The Project Gutenberg EBook of Nouveau manuel complet de marine, by 
Phocion-Aristide-Paulin Verdier

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Title: Nouveau manuel complet de marine
       premire partie: grement

Author: Phocion-Aristide-Paulin Verdier

Release Date: October 13, 2012 [EBook #41038]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le
typographe ont t corriges. L'orthographe et la ponctuation d'origine
ont t conserves et n'ont pas t harmonises. Une note plus dtaille
se trouve  la fin de ce volume.




  NOUVEAU MANUEL

  COMPLET

  DE MARINE.

  _PREMIRE PARTIE._

  GREMENT.




  NOUVEAU MANUEL

  COMPLET

  DE MARINE.

  _PREMIRE PARTIE._

  GREMENT.

  Par M. Verdier,

  Capitaine de Corvette.


  PARIS,

  A LA LIBRAIRIE ENCYCLOPDIQUE DE RORET,

  Rue Hautefeuille, n 10 bis.

  1837.




AVERTISSEMENT.


En publiant ce Manuel de Grement, nous avons eu l'intention d'viter
aux dbutans dans le mtier de marin, le moment de dgot et de
dcouragement qu'ils prouvent lorsqu'en voyant un navire pour la
premire fois, ils cherchent  se faire donner et  retenir le nom des
manoeuvres. Il nous a sembl utile de leur apprendre  classer leurs
ides en suivant une mthode simple et claire dans la description des
diverses parties du grement.

C'est pourquoi nous avons parl en premier lieu du dormant, puis de la
garniture et du grement des vergues, enfin, de la garniture et du
grement des voiles. En traitant ces diverses parties d'une manire
gnrale, en les appliquant ensuite  chaque mt,  chaque vergue, 
chaque voile; en expliquant les diffrences ncessites par leurs
positions et leurs usages, nous avons pens que nous nous ferions mieux
comprendre, que si nous avions dcrit le grement, comme on le met en
place lorsqu'on gre un navire.

En marine, pour bien savoir, il faut beaucoup voir et beaucoup faire. Le
grand livre pour apprendre est le navire; mais un guide est ncessaire
au commenant, pour lui enseigner  rflchir et  classer ses ides
pour voir avec fruit.

C'est le but que nous nous sommes propos; il aura t atteint, si nous
facilitons  quelques-uns de nos jeunes compatriotes l'tude si utile du
grement.




MANUEL

DE GREMENT.


On dsigne sous le nom gnral de grement, toutes les manoeuvres
employes  bord d'un navire. On les classe en manoeuvres dormantes,
manoeuvres courantes et amarres.

Les manoeuvres dormantes sont celles qui tiennent les mts dans une
position dtermine, et les empchent de cder aux terribles secousses
qui leur sont imprimes par la mer. Les manoeuvres courantes servent 
manoeuvrer les vergues et les voiles.

Les amarres,  touer et amarrer le navire.

Avant de passer  la description des diverses pices de grement, et
assigner le poste qu'elles doivent occuper, il est indispensable de
donner une ide des noeuds et amarrages qui servent  les assujettir.
Nous ne nous dissimulons pas combien ces descriptions sont souvent
insuffisantes, et nous tcherons d'y mettre toute la clart et la
brivet possible, tout en prvenant le jeune marin qu'une heure de
travail dans un atelier de garniture lui en apprendra davantage que la
lecture de ce que nous avons  dire sur ce sujet.




CHAPITRE PREMIER.


SECTION PREMIRE.

NOEUDS, AMARRAGES.

_Epissures._

L'pissure sert  runir les bouts de deux cordages, ou du mme cordage,
ou encore  fixer le bout d'un cordage sur lui-mme, pour en faire un
oeil ou boucle. Il y a l'pissure courte et l'pissure longue.

La premire se fait en dtordant, d'une mme quantit, les deux bouts du
cordage qu'on veut runir, et entrelaant leurs torons de manire qu'ils
se joignent  leurs racines. On fait passer successivement chacun des
torons dtordus entre les torons non dtordus et correspondans de la
partie oppose. Chaque toron passe de la mme manire deux ou trois
fois, aprs quoi on coupe les bouts restans au bas du cordage. Pour
sparer les torons, on se sert d'un instrument en fer de forme conique
et lgrement recourb, qu'on appelle pissoir.

Si on veut faire un oeil ou boucle, on dtord un bout du cordage, et
l'appliquant sur le cordage lui-mme, suivant la grandeur qu'on veut
donner  l'oeil, on entrelace les torons dtordus comme nous venons de
le dire plus haut.

L'pissure longue se fait en dcomettant un toron des deux cordages
qu'on veut pisser, et substituant,  partir de la moiti de la longueur
que l'on veut donner  l'pissure, le toron de l'un  celui de l'autre.
On coupe la partie excdante, aprs l'avoir croise par un demi-noeud
avec le toron correspondant du cordage oppos, et l'avoir passe dans
l'intrieur de ce mme cordage. Pour employer les troisimes torons, on
les fait croiser comme les premiers; on les fixe par un demi-noeud, et
on coupe l'excdant.


_Amarrage  plat._

Cet amarrage sert  runir, sans les croiser, deux cordages diffrens ou
deux bouts du mme cordage.

On fait,  l'un des bouts de la ligne qui doit servir  l'amarrage, un
oeil au moyen d'une pissure, passant le bout dans l'oeil, on forme un
noeud coulant dont on embrasse les deux cordages qu'on veut runir, et
on continue  les envelopper ainsi de plusieurs tours aussi rapprochs
les uns des autres que possible, et souqus fortement au moyen d'un
cabillot en fer, qui, appuy sur le ct oppos d'o vient l'amarrage,
sert de levier. Si on veut une seconde couche de tours, parvenu au
dernier, on fait passer la ligne en dedans des tours, et on recommence
les tours. Avec le bout qui reste on croise, dans le sens de la
longueur, le rang ou les deux rangs qu'on vient de former, et on engage
le bout en faisant un noeud  son extrmit, de manire qu'il ne puisse
se dpasser.


_Amarrage en trive._

L'amarrage en trive est un amarrage plat, mais dont les bouts doivent
se croiser aprs. Si on veut estroper une cosse ou un cap-de-mouton, on
l'entoure avec le cordage, et au point de rencontre on fait un amarrage
plat; on retrousse le bout excdant le long du cordage principal, pour
l'y fixer au moyen d'un nouvel amarrage plat, et ce premier amarrage
plat reoit le nom d'amarrage en trive.


_Cul-de-Porc._

Le cul-de-porc est un noeud qu'on fait  l'extrmit d'un cordage pour
l'empcher de se dpasser d'un cap-de-mouton ou tout autre objet. On
dcomet le bout du cordage, et courbant les torons sur eux-mmes, on les
enlace de manire que les trois bouts passent en dedans et forment le
centre; on les lie entre eux, ou on les enlace de nouveau, ce qui forme
une tte d'alouette. On coupe les bouts excdans.


_Noeud de Hauban._

Ce noeud, ainsi que son nom l'indique, sert  rapprocher les deux
parties d'un hauban, ou toute autre manoeuvre dormante.

On spare d'abord, sur une certaine longueur, les torons des deux
parties  joindre, en les croisant comme pour l'pissure; mais au lieu
de les faire passer dans les torons non dcomis, on les enlace ensemble,
comme nous l'avons dit pour le cul-de-porc. Les bouts excdans sont
peigns et appliqus sur les haubans, o l'on fait un garni de lusin ou
merlin.


_Aiguilletage._

L'aiguilletage sert  runir deux cordages garnis d'un oeillet, ou 
fixer une caliorne sur son pendeur, ou une poulie sur son piton. L'un
des deux objets qu'on veut runir est garni d'un cordage appel
aiguillette, qu'on fait passer successivement d'un oeillet  l'autre, en
ayant soin de faire les tours galement tendus, aprs quoi on les bride
en travers avec le dernier bout de l'aiguillette qu'on engage dans les
tours.


_Genopes._

Les genopes servent  runir deux cordages entre eux, ou un cordage sur
une vergue, etc. Ce ne sont que des amarrages plats, avec cette diffrence
que le premier rang, au lieu d'tre en tours simples, est en tours
croiss, passant alternativement de dessus en dessous des deux objets
runis.


_Noeud plat._

Pour runir deux cordages par un noeud plat, il faut croiser les deux
extrmits en les tenant, celui de gauche par la main droite, et celui
de droite par la main gauche. Celui qui vient de la gauche ayant pass
de dessus en dessous, on le fait passer de devant en arrire, de
manire que chaque extrmit du cordage se trouve  ct du morceau
auquel il fait suite. C'est le noeud qu'on emploie pour amarrer les
garcettes de ris.


_Demi-Clef._

La demi-clef sert  arrter immdiatement un cordage sur un objet
quelconque: on passe le cordage sur l'objet, et, le ramenant sur la
partie tendue, on engage le bout entre le cabiot, par exemple, et la
partie qui l'entoure, en faisant soit une genope pour l'arrter, soit
une nouvelle demi-clef.


_Noeud d'Enflchures._

Le noeud d'enflchures, qui sert  fixer les enflchures sur les
haubans, se compose de deux demi-clefs renverses. Appliquez sur la
partie du hauban qui vous fait face, le quarantenier dont vous voulez
faire l'enflchure, tournez-le autour du hauban en le faisant passer en
dessous et par-dessus le premier tour; ramenez le bout en dessous aprs
lui avoir fait faire un second tour en souquant fortement, vous aurez
deux demi-clefs dont les bouts se prsenteront l'un sur l'avant, l'autre
sur l'arrire.


_Noeud d'Agui, simple et double._

Le noeud d'agui sert  former une chaise avec un cartahu pour suspendre
un matelot le long d'une manoeuvre qu'il doit rparer, d'une voile ou du
bord. On tourne le cartahu sur lui-mme,  quatre ou cinq pieds de son
extrmit, et on fait ainsi une espce d'oeil dans lequel on fait passer
cette extrmit. On le dirige ensuite sur la partie tendue, de manire 
l'envelopper, et on le ramne dans l'oeil que l'on souque fortement.
C'est le noeud d'agui simple. Si le cordage avec lequel il est fait est
double, ce qui est plus commode pour l'homme qui travaille, puisque,
pendant qu'il est assis dans un des doubles, l'autre le soutient sous
les bras, le noeud est dit, _noeud d'agui double_.


_Noeud d'coute._

Ce noeud, dont le nom indique assez le but, et qui sert aussi  frapper
l'orin sur la boue, la ligne de sonde sur le plomb, etc., se fait en
passant le bout du cordage dans l'oeillet de l'objet auquel on doit le
fixer, en le ramenant sous la partie du mme cordage introduite dans
l'oeillet, de manire  embrasser les deux branches de celui-ci. En
tirant ensuite sur le cordage, le bout se trouve tellement souqu qu'il
ne peut se dpasser. Si ce noeud s'emploie sur des amarres pour touer un
navire, il est prudent de fixer le noeud d'coute par une demi-clef et
un amarrage.


SECTION II.

Nous ne pousserons pas plus loin cette description des noeuds, mais nous
allons donner quelques renseignemens indispensables pour bien saisir ce
que nous avons  dire sur le grement.

Une manoeuvre est garnie en bitord, lorsqu'elle est recouverte de tours
de bitord bien souqus et rapprochs autant que possible. Cette
opration se fait au moyen d'un maillet, appel mailloche  fourrer, qui
porte une rainure cylindrique et longitudinale. Le bitord tant frapp
sur le cordage qu'on veut garnir ou fourrer, on en fait deux tours sur
la mailloche et son manche, et on la tourne de dessous en dessus, la
rainure applique sur le cordage, tandis qu'un homme, qui tient une
pelote de bitord, la fait mouvoir dans le mme sens. Il va sans dire que
le cordage doit tre fortement tendu pendant cette opration.

Un cordage est congr lorsque l'espace vide que laissent les torons
aprs la torsion est rempli par un cordage d'une dimension suffisante
pour donner au cordage congr une forme cylindrique. Autrefois on
congrait les tais et quelquefois mme les haubans; mais cette mthode
a t abandonne comme nuisible, parce qu'elle charge le grement d'un
poids inutile, sans augmenter sa solidit; et en second lieu, parce que
l'eau de pluie sjournait entre le cordage et son congrage, et htait
son dprissement.

Un cordage est garni en toile ou limand lorsqu'on le recouvre de bandes
de toile goudronnes. Les bandes ont de trois  quatre pouces de largeur
et se roulent de manire  se recouvrir par la moiti. On les fixe par
quelques tours de bitord bien serrs, mais placs  environ un pouce ou
deux de distance.

On garnit quelquefois les cordages en basane ou en peau. Pour cela, on
coupe la peau ou la basane en bandes gales  la circonfrence du
cordage, et aprs les avoir fait macrer dans l'eau pour qu'elles
puissent tre travailles plus commodment, on les coud sur le cordage
qu'on veut garnir.

On appelle paillets, des espces de nattes confectionnes avec du bitord
ou des torons tresss ensemble. On en fait un frquent usage  bord pour
empcher le frottement qui pourrait entraner la perte de telle ou telle
partie du grement. Ainsi, on en place sur les haubans et galhaubans, 
l'endroit o les vergues, lors du brassiage, portent dessus, et qu'on
appelle pour cela paillets de brassiage. On en place aussi sur les
colliers des tais pour qu'ils ne soient pas ragus par les ralingues
des huniers et des perroquets; sur la partie des ancres places dans le
porte-haubans, aux bossoirs, et qui peuvent se trouver en contact avec
les coutes des basses voiles ou toute autre manoeuvre, etc.

Les sangles, faites en fil de carret ou en bitord fin, sont plus lgres
et sont employes dans le mme but que les paillets. On en garnit
ordinairement les ralingues de bordures des basses voiles et huniers, et
le premier hauban tribord et babord, au grand mt et au mt de misaine,
pour les prserver du frottement des basses voiles.

L'erse est un assemblage de fils de carret ou de bitord lis ensemble
par l'excdant mme de ce fil de carret ou de ce bitord. Pour la
former, il faut, ayant deux points fixes, deux taquets par exemple,
faire dormant sur l'un d'eux, et, allant de l'un  l'autre, les
envelopper successivement jusqu' ce que l'erse ait le nombre de fils
voulus; aprs quoi on les lie ensemble par le moyen de demi-clefs
espaces de deux  trois pouces. On forme ainsi une espce de bague qui
sert  soulever les fardeaux. Pour cela, on entoure l'objet avec l'erse,
puis on passe un des bouts dans l'autre, et on croche le palan ou
caliorne sur le bout suprieur.

Lorsque l'erse est faite avec un cordage dont on a runi les deux bouts
par le moyen d'une pissure  la longue, elle prend le nom d'lingue.
Elle sert aux mmes usages que l'erse.

Les caps-de-mouton, les cosses et les poulies sont souvent entours d'un
cordage qu'on a bagu au moyen d'une pissure. Ces cordages, ainsi
prpars, sont appels estropes, et l'objet est dit estrop. L'estrope
runit deux objets qui doivent agir ensemble. Ainsi, une poulie de
retour est estrope sur la cosse d'un piton, c'est--dire que la mme
estrope les enveloppe, et qu'un amarrage plac entre la cosse et la
poulie les empche de se dgager de leurs goujures. Les estropes faites
au moyen de l'pissure longue doivent tre prfres. En gnral on les
garnit en bitord, toile, peau ou basane.

Un palan est l'assemblage de deux poulies, l'une double et l'autre
simple, runies par un cordage appel garant.

On les dsigne ordinairement par le nom de l'action  laquelle ils sont
employs, et on dit palans de bouline, palans d'amures. Mais leur
vritable diffrence est non dans leur force et leur emploi momentan,
mais dans la manire dont la poulie double est estrope.

Les estropes sont  fouet ou  croc. Le fouet est form par une des
branches de l'estrope qui s'lve au-dessus de la partie suprieure de
la poulie, lorsqu'on a fait l'pissure. Si le cordage n'est pas assez
maniable pour le frapper facilement, on le dcomet et on en fait une
garcette.

Le fouet se frappe sur un cordage en l'embrassant par deux tours, en le
croisant ensuite et ramenant le bout du fouet en dessus tourn autour du
cordage, ou on l'arrte par un amarrage.

L'estrope  croc porte, dans son pli suprieur, une cosse  croc.

Tout cordage qui se frappe sur un autre pour s'opposer  son action, est
appel bosse.

Les bosses sont  fouet ou  aiguillette.

A fouet, elles sont formes par un cordage dont une extrmit porte un
oeillet au moyen duquel on la fixe sur un piton ou tout autre point en
l'y baguant. Son extrmit, dcomise ordinairement, est tresse en
garcette pour se frapper plus facilement; ce qu'on fait comme pour le
palan.

A aiguillette, le cordage qui les forme est termin par un cul-de-porc
double qu'on bride sur le cordage  arrter par une aiguillette adapte
en dessous du cul-de-porc. L'extrmit oppose est  cosse ou  croc,
pour se crocher ou s'aiguilleter au lieu convenable.

Le dormant d'une manoeuvre est son point fixe inamovible; son courant
est la partie sur laquelle on agit pour produire l'effet.




CHAPITRE II.


SECTION PREMIRE.

MANOEUVRES DORMANTES DES BAS MATS.

_Beaupr, Lires._

Aussitt que les bas mts sont en place on doit s'occuper  les tenir.

Le mt de beaupr portant tous les tais du mt de misaine qui,
lui-mme, porte ceux des grands mts de hune et de perroquet, tant
plac  l'extrmit du navire, o les secousses imprimes par le tangage
sont les plus violentes; supportant, dans ce mme instant, presque tout
le poids de la mture que le mouvement de tangage jette en arrire, a
besoin d'tre tabli de la manire la plus solide, et sa tenue, d'o
dpend souvent celle du reste de la mture, doit tre l'objet des soins
du second et du matre d'quipage.

Le mt de beaupr est retenu dans son tambraie par les deux aptres, et
son extrmit infrieure est engage entre deux fortes pices de bois ou
montans appels flasques de beaupr.

Pour faire adhrer autant que possible le beaupr au corps lui-mme du
navire, on le lie  la guibre par le moyen d'un ou deux amarrages
appels lires de beaupr. Pour que les tours du cordage ne s'allongent
pas une fois l'amarrage fait, on se sert en gnral d'un cordage qui a
servi, mais sans avoir perdu de sa force. Ordinairement on emploie une
guinderesse. Il y a dans la guibre autant de mortaises qu'il doit y
avoir de lires. Avant l'opration, on charge le beaupr d'un poids
considrable, en suspendant  son extrmit une embarcation ou une
barrique, etc., afin qu'il s'applique plus parfaitement sur la guibre.

S'il y a plusieurs lires, on commence par celle d'en dedans. On fixe
par un noeud coulant la guinderesse sur le beaupr, on la fait passer
dans la mortaise, et aprs avoir fait un tour sur le mt en avant du
dormant, on la fait passer de nouveau dans la mortaise en arrire du
premier tour qu'elle croise. Si l'on a pu se procurer un ponton pour
faire cette opration, la guinderesse vient, de la mortaise, passer dans
une poulie de retour croche sur le ponton, et se garnit  son cabestan;
sinon on fixe une poulie de retour dans un des trous de sous-barbe de
la guibre, et la guinderesse vient, de l, en passant par le chaumard de
l'amure de misaine, ou l'cubier, se garnir au cabestan. Ce tour bien
raidi, on fait deux ou trois genopes  demeure, et on dvire le cabestan
pour faire un second tour qu'on raidit et genope de la mme manire. Le
nombre des tours qu'on veut donner  la lire tant faits, on les bride
ensemble avec le bout restant entre le mt et la guibre. La seconde
lire se fait de la mme manire.

Autrefois, et quelquefois encore aujourd'hui, on clouait sur le beaupr
et la guibre les tours de la lire ainsi faite, afin de les empcher
soit de se desserrer, soit d'avoir un mouvement de l'avant  l'arrire,
soit afin de tenir le mt lors mme que l'un des tours viendrait 
casser. Mais cette habitude est abandonne par tous les marins que la
routine seule ne conduit pas; car il est vident que le clou qui
traverse le cordage le prive d'une partie de sa force et hte sa
pourriture par l'eau qui le pntre.

Les lires faites, on les entoure sur le beaupr de taquets clous de
l'avant et de l'arrire pour empcher tout mouvement. On les enveloppe
d'une toile peinte, cloue sur le mt et lace entre ce dernier et la
guibre. La partie de la lire qui embrasse la guibre est recouverte par
une feuille de plomb. Aprs des traverses longues et pnibles, il faut
avoir soin de faire dclouer le plomb et la toile pour visiter les
lires et les faire scher et arer.


_Sous-Barbes, fausses Sous-Barbes, Capelage._

Au milieu de la longueur totale du mt de beaupr, ou plutt aux deux
tiers de sa partie extrieure,  partir de l'tambraie, on aiguillette
deux moques pour le ridage des tais de misaine. Ces moques sont 
doubles goujures, leur estrope doit donc tre double. Elles sont
aiguilletes sur le beaupr, mais sur ses cts, de manire  laisser
entre elles l'espace ncessaire au passage du bton de foc. On peut
aussi estroper les deux moques avec le mme cordage, en laissant entre
les deux amarrages qui les fixent un espace gal au diamtre du beaupr.
Ces moques sont souvent remplaces par de fortes cosses  doubles
goujures qui en portent une seconde, sur laquelle viennent se fixer les
tais de misaine.

De l'avant et de l'arrire des moques d'tai on aiguillette les moques
des sous-barbes, au-dessous du beaupr. Les sous-barbes sont formes
par un cordage qui passe dans une mortaise pratique  la guibre et dont
les deux bouts viennent s'pisser. Dans le pli suprieur on fixe, par un
amarrage plat, une moque semblable  celle du beaupr. On les runit par
une ride qui va de l'une  l'autre, et dont on a soin de raidir tous les
tours au moyen d'un fort palan; tours qu'on doit genoper l'un  l'autre
toutes les fois qu'on largue le palan pour en passer un nouveau; on les
bride ensuite avec le bout excdant.

D'aprs la place qu'occupent les sous-barbes, on voit qu'elles doivent
contre-balancer les efforts des tais de misaine; il faut donc les tenir
avec beaucoup de soin, et pendant leur ridage charger la tte du mt
comme nous l'avons dit pour faire les lires.

Presque  l'extrmit du mt on aiguillette une troisime moque qui sert
au ridage de la fausse sous-barbe, en tout semblable aux sous-barbes que
nous venons de dcrire. Celle-ci est destine par sa position 
contre-balancer l'effort de l'tai du petit mt de hune et de la draille
du petit foc.

Pour viter que les sous-barbes soient ragues par les cbles-chanes,
la fausse sous-barbe et la seconde sous-barbe sont elles-mmes en
chanes, ou au moins leur partie infrieure est forme par une chane
qui, au moyen d'un petit boulon, vient se marier  la cosse qui porte le
cordage qui fait l'extrmit suprieure de la sous-barbe.

