditionnelle entre
bibliothque, maison d'dition, diteur de presse ou librairie existera-t-elle
encore dans quelques annes? Tous les sites peuvent dj constituer une
cyberbibliothque. De plus en plus de bibliothques, librairies et maisons
d'dition n'ont ni murs, ni rayonnages, ni vitrines. Leurs locaux sont un site
Internet, et toutes leurs transactions s'effectuent sur le Web. Concernant la
distribution, on peut toujours acheter les grands titres de presse chez son
marchand de journaux ou les recevoir dans sa bote aux lettres, mais on peut
aussi les lire sur le Web, et de plus en plus de journaux et magazines sont
uniquement lectroniques.

Il y a quelques annes, le monde de l'imprimerie a d tre profondment remani
suite  l'apparition de la PAO (publication assiste par ordinateur). Les
catgories professionnelles forges au fil des sicles: bibliothcaires,
diteurs, journalistes, libraires, etc., rsisteront-elles  la convergence
multimdia tout en s'adaptant au cyberespace, comme c'est le cas maintenant avec
les cyberthcaires, les cyberditeurs, les cyberjournalistes, les
cyberlibraires, etc., ou bien toutes ces activits seront-elles progressivement
restructures dans de nouveaux mtiers?

Le dveloppement rcent de l'dition lectronique amne dj des changements
substantiels dans les relations entre auteur, diteur et lecteur. Internet offre
aussi de rels avantages  tous les professionnels, notamment la possibilit de
chercher du travail en ligne et de recruter par le mme biais. Changer d'emploi
est plus facile et le tltravail ouvre de nouveaux horizons  ceux qui
prfrent travailler chez eux.

Dans son courrier lectronique du 8 juin 1998, Isabelle Aveline, rdactrice de
la cyber-revue ZazieWeb, dclarait:

"Grce  Internet les choses sont plus souples, on peux trs facilement passer
d'une socit  une autre (la concurrence!), le tltravail pointe le bout de
son nez (en France c'est encore un peu tabou...), il n'y a plus forcment de
grande sparation entre espace pro et personnel."

Reu le mme jour, le courrier lectronique de Claire Le Parco, de la socit
Webnet (socit qui a cr le site Posie franaise), prcisait:

"En matire de recrutement, Internet a chang radicalement notre faon de
travailler, puisque nous passons maintenant toutes nos offres d'emploi
(gratuitement) dans le newsgroup 'emploi'. [Nous utilisons] un Intranet pour
changer nombre d'informations internes  l'entreprise: formulaires de gestion
courante, archivage des documents mis, suivi des dplacements, etc. La demande
des entreprises est trs forte, et je crois que nous avons de beaux jours devant
nous!"

Fabrice Lhomme, qui est notamment le webmestre du site Une Autre Terre, consacr
 la science-fiction, expliquait dans son courrier lectronique du 9 juin 1998:

"Il faut d'abord prciser que Une Autre Terre est un serveur personnel hberg
gratuitement par la socit dans laquelle je travaille. Je l'ai cr uniquement
par passion pour la SF et non dans un but professionnel mme si son audience
peut laisser envisager des dbouchs dans ce sens. Par contre Internet a bel et
bien chang ma vie professionnelle. Aprs une exprience de responsable de
service informatique, j'ai connu le chmage et j'ai eu plusieurs expriences
dans le commercial. Le poste le plus proche de mon domaine d'activit que j'ai
pu trouver tait vendeur en micro-informatique en grande surface (je dois
prciser quand mme que je suis attach  ma rgion et que je refusais de m'
'expatrier'). Jusqu'au jour donc o j'ai trouv le poste que j'occupe depuis
deux ans. S'il n'y avait pas eu Internet, je travaillerais peut-tre encore en
grande surface. Actuellement, le principal de mon activit tourne autour
d'Internet (ralisation de serveurs web, Intranet/Extranet,...) mais ne se
limite pas  cela. Je suis technicien informatique au sens large du terme
puisque je m'occupe aussi de maintenance, d'installation de matriel, de
rseaux, d'audits, de formations, de programmation, ... [...]

J'ai trouv dans Internet un domaine de travail trs attrayant et j'espre
fortement continuer dans ce segment de march. La socit dans laquelle je
travaille est une petite socit en cours de dveloppement. Pour l'instant je
suis seul  la technique (ce qui explique mes nombreuses casquettes) mais nous
devrions  moyen terme embaucher d'autres personnes qui seront sous ma
responsabilit."

Avec l'explosion d'Internet, plusieurs professionnels de l'imprim ont galement
dcid de se reconvertir et de rejoindre des socits informatiques. Malgr
cela, les perspectives restent assez inquitantes. Les professionnels du livre
et de la presse pourront-ils tous se recycler grce  des formations
professionnelles complmentaires lies aux nouvelles technologies, ou bien
seront-ils frapps de plein fouet par le chmage?


9.5. La socit de l'information


Dans son courrier lectronique du 21 juin 1998, Jean-Paul, internaute amateur de
musique et d'criture, crivait:

"Une navigation sur la toile se fait en rayon (j'ai un centre d'intrt et je
clique mthodiquement sur tous les liens que contient sa base, sa page
d'accueil) ou en louvoiements (de clic en clic,  mesure qu'ils apparaissent).
Bien sr, c'est possible avec l'imprim. Mais la diffrence saute aux yeux.
L'Internet n'a donc pas chang ma vie, mais mon criture. On n'crit pas de la
mme manire pour un site que pour un scnario, une pice de thtre, etc..."

Il rappelle aussi que toutes les fonctionnalits d'Internet taient dj en
gestation dans le premier Macintosh, cr par Apple et qui a rvolutionn le
rapport entre l'utilisateur et l'information:

"Ce n'est pas Internet qui a modifi ma manire d'crire, c'est le premier Mac,
que j'ai dcouvert  travers l'auto-apprentissage d'Hypercard. Je me souviens
encore de la stupeur dans laquelle j'ai t plong, durant le mois qu'a dur mon
apprentissage des notions de boutons, liens, navigation par analogies, par
objets, par images. L'ide qu'un simple clic sur une zone de l'cran permettait
d'ouvrir un ventail de piles de cartes dont chacune pouvait offrir de nouveaux
boutons dont chacun ouvrait un nouvel ventail dont... bref l'apprentissage de
tout ce qui aujourd'hui sur la toile est d'une banalit de base, cela m'a fait
l'effet d'un coup de foudre (il parat que Steve Jobs et son quipe eurent le
mme choc lorsqu'ils dcouvrirent l'anctre du Mac dans les laboratoires de Rank
Xerox).

Depuis, j'cris directement  l'cran: l'imprim ne me sert plus que pour fixer
de temps en temps l'tat d'un texte, pour en donner,  quelqu'un d'allergique 
l'cran, une sorte de photo, d'instantan, une approximation. Une simple
approximation parce que l'imprim nous oblige  une relation linaire: le texte
s'y droule page  page (la plupart du temps). Alors que la technique des liens
permet une autre relation au temps et  l'espace de l'imaginaire. Et, pour moi,
c'est surtout l'occasion de pratiquer l'criture/lecture 'en sphre', dont
l'action de feuilleter un livre ne donne qu'une ide, vague parce que le livre
n'est pas concu pour a."

En plus de ce changement dans la relation information-utilisateur, nous
assistons aussi  une transformation radicale de la nature mme de
l'information. L'information contenue dans les livres restait la mme, au moins
pendant une priode donne, ce qui nous a encourag  penser que l'information
tait stable. Mais la rvolution numrique change tout ceci. Soudain ce n'est
plus l'information statique qui est la plus fiable, mais l'information la plus
rcente qui, elle, est en constante mutation.

Internet ne supprimera sans doute pas plus l'imprim que la tlvision n'a
supprim le livre, ou que le livre de poche n'a supprim le beau livre. "Toute
ma vie, j'ai eu une histoire d'amour avec les livres et la lecture. Elle
continue sans tre affecte par l'automatisation, les ordinateurs, et tous les
gadgets du XXe sicle", crivait Robert Downs dans Books in My Life. Une faon
de rappeler que, bien qu'excellents outils de connaissance et de communication,
l'informatique et Internet ne sont pas une fin en soi.

Par contre, il est vrai que le monde de l'imprim amorce un virage sans
prcdent parce qu'il doit maintenant compter avec Internet, et "digrer" ce
nouveau moyen de communication qui volue trs vite. Jusqu' une poque rcente,
certains professionnels restaient mfiants devant ce nouvel outil, alors que
d'autres, prcurseurs enthousiastes, ont absolument tenu  sa lancer dans
l'aventure en se connectant  Internet puis en crant leur site.

La facilit et la rapidit de communication par le Web n'ont pas d'quivalent.
La messagerie lectronique permet de communiquer avec ses interlocuteurs en
quelques secondes dans le monde entier. Les forums de discussion autorisent des
changes frquents sur de nombreux sujets. On peut lire la presse  l'cran,
feuilleter les nouveauts  l'cran, acheter les livres en ligne. On peut
rechercher des informations, avoir  sa disposition des oeuvres en texte
intgral ou pratiquer la recherche textuelle sur l'Encyclopdie de Diderot et
d'Alembert, les diffrentes versions de la Bible, les oeuvres de Dante ou de
Shakespeare, etc.

A la question de Pierre Ruetschi: "Sept ans plus tard, tes-vous satisfait de la
faon dont le Web a volu?", Tim Berners-Lee, crateur du Web en 1989-90,
rpondait dans la Tribune de Genve du 20 dcembre 1997 qu'il tait heureux de
la richesse et de la varit de l'information disponible, mais que le Web actuel
n'avait pas encore la puissance prvue dans sa conception d'origine. Son ide
premire tait "que le Web soit plus interactif, que les gens puissent crer de
l'information ensemble". Il doit tre un vritable "mdia de collaboration, un
monde de connaissance que nous partageons et que beaucoup de gens doivent
pouvoir manier ensemble". Il doit avoir des possibilits plus performantes que
la simple utilisation de signets, et devenir un vritable rseau de donnes
permettant  l'utilisateur de poser des questions intelligentes aux machines.

Il nous faut cependant garder la tte froide. Il n'est pas utile d'adorer ou de
har la technique, il est seulement utile de la comprendre. Pour contrer  la
fois ceux qui mettent la technologie sur un pidestal et ceux qui y sont
systmatiquement hostiles, un mouvement appel Technorealism a t lanc en mars
1998 aux Etats-Unis. Les ides mises dans Technorealism Overview ont ensuite
t reprises au Qubec dans le Manifeste pour un technoralisme qui, comme
l'explique la cyber-revue Mmento, veut faire le point entre "ces prophtes
nouveau genre qui nous promettent un monde meilleur grce  la technologie, et
les nostalgiques qui veulent faire marche arrire et revenir au pole  bois, au
crayon de plomb et aux chevaux de trait".

Ce Manifeste s'appuie sur les huit principes suivants: 1) la technologie n'est
pas neutre, 2) Internet est un mdia rvolutionnaire, mais ce n'est pas une
utopie, 3) le gouvernement a un rle important  jouer dans le cyberespace, 4)
l'information n'est pas un gage de connaissance, 5) brancher les coles
n'assurera pas une ducation de meilleure qualit, 6) l'information veut tre
protge, 7) les ondes sont du domaine public et c'est le public qui devrait en
tirer les bnfices, 8) une bonne comprhension de la technologie devrait
constituer un des fondements de la citoyennet.

Plutt que de placer en concurrence le monde de l'imprim et celui d'Internet,
ou bien de craindre une concurrence rciproque de l'un ou de l'autre, on a tout
 gagner  les rendre complmentaires, comme le montrent les expriences de
Logos, socit internationale de traduction dont le sige est  Modne (Italie),
de la National Academy Press, diteur universitaire bas  Washington, D.C.
(USA), ou de la Bibliothque des Nations Unies  Genve (Suisse).

Logos a dcid de mettre ses outils de traduction en accs libre sur le Web.

Dans un entretien accord en dcembre 1997  Annie Kahn, journaliste au Monde,
Rodrigo Vergara, directeur de Logos, expliquait que, comme les outils de
traduction de sa socit taient dj disponibles sur le Web  l'intention de
tous ses traducteurs de par le monde, sa socit avait dcid d'ouvrir galement
le site au public, dcision qui a rendu Logos trs populaire. De nouveaux
clients ont pris contact, ainsi que de nouveaux traducteurs. L'enrichissement
des bases de donnes est galement significatif, le public faisant des
propositions qui sont ensuite valides par les traducteurs de la socit.

Une politique dynamique porte aussi ses fruits dans le domaine de la vente des
livres, comme le montre l'exprience de la National Academy Press. Cet diteur
universitaire amricain a mis en accs libre sur le Web le texte intgral de
1.700 titres de son catalogue, et ses ventes ont augment de 17% l'anne
suivante. "Qui a dit que personne n'achterait la vache si on pouvait avoir le
lait gratuitement?", commente Beth Berselli, journaliste au Washington Post.

Internet "relance" aussi les bibliothques. En juillet 1997, la Bibliothque des
Nations Unies  Genve a ouvert un Cyberespace de vingt-quatre postes
informatiques en libre accs avec plusieurs dizaines de CD-ROM en rseau et
connexion Internet. Or "la consultation lectronique induit une plus grande
consultation imprime et un renforcement de toutes les formes de recherche".
Dpassant les prvisions les plus optimistes du personnel de la bibliothque, ce
Cyberespace est dsormais un catalyseur qui amne un nouveau public, jeune,
vari et enthousiaste,  consulter les collections imprimes et  utiliser aussi
les autres services de la bibliothque. Un deuxime Cyberespace de six postes
informatiques a t ouvert en avril 1998, avec une vue imprenable sur le lac
Lman et la chane des Alpes.

Le futur sera-t-il le cyberespace dcrit dans les dernires pages de Chaos et
cyberculture de Timothy Leary (Paris, Editions du Lzard, 1997)? Totalement
diffrent de notre univers actuel, ce "monde d'information pure" serait un
immense espace situ au milieu de banques de donnes stockes dans de hautes
tours scintillantes.

"Toute l'information du monde est  l'intrieur. Et grce au cyberespace, tout
le monde peut y avoir accs. Tous les signaux humains contenus jusque-l dans
les livres ont t numriss. Ils sont enregistrs et disponibles dans ces
banques de donnes, sans compter tous les tableaux, tous les films, toutes les
missions de tl, tout, absolument tout."

Voil sans doute,  mon sens, l'apport majeur d'Internet au monde de l'imprim:
on ne court plus dsesprment aprs l'information dont on a besoin, parce que
l'information dont on a besoin est enfin  notre porte. Le tout est de se
connecter, ce qui n'tait pas facile par le pass, mais est en train de le
devenir (avec le iMac par exemple), et d'avoir aussi des dlais de rponse
rapides, y compris pour les sites comportant des images, une amlioration qu'on
nous promet pour bientt.

Mais, une fois de plus, Internet n'est jamais qu'un moyen, comme le rappelle
cette phrase du Manifeste pour un technoralisme:

"Peu importe la puissance de nos ordinateurs, nous ne devrions jamais nous en
servir pour pallier la lucidit, le raisonnement et le jugement."


10. GLOSSAIRE


3D: 3 dimensions. Utilis pour dfinir l'environnement virtuel.

AACR2: Anglo-American cataloguing rules 2. Rgles de catalogage
anglo-amricaines, version 2.

Adresse lectronique: adresse utilise sur le rseau Internet pour envoyer et
recevoir du courrier lectronique. Cette adresse est donne lors de
l'inscription  un fournisseur d'accs  Internet ou  une messagerie
lectronique.

Adresse Internet: adresse identifiant une machine sur le rseau Internet. Elle
est compose de quatre octets (soit 32 bits) gnralement crits sous forme
dcimale. Ex.: 123.456.78.90.

ADSL: asymmetric digital subscriber line. Procd permettant d'augmenter
considrablement (cent fois plus vite que les modems actuels) la vitesse de
transmission des donnes sur les lignes tlphoniques standard tout en
prservant la circulation de la voix et de la tlcopie.

Agent intelligent: logiciel programmable permettant d'effectuer une recherche
d'informations  partir d'une demande spcifique exprime en langage courant.

Analogique: dfinit un signal de valeur continue, par opposition au signal
numrique qui ne peut prendre que quelques valeurs dfinies (par ex. 0 ou 1 en
langage binaire).

Annuaire: galement appel rpertoire. Recense et classe les sites web par
sujets de manire  favoriser les recherches des cybernautes. Le plus connu est
Yahoo!

Applet Java: crite en langage Java, mini-application envoye par un site sur un
ordinateur afin que celui-ci renvoie  son tour des donnes vers le site de
dpart. Utilis pour cerner les centres d'intrt des cybernautes.

Archie: service de recherche de fichiers dans les archives d'Internet.