Il n'est mme pas rare de voir des navires ayant toutes leurs
sous-barbes en chanes. Mais si le beaupr est tenu par ces dernires
d'une manire plus solide, puisqu'elles n'adonnent pas comme les
sous-barbes en filin, ce manque d'lasticit ne les expose-t-il pas 
une rupture plus facile dans les violens coups de tangage?

En rsumant ce que nous venons de dire, on voit que le capelage du
beaupr se compose de l'estrope de la premire sous-barbe, et avant
l'estrope ou les deux estropes pour les moques des deux tais de
misaine, les estropes, ou plutt l'estrope  deux branches pour les
poulies des boulines de misaine; l'estrope de la seconde sous-barbe,
presque  l'extrmit du mt; l'estrope pour la fausse sous-barbe.
Lorsque ce capelage est termin, pour l'empcher de tomber sur
l'arrire, en ridant les sous-barbes et les tais, on cloue sur
l'arrire un fort croissant en bois, soutenu par des taquets.


_Haubans._

Quelquefois, avant de prendre la mer, on consolide encore le beaupr au
moyen de deux haubans. Ces haubans sont forms par un cordage double,
dont le pli infrieur porte une cosse et un croc qui se croche  un
piton dispos  cet effet sur la joue du navire. Le pli suprieur porte
un cap-de-mouton, une moque ou une cosse, arrt par un amarrage plat,
et qui, garni d'une ride, vient se rider sur deux caps-de-mouton, moques
ou cosses, aiguillettes, en avant de la moque de la seconde sous-barbe.
Ces haubans et leurs moques s'enlvent ordinairement au mouillage.


_Garde-Corps._

Sous le chouc du beaupr, qui est plac verticalement et qui est mis en
place avant de mter, sont deux pitons sur lesquels on pisse un cordage
qui, garni d'une cosse, vient rider sur deux montans en fer fixs sur la
tte des aptres. Ces cordages, appels garde-corps, servent aux
matelots pour monter et descendre le long du mt avec facilit.


_Des Haubans et des tais des bas Mts._

Les bas mts sont tenus par des haubans et des tais. Les haubans
tiennent les mts de l'arrire, et les empchent d'obir aux mouvemens
du roulis, c'est--dire d'un bord sur l'autre. Pour lier de la manire
la plus favorable le mt au navire, il a fallu, en prenant pour point
fixe le capelage du mt, en avoir un second sur le navire pour raidir le
hauban convenablement, et loign autant que possible du pied du mt;
car on conoit qu'il sera d'autant mieux tenu que l'angle que fera son
axe avec la direction du hauban sera plus grand. Ce point a t trouv
au moyen du porte-hauban, plate-forme en bois situe  l'extrieur, 
partir de la face avant du mt, et continue de l'arrire, d'une
quantit suffisante pour porter le dernier galhauban de perroquet.

La chane de bas hauban se compose d'une barre de fer rond, double sur
elle-mme, portant  son extrmit suprieure une estrope en fer, qui
remplit la gougure d'un cap-de-mouton; et  son extrmit infrieure,
une barre de fer plat, qui est cheville et boulonne sur les
prceintes, les membres et le vaigrage. La partie infrieure de
l'estrope en fer du cap-de-mouton repose dans une chancrure pratique
au bord extrieur du porte-hauban, recouverte, aprs que tous les
caps-de-mouton sont en place, par une forte tringle en bois.

On emploie pour la confection des haubans, du chanvre de premier brin,
commis en aussire, c'est--dire  quatre. Ce cordage doit tre plus
commis que les manoeuvres courantes, afin d'adonner le moins possible,
et d'viter par l de rider; opration toujours longue et difficile  la
mer.

Il y a peu d'annes encore que plusieurs vaisseaux de guerre et mme des
frgates avaient leurs bas haubans en grelin; mais ce commettage a t
abandonn et n'existe que pour les tais.

La longueur des haubans se prend en mesurant la distance du capelage aux
porte-haubans. A bord des btimens de guerre, on augmente cette quantit
de trois, quatre ou cinq pieds, suivant le rang du btiment, afin que le
hauban puisse tre piss plusieurs fois, s'il est coup par les boulets
de l'ennemi.

Le nombre des haubans n'est pas dtermin d'aprs une rgle fixe; les
btimens de guerre seuls sont soumis  un tarif. Leur grosseur n'est
soumise  aucune rgle[1], cependant on leur donne en gnral les deux
tiers de l'tai du grand mt, qui est lui-mme les deux tiers du cble,
lequel a un demi-pouce de circonfrence par pied de bau.

  [1] Chaque port de guerre ayant un tarif qui dtermine la grosseur et
  la longueur de toutes les manoeuvres, nous ne parlerons ici que des
  navires du commerce.

Le mt de misaine a un hauban de moins que le grand mt; le mt
d'artimon un tiers de moins, et quelquefois il est au-dessous de cette
quantit; car un btiment ayant sept haubans au grand mt, n'en porte en
gnral que quatre  son mt d'artimon.

Avant de couper les haubans, il faut faire longer  la caliorne, et
mme s'il est possible au cabestan, les pices de cordage qui doivent
servir  leur confection. Il est bon de les laisser ainsi longes
pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour leur faire subir une
premire tension et les empcher de se rouler sur elles-mmes; ce qu'on
appelle faire des coques.

Les haubans se coupent par paire. A partir d'un piquet ou d'une
pontille, on mesure sur le plancher la distance du capelage au
porte-hauban,  laquelle on ajoute la moiti de la circonfrence du mt
pour former l'oeillet du capelage. De cette marque, sur laquelle on fixe
le bout du cordage, des hommes tenant la pice marchent vers le piquet,
font passer le cordage sur son avant, redescendent vers la marque, et
alors on coupe le cordage  un demi-pied environ au-del de cette mme
marque, parce que cette seconde branche doit tre plus longue que la
premire,  cause de son obliquit. La premire paire du bord oppos se
coupe de la mme manire; seulement, comme elle est capele au-dessus,
elle doit tre plus longue du diamtre du cordage, c'est pourquoi en la
coupant on la fait passer sur l'avant de la paire dj coupe. On
continue pour les autres paires comme on vient de le dire, en ayant soin
de donner  chaque branche un demi-pied environ de plus qu' celle qui
doit la prcder sur le mt. Lorsque tous les haubans sont coups, on
marque le point du cordage qui touchait le piquet, non comme le milieu
de la paire des haubans, puisqu'une branche est plus longue que l'autre
d'un demi-pied, mais comme le milieu de l'oeillet du capelage. On
marque aussi, au moyen d'un lusin engag entre les torons, le numro de
la paire.

Cela fait, chaque paire est longe sur les chevalets et raidie avec un
vireveau ou une caliorne. On garnit en bitord l'oeillet du capelage et
chacune des branches jusqu'au point o doivent aboutir les gambes de
revers. Ce point se trouve en portant, de chaque ct du milieu de
l'oeillet du capelage, une distance gale  la longueur du tour du mt.
Les premiers haubans de l'avant au grand mt et au mt de misaine sont
garnis en bitord dans toute leur longueur, pour rsister au frottement
des basses voiles; on les couvre outre cela d'une sangle lorsqu'on est 
la mer. Quelquefois, avant de garnir de bitord, on limande le hauban;
mais c'est lourd et inutile.

La garniture faite, on retire les haubans de dessus les chevalets, et
les pliant  partir du milieu de l'oeillet de capelage, on fait, avec
une forte ligne ou quarantenier, un amarrage plat de huit ou dix tours,
qui dtermine cet oeillet. Au bout de chaque branche, on fixe, par un
amarrage  faux frais, un cap-de-mouton garni de sa ride.

Si le nombre des haubans est impair, le dernier hauban de chaque bord
est form avec le mme morceau de cordage; l'amarrage qui forme
l'oeillet du capelage est fait en croisant les branches, et en capelant
on en laisse tomber une  tribord et l'autre  babord.

Au lieu de se servir de ce moyen, quelquefois une des branches de la
premire paire de chaque bord n'a que le quart de la longueur du hauban,
et portant une forte cosse enveloppe par son extrmit infrieure et
pisse par-dessus, sert de pendeur de caliorne.

Les tais sont destins  maintenir les mts sur l'avant en s'opposant 
l'effet du tangage. Ils sont en cordage commis en grelin, c'est--dire
qu'aprs avoir commis trois torons pour en faire un cordage, on commet
ensemble trois de ces cordages et on forme le grelin. Cette espce de
cordage adonne moins que celui commis en aussire, et c'est pour cette
raison qu'on s'en sert pour la confection des tais.

La pice de cordage qu'on destine  faire un tai, doit tre longe au
moyen d'une caliorne ou d'un cabestan, et laisse, s'il est possible,
deux ou trois jours dans cette position, en ayant soin de faire virer
plusieurs fois dans cet intervalle sur la caliorne ou le cabestan, pour
abraquer le mou qui doit rsulter de cette tension.

Il y a deux manires de prparer l'tai pour le rendre propre  tre
capel: 1 l'tai ayant t coup  la longueur convenable, on l'longe
en le raidissant fortement par deux caliornes. A une des extrmits on
fait un oeillet assez grand pour y passer l'tai lorsqu'il aura t
garni. On mesure,  partir de l'oeillet, une longueur gale  celle du
ton du mt, et on marque. A cette marque, on fait, au moyen d'un garni
de bitord, recouvert par un tissu de ligne ou de bitord en queue de rat,
un bourlet appel pomme d'tai, dont le grand diamtre qui fait face 
l'extrmit infrieure de l'tai, doit tre le double de celui de l'tai
et qui se termine en diminuant graduellement vers l'oeillet. Aprs avoir
garni en bitord toute la partie qui spare la pomme de l'oeillet, on
passe le bout infrieur dans l'oeillet jusqu' ce qu'il s'arrte  la
pomme, et on a par ce moyen un vaste collier qui peut embrasser le
capelage. Cette manire de confectionner les tais est en gnral
abandonne, on y substitue la suivante:

L'tai tant long comme nous l'avons dit, on fait  une de ses
extrmits un oeillet du diamtre de l'tai. On mesure,  partir de cet
oeillet, une longueur gale  celle de la moiti du ton du mt pour
lequel on travaille, et on marque. On prend un morceau du mme cordage
qui a servi  faire l'tai, et  une de ses extrmits on fait un
oeillet comme celui dont nous venons de parler. On applique oeillet
contre oeillet, et le morceau de cordage contre l'tai jusqu' la marque
qui a t faite en portant dessus la demi-longueur du ton, et au-dessous
de cette marque on pisse le morceau de cordage sur l'tai. On a form
ainsi deux branches gales en longueur et en force, et qui, au moyen
d'une aiguillette frappe sur l'un des deux oeillets, et passant
successivement de l'un dans l'autre, embrassent le capelage et y fixent
l'tai. On garnit en bitord depuis les oeillets jusqu' un pied environ
au-dessous de l'pissure.


_Capeler les longis, les Traversins et les Hunes._

Ordinairement lorsqu'on mte, surtout avec une machine  mter, le mt
est mis en place avec ses longis; dans le cas contraire, on les met en
place de la manire suivante: (la tte de chaque mt doit tre garnie de
deux poulies aiguilletes, dans lesquelles passent deux cartahus.)
Supposons qu'on veuille capeler les longis du grand mt, on les dispose
sur l'avant du grand mt, dans le sens qu'ils doivent prendre sur les
jottereaux. On affale les deux cartahus, et on les frappe sur la partie
avant, en les longeant extrieurement et les genopant au milieu et sur
la partie arrire. On frappe sur l'avant un cartahu de retenue qui vient
passer au mt de misaine. Les cartahus tant passs dans des poulies de
retour, on fait hisser, en abraquant celui du mt de misaine. Par la
manire dont les cartahus sont frapps, la partie arrire de l'longis
se prsente la premire; on les fait emboter, et coupant la genope on
continue  hisser, ce qui fait prendre  l'longis une position
horizontale et donne la facilit de le fixer sur les jottereaux  la
place qu'il doit occuper. Les charpentiers mettent les clefs, et on
dfrappe les cartahus.

Les longis de misaine et d'artimon se hissent et se mettent en place de
la mme manire.

Les longis capels, on dispose, dans le sens qu'ils doivent occuper,
les barres traversires ou traversins; on frappe un cartahu sur chaque
bout, et celui de retenue au milieu; on fait hisser en abraquant la
retenue jusqu' ce que le traversin soit en dessus des adens pratiqus
sur les longis, puis on amne en faisant emboter le traversin dans les
adens, aprs quoi on les fixe au moyen de chevilles.

La hune est une espce de plate-forme qui repose sur les longis et les
traversins. Sa largeur est ordinairement la moiti de celle du navire,
et sa longueur est un peu moindre. Sa face arrire est coupe carrment,
et sa face avant arrondie. Tribord et babord, elle est perce de trous
quadrangulaires pour laisser passer les lattes des caps-de-mouton des
haubans de hune. Dans le milieu est un trou carr, dont le ct a le
tiers de la largeur de la hune, et qui reoit le nom de trou du chat.

Pour la hisser, on la pose sur le pont, la partie circulaire sur l'avant
et dans sa position naturelle. On frappe sur sa partie arrire en
faisant passer de dessous en dessus, par le trou du chat, deux cartahus,
et on les genope de distance en distance jusqu' sa partie circulaire,
de manire qu'elle puisse monter dans une position verticale. Un cartahu
venant du mt d'artimon, si on hisse la grande hune, et du grand mt, si
on hisse la hune de misaine, est frapp en patte d'oie sur la partie
arrire, et genop sur l'avant, afin de l'carter des longis.
Lorsqu'aprs avoir hiss, elle a dpass les longis, on mollit la
retenue dont on coupe la genope. Quand la hune qui s'appuie sur le ton
du mt touche les poulies des cartahus, on coupe les premires genopes
en continuant  hisser. La partie avant du trou du chat se trouve
bientt au-dessus du ton du mt, alors on abraque la retenue, et la
hune, excutant un mouvement de bascule, prend une position horizontale
et se trouve suspendue par les cartahus genops sur son milieu; on
l'amne dans la position qu'elle doit occuper sur les barres, et on l'y
fixe par des chevilles  goupille.


CAPELAGE DES BAS MATS.

_Capelage du grand Mt._

Avant de capeler, on fixe des coussins en bois mou sur les longis, et
on goudronne la partie du ton sur laquelle doit reposer le capelage.

Les haubans sont longs sur le pont ou dans un canot le long du bord;
on affale le cartahu de tribord, et on le frappe au milieu du hauban
portant le n 1; on fait ensuite deux genopes, la premire  quelques
pieds en dessous de l'amarrage, et la seconde sur l'oeillet du capelage.
On hisse; cette seconde genope tant parvenue  toucher la poulie du
cartahu, on la coupe, et continuant  hisser, l'oeillet du capelage
dpasse le ton du mt; les gabiers le font incliner sur babord, et en
amenant le cartahu il prend le ton du mt. Alors on le fait descendre
sur les coussins des longis en le forant  coups de maillet.

Quoiqu'il importe fort peu de quel bord on commence le capelage,
l'habitude est de commencer par tribord au grand mt et au mt
d'artimon, et par babord au mt de misaine.

Lorsque le nombre des haubans est impair, la premire paire a pour
seconde branche un pendeur ayant pour longueur le quart du hauban,
lequel pendeur porte  son extrmit une forte cosse, afin de recevoir
l'aiguillette de la caliorne.

Si, le nombre des haubans tant pair, on veut avoir les pendeurs des
caliornes capels, on les forme du mme bout de cordage en croisant
l'amarrage, et commenant le capelage par eux on jette une branche de
chaque bord. Si, outre le pendeur de caliorne, on veut capeler celui de
candelette, alors ils se forment comme nous venons de le dire, et les
deux branches tombent du mme bord. Mais en gnral on ne capelle plus
les pendeurs, et on les met en place lorsqu'ils sont ncessaires, en
faisant un tour mort sur le capelage.

La premire paire de haubans tant capele, on capelle la seconde, qui
devient premire du ct de babord, et on lui donne une direction
absolument semblable. On capelle ensuite la troisime paire, et en
faisant descendre son oeillet pour l'appliquer exactement sur celui de
la deuxime, on a soin de le faire un peu biaiser, afin que ses branches
tombent en arrire de celles dj en place. On capelle ensuite la
quatrime paire  babord, la cinquime  tribord, de manire que, le
capelage termin, les numros impairs sont  tribord, et les numros
pairs  babord. A mesure qu'une paire est capele, on passe la ride du
cap-de-mouton du hauban dans celui correspondant sur le porte-haubans,
quoiqu'il n'y soit fix que par un amarrage  faux frais; mais c'est
afin de ne pas les laisser pendre le long du mt.

Pour capeler l'tai, on passe deux cartahus par le trou du chat et en
dehors des longis, on les frappe  deux pieds environ de l'pissure des
branches de l'tai, et l'on genope ensuite chaque cartahu sur une des
branches. En hissant, elles viennent embrasser les longis. Quand elles
sont dans la hune, on coupe les genopes et on amarre les cartahus afin
d'avoir plus de facilit  faire l'aiguilletage des deux branches;
lorsqu'il est termin, on largue les cartahus et on amarre  faux frais
l'tai sur le point o plus tard il sera raidi. Aprs l'tai, et de la
mme manire, on capelle le faux tai; mais,  bord de beaucoup de
navires, au lieu d'un tai et d'un faux tai, on capelle deux tais
gaux. On conoit alors qu'on a d diminuer la grosseur de l'tai; c'est
ce qu'on a fait en prenant, en gnral, pour circonfrence de chacun des
tais gaux, la moyenne entre celle du grand tai et de son faux tai.

Le grand tai avait les deux tiers du cble, et le faux tai, les deux
tiers du grand. Un navire de trente pieds de baux avait donc un tai de
10 pouces et un faux tai de 6-2/3; il aura maintenant deux tais de 8
pouces 1/2.

Le grand tai, ou plutt les grands tais, car, comme nous l'avons dit
dj, presque tous les navires portent,  leur grand mt et  leur mt
de misaine, deux tais gaux, sont disposs de diverses manires:

A une estrope faite avec un cordage dont la dimension est les deux tiers
de l'tai, est fixe la moque de ridage; et aprs que l'amarrage  plat
a t fait, les deux branches passent dans des trous garnis en plomb,
pratiqus de chaque ct de l'trave dans la muraille du navire, puis,
se croisant sur la courbe de capucine, remontent en se fixant sur
elles-mmes par plusieurs amarrages plats.

On dispose deux moques semblables en les faisant incliner un peu, l'une
sur tribord, l'autre sur babord, pour qu'elles correspondent plus
exactement aux tais qui passent le premier  tribord, le second 
babord du mt de misaine. Ce dernier est garni d'un croissant en bois
tendre, pour ne pas tre endommag par les tais qu'on a soin de fourrer
et de recouvrir en basane  ce point.

Les estropes dont nous venons de parler sont limands  leur partie
extrieure, qu'on recouvre avec une plaque de plomb cloue. On remplace
quelquefois les moques par des cosses, et les tais, o portent des
moques semblables qu'on runit par une ride, ou passent dans la cosse.

Quelquefois deux fortes boucles, chevilles et boulonnes sur bau,
tribord et babord du mt de misaine, portent les cosses sur lesquelles
les tais viennent se raidir.

On peut, au lieu de capeler les haubans, comme nous l'avons indiqu plus
haut, les uns sur les autres, les capeler les uns dans les autres;
c'est--dire que chaque oeillet de la paire de babord, au lieu de
reposer sur l'oeillet correspondant de tribord, l'embrassera. Il est
vident que pour que cela puisse avoir lieu, il a fallu, en
confectionnant les haubans de babord, augmenter d'une quantit
suffisante le diamtre de l'oeillet du capelage. Cette installation
rduit ncessairement de moiti la hauteur du capelage, et fait paratre
le grement plus lger.


_Capelage du Mt de Misaine._

Aprs avoir mis les coussins sur les jottereaux, comme on l'a fait au
grand mt, on capelle une forte poulie, ou mieux, encore une moque 
rouet de fonte, pour le passage de l'tai du grand mt de hune. Elle
doit prsenter de l'arrire et dans la direction du milieu du mt. On
capelle ensuite les haubans comme on l'a dit pour le grand mt, avec la
seule diffrence que le premier est mis  babord, et que le capelage une
fois termin, les numros impairs sont  babord, et les numros pairs 
tribord.

L'observation faite pour les pendeurs des caliornes et des candelettes
du grand mt, s'applique aussi  ceux de misaine.

Les tais ayant t capels, leurs extrmits vont s'amarrer,  faux
frais, sur les deux moques places, pour leur ridage, au capelage du mt
de beaupr.


_Capelage du Mt d'Artimon._

Les coussins mis en place, on capelle une poulie double qui doit servir
pour former le palan de la drisse de corne; elle doit donc tre de
l'arrire et rpondre entre les deux longis. Cette poulie, au lieu
d'tre capele, est souvent aiguillete sur le capelage. Souvent aussi
elle est supprime et remplace par un chaumart  deux rouets, plac
entre les longis.

On capelle les haubans en commenant par tribord, aprs quoi on capelle
l'tai. Le mt d'artimon n'a pas en gnral de faux tai,  moins qu'on
ne donne ce nom  la manoeuvre qui sert de draille au foc d'artimon;
manoeuvre qui se trouve supprime de droit, lorsque le foc d'artimon,
ainsi que cela arrive quelquefois, est envergu sur une corne.

L'tai passe dans une moque  rouet de fonte, qui est fixe au grand
mt,  quatre  cinq pieds du pont. L'estrope de cette moque embrasse le
mt, et est aiguillete sur sa face avant. On la soutient par de petits
taquets clous  distance de quelques pouces, afin de l'empcher de
descendre au ridage.

Quelquefois deux boucles sont fixes tribord et babord de l'tambrai du
grand mt. On pisse, sur la cosse d'une de ces boucles, un morceau de
cordage de la mme grosseur et espce que l'tai; puis, aprs y avoir
pass une cosse, on pisse le second bout sur la boucle du bord oppos.
C'est ensuite sur le milieu de ce cordage, auquel on doit laisser assez
de mou pour qu'il passe au-dessus du rtelier de manoeuvre du grand mt,
que l'tai vient s'amarrer, en enveloppant la cosse qui y a t place,
avant de faire le dormant sur la deuxime boucle.

Au lieu de faire dormant sur les boucles, avec un cordage qui ne fait
pas partie de l'tai, on peut, en arrire du rtelier de manoeuvre du
grand mt, pisser  l'tai un morceau de cordage de mme dimension;
alors l'tai a deux branches qui font dormant sur les deux boucles dont
nous venons de parler.

L'une ou l'autre de ces installations, qui rendent l'tai du mt
d'artimon indpendant du grand mt, nous parat prfrable  la premire
qui a t dcrite.

Le mt d'artimon n'a pas de caliornes et par consquent de pendeurs. Il
n'a que des pendeurs de candelettes, auxquelles il faut appliquer les
observations faites pour les candelettes du grand mt.


_Caliornes, Candelettes, Palans d'Etai._

Les caliornes se composent de deux fortes poulies  dez de fonte, l'une
suprieure  trois rouets, et la seconde infrieure  deux rouets. Elles
sont runies par un cordage appel garant qui fait dormant sur l'estrope
de la poulie double. Dans l'estrope de la poulie triple est fixe, au
moyen d'un amarrage plat, une cosse portant une aiguillette; on fixe de
la mme manire, dans la partie infrieure de l'estrope de la poulie
double, une cosse portant un croc.