ASCII: American standard code for information interchange. Standard minimal de
128 caractres alphanumriques utilis pour les changes d'information texte, le
code ASCII est un systme de codage binaire compos de sept caractres (ex. :
A=1000001, B=1000010, etc.). Les alphabets europens sont reprsents par des
versions tendues de l'ASCII codes sur huit caractres, qui prennent en compte
les caractres accentus. L'extension pour le franais est la norme ISO-Latin-1.

Asynchrone: dfinit un mode de communication permettant la non-simultanit de
l'mission et de la rception des informations (par exemple le courrier
lectronique), contrairement  une communication synchrone qui exige la
simultanit de l'mission et de la rception (par exemple le tlphone).

ATM: asynchronous transfer mode. Protocole pouvant transmettre tout type
d'information, y compris la voix et la vido. Ce protocole permet l'acheminement
indpendant de l'information fragmente en de multiples paquets et reconstitue
l'arrive pour recomposer l'information initiale, le tout dans un dlai donn.

Autoroute de l'information: ensemble des rseaux de communication par cble ou
satellite permettant la transmission rapide d'informations de toute nature.
Inclut la tlmatique, la tlvision numrique et les cblages informatiques.

Bande passante: dsigne le dbit support par une ligne de communication.

BBS: bulletin board services. Appel aussi babillard, selon le terme qubcois
maintenant utilis par toute la communaut francophone. Systme informatis
reliant les utilisateurs d'un mme groupe d'intrt (association, entreprise,
organisme public, etc.) pour des annonces, discussions, messages, programmes, et
pour le transfert de fichiers, le courrier lectronique, la visioconfrence,
etc.

Binaire: langage de base compos de deux lments (0 et 1), utilis par les
ordinateurs pour afficher des donnes.

Bit: binary digit. Chiffre binaire (0 ou 1) qui est  la base du systme
numrique.

CD: compact disc. Disque optique permettant l'enregistrement des sons
(CD-audio), des donnes (CD-Rom) ou des vidos (CD-vido).

CD-I: compact disc interactive. Disque permettant de stocker un ensemble de
textes, images, documents sonores et vidos. Consultable sur un tlviseur au
moyen d'un lecteur connect au poste.

CD-Rom: compact disc-read only memory. Apparu en 1984, c'est un disque compact
stockant des textes, images et sons sous forme numrise. Sa grande capacit de
stockage (650 mgabytes, soit l'quivalent de 600 disquettes informatiques,
200.000 pages de texte ou 1.000 photos de dfinition moyenne) convient
particulirement pour les encyclopdies, les catalogues, les manuels techniques
et les jeux. 8X est le minimum recommand pour un accs rapide aux donnes, et
24X est la spcification idale. Le CD-Rom fut le premier outil multimdia
permettant l'application grand public des techniques numriques  l'image. Son
successeur est le DVD (digital video disc). CD-Rom est souvent orthographi:
cdrom par les francophones.

Client: dans l'architecture client/ serveur, dsigne la machine permettant
d'utiliser les donnes ou les programmes disponibles sur un serveur.

Commerce lectronique: ensemble des transactions  distance faites sur le
rseau, avec paiement lectronique scuris.

Cookie: chane de caractres forme d'un numro d'identification attribu par le
site  un cybernaute. Permet de noter les visites du cybernaute  un site et de
dfinir ainsi ses centres d'intrt: sports, voyages, musique, livres, etc.
L'existence de cookies est signale par les versions rcentes des navigateurs,
et le cybernaute peut donc les dsactiver s'il le souhaite.

Courrier lectronique: ensemble des messages envoys lectroniquement d'un
ordinateur  l'autre  travers le rseau Internet, dont il reprsente 60% du
trafic. Correspond au terme anglais de e-mail ou electronic mail. Appel aussi
courriel par les Qubcois.

Cybernaute: utilisateur d'Internet. Appel galement internaute.

Disque dur: support de stockage des donnes dans un ordinateur. La capacit de
stockage se mesure en giga-octets (Go). Le minimum recommand est 1,6 Go, et 4
Go est la spcification idale.

Disquette: support magntique permettant de transfrer ou de conserver des
donnes informatiques.

DOS: disk operating system. Systme permettant  l'ordinateur de stocker des
informations sur le disque dur et de communiquer avec ses priphriques: cran,
clavier, souris, imprimante, etc.

DTD: definition of type of document - dfinition du type de document.
Description de la structure logique d'un document, correspondant le plus souvent
 un format MARC (machine-readable cataloguing).

DVD: digital video disc. Apparu en 1996, fait suite au CD-Rom pour stocker
textes, sons et images sur un support optique. Possde actuellement une capacit
de stockage de 4,7 gigaoctets, soit huit fois plus qu'un CD-Rom. Cette capacit
devrait tre multiplie par quatre dans un proche avenir. Un film de deux heures
peut tre stock sur une face de DVD. Ses diffrentes versions: DVD-vido,
DVD-ROM, DVD-RAM (renregistrable une fois) et DVD-E (renregistrable plusieurs
fois) vont progressivement remplacer les cassettes audio et vido et les disques
optiques existants.

E-zine: magazine lectronique.

EDI: change de donnes informatises. Utilis dans le commerce lectronique
inter-entreprises.

En ligne: dfinit les services et rseaux accessibles par un ordinateur muni
d'un modem ou par une liaison tlmatique. On utilise souvent aussi le terme
anglais: on line.

Ethernet: type de rseau local permettant par exemple de relier entre eux les
diffrents services d'une mme universit ou d'une mme entreprise.

Extranet: rseau propre  une communaut fonctionnant selon le mme principe
qu'Internet. Permet par exemple de relier tous les clients d'une entreprise.

FAQ: frequently asked questions. Traduit en franais par: foire aux questions.
Souvent prsente sur un site, la liste des questions les plus frquentes poses
par les usagers du site et les rponses-types, afin de "dpanner" les nouveaux
arrivants.

Favori: appel galement signet. Gnralement intgr  un navigateur, le
bouton: Favoris permet de constituer un rpertoire d'URL (uniform resource
locators) gr par un utilisateur ou par un groupe d'utilisateurs. Au lieu de
taper l'URL, souvent longue et complique, il suffit de slectionner le favori
correspondant au site recherch.

Fibre optique: support autorisant le transfert de donnes numriques  trs haut
dbit et sur de longues distances. Les cbles  fibres optiques vont
vraissemblablement remplacer les traditionnels cbles en mtal pour la
transmission de donnes, en attendant d'autres solutions.

Firewall: dispositif de protection d'un site  accs autoris, avec mot de passe
obligatoire pour avoir accs  ce site.

Forum de discussion: lieu d'change et de discussion sur Internet par le biais
du courrier lectronique. En gnral thmatique, un forum est lisible par tous
et chacun peut y participer.

Fournisseur d'accs  Internet: entreprise louant des connexions Internet. Les
entreprises les plus connues en France sont Wanadoo (France Tlcom), Club
Internet (Groupe Hachette), AOL (filiale de America Online), CompuServe, etc.
Appel aussi fournisseur de services Internet, qui correspond au terme anglais:
Internet service provider.

Freeware: logiciel gratuit. Selon les cas, il appartient au domaine public ou
bien son auteur en conserve le copyright. Ne pas confondre avec shareware.

FTP: file transfer protocol. Protocole dfinissant les rgles de transfert de
fichiers entre deux ordinateurs.

Gopher: systme d'information  base de menus textuels  plusieurs niveaux. Dans
le cas de cyberbibliothques, c'est un ensemble d'index permettant l'accs au
texte intgral des documents.

Hors ligne: dfinit les applications disponibles en utilisation locale, comme
les CD-Rom. On utilise souvent aussi le terme anglais: off line.

HTML: hypertext markup language. Langage de marquage utilis pour crer ou
mettre en forme des documents destins au Web. Permet l'inclusion d'images, de
sons et de liens hypertextes ou hypermdias vers d'autres documents.

HTTP: hypertext transfer protocol. Protocole de transfert des pages hypertextes
sur le Web.

Hyperlien: un hyperlien peut tre un lien hypertexte ou un lien hypermdia.

Hypermdia: systme utilisant des liens - appels liens hypermdias - permettant
l'accs  des graphiques, des documents sonores, des images animes et des
vidos, de la mme faon que les liens hypertextes relient entre eux des textes
ou des images.

Hypertexte: principe de base du Web. Systme permettant de relier entre eux des
documents textuels et visuels au moyen de liens hypertextes qui, d'un simple
clic de souris, permettent l'accs  un autre document. Les liens hypertextes
sont en gnral souligns et d'une couleur diffrente de celle du texte.

Infographie: procd de cration d'images assiste par ordinateur.

Inforoute: synonyme d'autoroute de l'information.

Interactivit: mode de communication bas sur un dialogue individualis
permettant  l'utilisateur de dcider lui-mme du droulement des oprations.

Interface: partie du programme permettant la communication entre l'utilisateur
et son ordinateur, par exemple les textes (interface texte) et les images
(interface graphique). Dfinit aussi l'lment permettant la communication entre
deux appareils, par exemple un ordinateur et un modem.

Internet: rseau des rseaux qui, outre le World Wide Web, inclut de nombreux
services : courrier lectronique, forums de discussion, IRC (Internet relay
chat), TCP (transmission control protocol), gopher, Telnet, visioconfrence,
etc.

Intranet: rseau interne propre  un organisme utilisant la technologie
d'Internet (protocoles et applications TCP/IP).

IP: Internet protocol. Protocole de communication permettant d'acheminer les
donnes en mode paquet non connect.

IRC: Internet relay chat. Systme de discussion sur le rseau en mode texte et
en temps rel entre deux ou plusieurs utilisateurs.

ISBD: international standard bibliographical description. Normalisation de la
partie descriptive de la notice bibliographique, conue par l'IFLA
(International Federation of Library Associations and Institutions) en 1977 pour
l'change de donnes bibliographiques  l'chelon international.

ISBN: international standard book number. Code numrique form de dix chiffres
se prsentant avec tirets ou espaces (ex.: 2-13-048352-6 pour l'ouvrage d'Arnaud
Dufour: Le cybermarketing. Paris: PUF, 1997. Coll. Que sais-je? 3186). Ce code
regroupe lui-mme quatre codes: code du pays de publication (2 pour la France),
code de l'diteur (13 pour les PUF), code propre au livre (048352 pour ce titre
chez cet diteur, dans cette collection et pour cette dition), chiffre de
contrle (6 pour ce livre). L'ISBN est propre  chaque livre et permet donc de
l'identifier dans le monde entier pour commande ou classement.

ISO: sigle de l'Organisation internationale de normalisation, qui dfinit les
normes permettant de faciliter l'change international de biens et de services
et de dvelopper la coopration internationale dans les domaines conomique,
intellectuel, scientifique et technologique. Par exemple, la norme ISO-Latin-1
dfinit l'extension des caractres ASCII pour le franais.

ISSN: international standard serial number. Code numrique de 8 chiffres
permettant d'identifier toute publication en srie (priodique, srie,
collection, etc.). Il se prsente sous forme de deux groupes de quatre chiffres
spars par un tiret. Le huitime caractre est un caractre de contrle.

JACKPHY: sigle reprsentant l'ensemble des langues suivantes: japonais, arabe,
chinois, coren (Korean), persan, hbreu et yiddish. Terme utilis dans la
description de catalogues pour indiquer que ceux-ci comprennent les notices
translittres de documents dans ces langues.

Java: langage de programmation HTML cr par Sun en 1995 pour permettre des
images animes sur le Web, ce qui a rendu les pages web beaucoup plus vivantes
grce  leur interactivit.

Kiosque: tout ordinateur utilis comme centre d'information dans un lieu public,
par exemple une borne interactive dans un muse ou un cran d'accs au catalogue
dans une bibliothque. En France, ce terme est utilis pour l'ensemble des
services proposs par Tltel, mis en place par France Tlcom pour permettre la
connexion  Internet.

LAN: local area network. Rseau local permettant l'interconnexion d'quipements
informatiques dans un rayon infrieur au kilomtre.

Laser: acronyme de: light amplification by stimulated emission of radiations.

Linux: contraction de Linus (Linus Torvalds, son crateur) et d'Unix, systme
d'exploitation dont Linux est driv. Ce systme d'exploitation pour ordinateurs
personnels (PC) est un logiciel libre diffus gratuitement sur Internet, ce qui
permet  tout programmeur de participer  son laboration. D'abord utilis par
les dveloppeurs de logiciels, les universits et les fournisseurs d'accs 
Internet, il gagne maintenant les entreprises et le grand public.

Liste de diffusion: base sur le courrier lectronique, la liste de diffusion
permet la copie et la transmission d'un message  tous les adhrents de cette
liste. On utilise aussi le terme anglais: mailing list.

MARC: machine-readable cataloguing. Format international permettant le stockage
et l'change informatique de notices bibliographiques.

Mmoire: Voir RAM (random-access memory) et ROM (read-only memory).

Messagerie lectronique: service permettant d'obtenir une adresse lectronique
pour pouvoir envoyer et recevoir du courrier lectronique. De nombreuses
messageries sont gratuites, par exemple E-Mail Planet ou Hotmail.

Microprocesseur: puce lectronique contenant un circuit lectronique miniature.

Minitel: dvelopp par France Tlcom, terminal d'accs au rseau vidotex
franais (Tltel). Trs largement utilis, il prfigure les avantages
d'Internet. De nombreux serveurs Minitel ont maintenant leur correspondant sur
le Web, avec les avantages qu'offrent la consultation au prix d'une
communication tlphonique locale, la facilit de navigation et les avantages du
multimdia.

Modem: acronyme de: modulateur-dmodulateur. Appareil permettant de relier
l'ordinateur au rseau Internet par le biais de la ligne tlphonique. La
transmission des donnes informatiques est possible grce  la conversion des
signaux numriques en signaux analogiques, et inversement. La vitesse d'un modem
s'exprime en kilobits par seconde (K). Le minimum recommand est 28,8K, et 56K
est la spcification idale.

Moniteur: synonyme d'cran.

Moteur de recherche: recense tous les sites web et les classe par thmes afin
d'aider les utilisateurs  trouver l'information sur le Web. Le plus utilis est
AltaVista.

MS-DOS: Microsoft disc operating system. Systme d'exploitation produit par
Microsoft et largement utilis sur les micro-ordinateurs quips de
microprocesseurs Intel x 86 et Pentium.

Multimdia: outil de communication informatique (ordinateur, logiciel, disque
compact, serveur, etc.) combinant des composantes audio et vido utilisant
texte, son et graphiques au moyen de squences fixes et animes. De plus en plus
nombreuses, les applications multimdias accroissent l'interactivit entre
l'ordinateur et l'utilisateur.

Navigateur: logiciel permettant de rechercher et de visualiser l'information
(sites ou pages de sites) sur le Web,  partir du nom du site ou d'un sujet
donn. Les deux principaux navigateurs sont Netscape Navigator et Microsoft
Explorer. Appel aussi logiciel de navigation ou browser, ou encore butineur ou
fureteur par les Qubcois.

Net: abrviation de: Internet.

Ntiquette: tiquette d'Internet, rassemblant les rgles d'thique et de
savoir-vivre appliques sur le rseau, notamment pour le courrier lectronique
et les forums de discussion.

Network Computer: ordinateur simple et de cot rduit form d'un
microprocesseur, d'une puce RAM (random-access memory) et d'un moniteur, et qui
utilise les logiciels disponibles sur Internet, sans disque dur ou systme
d'exploitation comme les PC.

Newsletter: terme souvent utilis pour lettre d'information.

Nom de domaine: partie centrale d'une URL, qui permet d'identifier et de situer
le serveur. Par exemple, le nom de domaine du quotidien Libration est
www.liberation.fr.

Numrique: dfinit un signal  valeur dfinie (par exemple 0 ou 1 en langage
binaire).

Numrisation: codification d'informations (textes, images et sons) en langage
gnralement binaire (0 ou 1) pour recevoir et transmettre l'information par
voie informatique. La numrisation permet de crer, enregistrer, combiner,
stocker, rechercher et transmettre des informations par des moyens simples et
rapides. Des procds similaires permettent le traitement de l'criture, de la
musique et du cinma alors que, par le pass, ce traitement tait assur par des
procds diffrents sur des supports diffrents (papier pour l'criture, bande
magntique pour la musique et cellulod pour le cinma).

OCR: optical character recognition: reconnaissance optique de caractres.
Technologie permettant de reconstituer un texte d'aprs son image numrise.

OPAC: online public access catalogue: catalogue en ligne d'accs public.

PAO: publication assiste par ordinateur.

Paquet: ensemble de donnes.

PC: personal computer: ordinateur personnel.

PDF: portable document format. Format de fichier cr par Adobe pour conserver
le contenu format d'un document lectronique, avec mise en page, graphiques et
styles.

PGP: pretty good privacy. Cryptage avec une cl de 128 bits offrant un niveau
maximal de scurit.

Pixel: picture element. Reprsent sous forme numrique, le point constitutif
d'une image sur l'cran d'un ordinateur ou d'un tlviseur. Le nombre de pixels
dfinit la qualit de rsolution de l'cran.

Portail: point d'entre sur le Web proposant informations du jour, mto,
couverture d'vnements en direct, guides de tourisme multimdias, moteur de
recherche, etc.

Processeur: cerveau interne de l'ordinateur. La vitesse du processeur est
mesure en mgahertz (MHz). Le minimum recommand est 133 MHz, et 233-300 MHz
est la spcification idale.

Protocole: dfinition de normes communes pour les changes de donnes entre
ordinateurs (TCP/IP, FTP, etc) par les systmes de tlcommunications. Les
normes ISO (Organisation internationale de normalisation) et UIT (Union
internationale des tlcommunications) permettent une normalisation des
protocoles  l'chelon international.

Pull: dmarche du cybernaute qui va chercher lui-mme ses informations sur
Internet, par opposition  push, technologie qui lui permet d'avoir  sa
disposition des informations automatiquement slectionnes.

Push: apparue en 1996, technologie permettant d'envoyer vers le cybernaute des
informations automatiquement slectionnes en fonction de ses centres d'intrt.

RAM: random-access memory. Mmoire vive de l'ordinateur, qui fonctionne
seulement lorsque celui-ci est allum, contrairement  la ROM (read-only memory)
qui permet le stockage des informations que l'ordinateur soit allum ou teint.
La RAM se mesure en mga-octets (Mo). Le minimum recommand est 16 Mo.
L'utilisation de logiciels complexes exige l'utilisation d'une mmoire RAM de 32
ou 64 Mo.

RAMEAU: acronyme de: rpertoire d'autorits matires encyclopdique et
alphabtique unifi. Utilis  la Bibliothque nationale de France et dans
nombre de bibliothques franaises, cet ensemble hirarchis de mots-cls permet
d'indexer les documents d'une bibliothque afin de pouvoir ensuite les retrouver
par sujets.

Ralit virtuelle: juxtaposition de deux mots antinomiques qui peut paratre
surprenante, mais qui dfinit une technologie permettant d'offrir 
l'utilisateur un environnement virtuel en trois dimensions (3D).

Rseau: systme permettant la communication de donnes entre des ordinateurs
relis entre eux, soit localement au moyen de cbles spciaux, soit en longue
distance par le rseau tlphonique ou les cbles  fibres optiques.

RNIS: rseau numrique  intgration de services. Fonctionne par cble
tlphonique avec services de tlphonie, tlcopie et transfert de donnes
(transmission de 64.000 ou 128.000 octets par seconde). Le rseau RNIS franais
est Numris.

ROM: read-only memory. Mmoire morte de l'ordinateur, qui permet de stocker les
informations et qui, contrairement  la RAM (random-access memory), n'est pas
perdue lorsque l'ordinateur est teint.

RTF: rich text format. Un format de fichier destin  faciliter l'change de
documents entre diffrents programmes de traitement de texte, tout en conservant
le formatage du texte (polices de caractre, paragraphes, etc.) lors du
transfert d'un programme  un autre.

Script CGI: CGI: common gateway interface. Srie d'instructions permettant
d'identifier la visite d'un site par un cybernaute.

Serveur: dans l'architecture client/serveur, ordinateur servant de distributeur
d'informations consultables  distance au moyen d'autres ordinateurs appels
clients.

Serveur proxy: serveur hbergeant un double du site pour diminuer le temps
d'accs  ce site dans une zone gographique donne.

Serveur web: serveur stockant les informations affiches par le site web.

SGML: standard generalized markup language. Norme ISO identifiant la structure
d'un texte, avec ses caractristiques telles qu'en-ttes, colonnes, marges ou
tableaux, pour que cette structure puisse tre utilise lors d'applications
telles que la PAO (publication assiste par ordinateur) ou l'dition
lectronique. Le SGML comprend les langages HTML (hypertext markup language) et
VRML (virtual reality markup language).

Shareware: logiciel tlchargeable qui doit tre achet  l'auteur (le plus
souvent  prix modique) aprs une priode d'essai gratuite. Ce logiciel est
soumis au copyright. Ne pas confondre avec freeware.

Site web: dfini par une URL, un site web est un ensemble de textes, images et
sons relis entre eux par des liens permettant d'aller d'un document  l'autre.

Smiley: marque typographique permettant au cybernaute d'exprimer son humeur. Par
exemple un sourire se dfinit ainsi ":-)" (en penchant la tte vers la gauche,
on voit deux yeux, un nez, et une bouche qui sourit).

Spam: message lectronique non sollicit.

Spamming: envoi de spams. Le spamming est interdit par la ntiquette. L'Etat de
Washington a t le premier  proposer une loi anti-spamming en avril 1998.

SSII: socit de service en ingnierie informatique.

Systme d'exploitation: programme de base permettant  l'ordinateur de contrler
ses priphriques (cran, clavier, souris, imprimante, etc.), d'organiser le
systme de classement de son disque dur et de faire fonctionner d'autres
programmes. Linux ou Windows 98 par exemple sont les systmes d'exploitation des
ordinateurs personnels (PC).

TCP: transmission control protocol. Protocole de transport utilis dans la
plupart des applications Internet.

TCP/IP: transmission control protocol / Internet protocol. Ensemble de
protocoles permettant le transport de donnes sur Internet.

Tlchargement: transfert d'un fichier  distance  partir d'un site ou par FTP
(file transfer protocol).

Tltravail: travail exerc  distance  temps plein ou partiel en utilisant les
modes de communication lectroniques, informatiques et tlmatiques (rseau
informatique, tlphone, tlcopieur, etc.).

Telnet: terminal network protocol. Protocole d'application dfinissant
l'mulation d'un terminal sur Internet,  savoir la possibilit d'ouvrir une
connexion avec un serveur  distance comme si on le consultait sur place. La
consultation  distance d'un catalogue de bibliothque se fait souvent par
Telnet, qui a rendu et rend encore d'normes services en attendant une
consultation directe sur le Web, beaucoup plus conviviale.

Terminal: poste avec cran, clavier et circuit simple permettant de se connecter
 un ordinateur ou  un serveur extrieur.

Toile: terme souvent utilis par les francophones pour dsigner le Web.

Transpac: rseau de France Tlcom pour la transmission numrique de donnes.

TTA: technique de transfert asynchrone. Voir: ATM (asynchronous tranfer mode).
Le terme franais est peu utilis.

TVA: taxe  la valeur ajoute. Taxe paye par les entreprises  chaque stade du
circuit conomique.

Unix: systme d'exploitation multi-tche et multi-utilisateur trs rpandu dans
le domaine scientifique.

URL: uniform resource locator. Adresse d'un site web ou d'une page web. Prenons
par exemple l'URL du Cahier Multimdia d e Libration, qui est :
http://www.liberation.fr/multi/index.html. Elle se compose d'un protocole:
http://, suivi du nom du serveur du journal Libration: www.liberation.fr/, puis
du dossier de la rubrique Multimdia: multi/, et enfin du fichier de la page
d'accueil: index.html. Le dbut de l'adresse: http:// est maintenant ajout
automatiquement par les navigateurs.

URN: uniform resource name. L'URN pourrait peut-tre remplacer l'URL (uniform
resource locator), l'avantage tant que l'adresse serait lie au document et non
plus au site qui hberge ce document. Elle serait donc plus fiable que l'URL et
viterait au cybernaute le dcouragement devant tous ces documents devenus
indisponibles parce que l'URL a chang.

Usenet: acronyme de: users' network. Le plus grand BBS (bulletin board services)
du monde, compos de listes de messages lectroniques et de sujets abords dans
des forums de discussion. Son but est de constituer une plate-forme pour
l'change d'informations et d'ides entre cybernautes. Non censur, Usenet est
gouvern par les rgles de la ntiquette.

Virtuel: par opposition : rel, concerne tout ce qui est cr de manire
artificielle grce aux techniques informatiques, par exemple l'univers virtuel.
Dans le cas d'entits qui sont bien relles quoique numriques, on a prfr
utiliser dans cette tude le terme: cyber, par exemple cyberbibliothque au lieu
de bibliothque virtuelle, ou cyberlibrairie au lieu de librairie virtuelle.

Visioconfrence: confrence  distance au moyen d'un rseau d'ordinateurs
quips de camras.

VRML: virtual reality modeling language. Langage permettant de crer sur une
page web des images en 3 dimensions (3D), espaces virtuels dans lesquels le
cybernaute peut se dplacer.

W3: abrviation de World Wide Web.

WAIS: wide area information service. Systme permettant de classer, chercher et
rcuprer des documents dans des bases de donnes interrogeables au moyen de
mots-cls. Appartient maintenant  America Online.

Web: abrviation courante de World Wide Web.

Webmestre: responsable du site et administrateur de systme d'un serveur web.
Correspond au webmaster anglais.

Windows 98: cr par Microsoft, systme d'exploitation pour les PC qui a
remplac Windows 95. Son correspondant professionnel pour serveurs et stations
de travail est Windows NT.

World Wide Web: dvelopp en 1989-90 par Tim Berners-Lee au CERN (Laboratoire
europen pour la physique des particules), un systme multimdia qui regroupe au
niveau mondial des serveurs multimdias relis entre eux par des hyperliens.
Appel aussi Web, WWW, W3, ou encore Toile par les francophones, le World Wide
Web est un sous-ensemble d'Internet.

WWW: abrviation de World Wide Web.

Z39.50: norme dfinissant un protocole pour la recherche documentaire d'un
ordinateur  un autre. Elle permet  l'utilisateur d'un systme de rechercher
des informations chez les utilisateurs d'autres systmes utilisant la mme norme
sans devoir connatre la syntaxe de recherche de ces systmes.


11. SELECTION DE DOCUMENTS IMPRIMES


[Bibliothques / Cyberbibliothques / Cyberlibrairies / Droit du cyberespace /
Edition lectronique / Internet / Internet en France / Langues / Presse /
Proprit intellectuelle / Terminologie]

#Bibliothques

= Bibliothque des Nations Unies  Genve. "Un cyberespace  la Bibliothque de
l'ONUG." Nouvelles de la bibliothque, vol. 7, nos 1-2, 1997, p. 1-4.

En juillet 1997, la Bibliothque des Nations Unies  Genve a ouvert un
cyberespace regroupant 24 micro-ordinateurs avec CD-ROM en rseau, accs 
diffrents serveurs et connexion Internet. L'article est bilingue
franais-anglais.

= Lassalle, Hlne. "Un rseau mondial qui ignore Paris." [2e partie du dossier:
La crise de l'histoire de l'art en France] Le Figaro, 8 Novembre 1997, p. 32.

Sur la carte des instituts spcialiss dans l'histoire de l'art, la France,
malgr ses traditions et ses trsors, est absente.

= Peyret, Emmanuelle. "Le bibliothcaire et le virus du Web." Libration, Cahier
Multimdia, 17 avril 1998.

Olivier Bogros, directeur de la Bibliothque municipale de Lisieux
(Normandie), a mont et mis en ligne une bibliothque lectronique.

= Roumieux, Olivier. L'impact de l'Internet sur la profession de bibliothcaire.
Dcembre 1996.

Un trs intressant mmoire prsent dans le cadre du DESS (diplme d'tudes
suprieures spcialises) "Mdias lectroniques interactifs"  l'Universit de
Paris 8.

= Samain, Thierry. L'accs aux catalogues des bibliothques par Internet. 1996.

Mmoire d'tude pour l'obtention du Diplme de conservateur de bibliothque 
l'ENSSIB (Ecole nationale suprieure des sciences de l'information et des
bibliothques). Ce mmoire tudie les procdures ncessaires  l'accs direct en
ligne d'un catalogue de bibliothque. L'usage d'outils tels que le Web et la
norme Z39.50 est valu en fonction de leurs implications sur la conception des
OPAC (online public access catalogues), le catalogage, l'accs aux documents et
l'avenir des catalogues collectifs.

#Cyberbibliothques

= Kahn, Annie. "Les mots pour le dire." Le Monde, 8 dcembre 1997.

Sur son site web, Logos, socit internationale de traduction base  Modne
(Italie), met gratuitement son dictionnaire et sa bibliothque numrique
multilingue  la disposition de tous.

= Lambert, Bertrand. "Sciences-Po en ligne." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 11 janvier 1998.

Les tudiants de Sciences-Po (Institut d'tudes politiques, Paris) ont cr
Bibelec, bibliothque lectronique dans laquelle leurs travaux sont disponibles
en ligne.

#Cyberlibrairies

= Alley, Brian. "Update: a Blackwell Milestone." Technicalities (USA), vol. 15,
no. 2, February 1995.

Lors de son vingtime anniversaire en 1995, l'histoire de Blackwell North
America, fournisseur international de livres, priodiques, bases de donnes et
services de contrle d'autorits.

= Berselli, Beth. "De l'art d'utiliser Internet pour vendre des livres."
Courrier international, n 366, 6-12 novembre 1997, p. 41.

Par une journaliste du Washington Post. L'diteur universitaire amricain
National Academy Press publie sur Internet 1.700 titres de son catalogue,
permettant  tous de lire gratuitement ses livres. Loin de diminuer, ses ventes
augmentent de 17%.

= Brianon, Pierre. "Le Net intimide les libraires." Libration, Cahier
Multimdia, 14 Novembre 1997.

En France, la vente de livres en ligne tarde  se dvelopper.

= Computer Consultant. "Pages to Share." Computer Consultant (UK), 4/4/1997.

Internet Bookshop est le premier libraire en ligne  proposer une
participation aux bnfices par le biais exclusif du Web, ce qui pose de
nouveaux problmes lgaux.

= The Evening Standard. "Amazon in 186m Float." The Evening Standard (UK),
25/3/1997.

Depuis le printemps 1997, sur les traces d'Internet Bookshop, librairie en
ligne anglaise, le gant amricain Amazon.com offre une participation aux
bnfices  ses partenaires en ligne.

= The Financial Times. "Bookshop Superhighway: Dillons & Hammicks Launch on
Internet." The Financial Times (UK), 4/10/1997.

Dillons & Hammicks sont prts  lancer une librairie Internet commune. Pendant
ce temps, Internet Bookshop attend la raction des diteurs anglais  sa
dcision de vendre des livres provenant des Etats-Unis.

= The Financial Times. "Online Bookshop Risks Price War." The Financial Times
(UK), 2/10/1997.

Par Alice Rawsthorn. Internet Bookshop, la plus importante librairie en ligne
du Royaume-Uni, a dbut la vente de livres anglais en proposant des remises
allant jusqu' 45%, avec le risque d'une guerre des prix et d'une bataille
juridique avec les diteurs anglais.

= The Financial Times. "Publishers May Act on Internet Imports." The Financial
Times (UK), 16/10/1997.

Par Alice Rawsthorn. La Publishers Association, organisme qui reprsente les
diteurs du Royaume-Uni, tudie les propositions d'interdiction de vente de
livres amricains  des clients britanniques par des librairies Internet bases
aux Etats-Unis.

= The Financial Times. "Waterstone's May Sell Online From US." The Financial
Times
(UK), 9/10/1997.

Plusieurs cyberlibraires du Royaume-Uni, y compris Internet Bookshop, ont
dbut la vente de livres publis aux Etats-Unis en septembre 1997. Waterstone's
annonce son intention d'introduire dbut 1998 des titres amricains sur son site
Internet.

# Droit du cyberespace

= Association franaise de la tlmatique multimdia (AFTEL). Le droit du
multimdia: de la tlmatique  Internet. Paris: Editions du Tlphone, 1996.
290 p. ISBN 2-909879-18-6.

Rapport ralis sous la direction de Pierre Huet, avec le concours de Herbert
Maisl, Jrme Huet et Andr Lucas. Pose les problmes soulevs par la
tlmatique de la premire gnration, le vidotex et l'audiotex: la
conciliation de la proprit intellectuelle avec le droit  l'information,
l'application du droit d'auteur  des services traitant des donnes numrises
de toute nature, la protection de la confidentialit des rseaux et des
systmes, l'adaptation du droit commercial et du droit social  la communication
lectronique.

= Commission nationale de l'informatique et des liberts (CNIL). Les liberts et
l'informatique: vingt dlibrations commentes. Paris: La Documentation
franaise, 1998. 206 p. ISBN 2-11-003931-0.

Illustre les diffrentes formes d'action de la Commission en montrant les
domaines d'intervention de l'autorit charge de la protection des donnes
personnelles. En annexe, le texte de la loi n 78-17 du 6 janvier 1978 relative
 l'informatique, aux fichiers et aux liberts.

= Dyson, Esther. "Sans Etat ni Loi." Libration, Cahier Multimdia, 9 janvier
1998.