La candelette diffre de la caliorne en ce qu'elle n'est forme que par
la runion d'une poulie double et d'une poulie simple.

Si les pendeurs sont capels et qu'on veuille se servir de la caliorne
ou de la candelette, on les aiguillette  leur pendeur, en les
soulageant au moyen d'un cartahu, afin de donner au matelot, plac dans
les haubans, la facilit de passer plusieurs tours de l'aiguillette de
la poulie dans la cosse du pendeur.

Si les pendeurs ne sont pas capels, on les hisse dans la hune au moyen
d'un cartahu, et, les fixant au ton du mt par un tour mort et un
amarrage, on dirige le pendeur dans la direction convenable et on y
aiguillette sa caliorne, comme nous venons de le dire.

Les caliornes et les candelettes servent  soulever de lourds fardeaux;
elles servent aussi, comme nous le verrons bientt, au ridage du
grement des bas mts.

Ordinairement, lorsque l'opration  laquelle elles ont servi est
termine, on largue l'aiguilletage, en ayant soin, auparavant, de les
soutenir avec un cartahu; puis on les longe sur le pont, on bride les
garans par des amarrages en fil de carret ou en bitord, et elles sont
envoyes dans la cale. Si les pendeurs ne sont pas capels, on les
dfrappe aussi. Si on voulait les garder en place, il faudrait les
longer le long des haubans, et crocher la poulie double  un des pitons
des porte-haubans.

Pour embarquer et dbarquer les objets d'un moindre poids, on fait usage
du palan d'tai. Il est form par deux poulies, l'une double et l'autre
simple. La double, ou suprieure, est estrope  un long pondeur qui
s'amarre au ton du grand mt; la poulie simple porte un croc 
mrillon.

Afin de pouvoir diriger le palan d'tai de l'arrire  l'avant, on
frappe une poulie simple sur le pendeur, et on passe dans cette poulie
un cordage qui, aprs avoir fait dormant sur les longis de misaine,
vient passer dans une poulie simple qui y est aiguillete. C'est ce
qu'on appelle le guide du palan d'tai. Lorsqu'il est simple, il fait
dormant sur le pendeur.

On conoit qu'en halant sur le guide, on peut faire prendre au palan
d'tai une position perpendiculaire sur la grande coutille. On bague
dans l'estrope de la poulie simple une petite estrope  cosse pour y
crocher le palan de bout de vergue.

On appelle ainsi un palan  long pendeur qu'on frappe sur la basse
vergue et dont le garant, passant sur le pont dans une poulie de retour,
sert avec le palan d'tai  dcharger les canots, etc.


_Ridage du Grement des Bas Mts._

La tenue du grement d'un mt doit toujours commencer par l'tai.

Si on veut tenir le grand mt, il faut aiguilleter les caliornes sur
leurs pendeurs, si elles ne le sont pas; brider fortement les pendeurs
au mt, et crocher, aussi loin que possible sur l'avant, les poulies
doubles des caliornes. Cela fait, on enlve tous les coins des
tambraies, de manire que le mt ne porte plus que sur son emplanture.
On range les matelots sur les garans des caliornes, en les faisant,
autant que possible, haler en marchant et sans secousses, on porte le
mt de l'avant. Quand il est dans la position qu'on veut lui donner, on
tourne les garans des caliornes et on les genope en plusieurs endroits.

On frappe sur le milieu de chaque tai une caliorne de braguet, dont la
poulie croche la ride, si l'tai est  ride, ou le trsillon du bout de
l'tai, si on raidit sur l'tai lui-mme. On passe les deux garans des
caliornes dans des poulies coupes, croches au fronteau d'avant, et on
fait haler sur ces caliornes jusqu' ce qu'on s'aperoive que celles qui
sont sur le mt mollissent. Alors on tourne les garans et on les genope.
Si l'tai est  ride la ride est genope, passe deux tours en dessus de
la moque et bride ensuite tous les tours. Si on raidit sur l'tai
lui-mme, on s'occupe immdiatement de faire les amarrages en arrire
de la cosse. Lorsqu'ils sont termins, on dfrappe les caliornes de
braguet, on largue la bridure des pendeurs, et on les longe le long des
haubans.

Nous avons dit qu'aprs avoir capel les haubans, on passait la ride de
chaque cap-de-mouton dans celui qui lui correspondait sur le
porte-hauban. Les haubans ainsi tenus  faux frais, on marque, en
appliquant sur eux une ligne horizontale, la hauteur o doit tre le
cap-de-mouton de chaque hauban, et l'on travaille aussitt  l'y fixer
par un amarrage en trive, puis on retrousse le bout du hauban lui-mme
en l'y retenant par deux amarrages plats.

Ces amarrages faits, ainsi que ceux des tais, on raidit les haubans
soit au moyen des caliornes, soit avec de forts palans frapps 
l'avance sur le milieu de chaque hauban. Le ridage doit commencer par le
hauban de l'avant de chaque bord, en observant de les haler ensemble, et
de continuer ainsi, de deux en deux, jusqu' ceux de l'arrire.

Pour rider, on frappe sur le croc de la caliorne, ou du palan, la ride,
et, faisant ranger les hommes sur les garans qui passent dans des
poulies de retour, on les fait marcher ou haler sans secousses. Pendant
ce temps, ceux placs de chaque bord dans les porte-haubans suivent la
ride et embraquent sur la partie la moins tendue, afin de rendre gal le
mouvement de ridage. Lorsque les deux haubans qu'on hale ainsi en mme
temps, ont une tension gale et convenable, on genope la ride, on fait
deux tours sur le hauban, et le bout excdant, tombant entre le hauban
et le bord, s'enveloppe sur les tours intrieurs.

Pendant le ridage, celui qui dirige cette opration doit apporter le
plus grand soin  la tenue du mt. Il doit savoir de combien de lignes
par pied il est ncessaire que le mt incline sur l'arrire; mais avec
les tais il lui fait dpasser cette position sur l'avant, parce que le
ridage des haubans le fera tomber. Il veille  ce que le mt ne soit pas
port plus sur un bord que sur l'autre, et cela au moyen d'un fil 
plomb venant de la tte du mt.

Le ridage termin, on coince le mt dans ses tambraies, on cloue les
braies de mt, et on recouvre les caps-de-mouton et les rides de chaque
hauban avec un paillet qu'on lace par derrire. On aligne les bouts des
haubans en les coupant tous  mme hauteur; on applique sur l'extrmit
un morceau de bois rond pais de une ou deux lignes, qu'on recouvre avec
une coiffe en toile peinte qu'on retient par un petit amarrage. Ce que
nous avons dit pour le ridage du grement du grand mt, s'applique
exactement aux mts de misaine et d'artimon. Ce dernier n'ayant pas de
caliornes, on le porte de l'avant au moyen de ses candelettes.

Lorsque les chanes de bas haubans, au lieu de porter des
caps-de-mouton, portent des moques ou des cosses, le bout des haubans
passe dans ces moques, et aprs avoir t raidis comme nous venons de le
voir, sont fixs au-dessus par deux amarrages plats. Cette installation,
plus lgre que celle des caps-de-mouton  ride, a le grand inconvnient
de rendre plus long et plus difficile, surtout  la mer, le ridage des
haubans. Cette considration est bien importante, particulirement pour
les btimens de commerce qui ont des quipages peu nombreux.

Nous renvoyons  la fin de cet ouvrage pour donner la description des
rides en fer, appels rides  la _Pinchau_, du nom de l'inventeur.
Plusieurs grands navires du commerce en ont adopt l'usage, ainsi
qu'une partie des vaisseaux et frgates de la marine de l'tat.


_Enflchures, Trelingages, Gambes de revers._

Les haubans raidis, on fait les enflchures qui servent d'chelons aux
matelots pour monter dans la mture. On suspend de chaque ct des
haubans, au moyen d'un cartahu  patte d'oie, un espar qui sert de
marche-pied aux gabiers chargs de les faire. Ils les commencent
au-dessous du point o doit tre fix le trelingage et leur donnent
treize pouces d'intervalle. Ils sont munis d'un morceau de bois de cette
longueur, qu'ils portent successivement sur chaque hauban pour marquer
le point o doit tre fait l'amarrage et le noeud.

Au bout des quaranteniers ils forment un petit oeillet qui est fix sur
le hauban de l'arrire par un amarrage en fil de carret, ou mieux en
lignerole. Le quarantenier embrasse, par le noeud d'enflchure, chaque
hauban, et, par un second oeillet et un amarrage, se fixe sur le second
de l'avant. Le premier hauban de l'avant tant indpendant du
trelingage, ne porte jamais d'enflchures. A bord des grands navires,
on n'en fait que sur ceux du milieu.

Le trelingage sert de point d'appui aux gambes de hune ou de revers, qui
font, pour les haubans des mts de hune, l'office des chanes de haubans
pour les bas haubans. Le trelingage se compose de quenouillettes et de
morceaux de cordages portant  chaque extrmit un oeillet; c'est ce
qu'on nomme les branches du trelingage.

La quenouillette est une barre de fer rond, de deux  six pouces de
circonfrence, suivant la force du navire. Aprs avoir t limande et
garnie, elle s'amarre en dedans des haubans, en faisant sur chacun d'eux
un amarrage. Il faut en excepter celui de l'avant qui, tant dans l'axe
du mt, ne peut faire partie du trelingage; on rapproche ensuite les
haubans au moyen de palans qu'on frappe sur les quenouillettes
elles-mmes, et on aiguillette les branches sur le hauban et son
correspondant  l'autre bord. Larguant les palans, les branches se
trouvent raidies. Mais il ne faut pas qu'elles forcent les haubans  se
rapprocher, c'est--dire  se couder, car, dans les mouvemens de roulis,
les haubans du vent soutenant tout l'effort de la mture et n'tant
plus brids par le trelingage, parce que les haubans sous le vent ont
alors du mou, ils allongent de toute la quantit dont on les aura brid
ou fait couder, et tiendront moins la mture.

Nous avons dit que, dans les cts des hunes, taient pratiqus des
trous quadrangulaires en nombre gal  celui des haubans de hune. Dans
ces trous on fait passer une barre de fer plat (appel latte de hune)
portant  son extrmit suprieure un cap-de-mouton ou une cosse, et
ayant sa partie infrieure termine en anneau. La gambe de hune ou de
revers, qui est un morceau de cordage double ou simple, garni d'un croc
 bec plat, se croche dans cet anneau et va se raidir sur la
quenouillette; le bout excdant s'amarre le long du bas hauban.

On peut supprimer le trelingage, et dans ce cas on fixe sur le mt en
dessous des jottereaux, une forte estrope qui en porte de plus petites
dans lesquelles sont fixes des cosses, o viennent se raidir et
s'amarrer les gambes de hune.

On remplace quelquefois l'estrope par un cercle en fer garni de pitons
sur lesquels s'amarrent les gambes. Il est inutile de dire que dans
l'un et l'autre cas les cosses et les pitons sont en nombre gal  celui
des gambes.

Quelques navires suppriment les gambes, et passant les haubans de hune
dans des trous pratiqus comme ceux des lattes, raidissent et amarrant
les haubans sur les cosses de l'estrope, ou les pitons du cercle.


_Capeler les Choucs des Bas Mts._

Le grement des bas mts tant tenu, il faut capeler les choucs. On
place le chouc que l'on veut hisser de l'avant de son mt, et dans la
position qu'il doit avoir tant sur son tenon. On frappe de chaque ct
un fort cartahu  patte d'oie, et un cartahu de retenue sur la face
avant. Ce cartahu passe au ton du mt de misaine, s'il s'agit du chouc
du grand mt;  l'extrmit du beaupr, s'il s'agit de celui du mt de
misaine, et enfin au grand mt, s'il faut hisser celui du mt d'artimon;
pesant sur les deux cartahus, et halant  propos sur la retenue, on le
fait monter au-dessus de la hune, et on le prsente entre les longis,
de manire que le mtereau qui doit servir  le capeler puisse le saisir
en passant entre les longis.

Ce mtereau, on le guinde le long du bas mt par le moyen d'une
guinderesse, qui, passant dans une poulie autour du mt, et dans le clan
du mtereau, ou, s'il n'a pas de clan, dans une poulie qu'on estrope et
bride  sa partie infrieure, va faire dormant sur l'longis du bord
oppos. Quand le mtereau, en le hissant, a dpass le chouc de quelques
pieds, au moyen d'une bridure ou de deux palans, on le lie  l'extrmit
du mtereau en continuant alors  hisser. Le chouc parvient au-dessus du
ton, on amne alors en douceur de manire  faire emboter la mortaise
dans le tenon du mt. On largue la bridure et on dpasse le mtereau.

Avant de capeler le chouc, on ne doit pas, oublier de garnir le tenon du
mt d'une coiffe en toile goudronne. On force le chouc  coups de
masse, car il faut qu'il n'ait pas le plus petit mouvement dans son
tenon.


SECTION II.

_Manoeuvres dormantes des Mts de Hune._

Les mts de hune se hissent le long des bas mts; ils passent entre les
longis dans la partie avant du chouc qui, ainsi, les lie aux bas mts,
et reposent sous les longis par le moyen d'une cheville carre en fer,
appele clef, qui traverse la partie infrieure ou caisse du mt de
hune.

Ils sont tenus par des haubans qui se capellent et se rident sur les
caps-de-mouton des lattes de hune. Mais ces haubans n'offrant pas assez
d'empature, vu le peu de largeur de la hune, et ne pouvant,  cause de
sa position, tre suffisamment ports de l'arrire, on se sert des
galhaubans qui, capels aprs les haubans, descendent sur les
porte-haubans; ce qui permet de les diriger de l'arrire et de soutenir
le mt dans cette direction. Enfin, un tai et un faux tai les assurent
contre les mouvemens du tangage. Ces derniers servent de draille  une
voile d'tai.

Les haubans de hune se coupent et se garnissent comme nous l'avons dit
pour les bas haubans. On leur donne en gnral pour grosseur les deux
tiers de celle des galhaubans, qui sont eux-mmes les deux tiers des bas
haubans.

Si le nombre en est impair, on forme la premire paire avec un pendeur
qui sert  la candelette; mais, comme on le supprime ordinairement, et
qu'on ne le met en place, en le frappant sur le ton du mt, que
lorsqu'on veut s'en servir, la dernire paire, dont on croisera les
branches, en jettera une de chaque ct.

Le premier hauban est entirement garni:  la mer on le couvre encore
avec une sangle pour le prserver du frottement de la vergue.

Les galhaubans se placent, l'un  l'extrmit arrire du porte-hauban;
un second, autant que possible, dans celle de l'axe du mt; le troisime
et le quatrime, s'il y en a, entre les deux premiers, mais de manire
que l'un d'eux soit en arrire de la hune.

Celui qui est plac dans l'axe du mt gnant le brassiage des vergues,
on le largue pendant cette opration en mollissant le palan qui lui sert
de ride, et on le porte de l'arrire de la hune. Il reoit le nom de
galhauban volant, et est aiguillet et non capel, comme nous le
verrons. Les navires qui portent quatre galhaubans en ont deux volans et
deux fixes; ceux qui n'en portent que trois en ont un volant et deux
fixes.

En mme temps qu'on passe le galhauban volant sous le vent pour aider le
brassiage, on donne plus d'empature  celui du vent, en le poussant
avec un arc-boutant plac dans la hune, qu'on fait mouvoir par un petit
palan manoeuvr par les gabiers.

Les galhaubans fixes sont coups par paire comme les haubans; les volans
sont coups un  un et sont aiguillets et non capels. Ils sont garnis
en bitord au portage des vergues, et en prenant la mer on recouvre ce
garni avec un paillet, une sangle, ou de la peau de vache.

Les tais sont confectionns comme nous l'avons dit pour les bas mts.


_Capelage du grand Mt de Hune._

Les capelages des mts de hune reposent sur les barres de perroquet, qui
sont portes sur l'paulement de la noix du mt. Pour les capeler, on
les place sur les choucs des bas mts, de manire que le mt de hune en
guindant passe son ton dans le trou carr des barres.

Les mts de hune se hissent au moyen d'un cordage en grelin, appel
guinderesse, dont la grosseur est gale  celle des bas haubans. Lorsque
le mt est le long du bord et qu'on veut le prsenter, on passe le bout
de la guinderesse dans la poulie croche au piton du chouc du bord o se
trouve le mt; on l'affale, on la frappe sur le trou de la clef, et on
fait une forte bridure en dessous de la noix. On vire la guinderesse
garnie au cabestan, et le mt monte en prsentant son ton; lorsque la
caisse est sur le point de parer le bastingage, on frappe dessus une
retenue pour en modrer le mouvement; on continue  virer et on le
dirige le long du mt. Lorsqu'il y est, on fait dvirer pour faire
reposer la caisse sur le pont, et on le bride dans cette position pour
passer la guinderesse. On largue la bridure de la noix, on la dfrappe
du trou de la clef, et on la passe dans le clan, si le mt n'en a qu'un,
ou dans celui le plus arrire, si le mt en a deux. Dans le premier cas
la guinderesse va passer entre les longis et fait dormant au piton du
chouc du bord oppos  la poulie.

Dans le second cas, aprs avoir pass dans le clan le plus arrire, elle
vient entre les longis, et, passant dans la poulie de guinderesse du
bord oppos, redescend entre les longis, passe dans le second clan, et,
remontant encore entre les longis, fait dormant  un piton plac  ct
de la premire poulie de guinderesse.

Le dormant fait, on vire jusqu' ce que les barres de perroquet reposent
sur l'paulement de la noix; alors on bosse la guinderesse, on bride le
mt de hune au bas mt en passant plusieurs tours d'un bon filin dans le
trou de la clef, et on dgarnit au cabestan, ou on fait une croisure sur
la guinderesse, c'est--dire que, ramenant le bout abraqu par le
dernier tour sur celui qui vient de la poulie, on les saisit par un fort
amarrage crois.

On peut alors travailler au capelage; nous allons capeler le grand mt
de hune.

Aprs avoir mis sur les longis des coussins d'un bois mou, et goudronn
la partie du ton qui doit recevoir le capelage, on capelle les deux
poulies d'itague de hune. La premire prsente  tribord et la seconde 
babord. Vient ensuite la premire paire de haubans; si elle a un pendeur
de candelette, le pendeur doit tre sur l'avant; puis la seconde paire
qui se capelle  babord, la troisime  tribord, et ainsi des autres.
Si, le nombre tant impair, le pendeur de candelette ne fait pas partie
de la premire paire, alors la dernire paire doit avoir une de ces
branches de chaque bord.

Tous les haubans capels, on aiguillette le galhauban volant de tribord,
ensuite celui de babord, et on capelle une paire de chaque bord, ce qui
fait trois galhaubans. S'il doit y en avoir un quatrime, il est
volant, et on l'aiguillette entre le volant et le premier fixe. On
embrasse les longis et le capelage avec les deux branches de l'tai, et
on les aiguillette sur l'arrire. Puis on capelle le chouc du mt.

Cet tai va passer dans une poulie, ou une moque, que nous avons capele
 cet effet au mt de misaine, et descend le long de ce mt au pied
duquel il trouve un piton sur lequel il se raidit et s'amarre. Au lieu
de prendre cette direction, il remonte quelquefois vers le ton du mt,
et se raidit sur une moque ou cosse aiguillete sur le ton. Cette
installation n'offre pas une solidit assez grande et ne doit tre
employe qu' bord des petits btimens.

Le faux tai se capelle comme l'tai, passe en dessous, et servant de
draille  la grande voile d'tai, se dirige au-dessus du trelingage de
misaine, pour aller passer dans une moque ou cosse, dont l'estrope qui
entoure le mt est aiguillete en dessous des jottereaux; de l, il
remonte vers le ton et se raidit au moyen d'une cosse fixe au capelage.

On peut appliquer au capelage de hune le moyen que nous ayons donn pour
diminuer de moiti ceux des bas mts. Dans tous les cas on peut
aiguilleter les galhaubans volans en embrassant les oeillets des
haubans, et non en les posant par-dessus.


_Guinder un Mt de Hune._

Le capelage termin, on garnit la guinderesse si elle a t dgarnie, ou
on largue la croisure qui y a t faite; on largue la bridure qui
retient le mt de hune contre le mt, et on vire. Lorsque la caisse du
mt va s'engager entre les jottereaux, on la soutient avec un cordage
appel braguet, de la grosseur des haubans, qui fait dormant au
capelage, et qui, aprs avoir pass dans une goujure pratique tous la
caisse du mt, passe dans une poulie qui est aiguillete du ct du
capelage oppos  son dormant, et vient se frapper sur une caliorne qui
sert  l'abraquer. Le but du braguet n'est pas seulement de soulager la
guinderesse, mais d'empcher la chute du mt, si cette dernire cassait
pendant l'opration. Aussitt que le trou de la clef parat au-dessus
des longis, on y engage une pince, et lorsqu'il est entirement
dcouvert on y introduit la clef en retirant la pince. On dvire au
cabestan, on dpasse la guinderesse, qui gnralement n'est en place que
dans les rades peu sres, o on peut avoir besoin de caler frquemment
les mts de hune; on dcroche les poulies, et on s'occupe  tenir le
mt.

Pour remplacer le braguet, en renforce l'avant de la hune, et on
cheville sur les longis et la barre traversire de l'avant, un fort
cabrion en chne, portant un crapaud  boulon, sur lequel se meut un
linguet qui ne peut faire avec la hune un angle moindre de 45  50, car
alors son extrmit infrieure porte sur le crapaud. Ce cabrion est
plac de manire  tangenter presque la face avant du mt de hune. Cette
face avant, dans toute la longueur qui correspond au ton du bas mt,
porte un soufflage, dans lequel on a fix une crmaillre  dents.

Lorsque la premire dent de cette crmaillre est  hauteur du cabrion,
la tte du linguet s'appuie dessus; mais le mouvement d'ascension du mt
le fait mouvoir sur son boulon, il se porte de l'avant, et retombe sur
la deuxime dent, quand il trouve le vide qui existe entre celle-ci et
la premire. Si dans cette circonstance la guinderesse cassait, il est
vident que le linguet engag entre deux dents de la crmaillre
empcherait la chute du mt de hune.

Cette installation, qui n'est pas encore gnrale, a t adopte pour
les mts de perroquet,  bord de presque tous les navires de l'tat.

Le moment le plus difficile, et celui o il faut employer la plus grande
force dans les mouvemens des mts de hune, tant lorsqu'il faut placer
la clef en les guindant, ou l'enlever lorsqu'on est oblig de les caler,
on a imagin un systme qui rend ces oprations faciles et sans danger.


_Clefs mobiles._

Nous allons transcrire le rapport fait par la commission que M. le
ministre de la marine chargea de l'examiner:

Ce systme des clefs, dites mobiles, se compose de deux leviers en fer
forg, dont le petit bras est renforc. Chaque levier est muni de deux
tourillons adapts  sa face suprieure et d'un talon saillant
au-dessous de sa face infrieure.