Par l'auteur de Release 2.0: A Design for Living in the Digital Age. La
rglementation d'Internet devrait tre faite moins par un gouvernement central
qui en dfinirait les rgles que par plusieurs organismes mis en concurrence
dans l'intrt du consommateur.

= Kahn, Annie. "La ncessaire mutation de la CNIL" et "Cyberfilature: la preuve
par l'exemple." Le Monde, Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 11 janvier
1998.

Vingt ans aprs sa cration en France, la Commission nationale de
l'informatique et des liberts (CNIL) doit adapter sa mission  Internet.

= Kurz, Raymond A. Internet and the Law: Legal Fundamentals for the Internet
User. Rockville, Maryland: Government Institutes, 1996. XV, 248 p. ISBN
0-86587-506-5.

Donne une explication des principes de base concernant le droit d'auteur, les
marques, le secret de fabrication, les brevets, la diffamation, etc., ainsi que
les principes de base de la licence.

= Piette-Coudol, Thierry et Bertrand, Andr. Internet et la loi. Paris: Dalloz,
1997. VIII, 206 p. ISBN 2-247-02589-7.

Associe troitement la technique et le droit franais, le droit compar et le
droit international pour rpondre concrtement aux questions que se posent les
internautes et les fournisseurs de services.

= Reporters sans frontires. "La censure contre Internet." Cahiers de Reporters
sans frontires, n 1, 1997.

Slectionn et dit par Yves Eudes, un recueil d'articles parus dans le
journal Le Monde entre janvier 1996 et juillet 1997.

= Stern, Jacques. "L'urgence de la scurit sur Internet." Le Figaro, 9 janvier
1998.

"Sur le Web, la confidentialit du message et l'origine de la signature de
celui qui l'adresse peuvent et doivent tre garanties par des outils
mathmatiques performants."

= Tortello, Nicole et Lointier, Pascal. Internet pour les juristes. Paris:
Dalloz, 1996. 331 p. ISBN 2-247-02547-1.

Guide de connexion et ouvrage de rflexion sur le droit d'Internet, qui rpond
aux questions pratiques et thoriques que se posent les professionnels du droit:
avocats, magistrats, notaires, huissiers, greffiers, universitaires et juristes
d'entreprise.

#Edition lectronique

= Teasdale, Guy. L'dition savante  l're de la bibliothque virtuelle:
publication d'un livre en SGML sur le World Wide Web. Novembre 1996.

Mmoire de matrise en bibliothconomie et sciences de l'information (MBSI) 
l'Universit de Montral. Prsente les implications de l'dition lectronique
sur le Web tout en examinant les rles et les intrts respectifs du
bibliothcaire et de l'diteur dans l'dification de la bibliothque numrique.
Montre que l'dition lectronique sur Internet pourrait tre un remde  la
crise affectant la publication de monographies spcialises.

= Vollnhals, Otto. Multilingual Dictionary of Electronic Publishing. Mnchen:
K.G.&Saur, 1996. 384 p. ISBN 3-598-11295-5.

3.500 entres en anglais, allemand, franais, espagnol et italien, couvrant 
la fois des sujets modernes comme l'dition en ligne, l'dition de CD-ROM,
l'dition de bases de donnes ou la pr-presse lectronique, et des sujets
traditionnels comme l'impression et la typographie.

#Internet

= Barbier, Frdric et Bertho Lavenir, Catherine. Histoire des mdias: de
Diderot  Internet. Paris: Armand Colin, 1996. 351 p. ISBN 2-200-01382-5.

L'histoire des mdias depuis 1751, date de la publication de l'Encyclopdie,
jusqu'aux dveloppements les plus rcents d'Internet et des autoroutes de
l'information. Voir particulirement la troisime partie: Un monde en rseau
(1950-1995).

= Berners-Lee, Tim et Ruetschi, Pierre. "Tim Berners-Lee, inventeur du World
Wide Web poursuit sa rvolution pour le XXIe sicle." Tribune de Genve, 20-21
dcembre 1997, p. 3.

Entretien du journaliste Pierre Ruetschi avec Tim Berners-Lee. Crateur du
World Wide Web au CERN (Laboratoire europen pour la physique des particules) en
1989-90, Tim Berners-Lee est actuellement  la tte du World Wide Web Consortium
(WC3), consortium professionnel international ayant pour tche de dfinir les
normes de dveloppement du Web.

= Buchanan, William. Mastering Global Information Systems. London: Macmillan,
1997. xii, 264 p. ISBN 0-333-68951-8.

Un guide des systmes d'information modernes et des communications de donnes,
avec cinq parties sur les sources d'information numriques et le multimdia,
Internet, le Web et Java, les rseaux locaux, les rseaux  grande chelle et la
vidoconfrence.

= Cotton, Bob and Oliver, Richard. The Cyberspace Lexicon: An Illustrated
Dictionary of Terms From Multimedia to Virtual Reality. London: Phaidon Press,
1994. 224 p. ISBN 0-71-48-3267-7.

Un guide  travers le ddale des technologies existantes ou mergentes. Un peu
ancien puisqu'il date de 1994, il conserve un certain intrt du fait de ses
trs belles illustrations.

= Dahl, Andrew and Lesnick, Leslie. Internet Commerce. Indianapolis, Indiana:
New Riders Publishing, 1996. xii, 382 p. ISBN 1-56205-496-1.

Comment mettre en place et grer l'change de monnaie lectronique, que ce
soit la construction et le marketing de vitrines numriques ou la
confidentialit et la scurit des transactions de la clientle.

= Dufour, Arnaud. Le cybermarketing: intgrer Internet dans la stratgie
d'entreprise. Paris : PUF, 1997. Coll. Que sais-je ?, n 3186. 127 p. ISBN
2-13-048352-6.

Par l'auteur du Que sais-je? sur Internet, un deuxime titre qui expose les
bases du cybermarketing, les tapes-cls des analyses stratgiques et des
tactiques menant  la ralisation d'un serveur web commercial, ainsi que les
perspectives d'avenir sur l'volution du cybermarketing.

= Dufour, Arnaud. Internet. 5e d. Paris : PUF, 1997. Coll. Que sais-je?, n
3073. 127 p. ISBN 2-13-047469-1.

Les concepts de base, l'histoire et l'volution d'Internet, les services qu'il
offre et les enjeux conomiques et sociaux qu'il sous-tend.

= Dyson, Esther. Release 2.0: A Design for Living in the Digital Age. London:
Viking, 1997. Viii, 307 p. ISBN 0-670-87600-3.

Par la prsidente de EDventure Holdings, socit spcialise dans les
nouvelles technologies de l'information, un livre organis selon les chapitres
suivants: communauts, travail, enseignement, administration, proprit
intellectuelle, contrle du contenu, vie prive, anonymat et scurit. Explore
l'impact et les implications du cyberespace: son effet sur la vie quotidienne,
les responsabilits lies aux nouveaux pouvoirs qu'il nous donne, et les
problmes de fond poss par Internet. Expose les conflits fondamentaux lis au
dveloppement de la communication numrique,  savoir les conflits entre vie
prive et ouverture sociale, scurit et libert, commerce et communaut.

= Filloux, Frdric. "Le Net dans les toiles." Libration, Supplment
Multimdia, 27 fvrier 1998.

Pour acclrer les changes de donnes sur le rseau, plusieurs centaines de
satellites en orbite basse seront lancs par les Amricains et les Europens
d'ici l'an 2002.

= Gates, Bill. La route du futur. 2e d. Paris: Presses Pocket, cop. 1995. 332
p. ISBN 2-266-07515-2.

Une description des autoroutes de l'information du point de vue d'un des
gants de l'informatique. Explique les changements majeurs qu'elles amneront
dans tous les domaines: ducation, travail, loisirs, vie quotidienne... Avec la
collaboration de Nathan Myhrvold et Peter Rinearson. Titre original: The Road
Ahead. Traduction franaise parue  l'origine chez Laffont.

= Gilster, Paul. Digital Literacy. New York: Wiley, 1997. xii, 276 p. ISBN
0-471-16520-4.

Une passionnante valuation critique d'Internet qui procure les lments pour
voluer dans un environnement interactif fondamentalement diffrent des mdias
"passifs" tels que la tlvision ou l'imprim. Voir particulirement le chapitre
6 consacr aux bibliothques numriques (Searching the Virtual Library, p.
155-193).

= Gilster, Paul. The New Internet Navigator. New ed. New York: John Wiley &
Sons, Inc., 1995. xxvii, 735 p. ISBN 0471126942.

Voir en particulier le chapitre 10 (p. 313-344) consacr aux magazines
lectroniques, aux journaux et au Project Gutenberg.

= Guide du routard. Le guide du routard Internet. Paris: Hachette, 1998. Coll.
Guide du routard. 213 p. ISBN 2-01-242669-7.

Un titre de la fameuse collection des Guides du routard, qui propose la
dcouverte de cette nouvelle plante qu'est Internet et donne une foule
d'informations pratiques.

= Huitema, Christian. Et Dieu cra l'Internet. Paris: Eyrolles, 1996. IV, 201 p.
ISBN 2-212-07508-1.

L'histoire d'Internet par le chercheur qui a particip  la premire connexion
Internet en France et qui prsida ensuite l'Internet Architectural Board (IAB).

= Isaacson, Walter and Cooper Ramo, Joshua. "Man of the Year: Andrew Grove."
Time Magazine, 29 Dec. 1997 - 5 Janv. 1998, p. 28-58.

Elu homme de l'anne 1997 par Time Magazine, Andrew Grove dirige Intel,
socit dont les puces lectroniques quipent 90% des ordinateurs dans le monde,
sans compter nombre d'autres machines telles que voitures, appareils
lectro-mnagers, etc.

= Kahn, Annie. "1998, l'anne de la tlvision interactive." Le Monde,
Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 9 fvrier 1998.

Les chanes numriques exploitent de mieux en mieux l'informatique, tandis que
les crateurs de sites web intgrent des crans de tlvision  celui de leur
PC.

= Latrive, Florent. "Hauts dbits pour vieilles lignes tlphoniques."
Libration, Supplment Multimdia, 27 fvrier 1998.

La technologie ADSL (asymmetric digital subscriber line) permet d'utiliser les
fils de cuivre du tlphone pour un accs rapide  Internet.

= Leary, Timothy. Chaos et cyberculture. Paris: Editions du Lzard, 1996. 274 p.
ISBN 2-910718-07-7.

D'aprs le clbre philosophe, le 21e sicle verra l'mergence d'un nouvel
humanisme, dont les ides-force seront la contestation de l'autorit, la libert
de pense et la crativit personnelle, le tout soutenu et encourag par la
vulgarisation de l'ordinateur et des nouvelles technologies de communication.
Titre original: Chaos & Cyber Culture (Berkeley: Ronin Publishing Inc., 1994).

= Lvy, Pierre. "XXIe, sicle des Lumires." Libration, Supplment Multimdia,
16 janvier 1998.

Entretien d'Annick Rivoire avec le philosophe Pierre Lvy sur la cyberculture
et les impacts culturels de la rvolution numrique, suite  la sortie de son
livre Cyberculture: rapport au Conseil de l'Europe (Paris: Editions Odile Jacob,
1998).

= Lvy, Pierre. Cyberculture: rapport au Conseil de l'Europe. Paris: Editions
Odile Jacob, 1998. 313 p. ISBN 2-7381-0512-2.

De la numrisation  la navigation en passant par la mmoire, la
programmation, les logiciels, la ralit virtuelle, le multimdia,
l'interactivit, le courrier lectronique, etc. Une prsentation des nouvelles
technologies, de leur usage et de leurs enjeux.

= Lvy, Pierre. L'intelligence collective: pour une anthropologie du cyberspace.
Paris: La Dcouverte, 1997. 245 p. Coll. La Dcouverte/Poche, Essais, n 26.
ISBN 2-7071-2693-4.

Le projet de l'intelligence collective dans une perspective anthropologique de
longue dure. Le rseau Internet et le multimdia actif ont entran une
mutation dans les modes de communication et l'accs au savoir, mutation qui a
elle-mme engendr le cyberespace, nouveau milieu de communication, de pense et
de travail pour les socits humaines. Publi initialement en 1995 chez le mme
diteur dans la collection Sciences et socit.

= Mauriac, Laurent. "Et Vinton Cerf cra l'Internet." Libration, Cahier
Multimdia, 16 janvier 1998.

Portrait de Vinton Cerf, appel le pre d'Internet parce qu'il est le
co-inventeur du protocole TCP/IP (qui est  la base de tout change de donnes)
avec Bob Kahn en 1974. En 1992, il cre l'Internet Society (ISOC), un organisme
professionnel international non gouvernemental regroupant diffrents groupes
d'intrt pour laborer des solutions permettant de promouvoir le dveloppement
d'Internet.

= Negroponte, Nicolas. L'homme numrique. Paris: Presses Pocket, cop. 1995. 290
p. ISBN 2-07-032946-1.

En sous-titre: "Comment le multimdia et les autoroutes de l'information vont
changer notre vie." Par le directeur du Media Lab du MIT (Massachussets
Institute of Technology), une explication du numrique et de ses champs
d'application que sont le CD-ROM, Internet et les images virtuelles, ainsi
qu'une rflexion sur l'influence des nouvelles technologies sur notre avenir.
Titre original: Being Digital. Traduction franaise parue  l'origine chez
Laffont.

= Nora, Dominique. Les conqurants du cybermonde. Nouv. d. revue. Paris:
Gallimard, 1997. Coll. Folio Actuel, n 52. 530 p. ISBN 2-07-032946-1.

Par un grand reporter du Nouvel Observateur, une enqute de terrain sur la
convergence  l'chelle plantaire entre tlcommunications, informatique et
lectronique, et une tude des dernires technologies en tlcommunications:
Internet, tlvision numrique, mondes virtuels et inforoutes. Paru  l'origine
chez Calmann-Lvy.

= Organisation internationale du Travail (OIT). Colloque sur la convergence
multimdia, Genve, 27-29 janvier 1997: rapport final. Genve: Bureau
international du Travail (BIT), 1997. V, 163 p. (SMC/1997/6).

Malheureusement peu diffus, un document passionnant sur les rapports
qu'entretiennent la socit de l'information et la convergence multimdia avec
le monde du travail: tendances de l'emploi, conditions de travail,
qualifications requises, contrats de travail et relations professionnelles.
Disponible en anglais sous le titre: Symposium on Multimedia Convergence,
Geneva, 27-29 January 1997: Final Report.

= Perroud, Pierre. "Voulez-vous abandonner vos enfants  Big Gate?"
Informatique-Informations (Suisse), n 32, fvrier 1997.

"Les technologies du futur ne sont pas celles qui nous merveillent
aujourd'hui; ce sont celles que l'on ne connat pas et qui sortiront dans six
mois ou dans deux semaines, bouleversant notre existence. Face  cette situation
nous devons fournir  nos lves des moyens pour entrer dans un monde non pas
nouveau, mais en constant renouvellement."

= Sanz, Didier. "ADSL: Internet  grande vitesse." Le Figaro Multimdia, 3
fvrier 1998, p. 26-27.

Grce  la nouvelle technologie ADSL (asymmetric digital subscriber line), la
transmission des donnes s'effectue cent fois plus vite qu'avec les modems
actuels, tout en empruntant les fils tlphoniques standard et en prservant la
circulation de la voix et des tlcopies.

= Wade, Philip et Falkand, Didier. Cyberplante: notre vie en temps virtuel.
Paris: Editions Autrement, 1998. 349 p. Coll. Mutations, n 176. ISBN
2-86260-780-0.

Un panorama passionnant et trs document des problmatiques de ce nouveau
monde, notamment le "micro" et le "macro", les grandes batailles industrielles
et le tissu intime du quotidien, les problmes thiques et juridiques, etc.

#Internet en France

= Latrive, Florent. "Le cble se met au service du Net." Libration, Supplment
Multimdia, 7 novembre 1997.

A Paris et dans plusieurs villes de province, on peut accder au rseau
Internet par la prise de cble de sa tlvision.

= Lassalle, Hlne. "Un rseau mondial qui ignore Paris [2e partie du dossier:
La crise de l'histoire de l'art, en France]." Le Figaro, 8 novembre 1997, p. 32.

Sur la carte des instituts spcialiss dans l'histoire de l'art, la France,
malgr ses traditions et ses trsors, est absente.

= Brianon, Pierre. "Le Net intimide les libraires." Libration, Cahier
Multimdia, 14 novembre 1997.

En France, la vente en ligne de livres tarde  se dvelopper.

= Mauriac, Laurent. "Les citoyens auront leur Web en janvier." Libration,
Cahier Multimdia, 28 novembre 1997.

Annonce le Journal officiel sur le Web pour janvier 1998, ainsi qu'environ 40
codes consolids, 80 lois, de grands arrts de jurisprudence et une rubrique
d'actualit juridique.

= Guissani, Bruno. "Le Minitel n'est pas mort, il bouge encore." Libration,
Cahier Multimdia, 5 dcembre 1997.

"Le Minitel est certainement technologiquement limit. Mais il est tout ce que
l'Internet doit encore devenir. Le cot de l'quipement est proche de zro. Le
systme permet des transactions sres et lgalement fiables. Il garantit un bon
degr de protection personnelle (privacy). Il est simple  utiliser. Et il
gnre des revenus tant pour ses oprateurs que pour les marchands qui s'y
aventurent."

= Kahn, Annie. "La ncessaire mutation de la CNIL" et "Cyberfilature: la preuve
par l'exemple." Le Monde, Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 11 janvier
1998.

Vingt ans aprs sa cration en France, la Commission nationale de
l'informatique et des liberts (CNIL) doit adapter sa mission  Internet.

= Lambert, Bertrand. "Sciences-Po en ligne." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 11 janvier 1998.

Les tudiants de Sciences-Po (Institut d'tudes politiques, Paris) ont cr
Bibelec, bibliothque lectronique dans laquelle leurs travaux sont disponibles
en ligne.

= Peyret, Emmanuelle. "La Poste met le Net sur un plateau." Libration, Cahier
Multimdia, 16 janvier 1998.

Dans le bureau de poste d'Autrans (Isre), La Poste a lanc le projet
Cyberposte dans la rgion du Vercors, un premier pas vers la ralisation du
projet national des 1.000 bureaux Internet.

= Genty, Emmanuel. "Lgifrance met la loi franaise en ligne." Le Monde,
Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 16 fvrier 1998.

Prsentation du site gouvernemental sur lequel on trouve le Code civil, le
Code pnal, la Constitution de la Ve Rpublique et la Dclaration universelle
des droits de l'homme.

= Kahn, Annie. "Les accs publics  Internet se multiplient." Le Monde,
Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 23 fvrier 1998.

"Aprs La Poste et le ministre de la Culture, France Tlcom annonce  son
tour un plan national d'ouverture d'espaces multimdias. Plus spcialement
destins aux tudiants et enseignants, ils offriront galement connexions et
formation  toute personne intresse."

= Genty, Emmanuel. "Les Franais et la micro." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 30 mars 1998.

Une mise au point chiffre qui donne notamment le chiffre de 2,9 millions
d'internautes en France.

= Arteta, Stphane. "Coup de pouce  22 millions." Libration, Cahier
Multimdia, 17 avril 1998.

Le gouvernement dbloque des crdits pour stimuler le dveloppement d'Internet
auprs des bibliothques, des PME (petites et moyennes entreprises) et des
jeunes.

= Genty, Emmanuel. "Multimdia pour tous: appel  projets." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 20 avril 1998.

Lancement d'un programme destin  favoriser l'acquisition de matriel
multimdia pour les petites bibliothques, les tablissements scolaires et les
PME (petites et moyennes entreprises).

#Langues

= Cassen, Bernard. "Parler franais ou la 'langue des matres'?" Le Monde
diplomatique, avril 1994, p. 32.

La situation de la langue franaise face au gant anglais.

= Dfense de la langue franaise. "40 ans de dfense de la langue franaise:
1952-1992." Dfense de la langue franaise, novembre 1992. p. 32.

Avant-propos de Jean Dutourd, de l'Acadmie franaise, pour ce numro spcial
de Dfense de la langue franaise, qui prsente en un volume les articles les
plus significatifs choisis dans les 163 numros parus depuis 40 ans. Au
sommaire: les origines, les ennemis de la langue franaise, volution et bon
usage, le franais dans le monde, miscellanes.

= Le Monde. "Welcome sur 'Babel.Web'." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 28 dcembre 1997.

Le service de traduction gratuit et instantan d'AltaVista lve la barrire de
la langue sur Internet puisqu'il peut traduire les pages web de langue anglaise
en allemand, espagnol, franais, italien et portugais, et vice versa.

= Saint-Hilaire, Herv de. "Maurice Druon: 'L'Acadmie bientt sur Internet!'"
Le Figaro, 5 dcembre 1997, p. 32.

Annonce de l'ouverture du site de l'Acadmie franaise. Ce site permettra la
consultation en ligne du fameux Dictionnaire et le suivi des remises  jour du
vocabulaire.

#Presse

= Brianon, Pierre. "Bill Clinton et Monika Lewinski: le Web mne la danse."
Libration, Cahier Multimdia, 30 janvier 1998.

"Venu du Web, le scandale qui branle la prsidence Clinton est entretenu par
les rvlations plus ou moins srieuses des milliers de sites qui s'y
intressent. Obligeant les autres mdias  courir derrire le rseau de
l'information."

= Genty, Emmanuel. "Lgifrance met la loi franaise en ligne." Le Monde,
Supplment Tlvision-Radio-Multimdia, 16 fvrier 1998.

"L'accs gratuit au Journal officiel ne donne qu' moiti satisfaction  ceux
qui militent pour une diffusion des donnes publiques sur la Toile."

= Mauriac, Laurent. "Mariage de la presse sur le Web." Libration, Cahier
Multimdia, 27 juin 1997.

Le site rdactionnel NewsWorks regroupe neuf groupes de presse des Etats-Unis
traditionnellement concurrents (N.B. Ce site fut ferm en mars 1998).

= Mauriac, Laurent. "La presse en retard d'un Net." Libration, Cahier
Multimdia, 21 mars 1997.

"Les quotidiens, s'ils sont prsents sur le rseau, ne font que reproduire en
ligne leurs articles. Ce sous-dveloppement, que souligne un rapport remis au
gouvernement [franais], tient  l'absence de rflexion de la presse sur le
nouveau mdium."

= Maurice, Antoine. "Les mtiers de l'information devront dfendre leur
libert." Tribune de Genve, 28 fvrier - 1er mars 1998, p. 37.

Avec l'informatisation et Internet, la presse doit repenser srieusement son
rle. Article en quatre parties: les rvolutions technologiques, des
communications de masse sans masse, les nouvelles frontires de l'indpendance,
et le journaliste du sicle qui vient.

= Montelh, Bernard. "Havas ouvre son kiosque sur le Web." Le Monde, Supplment
Tlvision-Radio-Multimdia, 8 mars 1998.

Les articles de tous les titres du Groupe Havas, plus ceux de l'hebdomadaire
Le Point et du quotidien Les Echos, vont tre disponibles en ligne sur le site
Infos On Line moyennant un abonnement (correspondant  5 FF par article). (N.B.
L'ouverture de ce site a t retarde.) Havas propose aussi un deuxime site,
Infos Graphiques On Line, consacr  l'information en images.

= Pelletier, Mario. "L'inforoute abolira-t-elle le journaliste?" Forces
(Canada), n 115, 1997.

L'explosion d'Internet a entran "tous les mdias, et particulirement la
presse crite, dans une spirale de changements dont on ne peut encore prdire
l'aboutissement. De fait, la Toile est devenue un omnimdia d'o merge
rapidement une nouvelle forme de journalisme,  la fois plus efficace et plus
exigeant."

#Proprit intellectuelle

= France (Rpublique franaise). "Code de la proprit intellectuelle (partie
lgislative). Premire partie: la proprit littraire et artistique." Journal
officiel de la Rpublique franaise, 3 juillet 1992, p. 8802-8813.

Document annex  la loi n 92-597 du 1er juillet 1992.

#Terminologie

= The Hutchinson Dictionary of Computing, Multimedia, and the Internet. Oxford:
Helicon, 1997. xv, 272 p. ISBN 1-85986-159-8.

1.400 mots et expressions par ordre alphabtique, complts par un index
thmatique, des articles de journalistes spcialiss et des illustrations
permettant de clarifier une technologie complexe.

= Leterre, Thierry. "Ces mots qui s'en 'ml'." Libration, Supplment
Multimdia, 14 novembre 1997.

D'aprs l'auteur, contrairement au vocabulaire anglo-saxon, le vocabulaire
franais de l'informatique traduit une conception autoritaire du cyberespace et
dnote un pessimisme technologique.


12. SELECTION DE SITES WEB


Voici la slection de 130 sites web qui a servi de base  cette tude.

= ABU: la bibliothque universelle

Cre en 1993, une cyberbibliothque permettant l'accs libre au texte
intgral d'oeuvres du domaine public francophone avec 223 textes et 76 auteurs.
[franais]

= AcqWeb's Directory of Publishers and Vendors

Un rpertoire d'diteurs et de vendeurs situ sur le site de l'Universit de
Vanderbilt (Tennessee, USA). [anglais]

= Agence de la Francophonie

Cre en 1970 pour regrouper 21 tats francophones, l'Agence de la
Francophonie en compte aujourd'hui 47. "Instrument de coopration multilatrale
ne d'un idal, celui de crer une communaut qui fasse entendre sa voix dans le
concert des nations, elle participe aujourd'hui  l'avnement d'un Secrtariat
gnral de la Francophonie." [franais]

= Agence France-Presse (AFP)

L'information mondiale par la grande agence de presse franaise. Propose
galement des liens avec la presse franaise (titres nationaux, journaux
rgionaux, chanes de tlvision, radios et journaux lectroniques) et la presse
francophone des pays suivants: Belgique, Canada, Hati, Madagascar, Maroc,
Suisse et Tunisie. [franais, anglais, allemand, arabe, espagnol et portugais]

= AJR NewsLink

Ralisation commune de l'American Journalism Review et de NewsLink, un site
passionnant qui, outre des articles trs documents, propose des liens avec un
nombre impressionnant de journaux et magazines, associations de journalistes,
ressources pour les journalistes, etc. [anglais]

= Alapage

Librairie en ligne franaise avec un catalogue de 400.000 livres, CD et
vidos. [franais, anglais]

= Alexandrie

Base au Qubec, une grande cyberbibliothque qui se voulait le carrefour de
toutes les ressources textuelles numrises disponibles en franais. Ce site a
malheureusement disparu. [franais]

= Alice.it

"Il libro nella rete." Une cyberlibrairie italienne. [italien]

= AltaVista

Moteur de recherche avec recensement et classement des sites entirement
automatiss, contrairement aux annuaires comme Yahoo!, qui utilisent le cerveau
humain pour ces tches. Permet aussi la recherche d'images et la recherche par
sujets. Depuis dcembre 1997, AltaVista Translation propose un service de
traduction automatise des sites anglophones vers l'allemand, l'espagnol, le
franais, l'italien et le portugais, et vice versa. [anglais]

= Amazon.com

Fonde en juillet 1994 par Jeffrey P. Bezos, la plus grande cyberlibrairie du
monde avec ses 3 millions de livres, CD, DVD, jeux informatiques, etc., et ses 3
millions de clients dans plus de 160 pays. Le site offre aussi un vritable
magazine littraire, ainsi que des extraits de livres, des entretiens avec des
auteurs, des commentaires de lecteurs, des conseils de lecture, etc. [anglais]

= American Society for Information Science (ASIS)

Cre en 1937, l'ASIS est une association de recherche regroupant 4.000
professionnels de l'information, avec pour but de favoriser les nouvelles
thories, techniques et technologies pour amliorer l'accs  l'information.
[anglais]

= Annuaire de l'UREC

Maintenant historique, le premier annuaire des sites web franais, mis  jour
entre janvier 1994 et juillet 1997 par l'Unit Rseaux du CNRS (UREC), a t un
instrument inapprciable  la disposition de la communaut francophone. Par la
suite, il est devenu un annuaire consacr  l'enseignement suprieur et la
recherche. [franais]

= ARTFL Project

Accessible par abonnement, une base de donnes de 2.000 textes du 13e au 20e
sicle concernant la littrature, la philosophie, les arts ou les sciences. Elle
est un projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS,
France) et de l'Universit de Chicago (Illinois, USA). [anglais, franais
uniquement pour la prsentation]

= Association des bibliothcaires franais (ABF)

Fonde en 1906 et reconnue d'utilit publique en 1969, l'ABF, avec ses 3.500
adhrents, est la plus ancienne et la plus importante association de
bibliothcaires en France. Elle regroupe des bibliothcaires de tous types
d'tablissements et de toutes catgories. [franais]

= Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS)

Trois grandes rubriques : vie associative, vie professionnelle, produits et
services. [franais, anglais]

= Association for Computing Machinery (ACM) Digital Library

Cre en octobre 1997 par l'Association for Computing Machinery (ACM),
organisme scientifique et de recherche international, un ensemble d'informations
bibliographiques et de textes d'articles, ainsi qu'une section consacre aux
cyberbibliothques et  la recherche d'information. [anglais]

= Association for Research Libraries (ARL)

Une organisation  but non lucratif regroupant les bibliothques des
institutions de recherche nord-amricaines afin d'tre un forum pour les
changes d'ides et un agent pour l'action collective, cette action consistant 
dvelopper la communication dans le domaine de la recherche. [anglais]

= Athena

Rattache au site de l'Universit de Genve (Suisse), une cyberbibliothque
proposant 8.000 documents en plusieurs langues dans les domaines suivants:
philosophie, sciences, textes classiques, littrature, histoire, conomie, etc.
A galement pour objectif de mettre des textes franais  la disposition de la
communaut Internet. La section Helvetia concerne les livres sur la Suisse.
Liens avec de nombreuses autres cyberbibliothques. [anglais, franais]

= Barnesandnoble.com

En mai 1997, le grand libraire des Etats-Unis a ouvert son site pour la vente
en ligne, faisant ainsi directement concurrence  la cyberlibrairie Amazon.com.
[anglais]

= Berkeley Digital Library SunSITE

Financ par la Bibliothque de l'Universit de Berkeley (Californie, USA) et
Sun Microsystems, le site des collections et services lectroniques de la
Berkeley Digital Library, qui procure aussi des informations et des conseils
pour crer une cyberbibliothque. [anglais]

= Bibelec

Ralise par les tudiants de Sciences-Po (Institut d'tudes politiques,
Paris), la premire cyberbibliothque franaise en sciences sociales
exclusivement ralise par des tudiants. [franais]

= BIBLINK

Le projet BIBLINK fut lanc en avril 1996 par le Programme d'applications
tlmatiques de l'Union europenne. Son but est d'tablir des liens entre les
agences bibliographiques nationales et les diteurs de documents lectroniques
afin de contribuer  la cration d'un service bibliographique qui fasse
autorit. [anglais]

= Biblio-fr

Modre par Herv Le Crosnier, professeur  l'Universit de Caen (Normandie),
une liste de diffusion qui regroupe bibliothcaires et documentalistes
francophones, et toute personne intresse par la diffusion lectronique de
l'information documentaire. [franais]

= Biblio On Line

Cr par Quick Soft Ingnierie, un service franais d'informations culturelles
sur Internet. Propose des forums de discussion, un annuaire Internet, des
informations sur les bibliothques, des informations par rgion, la liste des
vnements culturels et un guide Internet. BiblioPresse propose 90.000
rfrences d'articles dans 110 titres de la presse franaise, avec recherche
possible par titre, thme, revue et anne. [franais]

= Bibliothque de l'Office des Nations Unies  Genve (ONUG)

Un des grands centres europens pour l'tude de sujets internationaux, par
exemple le dsarmement, l'conomie, les droits de l'homme, le droit
international et les vnements d'actualit. Depuis juillet 1997, ses lecteurs
disposent d'un cyberespace de 24 postes informatiques avec CD-Rom en rseau et
connexion  Internet, auquel s'est ajout un deuxime cyberespace de 6 postes en
avril 1998. [franais, anglais]

= Bibliothque lectronique de Lisieux (La)

A l'initiative d'Olivier Bogros, directeur de la Bibliothque municipale de
Lisieux (Normandie), une bibliothque lectronique qui propose chaque mois la
version intgrale d'une oeuvre littraire. Le site comprend galement les
oeuvres littraires des mois prcdents, un choix d'oeuvres courtes du 19e
sicle, une slection du fonds documentaire et du fonds local, et enfin un choix
de sites normands et sites littraires. [franais]

= Bibliothque municipale de Lyon

Un site bilingue qui prsente la bibliothque et ses collections, les services
en ligne, les expositions, le calendrier culturel, les infos pratiques et une
slection de sites Internet. [franais, anglais]

= Bibliothque nationale de France (BnF)

Neuf rubriques au menu de la page d'accueil: nouveau (les nouvelles
manifestations culturelles), connatre la BnF, les actualits culturelles, les
expositions virtuelles, des informations pratiques, l'accs aux catalogues de la
BnF, l'information professionnelle (conservation, dpt lgal, produits
bibliographiques, etc.), la bibliothque en rseau (francophonie, coopration
nationale, coopration internationale, etc.), et les autres serveurs
(bibliothques nationales, bibliothques franaises, universits, etc.). Permet
aussi l'accs  Gallica, la bibliothque lectronique de la BnF. [franais,
anglais]

= Bibliothque publique d'information (BPI)

La grande bibliothque parisienne multimdia en libre accs, au coeur du
Centre national d'art et de culture Georges Pompidou. Au menu sur fond trs
color: accueil BPI, organisation, catalogue, guides et outils, programmation,
formations, publications, courrier et sites web. Propose notamment un accs
direct aux catalogues des bibliothques franaises et l'Oriente-Express, un
rpertoire d'adresses de bibliothques et de centres de documentation situs 
Paris ou dans la rgion parisienne. [franais]

= Blackwell's Book Services

Un fournisseur de livres, abonnements, bases de donnes bibliographiques et
services de contrle d'autorits  destination des bibliothques du monde
entier. [anglais]

= Branchez-vous!