Au commencement de son action, le levier s'appuie par ses tourillons
sur des flasques qui l'lvent au-dessus d'une plaque de fer fondu, et
ensuite par son talon sur cette plaque mme, qui est fixe sur les
longis, vis--vis le passage du mt  manoeuvrer.

Pour guinder ce mt, on l'lve au moyen de la guinderesse, jusqu' ce
que le trou de la clef puisse recevoir les bouts des leviers qu'on a
abaisss; on agit ensuite  l'aide d'un palan sur les extrmits
opposes de ces leviers, pour les ramener  leur position horizontale;
lorsqu'ils y sont arrivs, on les fixe par des clavettes, et alors ils
remplacent les clefs du mt, qui lui-mme se trouve dans la position
qu'il doit occuper.

Lorsqu'on veut caler, on enlve les clavettes, aprs avoir pes un peu
sur les leviers; ils s'abaissent sous le poids du mt, qui descend sans
qu'il soit ncessaire de mollir les haubans et galhaubans, ni de les
soulever ainsi que le mt, comme l'exige le dplacement des clefs
ordinaires.

Dans chaque levier, le grand bras a sept fois la longueur du petit; et,
le premier restant constant, le petit bras diminue de plus en plus de
moiti,  mesure qu'il s'engage dans le trou de la clef du mt. La force
ncessaire pour tablir l'quilibre dans cette machine, n'est ainsi
d'abord que le septime de la rsistance, et se rduit ensuite  moins
d'un quatorzime de la rsistance.

Dans un cabestan de vaisseau, la puissance tant de multiplier par
quatre fois et demi, ou cinq, la force oppose  la rsistance, la
puissance des leviers est donc  celle du cabestan comme 11 est  4-1/2
ou 5, c'est--dire plus que double.

Indpendamment de cet excs de puissance, les leviers ont l'avantage
d'prouver un frottement peu considrable, et qui n'augmente pas
beaucoup pendant leur grande action. Tandis que les frottemens du
cabestan dans son tambraie, ceux qu'prouve la guinderesse dans les
poulies, et souvent ailleurs, sont toujours bien plus grands, et
augmentent avec la pression que cause la rsistance.

Enfin, la disposition des machines fait que les hommes agissent plus
galement et plus efficacement sur les leviers que sur les barres du
cabestan. On ne doit donc pas tre tonn de voir les clefs mobiles
manoeuvres par vingt hommes, produire plus d'effet que les poulies de
guinderesse et le cabestan mus par quatre-vingts ou cent hommes.

Les expriences ont conduit  la conclusion suivante: les clefs mobiles
paraissent moins propres  guinder les mts qu' les caler; elles
peuvent cependant, au moyen de quelques _modifications faciles 
excuter_, soulager la guinderesse dans des derniers et plus pnibles
efforts; mais ces clefs facilitent considrablement rabaissement des
mts, avantage prcieux qui, en acclrant le remplacement d'un mt de
hune, peut exercer une influence favorable sur les chances d'un combat,
et mme sauver un btiment surpris par un coup de vent, en abrgeant la
dure du danger.

Le grand mt de hune guind, on tient son grement. La direction que
doit prendre ce mt est donne par celle du bas mt que nous avons dj
tenu.

On frappe un fort palan sur l'tai en crochant la poulie simple  une
erse qui embrasse le capelage du mt de misaine; on passe le garant dans
une poulie de retour croche  la mme erse, et on l'envoie sur le pont
pour qu'on puisse peser dessus. On frappe un second palan sur la partie
de l'tai comprise entre la poulie du capelage et le pont, et dont la
poulie simple fait dormant sur le bout de l'tai qui passe dans le
piton situ au pied du mt de misaine. On frappe aussi un palan sur le
faux tai, la poulie simple se croche  une erse qui embrasse le mt
sous les jottereaux. Avant de rider, on a d passer dans le faux tai
les bagues qui serviront plus tard  enverguer la grande voile d'tai,
puisqu'il lui sert de draille. On hale sur les palans, ayant grand soin
de faire travailler l'tai et le faux tai de la mme manire. Lorsque
la tte du mt de hune a dpass d'une quantit suffisante la direction
du bas mt, car les galhaubans le rappelleront dans cette direction, on
genope les palans, on tourne leurs garans, et on fait les amarrages de
l'tai et du faux tai.

On aligne les haubans de hune et les galhaubans entre eux, et on marque
le point o l'on doit estroper les caps-de-mouton; on fait les
amarrages, et on coiffe les bouts comme nous l'avons dit pour les bas
haubans. On ride les galhaubans, avec lesquels le mt doit tre mis dans
une position convenable, c'est--dire former le prolongement du bas mt.
On ride enfin les haubans avec la candelette de hune.

Au lieu d'tre garnis de caps-de-mouton, les haubans de hune peuvent
passer dans des cosses portes par les lattes. Quelquefois aussi le
hauban lui-mme traverse la hune, et servant de gambe de revers, se
raidit sur la quenouillette ou sur l'estrope, qui remplace le
trelingage.

Cette installation, qui offre peu de solidit, ne doit tre employe
qu' bord des petits btimens.


_Trelingage, Enflchures._

Le grement raidi, on travaille au trelingage. On place une
quenouillette sur les haubans, vis--vis le point du mt o commence le
renflement de la noix; on la fixe par un amarrage sur chacun d'eux, en
laissant, comme aux bas mts, le premier hauban indpendant. On bride
les haubans avec un palan, et on amarre les branches de trelingage;
aprs quoi on largue le palan et on le dfrappe.

Si on supprime le trelingage, on aiguillette en dessous de la noix une
estrope garnie de cosses, sur lesquelles viendront se raidir les haubans
de perroquet.

Les enflchures des haubans de hune se font de la mme manire que
celles des bas haubans.


_Capelage du petit Mt de Hune._

Le petit mt de hune tant prsent, comme nous l'avons dit pour le
grand mt de hune, on capelle d'abord les poulies d'itague, ensuite les
haubans en commenant par babord, puis les galhaubans fixes, sur
lesquels on aiguillette le ou les galhaubans volans, suivant que le mt
en porte deux ou quatre, et enfin l'tai et le faux tai. L'tai passe
dans le violon de beaupr  tribord, s'longe sous ce mt;  son
extrmit, on estrope une poulie double, qui forme, avec une poulie
simple croche sur un piton plac sur l'aptre, un palan qui sert  le
raidir. On peut aussi passer le bout mme de l'tai dans le piton.

Le faux tai se dispose de la mme manire, il passe dans le violon de
babord.

On tient le grement du petit mt de hune dans le mme ordre, et de la
mme manire que nous l'avons expliqu pour le grand mt de hune.

On doit observer que, d'aprs l'installation de l'tai et du faux tai,
tout l'effort se fait au portage, sur le rouet du violon; il faut donc,
non-seulement les garnir avec soin  ce point, mais frapper une forte
bosse au-dessus, toutes les fois qu'on prend la mer.

Cette observation doit aussi s'appliquer  l'tai et au faux tai du
grand mt de hune; c'est l'estrope de la poulie dans laquelle ils
passent qui porte tout l'effort; il faudra les bosser au-dessus de ces
poulies, en embrassant le mt avec la bosse.


_Capelage du Mt de Perroquet de Fougue._

On capelle au mt de perroquet de fouque, d'abord une poulie d'itague,
mais on la supprime lorsque l'itague de la drisse, qui est toujours
simple, passe dans un clan pratiqu dans la noix du mt; ensuite les
haubans en commenant par tribord, les galhaubans fixes, le galhauban
volant, et enfin l'tai et le faux tai qui sert de draille au
diablotin.

L'tai passe dans une poulie aiguillete au capelage du grand mt, et,
remontant vers le ton se raidit  une cosse qui y est aiguillete. Le
faux tai passe dans une cosse dont l'estrope entoure le grand mt en
dessous des jottereaux, et se raidit sur une seconde cosse fixe au
capelage. On doit, avant de tenir ce dernier  demeure, y passer les
bagues qui serviront  enverguer le diablotin.


_Grement du bout-dehors de Grand-Foc._

Le bout-dehors de grand-foc, ou bton de foc, repose sur la partie
suprieure du beaupr, passe entre les moques des tais de misaine, et
traverse le chouc du beaupr plac verticalement. Quelquefois il passe
dans les estropes des moques des tais de misaine, et enfin d'autres
fois, le chouc du beaupr tant inclin sur tribord de 45, le
bout-dehors de foc s'appuie sur le ct tribord du mt, sur lequel il
est retenu par deux fortes bridures.

La premire de ces installations est la plus gnralement suivie.

Le grement du bout-dehors se compose de deux haubans de chaque bord et
d'une sous-barbe.

Les haubans se coupent par paire et se capellent au-dessus de la noix du
mt; ils passent ensuite dans des cosses estropes, la premire au
sixime de la vergue de civadire, et la deuxime  deux pieds de
celle-ci. Ils portent  leur extrmit une poulie double, qui forme,
avec une poulie simple croche  un piton plac  l'avant du bossoir,
un palan par le moyen duquel on les raidit. Il est vident qu'en
brassant la civadire sous le vent on raidit les haubans du vent, et que
par consquent on appuie le bout-dehors.

Cette considration doit donc faire prfrer cette mthode  celle qui,
supprimant la civadire, fait passer les haubans dans un arc-boutant en
fer plac sur les bossoirs. Dans ce cas, les haubans, aprs avoir pass
dans des trous pratiqus dans les arcs-boutans, se raidissent  des
pitons placs de l'arrire des bossoirs.

A bord des petits btimens, on supprime mme les arcs-boutans, et les
haubans se raidissent sur les pitons  l'avant du bossoir.

La sous-barbe a,  sa partie suprieure, un oeillet qui se capelle
par-dessus les haubans. On fixe sur la face arrire et infrieure du
chouc de beaupr, un arc-boutant; la sous-barbe passe dans le clan
suprieur pratiqu  l'extrmit de l'arc-boutant, et de l, venant
passer dans une cosse estrope, entre les estropes des moques des tais
de misaine, se raidit avec un palan qui longe le mt.

Il vaut mieux rendre l'arc-boutant mobile, en le crochant  un piton, ou
en le terminant en mchoire qui s'applique  la partie infrieure du
mt; on supprime alors les clans et on le termine par une tte. La
sous-barbe, aprs avoir t capele par-dessus les haubans, vient se
fixer  cette tte, d'o partent deux haubans qui se dirigent vers les
bossoirs, o on les raidit au moyen de deux palans.

On peut aussi former la sous-barbe avec le double d'un cordage: un
amarrage plat forme l'oeillet du capelage, les deux branches
s'appliquent l'une contre l'autre, viennent passer tribord et babord de
la tte de l'arc-boutant; on les y arrte par deux amarrages, l'un de
l'avant et l'autre de l'arrire, et les deux bouts restans forment les
haubans de l'arc-boutant.

Afin que le grement du bout-dehors adonne le moins possible, ce qui est
non-seulement ncessaire  sa solidit, mais encore  celle du petit mt
de perroquet dont il porte l'tai, on le confectionne avec du cordage
qui, ayant dj servi, est peu susceptible de s'allonger.


_Capelage du bout-dehors de grand Foc._

Avant de capeler le bout-dehors de grand foc, on le fait passer dans le
chouc du mt de beaupr par le moyen d'une guinderesse, qui fait dormant
 un des pitons de ce chouc, passe dans un clan pratiqu  l'extrmit
infrieure du bout-dehors, et dont le courant, passant dans une poulie
fixe  un piton du bord oppos du dormant, vient se manoeuvrer sur le
gaillard d'avant.

On passe d'abord un grand anneau en fer, appel rocambeau, qui, devant
porter la draille du grand foc, comme nous le dirons plus tard, doit
avoir assez de jeu pour monter et descendre sur le bout-dehors. On
capelle une poulie  trois rouets pour l'tai du petit mt de perroquet
et les boulines du petit hunier; la paire des haubans de babord, celle
des haubans de tribord, la sous-barbe et deux marche-pieds qui sont
fixs  la face avant du chouc de beaupr. Le capelage termin et bien
souqu, on hale sur la guinderesse; lorsque le bout-dehors dpasse le
chouc de la quantit convenable, on le fait porter sur deux taquets, qui
reposent sur le beaupr, et on le lie  ce dernier par deux roustures
qu'on bride entre le bout-dehors et le mt, et qu'on souque en y
introduisant des coins  coups de masse.

Pour le consolider encore et l'empcher de rentrer au tangage, on appuie
sa partie infrieure sur un fort taquet clou sur le beaupr, ou, en lui
donnant plus de longueur, on le fait reposer sur le fronteau d'avant, ce
qui permet, en cas de rupture, de le pousser en dehors d'une quantit
convenable; ou enfin on applique  sa partie infrieure une pice de
bois ou morceau de bout-dehors qui s'appuie sur le fronteau d'avant.


_Du bout-dehors de Clinfoc et de son Capelage._

Si le bout-dehors de grand foc doit porter un bout-dehors de clinfoc
indpendant, son extrmit est termine par un tenon auquel on capelle
un petit chouc en fer, inclin sur babord, dans lequel doit passer le
bout-dehors de clinfoc, dont l'extrmit infrieure s'appuie sur le
chouc de beaupr: bien entendu qu'au moyen d'un taquet on les loigne
assez l'un de l'autre, pour que le rocambeau du grand foc ne soit pas
gn dans ses mouvemens.

Plus ordinairement les bouts-dehors de grand foc et de clinfoc sont
faits de la mme pice de bois.

Dans les deux cas, le grement du bout-dehors de clinfoc se compose d'un
hauban de chaque bord, qui passe dans une cosse estrope sur la vergue
de civadire, en dehors de celles des haubans du bout-dehors du grand
foc et d'une sous-barbe qui fait dormant sur la tte de l'arc-boutant.

Pour le capeler, on passe d'abord le rocambeau de clinfoc, qui doit
porter la draille de cette voile, mais qu'on peut supprimer, comme nous
le dirons en parlant du grement du clinfoc. On capelle une poulie 
trois rouets pour l'tai du mt de catacois ou la flche qui le
remplace, et les boulines du petit perroquet; les haubans, un de chaque
bord, et enfin la sous-barbe.

Le bout-dehors de clinfoc n'est pas coup au ras de son capelage, il
porte encore une flche en bois mort.


SECTION III.

_Des Mts de Perroquet._

Les mts de perroquet se hissent le long des mts de hune. Ils reposent
sur les longis des barres capeles sur la noix de ces mts au moyen
d'une clef qui traverse leur caisse, prolongent le ton de ces mmes
mts, et, passant dans leur chouc, s'lvent au-dessus d'une quantit
dtermine. Ces mts sont de deux espces: ou coups au-dessus de leur
capelage, et alors on les nomme vulgairement mts de perroquet d'hiver;
ou portant une flche qui sert  tablir la voile de catacois. On
appelle ces derniers, mts  flche.

Dans le premier cas on est oblig d'tablir un mt supplmentaire pour
porter la voile de catacois. Ce mt, appel de bome ou de flche,
longeant la partie arrire du mt de perroquet, repose son pied sur le
chouc du mt de hune o il est retenu par un taquet, et, passant dans le
chouc en fer du mt de perroquet, s'lve au-dessus d'une quantit
convenable au guindant du catacois.

Autrefois quelques grands navires portaient, et portent encore, mais
rarement, des mts de catacois  clef.

C'est--dire que sur la noix des mts de perroquet on capelait des
barres, ordinairement en fer; que ces mts avaient un ton proportionn 
leur longueur; que ce ton tait termin par un chouc aussi en fer, et
que le mt de catacois, passant entre les barres, reposant sur elles par
le moyen d'une clef qui traversait sa caisse, passait dans le chouc et
s'levait au-dessus de la quantit ncessaire  rtablissement de sa
voile.

Il est clair que cette installation, lourde et sans solidit, n'offre
aucun avantage, et doit tre abandonne.

Les navires de la plus grande dimension, les vaisseaux de guerre, comme
les btimens du commerce, se servent de mts de perroquet  flches,
comme plus lgers, plus faciles  tenir, en un mot, plus _marins_.
Souvent, en raison de la saison et des parages dans lesquels on doit
naviguer, on se munit de deux jeux de mts, l'un  flche et l'autre
d'hiver, qu'on met en place suivant les circonstances.

A bord des btimens de guerre, les mts de perroquet ont quelquefois une
deuxime flche qui porte la voile de contre-catacois, mais qui plus
souvent sert  lever et faire distinguer les signaux. Cette
augmentation de longueur rendait plus longue, et souvent difficile  la
mer, l'opration de passer et dpasser ces mts. On y a obvi par une
nouvelle construction des barres, qui permet d'engager le bout de la
flche entre elles, le mt tant pass sur l'avant de la hune et de la
vergue de hune.


_Grement des Mts de Perroquet._

Comme le grement des mts de hune, celui des mts de perroquet se
compose de haubans, galhaubans et tais.

Les haubans sont au nombre de trois, de chaque bord, pour les plus
grands navires, et de deux pour ceux d'un rang infrieur.

Ils portent deux galhaubans, un fixe, celui de l'arrire, et un volant,
celui du travers.

Ils ont un tai et pas de faux tai.

Les haubans se coupent par paires. Si le mt a six haubans, la troisime
paire, aprs avoir t capele, jette une de ses branches de chaque
bord. Ils passent dans des trous pratiqus  l'extrmit des barres
traversires, et, formant la gambe sur les quenouillettes, longent les
haubans de hune et vont se raidir  des cosses estropes en dedans des
lattes de hune. Si le trelingage a t supprim, ils se raidissent sur
les cosses de l'estrope qui entoure le mt de hune en dessous de sa
noix.

Les galhaubans se dirigent sur les porte-haubans, o ils trouvent celui
du travers, une poulie et celui de l'arrire, un cap-de-mouton, o ils
se raidissent. Quelquefois le galhauban volant du vent, aprs avoir t
raidi, est pouss par un arc-boutant tabli sur les barres.

L'tai du grand mt de perroquet passe dans une poulie aiguillete au
capelage du petit mt de hune, et se raidit sur un moque ou cosse
aiguillete sur le capelage du mt de misaine. On peut aussi le faire
passer dans une poulie fixe au ton du petit mt de hune, et alors la
cosse o il se raidit est au capelage de ce mt. On le fait aussi passer
dans le clan du milieu d'un chaumard  trois rouets, chevill entre les
longis des barres du petit mt de perroquet. L'tai du petit mt de
perroquet passe dans le clan du milieu de la poulie triple, capele au
bout-dehors du grand foc et longeant ce mt, et celui de beaupr vient
se raidir sur un palan ou une cosse fixe sur le fronteau d'avant.
Quelques navires le font passer dans un clan pratiqu dans le
bout-dehors, et, lui faisant remplir l'office de sous-barbe, le brident
sur l'arc-boutant et le raidissent en dessous du mt de beaupr.

L'tai du perroquet d'artimon, vulgairement appel perruche, passe dans
le clan du milieu d'une poulie triple, aiguillete  un piton sur la
face arrire du chouc du grand mt, et se raidit sur une cosse fixe au
capelage de ce mt.

A bord de la plupart des navires de guerre et de plusieurs navires du
commerce, on adapte aux mts et aux barres de perroquet le systme de
linguets et de crmaillres dont nous avons parl pour les mts de hune.
On fait aussi un frquent usage des clefs mobiles dont nous avons donn
la description.


GUINDER ET CAPELER LES MATS DE PERROQUET.

_Capelage du grand Mt de Perroquet._

Pour prsenter les mts de perroquet au-dessus des choucs des mts de
hune afin de les capeler, on les hisse avec une guinderesse (cordage en
aussire) qui passe dans une poulie croche au ton du mt de hune, et
qui fait dormant au trou de la clef; on la bride ensuite au-dessus de la
noix. Lorsqu'en le hissant et faisant passer sa flche entre les barres,
elle est engage dans le chouc du mt de hune, on le saisit contre ce
mt, on largue la bridure de la noix, on dfrappe la guinderesse du trou
de la clef, on la passe dans le clan que chacun de ces mts porte  sa
caisse, et on en fait le dormant  un piton du ct oppos  celui o
est croche la poulie de guinderesse. On le hisse ensuite de la
quantit ncessaire pour faciliter l'opration du capelage aux gabiers.

Ordinairement, avant de capeler, on passe dans le mt un manchon en
basane, qui s'applique parfaitement au-dessus de la noix et sur lequel,
par consquent, viendront se placer les haubans, galhaubans et l'tai.
Le but du placement de ce manchon est de conserver sur le chouc,
facilement et dans l'ordre convenable, le grement du mt, lorsqu'on
dpasse ce dernier; et lorsqu'on le guinde, de capeler avec une grande
promptitude, puisque le mt s'engage dedans en montant et que les
gabiers n'ont qu' le maintenir jusqu' ce qu'il repose sur la noix.

On capelle en commenant par tribord, la premire paire de haubans, la
seconde et enfin la troisime, une branche de chaque ct. Puis, les
galhaubans fixes, on aiguillette les galhaubans volans et on embrasse le
tout avec les branches de l'tai.

Lorsque le mt a t mis en clef en pesant sur la guinderesse, on le
tient, en raidissant d'abord son tai au moyen duquel on le porte de
l'avant de la direction de son mt de hune, parce qu'en raidissant les
galhaubans, aussitt que l'amarrage de l'tai est fait, le mt tombe
sur l'arrire dans la position convenable; on raidit ensuite les
haubans.

Afin de ne pas arrter pour larguer la bridure de la noix et faire le
dormant de la guinderesse sur le piton lorsqu'on guinde les mts de
perroquet, on donne  la guinderesse trois fois la longueur du mt au
pont, et on y passe une cosse  estrope. Aprs avoir pass la
guinderesse dans sa poulie, dans le clan, et fait le dormant, on frappe
le fouet de l'estrope sur la noix du mt. On voit que cette cosse sert
de bridure et qu'il ne reste plus qu' la larguer lorsque l'extrmit du
mt est engage entre les barres.


_Capelage du petit Mt de Perroquet._

Le capelage du petit mt de perroquet s'excute comme celui du grand mt
de perroquet, et se compose du mme grement. Seulement on capelle en
commenant par babord: on le tient aussi dans le mme ordre.


_Capelage du Mt de Perruche._

Le mt de perruche n'a jamais qu'une paire de haubans de chaque bord, et
souvent qu'un galhauban qui est alors fixe. On le capelle et on le tient
comme les autres mts de perroquet.


_Grement des Mts de Catacois, de Bome ou Flche._

Si le mt de perroquet doit porter un mt de catacois, il faut, avant de
capeler, mettre en place les barres sur lesquelles ce mt repose. On les
prsente au-dessus du chouc au moyen d'une guinderesse dispose comme
celle des mts de perroquet, et son capelage, qu'on excute alors, se
compose d'un ou deux haubans, suivant que les barres sont  un ou deux
traversins. Ces haubans, aprs avoir pass dans le trou de l'extrmit
des barres, s'amarrent, en dessous de la noix du mt de perroquet, d'un
galhauban qui se dirige sur l'extrmit arrire du porte-hauban et d'un
tai.