Magazine permettant de suivre de prs l'actualit de l'Internet francophone
puisqu'il recense et commente tous les nouveaux sites. Il comprend aussi une
rubrique sur des sites consacrs  un vnement de l'actualit, une prsentation
de logiciels et une slection des cent meilleurs sites francophones. [franais]

= British Library (The)

Le serveur de la bibliothque nationale du Royaume-Uni. Au menu, infos en
ligne, collections, expositions, bibliothque numrique, services et
renseignements. Lanc en mai 1997, l'OPAC 97 permet l'accs direct aux
catalogues des principales collections de la British Library  Londres et Boston
Spa. [anglais]

= Chapitre.com

Cyberlibrairie franaise qui propose une librairie de 350.000 titres, une
bouquinerie, un choix d'diteurs, des liens avec mille sites littraires et
culturels, un espace pour les enfants et une revue des littratures intitule
Tte de chapitre. [franais, anglais]

= Chroniques de Cybrie (Les)

Trs pris des cybernautes francophones, le bulletin hebdomadaire de
Jean-Pierre Cloutier. Aprs une interruption entre octobre 1997 et avril 1998
pour des raisons budgtaires, les Chroniques sont dsormais situes sur le site
du Webdo de Lausanne pendant les deux semaines suivant leur publication. Elles
rejoignent ensuite le site qubcois initial, qui contient les archives et le
moteur de recherche interne. [franais]

= Chronologie littraire 1848-1914

Oeuvre de Patrick Rebollar, professeur de franais, de littrature franaise
et d'applications informatiques install  Tokyo, cette chronologie par anne
propose, outre des liens avec les oeuvres publies cette anne-l, des notes
historiques, politiques et sociales, des informations scientifiques, mdicales
et technologiques, et des informations sur le monde littraire. Les bookmarks de
Patrick Rebollar proposent aussi de nombreux liens vers des sites littraires
francophones. [franais]

= ClicNet

Sur le site de l'Universit de Swarthmore (Pennsylvanie, USA), ClicNet dite
ou localise des ressources virtuelles en franais pour les tudiants, les
enseignants de franais langue trangre, et tous ceux qui s'intressent aux
cultures, aux arts et aux littratures francophones. [franais]

= Club des potes

Site de posie francophone qui souhaite la "bienvenue en territoire de posie
de la France au Chili, de Villon jusqu' de jeunes potes contemporains, en
passant par toutes les grandes voix de la posie de tous les temps et de tous
les pays". [franais]

= Commission nationale de l'informatique et des liberts (CNIL)

Site de l'organisme public franais charg de veiller  l'application de la
loi "Informatique et libert" (loi n 78-17 du 6 janvier 1978), notamment en ce
qui concerne le respect de la vie prive du citoyen dans l'utilisation des
fichiers informatiques, et qui adapte maintenant sa mission  Internet.
[franais]

= Corbis

Cr en 1989 par Bill Gates, patron de Microsoft, un ensemble d'images
numriques de grande qualit (25 millions d'images, dont 1,4 million en ligne en
dcembre 1998) afin de constituer des ressources d'information visuelle 
l'chelon international. Tout en dveloppant ses collections et le marketing de
celles-ci, Corbis est aussi une plate-forme d'innovation pour la mise en place
de normes industrielles de reproduction et la protection de la proprit
intellectuelle  l're numrique. [anglais]

= Dawson

Ce fournisseur pour le traitement de l'information (abonnements, livres et
nouveaux supports) dispose d'une section franaise: Dawson France. [anglais,
franais, espagnol]

= Dlgation gnrale  la langue franaise (DGLF)

La DGLF a les missions suivantes: veiller  l'emploi et  la promotion du
franais en France, favoriser son utilisation comme langue de communication
internationale et dvelopper le plurilinguisme, garant de la diversit
culturelle. [franais]

= Dialog Web

Le serveur web pour accder  la base Dialog de Knight-Ridder Information, qui
regroupe 450 bases de donnes dans les domaines suivants: monde de l'entreprise,
industrie, actualit nationale, gouvernementale et internationale, droits et
brevets, chimie, environnement, sciences et techniques, et information gnrale
de rfrence. [anglais]

= Digital Library Technology (DLT)

Le projet DLT soutient le dveloppement de nouvelles technologies permettant
de faciliter l'accs public aux informations de la NASA (National Aeronautics
and Space Administration) par les rseaux informatiques, particulirement les
technologies dveloppant outils, applications, matriel informatique et
logiciels rpondant  l'volution des besoins des usagers et  l'augmentation
norme des demandes d'accs. [anglais]

= Digital Object Identifier (DOI) System

Gr par l'International DOI Foundation, organisme  but non lucratif dont le
but est d'analyser les besoins des organismes dfendant la proprit
intellectuelle dans l'environnement virtuel grce  la cration et  la gestion
du DOI System (dfinition des lignes d'action, choix des fournisseurs de
services et contrle du systme mis en place). [anglais]

= D-Lib Magazine

Financ par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), le magazine
de la recherche sur les cyberbibliothques, avec l'actualit mensuelle, des
commentaires, des discussions et un ensemble de ressources pour la recherche.
[anglais]

= Ecole nationale suprieure des sciences de l'information et des bibliothques
(ENSSIB)

Sur la page d'accueil, deux parties. La premire partie est consacre 
l'Ecole elle-mme: l'ENSSIB en quelques mots, le bottin de l'ENSSIB, les
formations, la recherche, les concours et les relations internationales. La
deuxime partie propose la consultation de documents: politique documentaire et
ditoriale de l'ENSSIB, catalogue de la bibliothque, Bulletin des bibliothques
de France (BBF), documents en texte intgral, catalogues des bibliothques
francophones, sites hbergs par l'ENSSIB, et slection d'autres sites.
[franais, anglais]

= Edilib

Liste des diteurs, libraires et diffuseurs francophones propose par la
bibliothque du CHU (centre hospitalier universitaire) de Rouen (Normandie).
[franais]

= Editeurs francophones

Se dcrit comme "un espace convivial o vous, lecteurs du monde entier,
pourrez faire connaissance avec les maisons d'dition, dcouvrir un univers o
la culture francophone a toute sa place: actualits du livre, dossiers
thmatiques, rencontres avec des crivains... de multiples opportunits pour
susciter l'intrt et la curiosit". [franais]

= Editions 00h00.com

Cres en 1998, les ditions 00h00.com (prononcer: zro heure) marquent la
vritable naissance de l'dition en ligne. "Le succs de l'dition en ligne ne
dpendra pas seulement des choix ditoriaux : il dpendra aussi de la capacit 
structurer des approches neuves, fondes sur les lecteurs autant que sur les
textes, sur les lectures autant que sur l'criture, et  rendre immdiatement
perceptible qu'une aventure nouvelle a commenc." [franais, anglais]

= E.Journal

Une base de donnes de journaux lectroniques rpartis dans les catgories
suivantes: journaux universitaires, lettres d'information par messagerie
lectronique, magazines et journaux, journaux politiques, journaux imprims,
journaux par sujets, journaux sur le monde des affaires, et autres ressources.
[anglais]

= Electronic Frontier Foundation (EFF)

Un organisme  but non lucratif de dfense des liberts civiles, qui oeuvre
dans l'intrt public pour protger le respect de la vie prive, la libert
d'expression, l'accs en ligne de l'information publique et la responsabilit
civile dans les nouveaux mdias. [anglais]

= Electronic Newstand

Propose des liens vers des centaines de magazines et permet aussi la recherche
d'articles. [anglais]

= Electronic Text Center

L'Electronic Text Center de l'Universit de Virginie (USA) archive des
milliers de textes lectroniques au format SGML (standard generalized markup
language), dont certains du domaine public, ainsi que des logiciels permettant
la cration et l'analyse de textes. Douze langues sont reprsentes, dont le
franais avec French Texts and Language Resources. [anglais]

= ETEXT Archives (The)

Cres en 1992, les ETEXT Archives regroupent des textes lectroniques "qui
vont du texte sacr au texte profane ou du texte politique au texte personnel",
et les met  la disposition du public sans juger de leur contenu. [anglais]

= E-Zine-List

La liste de John Labovitz sur les magazines lectroniques du monde entier,
soit 3.045 e-zines accessibles par Internet, FTP, gopher, messagerie
lectronique, etc. [anglais]

= FNAC

Le site d'une grande chane franaise de librairies, qui se veut  la fois
dfricheur, agitateur culturel et commerant, de par sa politique commerciale
fonde sur l'alliance avec le consommateur, sa vocation culturelle et sa volont
de dcouvrir les nouvelles technologies. Inclut une librairie en ligne et une
rubrique prsentant l'actualit culturelle. [franais]

= France Antiques

Spcialiste franais d'antiquits et de livres anciens. Hberge notamment
plusieurs sites de librairies et de catalogues de livres anciens. [franais,
anglais]

= France Edition

Site de l'organisme de promotion de l'dition franaise  l'tranger. Propose
notamment un annuaire des diteurs adhrents. [franais]

= France Loisirs

Le club franais bien connu prsente son catalogue: CD, vidos, livres,
magazines, tirages et appareils photo, etc. On peut aussi adhrer au club en
ligne et passer commande en ligne. Au printemps 1998, on pouvait galement
participer au premier roman interactif francophone lanc  l'occasion de la fte
d'Internet les 21 et 22 mars 1998. [franais]

= FRANTEXT

Accessible par abonnement, FRANTEXT est la base textuelle prpare par
l'Institut national de la langue franaise (INaLF). La base comprend 180
millions de mots-occurrences rsultant du traitement informatique d'une
collection reprsentative de 3.500 units textuelles en arts, sciences et
techniques sur cinq sicles (16e-20e sicles). [franais]

= Gabriel

Acronyme de: Gateway and Bridge to Europe's National Libraries, Gabriel est le
serveur des bibliothques nationales europennes. Au menu, des informations
gnrales, ce qui est nouveau  Gabriel, un guide regroupant les bibliothques
par pays, un guide regroupant les bibliothques par genre de services, des
nouvelles des bibliothques nationales europennes, et des projets communs  ces
bibliothques. [anglais, franais, allemand]

= Gallica

Inaugure en 1997, la cyberbibliothque de la Bibliothque nationale de France
(BnF) propose les images et textes du 19e sicle francophone. Elle est aussi un
serveur exprimental qui a pour fonction de prfigurer la consultation 
distance de l'ensemble des collections numrises de la BnF (dans un premier
temps, 100.000 volumes et 300.000 images fixes). [franais]

= I*m Europe

Service de la Commission europenne prsentant l'information la plus rcente
sur les marchs europens du multimdia et les centres d'information
lectronique. Propose notamment une section sur les ressources des bibliothques
sur le Web (Library Resources on the Web) et une section sur la tlmatique pour
les bibliothques (Telematics for Libraries). [anglais, documents dans les onze
langues europennes]

= Infos Graphiques On Line

L'information explique en images dans un site co-dit par Havas Interactive
et l'Agence JSI, avec des infographies disponibles par abonnement. Les thmes:
culture, conomie, France, monde, sciences, social, socit, sports, vie
quotidienne, clin d'oeil, comment a marche. Recherche possible par thme ou par
priode (jour, semaine, mois, et archives). [franais]

= Infos On Line

Prvue en mars 1998, l'ouverture de ce site a t retarde. Il sera le service
en ligne des publications du groupe franais Havas,  savoir 01 Informatique,
Agro-distribution, L'Entreprise, L'Expansion, L'Express, La France agricole, Le
Moniteur des travaux publics et du btiment, La Revue de l'leveur laitier, La
Revue de l'industrie agro-alimentaire, L'Usine nouvelle, La Vie franaise et La
Vigne, auxquels il faut ajouter les articles de l'hebdomadaire Le Point et ceux
du quotidien Les Echos, soit plus de 100.000 articles accessibles grce  un
moteur de recherche multicritres proposant une liste d'articles avec rsum.
L'abonnement minimal sera de 50 FF pour 10 articles. [franais]

= Institut national de la langue franaise (INaLF)

L'INaLF est une branche du CNRS (Centre national de la recherche scientifique,
France). Ses recherches portent sur la langue franaise sous tous ses aspects,
notamment le discours littraire du 14e au 20e sicle (contenu, smantique et
thmatique), la langue courante (langue crite, langue parle et argot), le
discours scientifique et technique et ses ressources terminologiques. [franais]

= International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA)

Organisme international indpendant  destination des bibliothcaires du monde
entier, l'IFLA se veut un carrefour pour changer des ides et promouvoir la
coopration internationale et la recherche dans tous les secteurs d'activit des
bibliothques. Ses objectifs sont de reprsenter les bibliothcaires au niveau
international, promouvoir la formation continue du personnel, dvelopper et
mettre en oeuvre de nouvelles directives. Voir notamment la section rassemblant
des documents lectroniques sur ces diffrents sujets. [anglais]

= Internet Bookshop (iBS)

Situe au Royaume-Uni, la plus grande librairie d'Europe avec 1,4 million de
titres publis par plus de 150 diteurs du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
[anglais]

= Internet Public Library (IPL)

La premire bibliothque publique d'Internet et pour Internet. Propose
notamment une cyberbibliothque de 20.166 documents catalogus et rsums. En
tant que bibliothque exprimentale, l'IPL s'efforce aussi de dcouvrir et
promouvoir les projets les plus intressants concernant les bibliothcaires et
Internet. [anglais]

= Internet Society (ISOC)

Cre en 1992 par Vinton Cerf, l'Internet Society est un organisme
professionnel international non gouvernemental regroupant diffrents groupes
d'intrt pour laborer des solutions permettant de coordonner et promouvoir le
dveloppement d'Internet. Compte 100 organismes et 6.000 membres individuels
dans 150 pays, ainsi qu'une branche franaise. [anglais]

= Itinraires: le monde en mmoire

Une librairie parisienne qui propose tous les ouvrages permettant de prparer,
accompagner et prolonger un voyage: guides, cartes, manuels de conversation,
ouvrages d'histoire, de civilisation, d'ethnographie et de religion, reportages,
rcits de voyage, livres de cuisine, oeuvres de littrature trangre, livres
d'art et de photographie. Couvre plus de 160 pays, soit environ 250
destinations. [franais, anglais]

= Journal officiel (Le)

En ligne depuis janvier 1998, le texte intgral du Journal officiel et ses
archives rcentes. [franais, anglais, allemand]

= Journaux sur le Web (Les)

Ralis par Webdo, un rpertoire trs complet des journaux sur le Web, qui
recense pratiquement tous les quotidiens et magazines non spcialiss dans le
monde, ainsi que les magazines lectroniques et les chanes ou les missions de
tlvision. [franais]

= Lgifrance

Site officiel franais permettant la consultation en ligne du Journal officiel
depuis janvier 1998, ainsi qu'une quarantaine de codes tels que le Code civil ou
le Code pnal, les grandes dcisions de jurisprudence et les textes de base
comme la Constitution de la Ve Rpublique ou la Dclaration universelle des
droits de l'homme. La page d'accueil propose cinq grandes rubriques: la
Constitution, la loi, la jurisprudence, le droit europen et l'actualit
juridique. [franais]

= LEXIS-NEXIS

Un fournisseur international de services d'information et d'outils de gestion
en ligne (sur Internet, CD-ROM et papier)  l'intention des professionnels du
droit, de l'actualit et des affaires. Avec des clients dans plus de soixante
pays, la socit fait partie de Reed Elsevier, grande socit londonienne
d'dition et d'information. [anglais]

= Libration

Le site web d'un des grands quotidiens franais. Propose la Une du quotidien,
des dossiers, le Cahier Livres, la rubrique Multimdia, des forums de
discussion, etc. [franais]

= Librairie Garneau

Site de la Librairie Garneau, fonde en 1844 et devenue la plus grande chane
de librairies francophones au Canada, avec une excellente cyberlibrairie depuis
avril 1998. [franais]

= Library 2000

Histoire du projet du MIT Laboratory for Computer Science (MIT: Massachussets
Institute of Technology, USA) entre octobre 1995 et octobre 1997. Library 2000
tait un projet de recherche sur les systmes informatiques permettant le
stockage en ligne  grande chelle, en utilisant comme exemple la future
bibliothque lectronique. Il s'agissait d'un projet pragmatique, qui a permis
de dvelopper un prototype utilisant la technologie et les configurations de
systmes conomiquement faisables en l'an 2000. [anglais]

= Library of Congress

Le site de la bibliothque nationale des Etats-Unis, qui est la plus grande
bibliothque au monde avec ses millions de livres, priodiques et ressources
multimdia, rpertoris dans son catalogue en ligne. [anglais]

= LibWeb: Library Servers via WWW

Les serveurs de bibliothques recenss par la Digital Berkeley Library
(Californie, USA). Un rpertoire de 2.500 sites web de bibliothques dans plus
de 70 pays. [anglais]

= Links to Electronic Book and Text Sites

Par OmniMedia Digital Publishing, une liste de liens vers les serveurs de
livres et textes lectroniques. [anglais]

= Literary Resources on the Net

Le site de John Lynch, docteur en littrature anglaise  l'Universit de
Pennsylvanie (USA), qui classe les ressources littraires sur le Net en fonction
des catgories suivantes: priode classique et biblique, priode mdivale,
Renaissance, 18e sicle, priode romantique, priode victorienne anglaise, 20e
sicle anglais et irlandais, thtre et drame, thorie, littrature fminine et
fminisme, ethnies et nationalits, autres littratures nationales,
bibliographie et histoire du livre, hypertextes et divers. [anglais]

= Livre en ligne

Librairie en ligne franaise avec un catalogue de 350.000 titres. [franais]

= Livre.net

Propose  ses abonns, essentiellement des professionnels du livre, une base
de donnes bibliographiques contenant plus de 300.000 rfrences et la
consultation de cinq annuaires professionnels (bibliothques, diffuseurs,
distributeurs, diteurs et librairies). En libre accs, des conseils pour crire
et publier, les revues littraires et les concours littraires. [franais]

= Livre-rare-book

Gr par Pascal Chartier, de la Librairie du Bt d'Argent (Lyon), un catalogue
de livres anciens regroupant les catalogues de plusieurs librairies de la
rgion, et un annuaire lectronique international des librairies de livres
d'occasion. [franais, anglais, italien, allemand]

= Logos

Socit de traduction internationale dont le sige est  Modne (Italie),
Logos propose en accs libre une base de donnes de 553 glossaires (Linguistic
Resources), un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entres en 31 langues
(Multilingual Dictionary), complt par la conjugaison des verbes en 17 langues
(Conjugation of Verbs), et une bibliothque multilingue (Wordtheque) avec
recherche par mot dans une base de donnes de 328 millions de termes appartenant
 des romans, documents techniques et textes traduits. [anglais]

= Maison de la Francit

Association belge  but non lucratif subventionne depuis 1976 par la
Commission communautaire franaise, la Maison de la Francit prsente la ralit
socio-linguistique de Bruxelles, seconde capitale internationale de langue
franaise aprs Paris, et elle agit pour la dfense et la promotion de la langue
franaise  Bruxelles et au sein de la Communaut franaise Wallonie-Bruxelles.
[franais]

= MediaFinder

Tenu  jour par Oxbridge Communications Inc., une base de donnes regroupant
100.000 magazines, lettres d'information, catalogues, priodiques, etc., ainsi
qu'un service permettant de s'abonner ou de passer des annonces. [anglais]

= Michigan Electronic Library (MEL)

Une bibliothque lectronique trs intressante, particulirement la section
sur les bibliothques et sciences de l'information (Libraries and Information
Science), et celle sur l'actualit, les mdias et les priodiques (News, Media
and Periodicals). [anglais]

= Micro Bulletin Actu (Le) (LMB Actu)

Une cyber-revue hebdomadaire du Centre national de la recherche scientifique
(CNRS, France), qui se prsente comme "l'hebdomadaire Internet immatriel et
francophone", et qui est la rfrence franaise dans le domaine des technologies
de l'information. Diffus gratuitement par messagerie lectronique chaque jeudi
matin, il est ensuite archiv sur le site web. Il complte Le Micro Bulletin,
revue papier destine aux utilisateurs de l'informatique dans la recherche.
[franais]

= Ministre de la Culture et de la Communication

Site du ministre franais qui s'articule autour de sept rubriques: ministre,
rgions, vnements culturels, expositions virtuelles, bases de donnes,
documentation, et guide de l'Internet culturel. [franais, anglais]

= Monde (Le)

Site d'un grand quotidien franais qui propose les dossiers en ligne, le
journal complet avant 17 h (abonnement payant), l'actualit avec l'AFP (Agence
France-Presse), et des rubriques sur les livres, les nouvelles technologies,
etc. [franais]

= Monde diplomatique (Le)

Accs  l'ensemble des textes (depuis janvier 1994) de ce journal de
rfrence, par date, sujet ou pays. [franais]

= MultiMania

"Le premier site de communaut francophone." Issu de la fusion entre deux
pionniers de l'Internet franais - Mygale et The (Virtual) Baguette - MultiMania
propose  tout internaute 12  20 Mo gratuits pour crer son site web, avec aide
et services  l'appui. [franais]

= Multimdium

Cyberquotidien qubcois des nouvelles technologies de l'information.
Vritable mine de renseignements, il prsente l'actualit internationale  base
d'articles courts renvoyant aux sources ou menant vers des informations
complmentaires sur d'autres sites. Propose notamment Infos techno, qui est une
slection de revues informatiques francophones et anglophones. [franais]

= Mygale

Un serveur web franais qui a rendu d'immenses services  la communaut
Internet franaise puisqu'il offrait au public et aux associations  but non
lucratif une bote aux lettres lectronique et un hbergement gratuit de sites
sur un espace disque de 10 Mo (puis 20 Mo au bout d'un an). Mygale a fusionn
avec The (Virtual) Baguette pour crer MultiMania, qui offre le mme type de
services. [franais]

= NewsWorks

Ouvert entre fvrier 1997 et mars 1998, le site en ligne du New Century
Network, qui regroupait neuf des plus grands groupes de presse des Etats-Unis,
traditionnellement concurrents (Advance Publications, Cox Newspapers, The
Gannett Company, The Hearst Corporation, Knight-Ridder Inc., The New York Times
Company, Times Mirror, The Tribune Company et The Washington Post Company). Le
site fut ferm un an aprs son ouverture suite aux tensions et divergences de
vue des partenaires. [anglais]

= Novalis

Socit franaise de vente par correspondance de disques, livres, vidos et
multimdia. [franais]

= OCLC Online Computer Library Center

Organisme  but non lucratif  destination des bibliothques, le but d'OCLC
est  la fois de favoriser l'accs  l'information  l'chelon international et
de rduire les cots correspondants. Gre la plus grande base bibliographique
mondiale avec ses 38 millions de notices. A la fois service informatique et
organisme de recherche, OCLC offre aussi toute une gamme de services  ses
adhrents: services techniques, partage des ressources, services de rfrence en
ligne, prservation des documents, etc. [anglais]

= Office de la langue franaise (OLF)

Organisme gouvernemental qubcois charg d'assurer la promotion du franais.
Veille  l'implantation et au maintien du franais dans les milieux de travail
et des affaires et dans les services administratifs. Dfinit et conduit la
politique qubcoise en matire de linguistique et de terminologie. [franais,
anglais]

= Online Book Initiative (The) (OBI)

Une collection de textes anglophones appartenant au domaine public et proposs
au format ASCII. [anglais]

= On-Line Books Page (The)

Oeuvre de John Mark Ockerbloom, ancien tudiant de l'Universit Carnegie
Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, USA), un rpertoire de livres en accs libre
sur Internet, avec un index de plus de 8.000 livres en ligne et des liens vers
d'autres rpertoires et archives de textes en ligne. [anglais]

= OPAC Network in Europe (ONE)

Un projet de l'Union europenne pour favoriser l'accs des OPAC (online public
access catalogues) et des catalogues nationaux aux usagers des bibliothques, et
plus gnralement pour faciliter et stimuler les changes entre les
bibliothques europennes. [anglais]

= Organisation mondiale de la proprit intellectuelle (OMPI)

Cre en 1967, l'OMPI est charge de promouvoir la protection de la proprit
intellectuelle  travers le monde grce  la coopration entre les tats et
d'assurer l'administration de divers traits multilatraux concernant les
aspects juridiques et administratifs de la proprit intellectuelle. [anglais,
franais, espagnol]

= PageFrance

L'actualit franaise multimdia, l'actualit franaise tout court avec des
liens pour trouver l'info, une slection de sites web francophones, une
recherche de coordonnes en tous genres, et un guide du shopping Internet.
[franais]

= Pagina

Magazine de l'dition  parution hebdomadaire, prsente l'actualit littraire
franaise. [franais]

= Pathfinder

Site web du groupe TIME-Warner, diteurs de TIME Magazine, Sports illustrated,
Fortune, People, Southern Living, Money, Sunset, etc. Possibilit de recherche
d'articles par date ou par sujet. [anglais]

= Paulus Swaen: Old Maps and Prints

Propose des enchres sur Internet de cartes anciennes du monde entier,
gravures, imprims, atlas, globes et manuscrits mdivaux. [anglais]

= Polar Web

Le site francophone du roman policier, avec des liens vers d'autres serveurs,
des informations sur les manifestations, des publications, des interviews, des
pages sur les auteurs, des nouvelles, etc. [franais, anglais]

= Project Gutenberg

Cre par Michael Hart en 1971, une grande cyberbibliothque anglophone dont
le but est de mettre  la disposition des usagers le plus grand nombre possible
d'oeuvres littraires pour un cot minimal. Objectifs pour l'an 2001: un stock
de 10.000 oeuvres littraires et la transmission de 1.000 milliards de textes
lectroniques,  savoir 10.000 textes vers 100 millions de lecteurs. [anglais]

= Projekt Gutenberg-DE

Dbute en 1994, une cyberbibliothque allemande de 200 titres. [allemand]

= Projekt Runeberg

Une cyberbibliothque nordique de littrature et d'art cre en 1992 par
LYSATOR, club informatique d'tudiants, en collaboration avec la Bibliothque
universitaire de Linkping (Sude). Environ 200 titres disponibles en ligne.
[sudois, anglais]

= Public Access Computer Systems Review (PACS Review)

Publie par les bibliothques de l'Universit de Houston (Texas, USA), une
revue lectronique sur les systmes informatiques dans les bibliothques. Cette
revue est distribue gratuitement sur Internet et d'autres rseaux informatiques
 environ 8.000 personnes dans 60 pays. Les contributions concernent les thmes
suivants: bibliothques numriques, systmes de livraison des documents, dition
lectronique, systmes expert, systmes hypermdias et multimdias, bases de
donnes locales, ressources et outils d'information en rseau, catalogues en
ligne. [anglais]

= Publishers' Catalogues

= Un catalogue gr par Peter Scott sur le site de la socit Northern Lights
Internet Solutions (situe  Saskotoon, Saskatchewan, Canada), avec un index
gographique trs pratique. [anglais]

= Publishing Companies Online

Au sein de la WWW Virtual Library, une liste d'diteurs classs selon les
catgories suivantes: diteurs universitaires; diteurs de livres informatiques;
diteurs scientifiques, techniques et mdicaux; diteurs lectroniques; projets
d'dition en ligne; autres diteurs commerciaux. [anglais]

= Reporters sans frontires (RSF)

Organisation indpendante franaise dfendant la libert de la presse, avec
des sections ou des adhrents dans plus de vingt pays. Construit autour de trois
ples - actualit, censure et action - son site est une rfrence en matire
d'information sur les violations de la libert de la presse. Il propose des
articles, photos et dessins qui sont censurs dans le monde, ainsi que des
actions contre les atteintes  la libert d'expression. [franais, anglais,
espagnol]

= Research Libraries Information Network (RLIN)

Cr par le Research Library Group (RLG) pour ses bibliothques membres, RLIN,
accessible par abonnement, est le plus grand catalogue du monde avec ses 83
millions de notices. Contrairement au OCLC Online Computer Library Center, il
propose plusieurs notices pour le mme document. Catalogue trs intressant
aussi pour ses notices de livres anciens, documents iconographiques et ouvrages
en caractres non latins. [anglais]

= SJCPL's Public Library WWW Servers

Par la St. Joseph County Public Library (South Bend, Indiana, USA), un
rpertoire des sites web de 560 bibliothques publiques. [anglais]

= Socit internationale de diffusion et d'dition (SIDE)

Spcialiste franais de l'exportation des livres, priodiques et CD-ROM depuis
plus de quinze ans, SIDE, distributeur indpendant, regroupe et exporte dans le
monde entier les livres en langue franaise publis en Europe, et traite aussi
les abonnements de priodiques franais. [franais, anglais]

= Stanford Digital Libraries Project (The)

Le projet des Stanford Digital Libraries (Californie, USA) fit partie de la
Digital Library Initiative, un projet sur quatre ans (1994-1997) soutenu par la
NSF (National Science Foundation), la DARPA (Defense Advanced Research Projects
Agency) et la NASA (National Aeronautics and Space Administration). [anglais]

= UCLA Online Institute for Cyberspace Law and Policy (The) (ICLP)

Cr en septembre 1995  l'UCLA (University of California, USA), l'ICLP a les
objectifs suivants: procurer des ressources aux universitaires, praticiens,
tudiants et usagers d'Internet intresss par le droit du cyberespace, aider 
trouver des solutions aux problmes propres au cyberespace, identifier les
problmes lgaux et politiques, favoriser le dveloppement du droit du
cyberespace en tant que discipline propre, procurer un moyen de dissmination
des ides nouvelles et favoriser de nouvelles communauts lectroniques dans ce
domaine. La Cyberspace Law Bibliography est une bibliographie trs complte sur
le droit du cyberespace. [anglais]

= UnCover

UnCover est un service payant qui dlivre par tlcopieur  ses clients des
articles issus de sa collection de 17.000 priodiques dans tous les domaines
rassembls depuis 1988. Les tables des matires des priodiques et l'index par
mots-cls sont en accs libre. [anglais]

= Universal Library

Une cyberbibliothque cre par l'Universit Carnegie Mellon (Pittsburgh,
Pennsylvanie, USA) et comprenant un index de plus de 5.000 textes en anglais.
Relie  l'Experimental Search System (ESS) de la Library of Congress. [anglais]

= (Virtual) Baguette (The)

"Discussion en direct, humour et divertissement". Bilingue, ce magazine
franais bimensuel (deux fois par mois) donne toutes sortes de nouvelles
humoristiques sur Internet. Il a galement intgr Mygale pour crer MultiMania.
[franais, anglais]

= Wired

Revue culte cre en 1992 en Californie (USA), le mensuel Wired fut le premier
magazine consacr  la culture cyber, et il se veut maintenant le journal du
futur  l'avant-garde du 21e sicle. [anglais]

= World Wide Web Consortium (W3C)

Dirig par Tim Berners-Lee, crateur du Word Wide Web en 1990, W3C est le
consortium industriel international fond en 1994 pour dvelopper les protocoles
communs ncessaires au dveloppement du Web. [anglais]

= WWW Virtual Library (VL)

Un passionnant catalogue par sujets dbut par Tim Berners-Lee comme outil
d'analyse du dveloppement du World Wide Web qu'il venait de crer au CERN
(Laboratoire europen pour la physique des particules) en 1990. [anglais]

= Yahoo! / Yahoo! France

Acronyme de: Yet Another Hierarchical Officious Oracle! Cr en 1994 par deux
tudiants de l'Universit de Stanford (Californie) pour recenser et classer par
thmes les sites web, Yahoo! est devenu l'annuaire le plus utilis sur le Web,
avec recensement et classification des sites par le cerveau humain,
contrairement aux moteurs de recherches comme AltaVista o tout est automatis.
Comprend notamment des secteurs sur les bibliothques, les cyberbibliothques et
les textes lectroniques. [nombreuses versions nationales : Allemagne, Australie
et Nouvelle-Zlande, Canada, Chine, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie,
Japon, Norvge, Royaume-Uni et Sude]

= ZazieWeb

Revue littraire franaise en ligne conue et ralise par Isabelle Aveline,
avec un graphisme d'Oliver Cornu. Toute l'actualit du livre prsente avec
punch et humour dans diffrentes rubriques: club des libraires multimdia,
manifestations culturelles, atelier d'criture et billets d'humeur. [franais]

= ZDNet

Dirig par Ziff Davis, le site du grand diteur mondial de magazines
informatiques, avec une section franaise, ZDNet France. [anglais, franais]


13. INDEX DES SITES ET PAGES WEB


ABF (Association des bibliothcaires franais)

ABU: la bibliothque universelle

ACM (Association for Computing Machinery) Digital Library

AcqWeb's Directory of Publishers and Vendors

ADBS (Association des professionnels de l'information et de la documentation)