Ces mts de catacois portent une flche qui sert quelquefois  tablir
la voile de contre-catacois, comme nous l'avons dit, et alors on leur
capelle un galhauban et un tai. Enfin, au-dessus de ce nouveau
capelage, est une petite flche en bois mort qui porte une pomme o
passent dans deux rouets les drisses de flamme.

Si le mt de perroquet porte un mt de bome, son grement ne se compose
alors que d'un galhauban et de l'tai.

Enfin, si le mt de perroquet est  flche, le grement de cette
dernire est le mme que celui du mt de bome.

Dans les trois installations, les tais se raidissent, pour le grand, au
capelage du petit perroquet; pour le petit, dans le clan du milieu d'une
poulie  trois rouets, capele au bout-dehors de clinfoc, et pour celui
de perruche, au capelage du grand mt de hune.


_Pataras, Haubans diagonaux, Etai de tangage._

Pour terminer ce que nous avons  dire du grement des mts, nous avons
 faire connatre les manoeuvres accidentelles qu'on place pour les
consolider dans les circonstances extraordinaires.

Si on craint la rupture des bas haubans, soit par un temps forc, soit
par leur tat, on renforce le mt par des pataras qui ne sont autre
chose que des haubans, qui, ayant dj servi, ont acquis tout leur
allongement. Une des branches passe entre le ton du bas mt et le mt de
hune, on les runit ensuite sur le capelage par un amarrage plat. On les
passe entre les gambes de revers, et aprs les avoir garnis de
caps-de-mouton, on les raidit sur des caps-de-mouton correspondans,
estrops en filin et aiguillets  des boucles places sur les
prceintes en dessous des porte-haubans, ou  deux chanes des bas
haubans.

Le grand mt et le mt de misaine portent quatre pataras, deux de chaque
bord; le mt d'artimon n'en a pas.

Pour soutenir les gambes de revers et par consquent les haubans de
hune, lorsque, les bas haubans ayant du mou, le temps ou les
circonstances ne permettent pas de les raidir, on frappe de chaque bord,
aux extrmits des quenouillettes, un fort cordage qu'on a fait
pralablement passer dans une cosse, sur laquelle est piss un hauban
dont le cap-de-mouton correspond  un second cap-de-mouton aiguillet
sur un des pitons de la serre-gouttire du bord oppos. On les raidit
fortement, et, au point o ces deux haubans se croisent, on les bride
par un amarrage.

Ces haubans, qu'on appelle diagonaux  cause de leur position, ne sont
mis en place qu'au grand mt et au mt de misaine.

Lorsque les bas haubans ont un mou trop considrable, qui ne peut tre
suffisamment abraqu par les haubans diagonaux, on les bride entre eux,
au tiers de leur hauteur,  partir du capelage, par deux forts palans;
on place ensuite, d'un bord  l'autre, des palans renverss qui font
l'office de branches de trelingage, on en genope les garans, aprs
avoir, par leur moyen, rapproch les haubans autant que possible, et on
soutient ce faux trelingage en aiguilletant,  la hauteur des palans qui
servent de quenouillettes, deux ou quatre caliornes de bas mt, qu'on
fait croiser en crochant leurs poulies doubles aux pitons de la
serre-gouttire du bord oppos  leur aiguilletage.

Pour prserver le mt de misaine des violens coups de tangage qui le
fatiguent si souvent dans les grosses mers, on se sert d'un cordage de
la grosseur des haubans, qu'on appelle tai de tangage.

On le hisse avec un cartahu sur la face avant du mt, on l'aiguillette
au capelage et on le bride ensuite sur le mt pour qu'il ne gne pas
les mouvemens de la vergue de misaine. On le raidit ensuite au moyen de
la poulie triple qu'il porte et d'une poulie semblable dont l'estrope
embrasse le mt de beaupr en avant de son tambraie.




CHAPITRE III.

GREMENT DES VERGUES.


SECTION Ire.

_Grement des Basses Vergues._

Les vergues servent  dployer et tablir les voiles. Ce sont des pices
de bois travailles sur leur milieu  huit pans, prenant ensuite la
forme cylindrique, ou plutt conique, jusqu'aux taquets d'empointure
(espce de coche taille dans la vergue mme pour y retenir, ainsi que
l'indique leur nom, le raban d'empointure); la partie qui suit les
taquets est ronde, ensuite coupe carrment.

Les vergues se hissent le long des mts et s'y fixent comme nous le
verrons. Celles qui s'adaptent aux bas mts reoivent le nom gnral de
basses vergues, et sont distingues par les noms particuliers de grande
vergue pour le grand mt, vergue de misaine pour le mt de misaine,
vergue sche ou barre pour le mt d'artimon, vergue de civadire pour
le mt de beaupr.

Ces basses vergues sont places de l'avant des mts  la hauteur des
trelingages; elles y sont suspendues par une estrope dite de suspente.
Les drosses les retiennent contre le mt; pour soutenir les extrmits
on se sert de balancines qui peuvent aussi leur donner un mouvement de
haut en bas; les bras leur communiquent le mouvement de l'avant 
l'arrire, et les marche-pieds facilitent aux matelots les moyens de se
porter sur la vergue lorsque la manoeuvre des voiles l'exige; enfin, le
palan de roulis, dont le nom indique assez l'emploi, s'oppose aux
mouvemens que la vergue pourrait prendre malgr ses drosses.

Ainsi, le grement d'une basse vergue, c'est--dire ce qui lui est
ncessaire pour la tenir en place et la manoeuvrer, se compose:

  D'une ou deux estropes de suspente, suivant les dimensions de la
    vergue;
  Une ou deux drosses;
  Deux balancines;
  Deux bras;
  Deux marche-pieds;
  Deux palans de roulis.

Nous allons dcrire successivement ces diverses pices.


_Suspentes et Estropes de Suspente._

Pour que la basse vergue puisse tre suspendue  ses bas mts par le
moyen des estropes de suspente, on aiguillette au capelage, ou au-dessus
du ton, deux suspentes. Elles sont formes par un cordage de la grosseur
des bas haubans, dont on pisse les bouts; on le garnit en bitord ou en
basane, ou le plie sur lui-mme, et dans le pli on fixe, par un amarre
plat, une forte cosse; on runit ensuite les branches qui forment un
oeillet  leur partie suprieure.

Les deux suspentes ainsi confectionnes, on les passe dans un trou
pratiqu dans la hune entre les longis, de l'avant de la barre
traversire, on les dirige l'une  tribord et l'autre  babord du ton du
mt, et on les aiguillette au-dessus du capelage.

Comme, dans cette position, la barre traversire porterait tout le poids
de la basse vergue, on les aiguillette plus ordinairement sur le grand
chouc, et on les bride au ton pour les empcher de s'en carter.

On prend ensuite deux morceaux de cordage de la mme grosseur que la
suspente; chacun d'eux doit avoir, en longueur, deux fois la grande
circonfrence de la vergue et de la cosse, plus la quantit ncessaire 
pisser les deux bouts. L'pissure faite, on les garnit en bitord ou en
basane, on les plie en deux parties ingales; dans le pli on fixe une
cosse par un amarrage plat, et, embrassant la vergue avec ces deux
branches ingales, de manire que la cosse soit sur la partie
suprieure, on aiguillette les deux branches ensemble, et l'on a, sur le
milieu de la vergue, deux cosses qui correspondent aux deux cosses de la
suspente. Si maintenant, par un moyen quelconque, on hisse la basse
vergue, jusqu' ce que les cosses de la suspente et celles des estropes
soient  petites distances, et qu'on passe de l'une  l'autre une
aiguillette qu'on bride ensuite pour la fixer, la basse vergue se
trouvera suspendue.

C'est afin que la vergue ne tourne pas dans ses estropes, qu'on la
taille  pans carrs dans son milieu.

Gnralement les suspentes en cordage sont remplaces par des suspentes
en chanes.

On plie la chane en deux, on passe le double sous la vergue, on le
ramne sur la partie suprieure, et on y passe les deux bouts. Elle se
trouve ainsi bague sur la vergue. On passe les deux bouts dans le trou
appel chemine, o nous avons dj fait passer la suspente, et qu'on
doit garnir en tle, et, embrassant le ton du bas mt qu'on a entour
galement d'une feuille de tle, on les boulonne sur ce capelage o on a
tabli un bourrelet.

Cette installation ayant le mme inconvnient que celui que nous avons
signal pour la suspente en corde, lorsqu'elle passe d'une manire
semblable, on y obvie en crochant ou boulonnant les deux bouts de la
chane tribord et babord du chouc.

Les btimens de rang infrieur n'ont qu'une estrope de suspente place
sur le milieu de la vergue, et alors ils n'ont qu'une suspente dont les
branches embrassent le ton pour l'aiguilleter soit sur le capelage, soit
sur le chouc.


_Drosses._

Les drosses servent  retenir la vergue contre le mt. Tous les btimens
de grande dimension en portent deux pour la grande vergue et la vergue
de misaine, une pour la vergue barre.

A une des extrmits du cordage qui doit servir de drosse on fixe une
cosse, et on le garnit en basane dans toute sa longueur. On forme 
l'autre extrmit un petit oeillet. Avec le bout qui porte la cosse on
fait, sur la vergue  toucher les estropes de suspente, un tour mort
qu'on arrte par un amarrage. La drosse, dont le tour mort est 
tribord, embrasse le mt en passant sur son arrire, o elle est
soutenue par un petit taquet  gueule qui y est fix; et, passant dans
la cosse de celle de babord de dessous en dessus, vient crocher son
oeillet  la poulie simple d'un palan, appel palan de drosse, dont la
seconde poulie est fixe  un piton plac sur la partie arrire de
l'longis de babord.

Cette poulie est ordinairement remplace par un chaumard chevill contre
l'longis. La drosse, dont le tour mort est  babord, passe de la mme
manire dans la cosse de tribord et a son palan  tribord, ou son
chaumard contre l'longis du mme bord.

Lorsque la vergue n'a qu'une drosse, alors la drosse ne porte pas de
cosse  son extrmit; mais il faut en estroper une du ct oppos au
dormant. Alors le dormant fait, la drosse embrasse le mt, passe dans la
cosse estrope sur la vergue et vient, par son oeillet, se crocher  la
poulie du palan de drosse. Il n'y a, dans ce cas, qu'un palan de drosse
tabli du bord oppos au dormant.

Au lieu d'avoir les palans des drosses sous la hune, ainsi que nous
venons de le dire, on peut les crocher sur le pont, sur des pitons au
pied du mt. Mais alors, au lieu de passer la drosse dans la cosse de
dessous en dessus, il faut la passer de dessus en dessous. Le bout de la
drosse, dans ce cas, forme l'estrope de la poulie du palan. Mais la
premire installation nous parat prfrable.

Quelques navires remplacent les drosses par un mcanisme en fer, qui se
compose de deux cercles en fer, l'un sur le milieu de la vergue, bomb
sur la face arrire pour recevoir un boulon qui se joint au cercle plac
sous les jottereaux par une bande de fer ayant en avant une charnire
horizontale, et en arrire une verticale. Le boulon permet  la vergue
de se mouvoir de bas en haut en tournant sur son centre, la charnire
horizontale de l'avant  l'arrire, et la verticale, d'obir aux
mouvemens de tangage.

Il est inutile de dire que ce systme doit tre enlev lorsqu'on doit
passer ou dpasser un mt de hune.


_Balancines._

Les balancines soutiennent les extrmits de la vergue et lui
communiquent un mouvement d'apiquage.

Elles sont passes de diverses manires, simples, doubles, ou mme
triples.

Simples, elles se capellent au bout de la vergue par le moyen d'un
oeillet, passent, l'une  tribord, l'autre  babord, dans des poulies
fixes au chouc, descendent par le trou du chat le long des bas haubans,
et forment l'estrope de la poulie double d'un palan, dont la poulie
simple se croche sur le porte-hauban, en arrire du premier hauban.

On peut aussi les faire passer sur l'avant du chouc, sur lequel on fixe
un morceau de bois demi-circulaire garni de deux profondes goujures
portant de petits rouets; elles descendent alors au pied du bas mt et
sont croises.

On estrope sur un mme pendeur deux poulies simples ou doubles, suivant
que les balancines doivent tre doubles ou triples; on passe le pendeur
par-dessus le chouc en arrire du mt de hune, et on fait une bridure en
dessous, entre le ton du bas mt et le mt de hune, de manire que les
poulies soient au ras du chouc. Sur la poulie d'coute est estrope une
poulie simple, qu'on capelle au bout de vergue, s'il n'y a pas de poulie
d'coute.

Si elles sont doubles, elles font dormant sur l'estrope de la poulie du
chouc, passent dans la poulie de la vergue, et viennent passer dans la
poulie du chouc, d'o elles descendent par le trou du chat le long du
premier hauban.

Si elles sont triples, elles font dormant sur l'estrope de la poulie de
la vergue, passent dans la poulie du chouc, de l dans celle de la
vergue, pour revenir dans le second rouet de celle du chouc et descendre
de l le long du premier hauban.

Lorsque les poulies d'coute et de balancine sont faites sur la mme
pice de bois, la partie suprieure de cette dernire porte un excdant
de bois per d'un trou au moyen duquel on fait le dormant en y passant
le bout de la balancine et l'pissant sur lui-mme.

La balancine de la vergue barre est toujours simple.


_Bras._

Les bras servent  faire mouvoir la vergue de l'avant  l'arrire. Ceux
des basses vergues sont toujours doubles, c'est--dire qu'ils ont une
poulie sur la vergue, appele poulie de bras.

On tablit sur l'arrire du btiment, en dessous des bossoirs
d'embarcation, une vergue qu'on fixe par des mains de fer et qu'on
soutient par deux arcs-boutans aussi en fer, allant le premier de
l'avant  l'arrire, du bout de la vergue au-dessus du jardin de la
bouteille, et le second de dessus en dessous, du bout de la vergue sur
la face avant du tableau. Ce dernier est aussi remplac quelquefois par
un hauban.

Les grands navires remplacent avantageusement cette vergue par deux
forts arcs-boutans en bois, soutenus comme nous venons de le dire.

Les bras de la grande vergue, ou plutt les grands bras, font dormant 
l'extrmit de l'arc-boutant, passent dans les poulies dites de bras,
capeles au bout de la vergue, descendent paralllement  eux-mmes pour
venir passer dans les poulies de retour, capeles et aiguilletes  ct
du dormant, et viennent  bord en traversant un clan pratiqu dans le
prolongement des bossoirs d'embarcation, et s'amarrent  un taquet clou
en  bord.

A bord des btimens  dunette, les grands bras, en sortant du clan des
bossoirs, reposent sur des rouleaux placs sur le fronteau d'arrire et
sont manoeuvrs sur le gaillard. Les frottemens considrables qu'ils
prouvent, et le changement de direction qu'on est oblig de leur
donner, nous font penser qu'il serait plus avantageux de les laisser en
dehors du navire en sortant de la poulie de retour de l'arc-boutant, de
toute la longueur de la dunette, et de ne les faire entrer  bord que
par des chaumards pratiqus dans la muraille,  peu de distance de la
face arrire de la dunette.

Les bras de misaine font dormant chacun sur un des tais du grand mt,
au-dessus de la runion des branches, passent dans la poulie de bras,
se dirigent ensuite vers les jottereaux du grand mt, o ils passent
dans une poulie double qui y est aiguillete de chaque ct, descendent
le long du mt pour passer dans le clan extrieur du montant du rtelier
de manoeuvre, ou d'une poulie double estrope sur un piton, et
s'amarrent sur des taquets clous sur le pont.

Le dormant peut aussi se faire sur les jottereaux prs de la poulie de
retour, soit sur le piton qui y est fix, soit en baguant le bras autour
du grand mt.

Les bras de la vergue barre, au lieu d'tre appliqus comme pour les
autres basses vergues de l'avant  l'arrire, le sont de l'arrire 
l'avant. Ils font dormant au dernier hauban du grand mt,  la hauteur
du trelingage, passent dans les poulies de bras, qui souvent sont  long
pendeur brid sur la vergue par un amarrage, vont passer dans une poulie
double aiguillete sur le dernier hauban au-dessus du dormant, et
descendent le long de ce hauban pour s'amarrer en  bord  un cabillot
de tournage.

Le dormant et la poulie de retour se fixent aussi sur la branche arrire
du trelingage, ou sur la face arrire du mt en dessus du trelingage;
dans ce cas les bras s'amarrent au rtelier de manoeuvre du pied du mt.


_Marche-Pieds._

Les marche-pieds d'une vergue se composent de deux morceaux de cordage
qui, par un oeillet pratiqu  leur extrmit, se capellent aux bouts de
la vergue, et viennent se runir sous son milieu par un aiguilletage;
mais pralablement chaque marche-pieds a pass dans des cosses estropes
sur des bouts de cordage appels triers, qui sont fixes sur la vergue
 des distances gales.

L'aiguillette qui les runit sert  les allonger ou  les raccourcir;
mais alors il faut allonger ou raccourcir les triers dans le mme
rapport.


_Palans de Roulis._

Le but des palans de roulis est d'empcher les vergues d'obir  ce
mouvement que les drosses seuls ne peuvent paralyser.

Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont les poulies
simples se crochent  des cosses estropes et aiguilletes au tiers de
la vergue,  partir des bouts, et dont les poulies doubles se fixent 
des cosses tribord et babord du mt, qui sont retenues par des amarrages
plats, dans une estrope qui entoure le mt  hauteur de la vergue. Les
garans s'amarrent  un des cabillots du cercle du mt.


_Fausses Balancines._

Lorsqu'on se sert des basses vergues pour lever de lourds fardeaux, les
balancines ne sont point suffisantes pour les maintenir. On les renforce
alors par de fausses balancines, qui se capellent par un oeillet au
bout de la vergue et qui estropent la poulie simple d'un palan, dont la
poulie double se croche  un des pitons du chouc. Le garant descend le
long du mt et passe dans une poulie de retour.

Il est vident que si on dcroche la poulie double de la fausse
balancine du piton du chouc, et qu'on la fixe  la cosse de l'estrope
aiguillete au mt pour le palan de roulis, la fausse balancine
s'longeant sur la face arrire de la vergue remplacera le palan de
roulis. C'est ce qu'on fait ordinairement, et alors on supprime la cosse
et l'estrope qui servaient  la poulie simple de ce palan.

La vergue barre n'a pas de fausses balancines.


_Faux Bras._

Les faux bras se placent au capelage des vergues[2], dans un mauvais
temps, pour soulager les bras en partageant leur effort; et lorsqu'on se
prpare au combat, pour les remplacer, s'ils sont coups par les boulets
de l'ennemi.

  [2] On appelle capelage d'une vergue, la portion cylindrique qui
  s'tend depuis le taquet d'empointure jusqu'au carr du lien de
  bout-dehors.

Les faux bras des basses vergues sont doubles.

Ceux de la grande vergue se passent de deux manires. Dans le mauvais
temps, ils font dormant  un piton fix extrieurement en avant des
bouteilles, passent ensuite dans la poulie croche ou aiguillete sur la
cosse  estrope qui est au capelage de la vergue, et, se dirigeant sur
l'arrire, passent dans une poulie de retour fixe sur la vergue et
l'arc-boutant, d'o ils entrent dans le bord par un chaumard perc 
ct de celui du bras.

Le faux bras de combat se dirige sur l'avant. Le dormant se fait sur le
trelingage, ou plutt sur le mt de misaine  hauteur des jottereaux,
passe dans la poulie du bout de vergue, dont nous venons de parler, et
qu'on dvire sur l'avant, passe ensuite dans une poulie aiguillete au
ton du mt de misaine en dessus du dormant, et descend le long de ce
mt.

A bord des grands navires, on se sert souvent des faux bras de grande
vergue passs ainsi, afin d'acclrer le changement des voiles de
l'arrire, lorsqu'on a  louvoyer dans une passe troite; mais dans ce
cas on les met ordinairement simples, pour avoir moins  abraquer. Le
dormant est alors au capelage de la vergue.

Les faux bras de misaine font dormant  un piton plac extrieurement en
avant des grands porte-haubans, et aprs avoir pass dans la poulie du
capelage de la vergue, traversent le clan d'un chaumard pratiqu dans la
muraille et s'amarrent sur un taquet en  bord.

La vergue barre n'a gnralement pas de faux bras.

Les pices du grement que nous venons de dcrire ne sont pas les seules
que portent les basses vergues. Puisqu'elles servent  tablir et serrer
les voiles, elles doivent aussi porter les poulies ncessaires  ces
deux oprations.

Ces poulies sont: les poulies d'coute de sous-vergues, plus brivement
appeles poulies de sous-vergues; poulies d'coute de bout de vergues;
poulies de cargues-points, poulies de cargues-fonds, et poulies de
cargues-boulines.

Si nous joignons aux pices du grement et aux poulies dont nous venons
de parler, une filire pour enverguer la basse voile, la runion de
toutes ces parties formera ce qu'on appelle la garniture de la basse
vergue; et les disposer convenablement sur la vergue, est ce qu'on
appelle les garnir.


_Garniture de la Grande Vergue._

La grande vergue tant suppose  l'eau le long du bord  babord, on
aiguillette les caliornes sur leurs pendeurs, si elles ne le sont pas;
on affale celle de babord et on la croche sur une lingue bague et
bride sur la vergue, au tiers de la moiti qui doit tre sur tribord.
On pse sur la caliorne, et la vergue monte le long du bord. Lorsque
l'lingue est au-dessus du plat-bord, on y croche la caliorne de
tribord, on dcroche celle de babord et on l'accroche  une seconde
lingue bride de la mme manire, au tiers de la seconde moiti. Pesant
alors sur cette caliorne, la moiti infrieure se soulage, le bout
suprieur pare le plat-bord, et la vergue guide par une retenue place
sur l'avant, est conduite ainsi dans une position horizontale  l'aplomb
des caliornes. On la laisse ainsi suspendue pour la garnir.

On aiguillette d'abord les estropes ou l'estrope de suspente, ensuite
les poulies de sous-vergues qu'on en loigne d'un demi-diamtre du mt,
puis les poulies de cargues-points qui sont au sixime de la moiti. Si
la fausse balancine ne sert pas de palan de roulis, on place au tiers, 
partir du bout, l'estrope dans la cosse de laquelle on doit le crocher.

On capelle en premier lieu la filire d'envergure, qui se compose de
deux morceaux de cordage, se capelant par un oeillet et se runissant
sur le milieu de la vergue par une aiguillette qui les raidit, en
passant successivement dans les cosses que porte leur extrmit
infrieure. On les place un peu sur l'avant du milieu de la partie
suprieure de la vergue, et on les maintient dans cette position, en
les embrassant par de petits morceaux de basane dont les bouts sont
runis et clous sur la vergue. On les maintient encore par quelques
crampes dont les branches les embrassent et qu'on enfonce dans la
vergue.

On capelle ensuite les marche-pieds, puis les poulies d'coutes des
huniers; si les basses vergues sont  clans pour passer les coutes, on
les supprime; puis les estropes  cosses pour les faux-bras; les poulies
de bras, et enfin les balancines, si elles sont simples. Dans le cas
contraire, la poulie d'coute porte, comme nous l'avons dit plus haut,
la poulie de balancine.

Les poulies de cargues-fonds et de cargues-boulines se suppriment
souvent; nous y reviendrons en parlant de ces manoeuvres. D'ailleurs
elles s'aiguillettent au-dessus de la filire d'envergure.

Ordinairement les cercles des blins des bouts-dehors sont mis en place
dans le lieu o on travaille les vergues. Dans le cas contraire, il faut
le faire aussitt que la vergue est dispose pour tre garnie. Nous
parlerons plus bas de leur usage.

La vergue ainsi garnie, on passe les balancines et les bras.

Pour la hisser  son poste, c'est--dire  hauteur du trelingage, on se
sert de deux caliornes dont les pondeurs sont frapps au chouc du mt.
Leur poulie double se croche  deux fortes lingues bagues sur la
vergue contre les estropes des poulies de sous-vergues; les garans
passent dans des poulies de retour sur le pont. On hisse en abraquant
les balancines. Lorsque la cosse de l'estrope de suspente est presque 
toucher celle de la suspente, on tourne et genope les garans des
caliornes, et on fait l'aiguilletage de la suspente, ou on place la
suspente en fer. Lorsque l'une de ces deux oprations est termine, on
largue les genopes des caliornes, on les affale; la vergue porte alors
sur sa suspente et ses balancines, on dcroche et on dfrappe les
caliornes.

On fait le dormant des drosses, on les passe de l'une des manires que
nous avons indiques, et la vergue peut recevoir sa voile.

Autrefois on hissait les basses vergues avec un appareil compos de
quatre poulies triples, et de deux garans appels drisses de basses
vergues.

Deux de ces poulies taient aiguilletes sur la vergue, entre l'estrope
de suspente et celle de la poulie de sous-vergue; les deux autres de
chaque ct des longis, en faisant passer leurs estropes qu'on
aiguilletait au ton du mt en avant de la barre traversire. On les
runissait ensuite par la drisse dont le dormant tait sur l'estrope de
la poulie du mt.

Souvent ce lourd et inutile appareil tait laiss en place  la mer;
puis on s'en dbarrassa et on ne le mit plus que sur les rades pour tre
dispos  amener les basses vergues dans un mauvais temps; enfin, on ne
le mit plus en place qu'au moment mme de s'en servir. Mais on s'aperut
bientt qu'il tait trs-long  disposer, et on l'a remplac par les
caliornes.


_Garniture de la Vergue de Misaine._

La vergue de misaine se garnit et se hisse absolument de la mme manire
que la grande vergue; il est donc inutile de rpter ce que nous venons
de dire pour cette vergue.


_Garniture de la Vergue Barre._

La vergue barre ne portant pas de voile, sa garniture est beaucoup plus
simple que celles de la grande vergue et de la misaine.

On la dispose en avant du mt pour la garnir au moyen des candelettes du
mt d'artimon.

On aiguillette d'abord l'estrope de suspente au milieu de la vergue,
puis,  la distance d'un demi-diamtre du mt, les poulies de
sous-vergues pour les coutes du perroquet de fougue. Le capelage se
compose du marche-pied, de la poulie d'coute, qui est ordinairement
supprime parce que la vergue est garnie d'un clan pour le passage de
l'coute, du pendeur de la poulie de bras et de la balancine.

On aiguillette aussi sur la vergue,  tribord ou  bbord, la cosse pour
la drosse, si, comme cela arrive le plus souvent, elle n'en a qu'une.

Les balancines capeles, on passe les bras et on hisse la vergue  son
poste pour faire l'aiguilletage de la suspente avec deux forts palans
brids au chouc du mt d'artimon, enfin on passe la drosse.


_Grement de la Vergue de Civadire._

Cette vergue dont la place est sous le beaupr, ne portant plus de
voiles, n'a d'autre but que celui de supporter et raidir les haubans
des bouts-dehors de grand foc et de clinfoc.

Son grement se compose: d'un palan appel palan de bout qui la retient
au mt de beaupr; d'un racage par lequel elle y est suspendue; des
estropes  cosses pour le passage des haubans du grand foc et du
clinfoc, de bras et de balancines.

Le palan de bout est un palan ordinaire dont la poulie double, qui
gnralement est  violon, se croche  un piton fix en dessous et 
l'extrmit du beaupr; la poulie simple est fixe  une cosse estrope
sur le milieu de la vergue.

Ce palan est souvent remplac par un cordage ayant un croc  chaque
extrmit.

Le racage est confectionn avec un cordage garni en basanne, dont les
deux extrmits sont termines par un oeillet ou une cosse. On embrasse
la vergue avec les deux moitis ingales, et  l'endroit o elles se
joignent on fait un amarrage; on en fait un second  l'extrmit la plus
courte; on entoure le mt avec ces deux branches ainsi unies; enfin la
plus longue embrasse la vergue et vient s'aiguilleter sur l'autre.

Les marche-pieds sont confectionns et tablis comme nous l'avons vu
pour les basses vergues.

Les bras, s'ils sont doubles, font dormant sur une des branches des
tais du mt de misaine, passent dans la poulie de bras au bout de la
vergue, de l dans une poulie frappe sous l'avant de la barre de la
hune de misaine, ou sur la branche avant du trelingage, ou aux
jottereaux, et descendent le long du mt. S'ils sont simples, le dormant
est au capelage de la vergue, et alors quelquefois la poulie de retour
est aiguillete sur la branche extrieure de l'tai de misaine, mais
peut aussi tre fixe comme nous l'avons dit pour le bras double. On les
amarre soit au rtelier de manoeuvre en  bord, soit  un des cabillots
du cercle du mt.

Les balancines sont simples, elles se capellent  la vergue, passent
dans une poulie aiguillete au chouc du beaupr, et descendant le long
de ce mt, s'amarrent au rtelier du gaillard d'avant.

Si, par extraordinaire, on voulait les passer en double, alors il
faudrait une poulie au capelage de la vergue, et le dormant se ferait 
ct de la poulie du chouc.


_Garniture de la Vergue de Civadire._

On aiguillette au milieu de la vergue l'estrope  cosse qui doit servir
au palan de bout, ou  la petite suspente qui le remplace. A la distance
d'un demi-diamtre du beaupr de cette dernire on fait le premier
amarrage du racage, et ensuite le second pour qu'il puisse tre employ
aussitt la vergue haute. Au sixime de la longueur de la vergue, 
partir du bout, on aiguillette l'estrope de la cosse o doit passer le
premier hauban du grand foc;  deux pieds de celle-ci, celle du second,
et entre la premire et le capelage de la vergue, celle o on fera
passer le hauban du clinfoc.

On capelle d'abord le marche-pied, les poulies de bras et les
balancines, ou leurs poulies si elles sont doubles.

Dans cet tat, la vergue est conduite sous le mt de beaupr, dans une
embarcation ou  l'eau. On passe les bras et les balancines; on
aiguillette ensemble et on met  cheval sur le beaupr, en les bridant,
deux palans dont les garans sont envoys sur le gaillard d'avant, et
dont les poulies sont croches  deux lingues bagues sur la vergue. On
hisse en abraquant les balancines et les bras. Lorsque les poulies de
palans sont  joindre, on met en place le palan de bout ou les suspentes
qui le remplacent, on aiguillette le racage et on dfrappe les palans.

Autrefois quelques navires portaient au bout-dehors du grand foc une
vergue semblable, appele contre-civadire; mais elle est gnralement
supprime.

Si, comme nous l'avons dit en parlant du grement du bout-dehors du
grand foc, quelques navires suppriment la vergue de civadire, le
bout-dehors est moins bien tenu, puisque les haubans n'ont plus autant
d'empature, et on le prive sans raison d'une vergue de rechange qui peut
tre d'une grande utilit lorsqu'on fait des avaries. La vergue de
civadire est de la mme dimension que la vergue barre, et peut ainsi
la remplacer en cas de rupture, le navire n'en ayant pas de rechange. Il
faut, avant de prendre la mer, se munir des arcs-boutans en fer qui
remplacent la civadire dans le cas o cette dernire prendrait la place
de la vergue barre.

Des navires entreprenant une longue campagne ont quelquefois mis une
vergue de hune pour civadire, afin d'augmenter leur rechange sans
grossir leur drme.


_Grement et garniture du Gui._

Le gui se place horizontalement de l'arrire du mt d'artimon, auquel il
s'adapte au moyen d'une mchoire qui repose sur un taquet circulaire
clou sur le mt de trois  six pieds du pont, suivant l'espce de
navire. Il se repose ensuite sur le couronnement, sur un taquet dispos
 cet effet, ou sur un chandelier en fer, et se prolonge au-del d'une
quantit gale au tiers de la longueur totale.

Une des branches de la mchoire est traverse par un cordage qui s'y
arrte par un cul-de-porc, et va se fixer de la mme manire sur la
seconde, aprs avoir entour la face avant du mt.

Si la mchoire est remplace par un piton, il se fixe dans l'oeillet
d'un cercle en fer qui embrasse le mt. Le piton peut aussi se remplacer
par une double charnire qui runit le cercle  l'trier qui embrasse
l'extrmit du gui.

Pour soutenir la partie extrieure qui dpasse le couronnement, on se
sert de balancines qui servent aussi  le soulever en conservant son
point d'appui sur le mt.

Deux poulies runies par un cordage servent  le porter sur le centre du
navire ou  le retenir au vent; c'est ce qu'on appelle l'coute du gui
ou plus ordinairement la grande coute.

Pour lui donner le mouvement circulaire du centre  toucher les haubans
de l'arrire, on y adapte l'itague d'un palan appel palan de retenue,
qui se trouve en dehors du bord et se manoeuvre en faisant rentrer son
garant par un des chaumards du gaillard en arrire des grands
porte-haubans.

Nous allons dcrire successivement les diverses manires dont on peut
passer les balancines.

Doubles, on les confectionne avec le mme morceau de cordage;  son
milieu on fait un oeillet arrt par deux amarrages diamtralement
opposs, on capelle cet oeillet au bout du gui, les amarrages tant
tribord et bbord; les deux extrmits du cordage se dirigent ensuite
vers le mt d'artimon, passent dans des poulies fixes de chaque ct du
ton, suivent le hauban de l'arrire en estropant les poulies doubles de
deux palans, dont les poulies simples sont croches sur des pitons
placs sur la partie arrire des porte-haubans d'artimon.

Pour rapprocher le point de suspension et soutenir d'autant mieux la
vergue, au quart environ de sa partie extrieure,  partir du
couronnement, on l'entoure avec un cordage dont les extrmits portent
des cosses dans lesquelles on fait passer les balancines avant de les
diriger vers le mt d'artimon. Ces cordages, appels triers, ne peuvent
glisser sur l'arrire des balancines, tant retenues par des pommes.

Pour supprimer les triers, on fait le capelage aux deux tiers de la
partie extrieure.

Les balancines, aprs avoir pass dans les poulies du ton du mt
d'artimon, peuvent revenir sur le gui, passer dans des joues de vaches
brides  peu de distance en avant du couronnement, et s'longer le long
de la vergue, ainsi que leurs palans dont les garans se tournent alors
sur des taquets rousturs sur l'arrire.

S'il n'y a qu'une balancine, elle se capelle au bout de la vergue, passe
dans un clan qui, comme nous le verrons, est pratiqu  l'extrmit de
la corne, vient passer dans une poulie aiguillete sur le ton, ou dans
un des rouets de la poulie que nous placerons bientt pour la drisse du
pic, et descend le long du mt au pied duquel se croche son palan.

Au lieu de se diriger vers le ton du mt d'artimon, elle passe
quelquefois dans une poulie aiguillete au capelage du mt de perroquet
de fougue.

On peut aussi faire le dormant soit au capelage du mt de perroquet de
fougue, soit au ton du mt d'artimon; alors on capelle au bout de la
vergue, ou  un tiers de sa partie extrieure, l'estrope de la poulie
double dont le garant passe sur le couronnement et s'amarre sur le gui.

Si les balancines ne sont pas du mme morceau de cordage, on peut faire
leur dormant tribord et bbord des jottereaux, les faire passer dans les
joues de vaches dont nous avons dj parl; alors elles longent le gui
ainsi que leurs palans.

Enfin le dormant des deux balancines tant fait aux jottereaux, leurs
poulies doubles se fixent soit au bout du gui, soit au tiers de sa
partie extrieure.

Les coutes de gui, ou grandes coutes, se composent de deux poulies 
deux rouets runies par un cordage. Les poulies sont aiguilletes sur la
vergue, un peu en arrire du couronnement, et leurs correspondantes sur
des mains de fer fixes dans le tableau.

Les cosses qui servent  aiguilleter les poulies sur la vergue sont dans
la mme estrope, aiguillete elle-mme pour pouvoir s'enlever facilement
ainsi que les poulies. Les coutes n'agissant que vers le milieu du gui,
la partie extrieure doit flchir lorsqu'on hale sur une d'elles pour
porter la brigantine au vent. Pour la soutenir, on capelle  son
extrmit deux itagues dont les palans se crochent  des pitons placs
prs de chacun des bossoirs. Toutes les fois qu'on se sert d'une des
coutes, on hale sur le palan du mme bord.

Ces palans  itague reoivent le nom de moustaches.

Les retenues sont aussi des palans  itague. Les itagues sont  crocs et
se fixent  deux cosses, dont les estropes sont aiguilletes de
l'arrire de celles des poulies d'coute. Les palans ont leurs poulies
simples sur l'arrire des grands porte-haubans, et les garans rentrant
par un chaumard se manoeuvrent sur le gaillard d'arrire.

Lorsqu'on hale sur la retenue pour porter le gui sous le vent, celle du
vent se dcroche, et se place extrieurement.

Quelques navires suppriment le gui et le remplacent par deux
bouts-dehors traversant des blins fixs sur le couronnement  hauteur
des bossoirs, et retenus dans ces blins par une clavette. Le grement de
ces bouts-dehors se compose d'une poulie pour l'coute de brigantine, o
ils ont un clan pour son passage, et de deux moustaches qui servent  la
fois de retenue et de grande coute.

On n'tablit quelquefois qu'un seul bout-dehors, qu'on place alors au
milieu du couronnement. Le blin doit tourner dans son pivot pour
permettre  la partie qui porte le point d'coute de la brigantine de
s'loigner du centre du navire. Une poulie ou un clan pour cette coute,
deux moustaches et une sous-barbe qui, aprs avoir t capeles, passent
dans un piton du tableau et viennent s'amarrer sur l'arrire, composent
son grement.

Il est inutile de faire observer combien ces diffrentes installations
sont loin de remplacer le gui avec avantage; elles n'offrent aucune
solidit et doivent obliger de carguer la brigantine lorsque cette voile
pourrait encore tre utile.


_Grement de la Corne d'Artimon._

La corne d'artimon se hisse sur le mt au moyen de deux drisses; elle
s'y adapte par sa mchoire, et se place immdiatement au-dessous du
trelingage, faisant, avec le prolongement du mt, un angle de 45. Ces
drisses, que nous allons dcrire, la maintiennent dans cette position;
un racage qui traverse les deux branches de la mchoire la fixe au mt,
et deux palans  itague, ou gardes, limitent ses mouvemens de roulis.

La premire de ces drisses, appele drisse du mt de corne et plus
ordinairement grande drisse, se compose de deux poulies  deux rouets,
dont l'une, la suprieure, a t dj capele au mt d'artimon, ou
aiguillete sur le capelage, ou enfin remplace par un chaumard chevill
entre les deux longis. L'infrieure se croche  un piton plac prs de
la mchoire. Le garant qui runit ces deux poulies descend le long du
mt o il s'amarre.

La seconde drisse, appele drisse du pic, fait dormant au capelage de la
vergue, passe dans un des rouets d'une poulie double fixe  la face
arrire du chouc du mt d'artimon, se dirige ensuite vers une poulie
frappe au tiers de la longueur totale  partir du capelage, vient
passer dans le second rouet de la poulie du chouc, et descend le long
des haubans de l'arrire  tribord ou  bbord, suivant le clan o passe
le dernier tour.

On peut rendre la drisse du pic simple, en fixant au capelage et au
point o nous avons plac une poulie, un cordage en patte d'oie garni
d'une cosse, sur laquelle la drisse vient se fixer. La poulie du chouc
est alors simple.

Les gardes, destines  empcher la corne d'obir aux mouvemens du
roulis, et  se porter sous le vent lorsque la brigantine est tablie,
se composent de deux pendeurs  palans, capels au bout de la vergue et
dont les poulies simples se fixent  des pitons placs extrieurement
au-dessus des bouteilles.

On les forme aussi en capelant deux poulies au bout des vergues, et
faisant passer dans chacune d'elles un cordage qui fait dormant  un
piton au-dessus de la bouteille et vient passer dans une poulie de
retour croche prs du dormant.

On supprime les poulies en se servant du mme cordage, qu'on bague au
capelage et dont les bouts passent dans les poulies de retour places
sur les bouteilles.

A bord des grands navires o la brigantine est une voile de beau temps,
o l'on ne prend jamais de ris, o la corne ne s'amne que dans de rares
circonstances, on la considre presque  demeure une fois en place, et
on substitue  la grande drisse une suspente croche au piton de la
poulie de drisse et aiguillete sur le capelage du mt d'artimon.

Au contraire, dans les bricks o la brigantine est une voile principale,
dont la manoeuvre est de tous les instans, on la rend plus facile en
passant les deux drisses  itagues.

L'itague de la grande drisse fait dormant au piton qui est prs de la
mchoire, passe dans un des rouets de la poulie fixe  l'arrire du
chouc du mt d'artimon, et vient tablir son palan le long de ce mt.

Celle de la drisse du pic fait dormant  la cosse d'une patte d'oie
fixe au capelage et au tiers de la longueur de la vergue, passe dans le
second rouet de la poulie du chouc, et vient former son palan au pied du
mt du bord oppos  celui de la grande drisse.


_Garniture de la Corne d'Artimon._

La corne, outre la longueur qui lui est ncessaire pour l'tablissement
de la brigantine, porte un bout de bois mort  l'extrmit duquel est
une petite poulie pour les drisses des pavillons et signaux. Le capelage
est au point o la corne coupe  pans carrs s'amincit pour former le
prolongement qui ne fait pas partie de la longueur de la vergue; il est
souvent remplac par un arc-boutant en fer servant au mme usage, et
dont le bout alors porte un et mme deux rouets pour les drisses des
pavillons.

La brigantine s'enverguant ou s'tablissant sur la corne au moyen d'une
draille, la garniture de cette vergue doit prouver des changemens
suivant la mthode qu'on emploie.

Si la brigantine est envergue, on aiguillette  deux pitons placs
tribord et bbord de la mchoire, deux petites poulies triples pour le
passage des cargues de cette voile; au milieu de la longueur de la
vergue on fixe, par deux roustures, deux joues de vaches  rouets pour
le passage de deux de ces cargues; un peu en arrire du tiers on en fixe
deux autres pour celui des deux autres cargues; au tiers on passe
l'estrope dans laquelle on fixe, par un amarrage plat, la poulie qui
sert  la drisse du pic; au milieu de la distance qui spare cette
estrope du capelage, on fixe les poulies ou les pendeurs des gardes,
puis on capelle l'oeillet du dormant de la drisse du pic.

Si la brigantine est  draille, avant de capeler le dormant de la drisse
du pic, on capelle la draille garnie de ses anneaux, et on la fait
passer dans une poulie fixe en dessous de la mchoire, pour pouvoir la
raidir avec un palan plac au pied du mt d'artimon.

Dans ce cas l'artimon est envergu, et les joues de vaches roustures
sur la corne servent au passage de ses cargues.

Il est des navires qui portent la brigantine et l'artimon envergus sur
la corne. Nous en parlerons  l'article qui traitera du grement de ces
deux voiles.

Pour terminer ce qui a rapport aux vergues qui se hissent sur les bas
mts, il faudrait dcrire le grement des cornes sur lesquelles quelques
navires tablissent le foc d'artimon et la grande voile d'tai. Mais
comme cette mthode est plus exceptionnelle que gnrale, nous le
donnerons en traitant du grement de ces voiles.


SECTION II.

_Grement des Vergues de Hune._

Les vergues de hune se distinguent par le nom du mt qui les soutient et
de la voile qu'elles portent. Celle du grand mt de hune s'appelle
vergue du grand hunier; celle du petit mt de hune, vergue du petit
hunier, et celle du mt de perroquet de fougue, vergue du perroquet de
fougue.

Elles sont tailles  huit pans dans leur milieu, portent quatre taquets
pour les empointures des ris des huniers, et sont ordinairement perces
de deux clans, l'un pour le palaquin des huniers, et le second pour les
coutes de perroquet.

Ces vergues s'adaptent au mt de hune; mais n'y tant pas  demeure
comme les basses vergues le sont aux bas mts, on n'a pu les y fixer de
la mme manire. Il faut qu'elles puissent monter et descendre le long
de leurs mts lorsqu'il est ncessaire de diminuer ou d'augmenter la
surface de la voile qu'elles portent, et d'ailleurs au mouillage elles
reposent sur les choucs des bas mts.

On leur communique ces mouvemens par une drisse  itague; des balancines
les tiennent dans une position horizontale, ou les apiquent s'il est
ncessaire; les bras les dirigent de l'avant sur l'arrire en tournant
sur l'avant du mt o elles sont retenues par un racage, et des
marche-pieds facilitent aux matelots le moyen de s'y porter quand la
manoeuvre l'exige.

Le grement d'une vergue de hune se compose donc de:

  Deux drisses  itague;
  Deux bras;
  Deux balancines;
  Un racage;
  Deux marche-pieds;
  Deux palans de roulis.


_Drisses  itague._

L'itague est faite avec un cordage de la force des galhaubans de hune,
garni en bitord dans toute la longueur qui doit passer dans les poulies
de la vergue et du capelage.

Les vaisseaux ont deux itagues; elles font dormant au capelage du mt de
hune, descendent ensuite le long de ce mt pour passer de dedans en
dehors dans une poulie qu'elles trouvent sur la vergue, remontent le
long du mt pour passer de l'avant  l'arrire dans les poulies
correspondantes, que nous avons capeles au mt de hune; de l, se
dirigeant chacune d'un bord, sur l'arrire de la hune, elles vont
s'pisser  la cosse des estropes de deux poulies doubles, ou former
l'estrope des palans de deux poulies doubles qu'on runit au moyen d'un
garant  deux poulies simples  mrillons, croches  des pitons placs
hors le bord en arrire des porte-haubans. Ces palans ainsi forms se
nomment drisses.

Pour les manoeuvrer avec plus de facilit, on dcroche les poulies
simples, on les croche sur des pitons fixs sur la serre-gouttire et
on passe les garans dans des poulies de retour, en ayant soin de les
dvelopper de l'arrire  l'avant pour les drisses de la vergue du grand
hunier, et de l'avant  l'arrire pour celles du petit hunier.

Lorsque les itagues sont d'un mme cordage, c'est--dire qu'il n'y a
qu'une mme itague pour les deux drisses, on ne place sur la vergue
qu'une poulie. L'itague, aprs avoir pass dans cette poulie, envoie ses
bouts passer l'un  tribord, l'autre  bbord, dans les poulies du
capelage, et se dirigeant comme nous l'avons dit, vont s'pisser, ou
former les estropes des poulies doubles des deux drisses.