AFP (Agence France Presse)

Agence de la francophonie

Agence France Presse (AFP)

AJR/Newslink

Alapage

AltaVista

AltaVista Translation

Amazon.com

American and French Research on the Treasury of the French Language (ARTFL)
Project

American Journalism Review (AJR Newslink)

American Society for Information Science (ASIS)

Amicale du regroupement pdagogique Armillac Labretonie Saint-Barthlmy
(ARPALS)

Annuaire de l'UREC (Unit rseaux du CNRS - Centre national de la recherche
scientifique)

ARL (Association for Research Libraries)

ARPALS (Amicale du regroupement pdagogique Armillac Labretonie
Saint-Barthlmy)

ARTFL Project (ARTFL: American and French Research on the Treasury of the French
Language)

ASIS (American Society for Information Science)

Association des bibliothcaires franais (ABF)

Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS)

Association for Computing Machinery (ACM) Digital Library

Association for Research Libraries (ARL)

Athena

Autre Terre (Une)

Barnesandnoble.com

BBF (Bulletin des bibliothques de France)

BD Paradisio

Berkeley Digital Library SunSITE

Bertelsmann

Bibelec

BIBLINK

Biblio-fr

Biblio On Line

BiblioPresse

Bibliotheca universalis

Bibliotheken

Bibliothque de l'Office des Nations Unies  Genve (ONUG)

Bibliothque lectronique de Lisieux (La)

Bibliothque municipale de Lyon

Bibliothque nationale de France (BnF)

Bibliothque nationale de France (BnF) / catalogues

Bibliothque publique d'information (BPI)

Bibliothques sur Internet / Association des bibliothcaires franais (ABF)

BIBSYS

Blackwell's Book Services

BnF (Bibliothque nationale de France)

BnF ( Bibliothque nationale de France) / catalogues

Bookmarks for Rebollar Patrick

BPI (Bibliothque publique d'information)

British Library

British Library Catalogue

Bulletin des bibliothques de France (BBF)

Buybooks.com

Catalogue collectif de France (CCFR)

Catalogues des bibliothques francophones / Ecole nationale suprieure des
sciences de l'information et des bibliothques (ENSSIB)

CCFR (Catalogue collectif de France)

CERCLE (Comit europen pour le respect des cultures et des langues en Europe)

Cerf (Editions du Cerf)

CERN (Laboratoire europen pour la physique des particules)

Chapitre.com

Chaptersglobe.com

Chteau (Le)

Choucas (Editions du Choucas)

Chroniques de Cybrie (Les)

Chronologie littraire 1848-1914

ClicNet

Club des potes

CNIL (Commission nationale de l'informatique et des liberts)

Comit europen pour le respect des cultures et des langues en Europe (CERCLE)

Commission nationale de l'informatique et des liberts (CNIL)

Computer Industry Almanach (CIA)

Corbis

Courrier international

Crme de Canard (La)

Cursus

CyLibris (Editions CyLibris)

Dallas Morning News

Dawson

Decitre

Dlgation gnrale  la langue franaise (DGLF)

Dernires nouvelles d'Alsace (Les) (DNA)

DGLF (Dlgation gnrale  la langue franaise)

Dialog Corporation

Dialog Web

Digital Library Technology (DLT)

Digital Object Identifier (DOI) System

D-Lib Magazine

DLT (Digital Library Technology)

DNA (Les dernires nouvelles d'Alsace)

DOI System (DOI: Digital Object Identifier)

Echos (Les)

Ecole nationale suprieure des sciences de l'information et des bibliothques
(ENSSIB)

Ecole suprieure de journalisme (ESJ) de Lille

Edilib

Editeurs / Biblio On Line

Editeurs francophones

Editions 00h00.com

Editions CyLibris

Editions du Cerf

Editions du Choucas

EDventure Holdings

EFF (Electronic Frontier Foundation)

E.Journal

Electric Library

Electronic Frontier Foundation (EFF)

Electronic Newstand

Electronic Text Center / University of Virginia

English Short Title Catalogue (ESTC)

ENSSIB (Ecole nationale suprieure des sciences de l'information et des
bibliothques)

ESJ (Ecole suprieure de journalisme de Lille)

ESS ( Experimental Search System) / Library of Congress

ESTC (English Short Title Catalogue)

ETEXT Archives

Experimental Search System (ESS) / Library of Congress

E-Zine-List

FNAC

France Antiques

France Edition

France Loisirs

France-Ouest

Franco AquiNet

FRANTEXT

Furet du Nord

Gabriel

Gallica

Garneau (Librairie Garneau)

General Library Resources on the Web / European Union

Gutenberg (Project Gutenberg)

Hebdo (L') (Webdo)

Humanit (L')

IBS (Internet Bookshop)

ICPL (UCLA Online Institute for Cyberspace Law and Policy)

IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions)

I*m Europe

INaLF (Institut national de la langue franaise)

Infos Graphiques On Line

Infos On Line

Institut national de la langue franaise (INaLF)

Interfrences (Librairie Interfrences)

International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA)

International Trade Law (ITL) Monitor

Internet Bookshop (iBS)

Internet Public Library (IPL)

Internet Society (ISOC)

IPL (Internet Public Library)

ISOC (Internet Society)

Itinraires (Librairie Itinraires)

ITL (International Trade Law) Monitor

Journal officiel (Le)

Laboratoire europen pour la physique des particules (CERN)

Lgifrance

LEXIS-NEXIS

Liber Liber

Libration

Librairie Garneau

Librairie Interfrences

Librairie Itinraires

Library 2000

Library and Information Science Resources / Library of Congress

Library and Related Resources / University of Exeter

Library Journal Digital (LJDigital)

Library of Congress Catalog

Library of Congress Catalog / Experimental Search System (ESS)

LibWeb: Library Servers via WWW / Digital Berkeley Library

Links to Electronic Book and Text Sites

Literary Resources on the Net

Livre.net

Livre-rare-book

LJDigital (Library Journal Digital)

LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu)

Logos

Machine readable catalogue (MARC)

Maison de la Francit

Manifeste du Web indpendant

Manifeste pour un technoralisme

MARC (machine-readable cataloguing)

Mauritanie

MediaFinder

MEL (Michigan Electronic Library)

Michigan Electronic Library (MEL)

Micro Bulletin Actu (Le)

Ministre de la Culture et de la Communication (France)

MIT Press (MIT: Massachussets Institute of Technology)

Monde (Le)

Monde diplomatique (Le)

Monde en Tique (Le)

Multimdium

Mygale

NAP (National Academy Press)

National Academy Press (NAP)

News.Com

NewsLink (AJR Newslink)

NewsWorks

Nouvelles du bled

Novalis

OBI (Online Book Initiative)

OCLC Online Computer Library Center

Office de la langue franaise (OLF)

OLF (Office de la langue franaise)

OMPI (Organisation mondiale de la proprit intellectuelle)

ONE (OPAC Network in Europe)

Online Book Initiative (The) (OBI)

On-Line Books Page (The)

Online Computer Library Center (OCLC)

Online Institute for Cyberspace Law and Policy (The) / University of California

OPAC 97 (catalogue de la British Library)

OPAC Network in Europe (ONE)

Organisation mondiale de la proprit intellectuelle (OMPI)

Oriente-Express

Ouest-France

PACS Review (Public Access Computer Review)

PageFrance

Pagina

Pathfinder

Paulus Swaen Old Maps and Prints

Petit Bouquet (Le)

Posie d'hier et d'aujourd'hui

Posie franaise

Polar Web

Presses universitaires de France (PUF)

Progetto Manuzio

Project Gutenberg

Projekt Gutenberg-DE

Projekt Runeberg

Programme des bibliothques / Union europenne

Public Access Computer Systems Review (PACS Review)

Public Libraries of Europe

Publishers' Catalogues

Publishing Companies Online

PUF (Presses universitaires de France)

Release 1.0

Release 2.0

Reporters sans frontires (RSF)

Research Libraries Group (RLG)

Research Libraries Information Network (RLIN)

Rseaux rgionaux de bibliothques franaises

RLG (Research Libraries Group)

RLIN (Research Libraries Information Network)

RSF (Reporters sans frontires)

SIDE (Socit internationale de diffusion et d'dition)

Sites Web des bibliothques (Les) / Biblio On Line

SJCPL's Public Library WWW Servers / St Joseph County Public Library

SNJ (Syndicat national des journalistes)

Socit internationale de diffusion et d'dition (SIDE)

Soir (Le)

Stanford Digital Libraries Project

SunSITE (Berkeley Digital Library)

Syndicat national des journalistes (SNJ)

Systran

Technorealism

Technoralisme (Manifeste pour un technoralisme)

Thtrales

Tribune (La)

UCLA Online Institute for Cyberspace Law and Policy (The)

UIT (Union internationale des tlcommunications)

UnCover

UNIMARC (MARC: machine-readable cataloguing)

Union internationale des tlcommunications (UIT)

Universal Library

Virgin MegaWeb

(Virtual) Baguette (The)

W3C (World Wide Web Consortium)

Watan (El)

Webactu

Webdo

Wired

World Wide Web Consortium (W3C)

Yahoo!

ZazieWeb

ZDNet


14. INDEX DES PERSONNES CITEES


Les personnes dont le nom est suivi d'un astrisque (*) ont contribu tout
particulirement  cette tude en rpondant en juin ou juillet 1998  une
enqute par courrier lectronique. Qu'elles soient ici chaleureusement
remercies.

Carlos Alberto de Almeida (Federacin Nacional de Periodistas - FENAJ)

Jean-Pierre Angremy (2) (Bibliothque nationale de France)

Silvaine Arabo* (2) (Posie d'hier et d'aujourd'hui)

Arlette Attali* (Institut national de la langue franaise - INaLF)

Christian Aubry (Multimdium)

Isabelle Aveline* (2) (ZazieWeb)

Louise Beaudouin (ministre de la Culture, Qubec)

Barry Beckham (romancier)

Redha Belkhat (El Watan)

Tim Berners-Lee (2) (3) (World Wide Web Consortium - W3)

Beth Berselli (Washington Post)

Tony Blair (premier ministre, Royaume-Uni)

Olivier Bogros* (2) (Bibliothque municipale de Lisieux)

Jose Luis Borges (crivain)

Bernard Boudic* (Ouest-France)

Pierre Brianon (2) (Libration)

Vinton Cerf (Internet Society - ISOC)

Pierre-Louis Chantre (L'Hebdo)

Pascal Chartier* (Livre-rare-book)

Jean-Pierre Cloutier* (2) (3) (4) (Chroniques de Cybrie)

Jacques Coubard* (L'Humanit)

Christian Debraisne (Nouvelles du bled)

Malti Djallan (Reporters sans frontires)

Robert Downs (crivain)

Walter Durling (AT&T Global Information Solutions)

Esther Dyson (2) (Electronic Frontier Foundation - EFF)

Didier Falkand (2) (crivain)

Jean-Gabriel Ganascia (GIS Sciences de la cognition)

William Gibson (romancier)

Paul Gilster (2) (3) (crivain)

Muriel Goiran* (Librairie Decitre)

Claude Gross (Unit Rseaux du CNRS - UREC)

Bruno Guglieminetti (Radio Canada)

Bruno Guissani (Libration)

Michael Hart* (2) (Project Gutenberg)

Christian Huitema (Internet Activities Board - IAB)

Christiane Jadelot* (2) (3) (Institut national de la langue franaise - INaLF)

Jean-Paul* (2) (musicien et crivain)

Annie Kahn (Le Monde)

Wilfred Kiboro (2) (Nation Printers and Publishers Ltd.)

John Labovitz (E-Zine-List)

Michel Landaret * (Dernires nouvelles d'Alsace)

Brian Lang (British Library)

Laurent Latrive (Libration)

Timothy Leary (2) (philosophe)

Peter Leisink (Universit d'Utrecht)

Claire Le Parco* (2) (Posie franaise)

Annie Le Saux* (Bulletin des bibliothques de France - BBF)

Pierre Lvy (philosophe)

Fabrice Lhomme* (2) (Une Autre Terre)

Librairie Itinraires*

Bernie Lunzer (2) (Newspaper Guild)

Nelson Mandela (prsident, Afrique du Sud)

Laurent Mauriac (Libration)

Antoine Maurice (Tribune de Genve)

Eric K. Meyer (AJR/NewsLink)

Hermann Meyn (Deutscher Journalisten Verband - DJV)

Michel Muller (Fdration des industries du livre, du papier et de la
communication)

Phil O'Reilly (Newspaper Publishers' Association of NZ)

Penny Pagano (AJR/NewsLink)

Pierre Perroud (Athena)

Nicolas Pewny* (Editions du Choucas)

Emmanuelle Peyret (Libration)

Henri Pigeat (Institut international des communications)

Herv Ponsot* (Cerf)

Peter Raggett* (Organisation de coopration et de dveloppement conomiques)

Patrick Rebollar* (2) (3) (professeur de lettres et d'informatique)

Etienne Reichel (Visual Communication - VISCOM)

Jean-Baptiste Rey* (2) (Biblio On Line)

Philippe Rivire* (Le Monde diplomatique)

Blaise Rosnay* (Club des potes)

Heinz-Uwe Rbenach (2) (3) (Bundesverband Deutscher Zeitungsverleger)

Thierry Samain (2) (3) (Ecole nationale suprieure des sciences de l'information
et des bibliothques - ENSSIB)

Bruno de Sa Moreira* (Editions 00h00.com)

Dale Spender (professeur)

Bruce Sterling (World Wide Web Consortium - W3)

Jrme Strazzulla (Le Figaro)

Guy Teasdale (2) (Universit de Montral)

Catherine Trautman (ministre de la Culture, France)

Rodrigo Vergara (2) (Logos)

Philip Wade (2) (crivain)

Mohammed Zaoui (Nouvelles du bled)

Copyright  1999 Marie Lebert







End of the Project Gutenberg EBook of De l'imprim  Internet, by Marie Lebert

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DE L'IMPRIM  INTERNET ***

***** This file should be named 27031-8.txt or 27031-8.zip *****
This and all associated files of various formats will be found in:
        http://www.gutenberg.org/2/7/0/3/27031/

Produced by Al Haines

Updated editions will replace the previous one--the old editions will be
renamed.

Creating the works from public domain print editions means that no one
owns a United States copyright in these works, so the Foundation (and
you!) can copy and distribute it in the United States without permission
and without paying copyright royalties. Special rules, set forth in the
General Terms of Use part of this license, apply to copying and
distributing Project Gutenberg-tm electronic works to protect the
PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project Gutenberg is a
registered trademark, and may not be used if you charge for the eBooks,
unless you receive specific permission. If you do not charge anything
for copies of this eBook, complying with the rules is very easy. You may
use this eBook for nearly any purpose such as creation of derivative
works, reports, performances and research. They may be modified and
printed and given away--you may do practically ANYTHING with public
domain eBooks. Redistribution is subject to the trademark license,
especially commercial redistribution.



*** START: FULL LICENSE ***

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK

To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
distribution of electronic works, by using or distributing this work
(or any other work associated in any way with the phrase "Project
Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
Gutenberg-tm License (available with this file or online at
http://www.gutenberg.org/license).


Section 1.  General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
electronic works

1.A.  By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement.  If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
This particular work is one of the few copyrighted individual works
included with the permission of the copyright holder.  Information on
the copyright owner for this particular work and the terms of use
imposed by the copyright holder on this work are set forth at the
beginning of this work.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
permission of the copyright holder found at the beginning of this work.

1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS,' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Each eBook is in a subdirectory of the same number as the eBook's
eBook number, often in several formats including plain vanilla ASCII,
compressed (zipped), HTML and others.

Corrected EDITIONS of our eBooks replace the old file and take over
the old filename and etext number.  The replaced older file is renamed.
VERSIONS based on separate sources are treated as new eBooks receiving
new filenames and etext numbers.

Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.

EBooks posted prior to November 2003, with eBook numbers BELOW #10000,
are filed in directories based on their release date.  If you want to
download any of these eBooks directly, rather than using the regular
search system you may utilize the following addresses and just
download by the etext year.

http://www.ibiblio.org/gutenberg/etext06

    (Or /etext 05, 04, 03, 02, 01, 00, 99,
     98, 97, 96, 95, 94, 93, 92, 92, 91 or 90)

EBooks posted since November 2003, with etext numbers OVER #10000, are
filed in a different way.  The year of a release date is no longer part
of the directory path.  The path is based on the etext number (which is
identical to the filename).  The path to the file is made up of single
digits corresponding to all but the last digit in the filename.  For
example an eBook of filename 10234 would be found at:

http://www.gutenberg.org/1/0/2/3/10234

or filename 24689 would be found at:
http://www.gutenberg.org/2/4/6/8/24689

An alternative method of locating eBooks:
http://www.gutenberg.org/GUTINDEX.ALL

*** END: FULL LICENSE ***