Les btimens qui n'ont qu'une drisse font le dormant de l'itague au
capelage o ils n'ont alors qu'une seule poulie. L'itague, aprs avoir
fait dormant, passe dans la poulie sur la vergue, de l dans la poulie
du capelage, qui est du bord oppos  celui o le dormant a t fait, et
vient estroper sa poulie de drisse.

Dans ce cas la drisse du grand hunier se place  tribord, et celle du
petit hunier  bbord.

C'est de cette manire qu'on tablit les itagues du perroquet de fougue
 bord des vaisseaux.

Les petits btimens suppriment la poulie du capelage en pratiquant  la
noix du mt de hune un clan dedans lequel passe l'itague. Quelquefois
mme ils suppriment celle de la vergue, et alors l'itague fait dormant
sur son milieu.

Ces mmes btimens diminuent quelquefois la dimension de l'itague et
s'en servent pour drisse. Alors la vergue porte une poulie double, et le
capelage une poulie de chaque bord. L'itague fait dormant au capelage,
et allant successivement de chacun des clans de la poulie de la vergue 
celle du capelage, descend ensuite de l'arrire de la hune et va passer
dans une poulie de retour fixe  la serre-gouttire.


_Bras._

Les bras des vergues de hune sont doubles.

Ceux du grand hunier font dormant au capelage du mt de perroquet de
fougue, passent dans les poulies de bras, de l dans des poulies 
pendeurs qui embrassent le mt d'artimon en dessous des jottereaux, et
dans les poulies de retour qui sont au pied du mt ou croches sur la
serre-gouttire. Leur dveloppement se fait de l'arrire  l'avant. Ils
s'amarrent  des taquets clous sur la muraille ou le pont.

Le dormant se fait aussi aux jottereaux du mt d'artimon, et alors les
poulies  pendeurs sont au capelage du mt de perroquet de fougue. Si
par cette installation la vergue du grand hunier est mieux appuye et
apique moins au brassiage, d'un autre ct le mt de perroquet est plus
fatigu.

Les bras du petit hunier font dormant au capelage du grand mt de hune,
de l vont dans leurs poulies de bras, et se dirigeant vers le grand mt
passent dans les seconds rouets des poulies o passent dj les bras de
la vergue de misaine; descendent le long du mt et passent de l'avant 
l'arrire dans les montans du rtelier de manoeuvre en dedans et  ct
des bras de misaine. Ils s'amarrent comme eux  des taquets clous sur
le pont.

Le dormant peut se faire sur l'tai du grand mt,  l'pissure des
branches, et alors les poulies de retour sont au capelage des grands
mts de hune.

Les bras du perroquet de fougue font dormant sur les derniers haubans de
l'arrire du grand mt, au-dessus du trelingage, ou sur la branche
arrire du trelingage lui-mme ou  des pitons fixs aux jottereaux, et
aprs avoir pass dans leurs poulies de bras viennent dans des poulies
fixes un peu au-dessus et  ct du dormant, et descendent soit le long
du mt pour s'amarrer au rtelier de manoeuvre, soit le long des haubans
pour s'amarrer au cabillot fix sur la muraille.

A bord des petits navires les bras du perroquet de fougue sont simples.


_Balancines._

Les balancines des vergues de hune sont simples. Aprs avoir t
capeles au bout de la vergue, elles passent dans les rouets infrieurs
des poulies vierges  trois rouets, qui sont fixes par quatre amarrages
entre le premier et le second hauban; descendent le long du mt, passent
par le trou du chat, et, longeant les bas haubans, se fixent par un
amarrage  un piton plac sur les porte-haubans entre le premier et le
deuxime hauban. Lorsqu'on fait cet amarrage la vergue doit reposer sur
le chouc du bas mt.

Les trois vergues de hune ont leurs balancines passes de la mme
manire. Les poulies vierges, fixes au hauban du mt de perroquet de
fougue, n'ont que deux rouets.


_Racage._

Le racage des vergues de hune se compose de pommes et de bigots; ou est
form par un cordage garni en basanne, ainsi que nous l'avons expliqu
pour la vergue de civadire; ou se remplace par un taquet  mchoire
fix sur la vergue.

Les racages  pommes se composent de quatre rangs de pommes spares
l'une de l'autre par des bigots; les bouts de filin qui enfilent les
pommes et les bigots, et s'appellent btards de racage, ont  leur
extrmit un oeillet et un bourrelet qui empche les pommes de se
dpasser, et sont d'une longueur suffisante pour faire trois fois le
tour de la vergue. Les oeillets doivent tre placs alternativement l'un
sur tribord, l'autre sur bbord.

Ce racage ainsi fait tant plac sur l'arrire du mt, le bout de chaque
btard croise la vergue en passant sur son avant, passe dans l'oeillet
de l'autre btard, repasse sur l'avant de la vergue, entoure le mt sur
les bigots, entoure encore la vergue et le mt, puis on les bride entre
eux, entre ce dernier et la vergue.

Le racage simple, comme nous l'avons dit pour la civadire, se fait avec
un cordage garni en basanne, ayant  ses deux extrmits une cosse. On
embrasse la vergue avec les deux moitis ingales, et on fait un
amarrage sur la face arrire; on en fait un second pour runir les deux
branches,  toucher la cosse de la plus courte. L'excdant de la seconde
branche entoure la vergue et vient s'aiguilleter sur la cosse de la
premire.

Dans un cabrion en chne, ayant en hauteur le diamtre d'une vergue de
hune, on creuse un demi-cylindre dont le diamtre est un peu plus fort
que celui de son mt. A deux, trois ou quatre pouces du cylindre on
vide le cabrion en le taillant en sifflet, et on gouge sa partie
oppose dans le sens horizontal pour pouvoir l'appliquer sur la vergue.
Lorsqu'il y est, milieu sur milieu, on le saisit par deux fortes
roustures et par un cercle en fer qui embrasse le cabrion et la vergue.
(Le cercle peut porter un piton qui sert alors  aiguilleter la poulie
d'itague.) On arrondit lgrement les angles de cette mchoire qu'on
perce d'un trou, et on la garnit en basanne.

La vergue tant sur le chouc, la mchoire embrasse le mt et y est
retenue par un cordage qui passe dans les trous pratiqus dans la
mchoire et dont les bouts s'aiguillettent l'un sur l'autre.

Cette installation non-seulement dispense de se servir des palans de
roulis, mais elle offre l'inapprciable avantage d'empcher l'apiquement
de la vergue lorsqu'une balancine casse pendant que les matelots sont
dessus, et peut ainsi sauver la vie  plusieurs de ces hommes prcieux.

Quoique la mchoire soit garnie en basanne, il est prudent, en prenant
la mer, d'introduire entre elle et le mt un paillet fin ou une sangle
bien suive qu'on lace  faux frais sur la vergue.


_Marche-pieds._

Les marche-pieds des vergues de hune sont confectionns et placs
absolument comme ceux des basses vergues.


_Palans de Roulis._

Les palans de roulis sont des palans ordinaires, dont la poulie simple
est croche  une cosse estrope sur la vergue au tiers de sa longueur,
et dont la poulie double se fixe  une estrope qui entoure le mt. Le
garant s'amarre dans la hune, ou descend le long du bas mt pour
s'amarrer  un des cabillots du cercle qui l'embrasse.

Outre le grement dont nous venons de parler, les vergues de hune
portent encore les poulies ncessaires  la manoeuvre de leurs voiles et
de celles des perroquets, qui, avec la filire d'envergure et les blins
des bouts-dehors compltent leur garniture.


_Garniture de la Vergue du grand Hunier._

Les vergues de hune se garnissent  bord, sur le pont, o on les dispose
convenablement pour cette opration.

Bien au milieu de la vergue, si elle n'a qu'une itague, ou  une
distance d'un demi-diamtre du mt si elle en a deux, on aiguillette la
ou les poulies d'itagues, de manire que le rouet soit dans le sens de
la vergue. Ces poulies sont ordinairement  double goujure; leur estrope
est double, les branches en sont ingales, et l'aiguilletage se fait sur
le ct.

De chaque ct de la vergue,  une distance de son milieu, gale au
douzime de sa longueur, on aiguillette une poulie double dont le rouet
de l'avant servira pour l'coute du grand perroquet, et celui de
l'arrire pour la cargue-point du grand hunier. Cette poulie est place
sous la vergue. Au milieu de chaque moiti et dans la mme position, on
place une poulie simple pour le passage des cargues-boulines. De chaque
ct sur l'estrope de la poulie d'itague ou sur chacune des estropes des
poulies d'itague s'il y en a deux, on fixe une poulie pour le passage
des cargues-fonds du grand hunier. Mais comme presque toujours en rade
on pse les fonds bien au-dessus de la vergue pour serrer la voile avec
plus de facilit, ces poulies sont  fouet pour pouvoir tre dfrappes.
On aiguillette au tiers,  partir de chaque bout, l'estrope pour le
palan de roulis.

On capelle d'abord la filire d'envergure, confectionne et place comme
nous l'avons dit pour les basses vergues; puis les marche-pieds
semblables et semblablement disposs encore  ceux de ces vergues.

Si la vergue n'est pas perce d'un clan  son carr pour le passage de
l'coute de perroquet, on capelle une poulie pour le remplacer. Puis on
capelle la poulie de bras et la balancine. On met en place les blins
des bouts-dehors.


_Garniture de la Vergue du petit Hunier._

La garniture de la vergue du petit hunier est en tout semblable  celle
du grand hunier.


_Garniture de la Vergue du Perroquet de fougue._

Si la vergue de perroquet de fougue n'a pas de poulie d'itague, on
aiguillette sur son milieu l'estrope d'une cosse, sur laquelle l'itague
se croche si elle est  croc, ou se frappe si elle n'a pas de croc.

Si les bras sont simples, on les bague, ou on les capelle  la place
qu'auraient occupe les poulies.


_Croiser les Vergues de Hune._

Les vergues de hune garnies, on les place, pour plus de facilit, sur
l'avant de leurs mts respectifs pour les hisser.

On passe un fort cordage dans une des poulies d'itague, on le frappe sur
le milieu de la vergue, on l'longe sur une de ses moitis en faisant
au tiers et aux deux tiers de bonnes genopes. Cette drisse, aprs avoir
long le mt, se dirige dans une poulie de retour. Il faut, autant que
possible, passer les balancines, et si elles sont trop courtes on fait
ajut avec un autre filin; on fait de mme pour les bras. On pse sur le
cordage qui sert de drisse en guidant la vergue par une retenue pour
qu'elle pare la hune. Lorsque son extrmit suprieure a dpass le
chouc, on passe les balancines et les bras s'ils ne le sont pas. On
continue  hisser en abraquant un peu les bras, et on coupe la premire
genope lorsqu'elle parat sur le chouc. On commence alors  abraquer la
balancine sous le vent, et continuant  hisser on coupe la dernire
genope, en pesant la balancine sous le vent, filant celle du vent, et
abraquant les bras du mme bord.

La vergue tenue ainsi carrment par ses bras et ses balancines, on fait
le racage; on passe et on pisse l'itague; on dfrappe le cartahu qui a
servi de drisse; on la soulage un peu du chouc du bas mt pour placer
entre elle et lui le paillet sur lequel elle doit porter, et on amarre
les balancines sur les pitons des porte-haubans.


_Faux bras des Vergues de Hune._

Les vergues de hune, comme les basses vergues, portent des faux bras
dans les temps forcs, ou lorsqu'on se prpare au combat. Mais dans ces
deux cas leurs installations diffrent totalement.

Dans les deux cas les bras sont simples; mais dans le premier ceux du
grand hunier, aprs avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent
dans un des rouets du chaumard en arrire des haubans d'artimon; et dans
le second cas, dans des poulies frappes sur les haubans d'arrire du
petit mt de hune  hauteur du trelingage, ou aiguilletes au ton de ce
mt.

Les faux bras de la vergue du petit hunier, pour le mauvais temps, aprs
avoir fait dormant au capelage de la vergue, passent dans un des rouets
du chaumard en avant du grand mt, ou dans une poulie frappe sur les
branches du grand tai. Pour le combat ils passent dans des poulies
aiguilletes sur le bout-dehors de grand foc, et se manoeuvrent du
gaillard d'avant.

La vergue de perroquet de fougue n'a ordinairement pas de faux bras;
cependant lorsqu'on porte le perroquet de fougue avec gros temps,
quelques capitaines en font placer qui passent dans des poulies
fouettes sur la corne et s'amarrent le long du bord.


SECTION III.

_Grement des Vergues de Perroquet._

Les vergues de perroquet s'tablissent sur les mts de perroquet d'une
manire semblable  celle qui vient de nous servir  tablir les vergues
de hune sur leurs mts.

Elles reoivent le nom de vergue de grand perroquet, vergue de petit
perroquet, vergue de perruche.

Leur grement se compose des mmes manoeuvres que celui des vergues de
hune, mais simplifi  cause de leurs moindres dimensions. Il se compose
de:

  Une drisse simple ou  itague;
  Deux bras simples, et doubles seulement
  pour les vaisseaux et frgates;
  Deux balancines;
  Deux marche-pieds;
  Une estrope pour la drisse;
  Un racage.


_Drisse._

La drisse simple se frappe sur la cosse que nous placerons en garnissant
la vergue; passe dans un clan pratiqu  la noix du mt, et descend en
arrire de la drisse de la vergue de hune, pour passer dans une poulie
de retour fixe sur la serre-gouttire.

Pour faciliter la manoeuvre de la vergue de perroquet, on frappe sur la
drisse,  une hauteur convenable et au moyen d'un cabillot, une poulie
double dont l'estrope porte une cosse; et passant successivement la
drisse elle-mme dans une poulie double fixe sur la serre-gouttire, et
dans celle qui fait dormant sur le courant de la drisse, on forme un
palan qui permet de hisser la vergue avec une grande facilit.

On aiguillette quelquefois une poulie simple sur l'estrope de la vergue,
on fait dormant de la drisse au capelage, on la passe dans la poulie de
la vergue, de l dans le clan du mt, et elle descend soit pour passer
dans la poulie de retour, soit pour former un palan comme nous venons de
le dire.

Si la drisse est  itague, l'itague se croche  la cosse de l'estrope
de la vergue, passe dans le clan de la noix du mt, et estrope une
poulie simple. La drisse passe dans cette poulie, va faire dormant  un
piton plac en arrire de la drisse de la vergue de hune, et vient de
l'autre bord passer dans la poulie de retour.

L'itague,  bord des grands navires, porte quelquefois une poulie
double; la drisse qui vient alors au pied du mt forme le garant d'un
palan, dont la poulie simple est fixe dans la hune sur l'arrire du
mt.


_Bras._

Les bras de grand perroquet se capellent au bout de la vergue, passent
dans des poulies fixes sur les premiers haubans du perroquet de fougue,
ou dans les clans d'un chaumard chevill entre les barres, se rendent de
l dans le trou du chat, o, suivant le premier hauban du mt d'artimon,
ils s'amarrent  un cabillot le long du bord.

S'ils sont doubles, le dormant se fait au-dessus de la poulie place
sous le premier hauban du perroquet de fougue, ou au capelage de mt
au-dessus du clan du chaumard des barres. Aprs avoir pass dans la
poulie de bras, ils passent dans la poulie ou le clan au-dessous du
dormant et vont s'amarrer comme nous l'avons dit.

Les bras de la vergue du petit perroquet, aprs avoir t capels au
bout de vergue, passent dans les poulies aiguilletes sur les premiers
haubans du grand mt de hune  hauteur du trelingage, ou dans le clan du
chaumard fix entre les barres du grand perroquet. Ils descendent par le
trou du chat, et suivant les haubans de l'arrire s'amarrent le long du
bord  un cabillot.

S'ils sont doubles on les fait passer comme ceux du grand perroquet,
c'est--dire que le dormant se fait alors au-dessus de la poulie ou du
clan qui sert au courant.

Les bras de la vergue de perruche, aprs avoir t capels, passent dans
des poulies aiguilletes de chaque ct de la face arrire du chouc du
grand mt, ou dans des poulies aiguilletes sur les derniers haubans du
grand mt  hauteur du capelage.

Ces bras sont ordinairement simples, mme  bord des plus grands
vaisseaux; cependant si on voulait les passer en double, il est clair
que, comme pour les autres vergues de perroquet, il faudrait faire le
dormant au-dessus de la poulie o passe le courant.

Les navires qui ont les bras de perroquet en double, les font passer en
simple lorsqu'ils doivent rester sur rade, afin de grer et dgrer avec
plus de promptitude.


_Balancines._

Les balancines des perroquets passent dans la ganse fixe sur la vergue,
et se capellent aprs les bras. Elles passent ensuite dans le clan
infrieur d'une poulie vierge  deux rouets, fixe entre les haubans de
perroquet, et descendent ensuite pour s'amarrer ordinairement dans la
hune. Quelquefois aussi elles passent par le trou du chat et s'amarrent
le long du bord, entre le premier et le deuxime hauban. De cette
manire le nombre des hommes  envoyer dans la hune pour grer et
dgrer les vergues est moins considrable.

Les poulies vierges o passent les balancines sont simples, ou  un seul
rouet pour la perruche.


_Marche-pieds._

Les marche-pieds sont en tout semblables  ceux des autres vergues.


_Estrope._

La cosse o l'on croche l'itague est retenue par un amarrage plat dans
une estrope qu'on aiguillette sur le milieu de la vergue; plus
gnralement l'estrope est faite en bague. On fixe la cosse par un
amarrage et on passe, en la faisant entrer de force, l'estrope dans la
vergue. Quand elle est parvenue au milieu, on l'y fixe par de petits
taquets clous de chaque ct.

L'estrope doit tre garnie en bitord ou en basanne.


_Racage._

Le racage des vergues de perroquet est absolument semblable  celui que
nous avons dcrit pour les vergues de civadire, et qui sert aussi
frquemment pour les vergues de hune.


_Garniture de la Vergue de grand perroquet._

On aiguillette, ou on passe l'estrope de la cosse de drisse bien au
milieu de la vergue et la cosse au centre.

On capelle la filire sur laquelle on enverguera la voile; on la fixe
comme sur les autres vergues.

On fait l'amarrage qui runit les deux branches ingales du racage, et
on le fait glisser sur la vergue jusqu' ce qu'il soit  peu de distance
de l'estrope de drisse.

Au sixime de la longueur,  partir de l'estrope, on place de chaque
ct une poulie double pour le passage des cargues-points, et dont le
second rouet servira, comme nous le verrons,  l'coute des catacois.

Sur l'avant de la vergue, et sur l'estrope mme, on aiguillette une
poulie pour la cargue-fond, qui est forme par une patte d'oie. S'il en
tait autrement, il faudrait deux poulies de cargue-fond, qu'on
placerait alors, une de chaque ct,  mi-distance entre la poulie du
point et l'estrope de la drisse.

On capelle les marche-pieds. Ces vergues, portant toujours un clan,
n'ont pas de poulie d'coute pour le catacois. On sent que si elles n'en
avaient pas, il faudrait les capeler.

On fixe sur le carr du capelage de la vergue, la ganse o doit passer
la balancine. On devrait capeler les bras et les balancines; mais ces
manoeuvres ne se mettent en place qu'en grant la vergue.


_Garniture de la Vergue de petit Perroquet._

La garniture de la vergue de petit perroquet est absolument semblable 
celle du grand perroquet.


_Garniture de la Vergue de Perruche._

La garniture de la vergue de perruche est semblable  celle des autres
perroquets, avec cette seule diffrence que souvent elle n'a pas de
cargue-fond, et qu'alors la poulie aiguillete  l'estrope de drisse est
supprime.


_Grer les vergues de Perroquet._

Grer les perroquets, c'est les envoyer  leurs mts respectifs, c'est
les avoir prts  tre tablis aussitt que le besoin s'en fait sentir.

Les voiles de perroquet s'enverguent sur le pont; en grant les
perroquets, nous supposons qu'elles sont en place.

Si la drisse est simple, on en affale le bout sur le pont, ou dans les
bas haubans o se trouvent ordinairement les vergues lorsqu'elles sont
garnies. La vergue de grand perroquet et de perruche  tribord, celle de
petit perroquet  bbord.

Si la drisse est  itague, on dfrappe le dormant fait au piton dans le
porte-hauban; c'est ce dormant qui sera amarr sur l'estrope de la
vergue, et on hale sur l'itague de manire que sa poulie soit rendue au
clan. On le croche alors  un erse bagu sur les barres.

Mais si l'itague est  palan, c'est--dire si la poulie est double,
alors on fouette au capelage du perroquet une poulie o passera une
manoeuvre appele drisse volante, qui servira  hisser le perroquet.

Le bout de la drisse affal, on la frappe sur la cosse de l'estrope, on
l'longe sur la moiti de la vergue qui doit monter la premire, et on
la genope aux deux tiers  partir du milieu.

On pse sur la drisse en faisant parer la vergue de la hune; lorsqu'elle
est rendue dans les haubans de hune, on capelle les bras et les
balancines, qu'on passe dans les ganses, et on continue  hisser jusqu'
ce que le milieu de la vergue soit sur le chouc du mt de hune. Alors on
coupe la genope, on appuie sur le bras du mme bord en pesant fortement
sur les balancines du bord oppos, et la vergue vient horizontalement
sur le chouc. On fait aussitt le racage pour l'y maintenir.

On la met carrment sur ses bras et balancines, et on la garnit,
c'est--dire qu'on frappe les manoeuvres qui servent  tablir les
voiles et hisser les vergues.

On dfrappe la drisse; on croche l'itague; on passe la drisse dans la
poulie d'itague, et on en fait le dormant. Les cargues-points sont
amarres sur les barres, on les passe dans les poulies sur la vergue, et
on les frappe au-dessus des cosses o l'on fait le dormant des points
d'coute. On passe dans la poulie aiguillete sur l'estrope, la
cargue-fond qu'on frappe sur sa patte d'oie; enfin on capelle l'oeil des
boulines aux cabillots des branches de boulines.

Il faut avoir soin, en capelant les bras et balancines, de faire passer,
au large du mt, de manire  l'entourer sur l'avant, le bras et la
balancine du bord oppos  celui o se trouve la vergue dans les haubans
de hune.

Pour faciliter cette manoeuvre, le bras et la balancine sont sur la mme
bague et se capellent en mme temps. Mais nous ne parlerons pas des
escamotages, si souvent mis en usage par les btimens de guerre, pour
rendre cette manoeuvre plus prompte  l'oeil; escamotages plus nuisibles
qu'utiles, car pour la mer, o il faut grer rellement, ils n'ont rien
appris aux matelots.

Lorsqu'on gre le perroquet  la mer avec du roulis ou du tangage, ce
qui arrive presque toujours, il serait imprudent de livrer la vergue 
elle-mme lorsqu'on la hisse, elle pourrait s'endommager en frappant sur
la hune, et crever les voiles appareilles. Pour la guider on frappe au
bout infrieur, au piton qui y est fix pour porter, comme nous le
verrons, la poulie de drisse de la bonnette, un cordage qu'on passe dans
une poulie de retour, ou un piton, qu'on tourne  un cabillot, et qu'on
ne file qu' la demande de la drisse. De cette manire la vergue
sollicite par ses deux extrmits n'a que peu ou point de mouvement.
Lorsqu'elle est parvenue dans les haubans de hune, on l'y saisit pour
capeler les bras et balancines, et on ne dfrappe la retenue que
lorsqu'on est prt  couper la genope.

A dfaut de retenue, on peut saisir la vergue par le moyen de son racage
au galhauban arrire du mt de hune. Lorsque son bout infrieur a
dpass la hune, on mollit le racage et le saisit dans les haubans, et
on continue les manoeuvres comme nous l'avons dit.


_Dgrer les Vergues de Perroquet._

Dgrer les vergues de perroquet, c'est les placer sur le pont ou dans
les bas haubans, pour les soustraire  la force du vent et soulager la
mture; c'est le contraire de l'opration que nous venons de dcrire.

Pour dgrer un perroquet, on dfrappe les coutes, on les amarre sur
les barres; on dfrappe galement les cargues-points et la cargue-fond,
on les dpasse de leurs poulies et on les amarre, les cargues-points aux
pitons du chouc du mt de hune, la cargue-fond sur l'avant; on dcapelle
les boulines de leurs cabillots, et on les fixe tribord et bbord sur la
barre de l'avant.

Si la drisse est simple, on l'affale, on l'longe sur la vergue du bord
oppos  celui o on veut l'amener, et on fait une genope au tiers. A la
mer, o il faut ncessairement envoyer la vergue au vent, la genope se
fait sous le vent.

Si la drisse est  itague, on dcroche l'itague, on la croche  un erse
sur les barres; la poulie doit tre alors rendue au clan; on largue le
dormant de la drisse dans le porte-hauban, et on hale sur le courant,
pour que le dormant monte  la hauteur de la vergue.

Enfin, si l'itague est  palan, il faut, comme nous l'avons dit pour
grer, passer une drisse volante.

La genope faite, on largue le racage, on pse fortement sur la drisse
qui, par le moyen de la genope, fait apiquer la vergue; on aide  ce
mouvement en pesant sur la balancine du mme bord et mollissant l'autre;
en mme temps on mollit le bras du ct de la genope, et on abraque
l'autre pour diriger le bout de la vergue dans les haubans de hune. On
amne la drisse, et lorsque le bout suprieur de la vergue est  hauteur
du chouc, on dcapelle les balancines et les bras, et on amne la vergue
au poste qu'on lui a assign.

Les bras et balancines sont amarrs sur les barres et raidis.

Si la mer est forte, aussitt que la vergue est dans les haubans de
hune, on l'y saisit pour dcapeler les bras et les balancines, aprs
quoi on entoure les galhaubans de l'arrire avec le racage et on amne
la vergue sur ce galhauban.


SECTION IV.

_Grement des Vergues de Catacois._

Les vergues de catacois s'tablissent sur les mts de catacois, les mts
de bome qui les remplacent, ou sur les flches des mts de perroquet, de
la mme manire que les vergues de perroquet sur leurs mts.

Ces vergues reoivent le nom de grand catacois, petit catacois, et
catacois de perruche. Leur grement, absolument semblable  celui des
vergues de perroquet, se compose comme celui de ces dernires, de:

  Une drisse simple;
  Deux bras;
  Deux balancines;
  Deux marche-pieds;
  Une estrope de drisse;
  Un racage.


_Drisse._

La drisse, toujours simple, fait dormant sur la cosse de l'estrope de
drisse, passe dans un clan pratiqu en dessous du capelage, et se
dirigeant en arrire de la hune, descend s'amarrer contre le bord, en
arrire de la drisse du perroquet.


_Bras._

Les bras du grand catacois, aprs avoir t capels, passent, l'un 
tribord l'autre  bbord, dans des poulies ou des cosses aiguilletes
sur le hauban d'en avant du mt de perruche, ou prs de son capelage, et
descendant par le trou du chat vont s'amarrer contre le bord, en arrire
et  ct des bras du grand perroquet.

Ceux du petit catacois, aprs avoir t capels, se dirigent sur
l'arrire au capelage du mt du grand perroquet, passent dans les
poulies ou les cosses qui sont aiguilletes sur le hauban d'en avant, et
descendant par le trou du chat s'amarrent contre le bord en arrire et 
ct des bras du petit perroquet.

Enfin ceux du catacois de perruche, aprs avoir t capels, passent
dans des poulies ou des cosses aiguilletes sur le hauban d'en arrire
du grand mt de perroquet, descendent par le trou du chat, et s'amarrent
en  bord, en avant et  ct des bras de perruche.


_Balancines._

Les balancines, aprs avoir pass dans la ganse fixe au carr de la
vergue, et avoir t capeles, passent dans des poulies et plus
gnralement dans des cosses aiguilletes au capelage. Elles s'amarrent
et se manoeuvrent des hunes.

Les marche-pieds sont comme ceux des vergues de perroquet.

L'estrope de drisse est faite aussi de la mme manire. On la supprime
quelquefois, et alors la drisse fait dormant sur le milieu de la vergue
qu'elle entoure.

Le racage est semblable  ceux des vergues de perroquet.

Les haubans de perroquet n'ayant souvent pas d'enflchures, pour
faciliter aux matelots les moyens de monter pour la manoeuvre des
catacois, on aiguillette au capelage des perroquets une chelle dont les
branches se fixent sur l'arrire des choucs des mts de hune.


_Garnir et grer les Vergues de Catacois._

On fixe d'abord l'estrope de drisse au milieu de la vergue, o on la
retient en clouant des deux bords de petits taquets, ou en ayant
pratiqu sur les vergues, en les confectionnant, deux petites mortaises.

A petite distance de l'estrope, on aiguillette de chaque ct une poulie
pour les cargues-points.

On capelle les marche-pieds.

Comme pour les vergues de perroquet, les bras et balancines ne se
capellent que lorsqu'on gre les vergues; pour celles-ci, lorsqu'elles
sont parvenues dans les haubans de perroquet. On les garnit ensuite en
faisant le racage, frappant les coutes et les cargues-points, et en
filant les boulines aux cabillots des branches.

Les navires qui portent leurs catacois au plus prs sont les seuls qui
les tablissent comme nous venons de le dire. Quant  ceux d'une moindre
dimension qui ne les portent que sur le largue, ils suppriment le
racage, les bras et les boulines, et le catacois s'oriente alors en
brassant le perroquet sur lequel sont les coutes.

Dans ce cas on frappe sur le milieu de la vergue un cordage appel
hle-bas, qui vient sur l'avant. Lorsqu'on veut se dbarrasser du
catacois, on largue les coutes qui sont amarres sur les barres de
perroquet, on mollit la drisse, et pesant sur le hle-bas, la voile
passe sur l'avant des autres voiles appareilles, et se serre sur le
pont. On les place aprs dans les bas haubans du bord oppos  celui o
se trouvent les perroquets.

Les btimens ayant des mts de perroquet  doubles flches, portent
quelquefois, mais bien rarement, des vergues de contre-catacois, qui
s'tablissent comme nous venons de le dire pour les catacois, qui n'ont
ni bras, ni balancines, ni racage, ou catacois volans.




CHAPITRE IV.


SECTION PREMIRE.

_Des Voiles._

Les voiles se divisent en deux espces distingues par les noms de
voiles carres et de voiles auriques ou latines.

La premire espce comprend les basses voiles, ou voiles portes par les
basses vergues; les huniers, voiles portes par les vergues de hune; les
perroquets, ports par les vergues de perroquet; les catacois, par les
vergues de catacois. On range aussi parmi les voiles carres les
bonnettes.

Ces voiles prennent le nom des vergues sur lesquelles elles sont fixes
ou envergues.

Ainsi pour les basses vergues: la grande voile, la misaine, la
civadire; mais cette dernire est rarement et mme jamais envergue. La
vergue barre n'a pas de voiles.

Pour les vergues de hune: grand hunier, petit hunier, perroquet de
fougue.

Pour les vergues de perroquet: grand perroquet, petit perroquet,
perruche.

Pour les vergues de catacois: grand catacois, petit catacois, catacois
de perruche.

Toutes ces voiles ont la forme d'un trapze rgulier. La base
suprieure, la moins tendue, est fixe sur la vergue; la base
infrieure, ou la plus tendue, est fixe sur le pont pour les basses
voiles, sur la vergue infrieure pour les autres.

En confectionnant ces voiles, on coud sur les cts un cordage peu
commis, appel ralingue. Celle de la base suprieure, beaucoup plus
faible que les autres, s'appelle ralingue de faix, de ttire, ou
d'envergure; celles qui partent de la ralingue d'envergure prennent le
nom de ralingues de chute, et celles de la base infrieure, celui de
ralingues de bordure.

Ces expressions servent  dterminer les dimensions d'une voile; on dit:
elle a tant d'envergure, de chute et de bordure.

Les voiles, en sortant de l'atelier de la voilerie, doivent tre
pourvues des oeillets, cosses, pattes, margouillets, ncessaires  sa
manoeuvre. Nous allons assigner les places que ces diffrens objets
occupent.

On pratique,  toucher la ralingue de ttire, des petits oeillets faits
 l'aiguille, dans lesquels passeront les bouts de bitord ou de ligne,
qui serviront plus tard  fixer la voile sur la filire d'envergure, ou,
 dfaut de celle-ci, sur la vergue.

Aux angles que la ralingue de ttire fait avec celle de chute, on forme
un oeillet qu'on garnit d'une cosse; c'est ce qu'on appelle la cosse
d'empointure. Aux angles infrieurs, c'est--dire  ceux qui sont forms
par la rencontre des ralingues de chute et de celles de bordure, on
forme pareillement un oeillet garni d'une cosse retenue par un amarrage.
Ce sont les points d'coutes.

Pour diminuer la surface des voiles carres, lorsqu'on y est oblig par
la force du vent, on place sur ces voiles des bandes de ris.

Ces bandes de ris sont d'troites bandes de toile, cousues sur l'avant
et l'arrire de la voile, paralllement  la ttire, dans toute sa
largeur; elles sont perces, de distance en distance, de trous sur les
bords desquels on coud des bagues formes par un petit cordage; ces
trous, appels oeils-de-pies, servent  passer les garcettes qui fixent
sur la vergue la portion de la voile diminue.

Les huniers des grands navires portent quatre bandes de ris espaces de
manire que lorsque le dernier est pris, le hunier puisse se soulager
encore de deux ou trois pieds sur le chouc de son bas mt. Les btimens
d'un rang infrieur n'en ont que trois, enfin quelques-uns deux.

Les basses voiles ont toujours un ris; les perroquets souvent un, mais
on s'en sert si rarement, qu'ordinairement on n'y passe pas de
garcettes.

A chaque extrmit des bandes de ris on forme sur les ralingues de
chute, des pattes au moyen d'un toron qui, aprs avoir pass dans ceux
de la ralingue, est tordu sur lui-mme. Dans ces pattes en engage des
cosses, ce sont les cosses d'empointures, ou plus simplement les
empointures.

Au-dessous de ces pattes d'empointures, et  peu de distance de celles
du dernier ris, on en forme, de la mme manire, une nouvelle pour le
dormant de l'itague du palanquin. Aux basses voiles, elles servent 
crocher la poulie du cartahu qui remplace le palanquin.

On fixe ensuite, suivant la dimension de la voile, les deux ou trois
pattes o doivent s'amarrer les branches des boulines.

A la ralingue de bordure on frappe les hersiaux pour les dormans des
cargues-fonds; aux ralingues de chute, ceux pour les cargues-boulines.

On concevra qu'il est impossible d'assigner exactement la place que doit
occuper chacun de ces hersiaux, puisqu'elle dpend entirement du nombre
de cargues que porte la voile. La basse voile d'un vaisseau ayant quatre
cargues-fonds et quatre cargues-boulines, les hersiaux ne peuvent tre
placs comme ceux d'un navire qui n'en a que deux.

Les bonnettes sont des voiles supplmentaires qui augmentent la surface
des voiles carres auxquelles elles sont adaptes. Nous parlerons de la
manire de les tablir en traitant de leur grement.

Les voiles qui portent des bonnettes, sont:

La misaine; on les appelle bonnettes basses.

Le grand et le petit hunier; on les distingue sous le nom de bonnettes
de grand ou de petit hunier.

Le grand et le petit perroquet, dsigns semblablement par le nom de
bonnettes de grand ou de petit perroquet.

Quelquefois le grand et le petit catacois portent des bonnettes.

On en met aussi une, mais rarement,  la brigantine; enfin on donne le
nom de bonnette de sous-gui  une voile qu'on plaait sous le gui en
arrire du couronnement.

Les bonnettes des huniers ont un ris, afin de pouvoir tre tablies
lorsque les huniers ont le premier ris ou ris de chasse pris.

Les voiles auriques ou latines sont triangulaires ou trapzodes.
Lorsqu'elles sont triangulaires, les deux ralingues qui partent de
l'angle suprieur sont les ralingues de chute; celle qui les runit est
la ralingue de bordure.

Les voiles latines qui s'tablissent sur le mt de beaupr et son
bout-dehors, prennent le nom gnral de focs et se dsignent plus
particulirement sous ceux de petit foc, faux foc, grand foc, clinfoc.

Ces voiles sont triangulaires: elles sont fixes au mt de beaupr par
l'angle extrieur, appel point d'amure, s'lvent le long d'un cordage
qui leur sert de vergue et qui se nomme draille, par le moyen d'une
drisse; sont ramenes sur le mt par un hle-bas, et portent  l'angle
intrieur une coute qui raidit leur ralingue de chute et de bordure.

Les voiles latines qui s'tablissent sur le mt de misaine, mais qui
reoivent le nom de voiles d'tai du grand mt et sont plus gnralement
dsignes sous le nom de voiles d'tai, sont:

  La pouillouse, ou voile d'tai du grand mt;
  La grande voile d'tai, ou voile d'tai du grand hunier;
  La contre-voile d'tai;
  La voile d'tai de grand perroquet;
  La voile d'tai de grand catacois.

Celles qui s'tablissent sur le grand mt, et qui sont les voiles d'tai
du mt d'artimon, sont:

  Le foc d'artimon, ou voile d'tai du mt d'artimon;
  Le diablotin, ou voile d'tai du perroquet de fougue;
  La voile d'tai de perruche.

Celles du mt d'artimon, sont:

  La brigantine qui s'tablit sur les vergues de gui et de corne que
  nous avons dj mises en place en parlant des vergues des bas mts;
  Le flche-en-cul.

Ces voiles ont la forme d'un trapze irrgulier, dont les cts
parallles se placent verticalement, le moins tendu au mt. L'un et
l'autre reoivent le nom de ralingue de chute. Le ct suprieur qui se
dveloppe sur la drisse qui sert de vergue, est la ralingue de ttire,
et le ct infrieur celle de bordure.

Comme aux voiles carres, les angles forms par les ralingues portent
des cosses qui servent  les tablir sur les manoeuvres.

Le point suprieur de la ralingue de ttire, est le point de drisse;
l'infrieur le point d'amure suprieur, pour le distinguer du point
d'amure form par la ralingue de chute au mt, et celle de bordure;
celui form par cette dernire et la ralingue de chute arrire, est le
point d'coute.


SECTION II.

_Grement des Voiles carres._

Nous avons dit plus haut que lorsqu'une voile sortait de l'atelier de
la voilerie, elle avait les cosses, pattes, hersiaux, ncessaires 
l'tablir et la manoeuvrer. Placer dans ces cosses, pattes, hersiaux,
les rabans, garcettes, poulies ncessaires, est ce qu'on appelle garnir
une voile, et ce dont nous allons nous occuper.


_Garniture des basses Voiles._

La voile tant tendue sur le pont, on fixe  chaque oeillet de la
ralingue de ttire un bout de bitord pour enverguer sur la filire. Si
on envergue sur la vergue, le bitord devra tre assez long pour en faire
deux fois le tour et joindre ses bouts par un amarrage. Aux cosses
d'empointures et  celles places aux extrmits de la bande de ris, on
fixe, en les pissant sur eux-mmes aux deux tiers de leur longueur, des
morceaux de quarantenier de plusieurs brasses, suivant les dimensions de
la vergue, et qu'on appelle rabans d'empointures. Dans chaque
oeil-de-pie de la bande de ris on passe une garcette qu'on retient sur
l'avant par un noeud; on fait un noeud semblable sur l'arrire pour
l'empcher de se dpasser. Ces garcettes doivent avoir assez de
longueur pour embrasser la vergue, la portion de toile du ris, et
s'amarrer par un noeud plat.

Elles seront, comme on l'imaginera facilement, d'une grande longueur, et
par consquent d'un poids considrable pour les grands navires. Pour
obvier  cet inconvnient, on peut prendre le ris des basses voiles sur
filire, comme nous l'expliquerons plus tard. Alors les garcettes sont
trs-courtes, elles sont  oeil. On les passe dans les oeils-de-pie de
l'arrire  l'avant, on fixe sur une des ralingues de chute un cordage
de moyenne grosseur, qu'on passe successivement dans tous les oeils des
garcettes et qu'on amarre sur la ralingue de chute oppose. Sur l'avant
de la voile et de la mme manire, on passe dans tous les oeils des
garcettes un quarantenier fix sur les deux ralingues de chute, afin
qu'elles ne puissent se dpasser.

Au-dessus de l'amarrage que bride la cosse du point d'coute, on bague
l'estrope d'une poulie simple, qui sert au passage de la cargue-point.

A ces mmes points d'coute on bague l'estrope d'une cosse, pour fixer
une bosse qui renforce l'amure lorsque la voile est tablie.

Dans une longue estrope on fixe, par deux amarrages plats, deux fortes
poulies; on plie ensuite l'estrope dans la partie qui reste libre entre
les deux amarrages des poulies; on forme un oeillet au pli par un bon
amarrage, et on passe cet oeillet dans la cosse des points d'coute, o
on le retient par un burin en bois. Cette runion de poulie, appele
bouquet, sert  passer l'amure et l'coute des basses voiles.

Sur la plus leve des trois pattes places sur les ralingues de chute
pour les boulines, on fixe, par un noeud dit de bouline, un cordage qui
passe, avant de s'amarrer sur la seconde patte, dans une cosse que porte
un second bout de cordage semblable, et qui fait dormant sur la
troisime patte. Dans ce dernier passe une cosse sur laquelle on estrope
la poulie de bouline. Pour la misaine cette poulie n'existe pas.

Tout ce dont nous venons de parler tant mis en place, les basses voiles
sont garnies; nous allons nous occuper de leur grement.

La garniture des basses voiles et leur grement sont absolument les
mmes; seulement, en parlant de ce dernier, nous indiquerons les
diffrences que la position de ces deux voiles exige dans le passage et
la direction de leurs manoeuvres.


_Grement des basses Voiles._

La manoeuvre des voiles consiste  les dferler et les prsenter 
l'action du vent dans la position la plus convenable;  les carguer et
serrer pour les soustraire  sa violence.

Ces deux oprations tout--fait diffrentes ont ncessit l'action de
manoeuvres dont les effets pussent se dtruire rciproquement.

Les basses voiles sont dferles et prsentes au vent par les amures et
les coutes; l'amure tend et raidit la partie au vent, l'coute celle
sous le vent. S'il est ncessaire d'effacer la voile plus que la vergue
qui la porte, c'est--dire lui faire faire avec la quille un angle plus
aigu, on se sert de la bouline.

Les cargues disposes sur les ralingues de chute et de bordure la
ramassent sous la vergue, lorsque leur effet n'est plus contrari par
celui des amures, coutes et boulines.

Le grement d'une basse voile se compose donc de:

  Deux coutes;
  Deux amures;
  Deux boulines;
  Deux cargues-points;
  Quatre ou deux cargues-fonds;    }       suivant la dimension
  Quatre ou deux cargues-boulines; }            de la voile.


_Ecoutes._

Les coutes de la grande voile, aprs avoir fait dormant  des pitons
fixs extrieurement en avant des porte-haubans d'artimon, passent dans
la poulie arrire du bouquet, longent ensuite l'extrieur du navire
pour y rentrer par le clan des chaumards placs dans la muraille, en
avant des haubans d'artimon, et s'amarrent  de forts taquets chevills
dans la muraille et connus sous le nom de grands taquets.

Dans les grands navires, les coutes, au lieu de venir directement des
poulies du bouquet aux clans des chaumards, passent dans des poulies de
retour  longues estropes, supportes par des mains de fer places 
l'avant des haubans d'artimon.

Les coutes de la misaine font dormant  des pitons fixs extrieurement
 l'avant des grands porte-haubans, passent dans les poulies des
bouquets, reviennent extrieurement pour passer dans les clans des
chaumards placs de l'avant des grands porte-haubans; elles s'amarrent 
des taquets chevills dans la muraille, ou sur les serre-gouttires.

On garnit les coutes en bitord  leur partie extrieure, c'est--dire 
la partie qui reste hors du bord lorsque la voile est tablie.

Quelquefois ces manoeuvres sont commises en grelin; mais il nous semble
que c'est plutt nuisible qu'utile, puisqu'on augmente par l la
difficult de border la voile, sans en retirer aucun avantage pour la
solidit; car un cordage en aussire sera aussi fort qu'un cordage en
grelin compos du mme nombre de fils de carret; seulement il sera un
peu moins gros et adonnera moins; mais cette dernire considration
n'est d'aucun intrt pour une manoeuvre courante.


_Amures._

Les amures de la grande voile font dormant  deux boucles fixes sur les
serre-gouttire par le travers de l'arrire des porte-haubans de
misaine, passent dans les poulies des bouquets et viennent passer
ensuite dans des poulies de retour places un peu sur l'arrire des
boucles des dormans. Elles s'amarrent non loin de l sur de forts
taquets clous sur les serre-gouttire ou sur le pont.

Ces poulies de retour pour l'amure,  bord des btimens  batterie, sont
 longues estropes doubles, qui traversent le pont et sont aiguilletes
sur des boucles triangulaires, dont les pitons sont  bouts perdus dans
la muraille de la batterie.

Pour empcher l'eau de tomber dans les batteries par les trous o
passent ces estropes, on leur donne un peu de longueur au-dessus du
pont, de manire  pouvoir y clouer une hiloire circulaire de deux ou
trois pouces de hauteur, sans gner les mouvemens des poulies.

Pour tablir les amures de misaine, on place dans la construction deux
arcs-boutans qui font avec le mt de beaupr un angle de 30 environ[3].
Ces arcs-boutans, qui sont appels minots ou porte-lofs, sont assujettis
extrieurement par deux haubans forms par un cordage double, dont le
pli suprieur estrope un cap-de-mouton, une cosse ou une moque, et dont
le pli infrieur est garni d'une cosse  croc, qui se croche pour ceux
de l'avant dans des pitons chevills sur le taille-mer, et pour ceux de
l'arrire dans des pitons chevills dans la joue du navire, un peu en
avant de la direction des bossoirs. A l'extrmit des minots on capelle
deux caps-de-mouton, moques ou cosses, sur lesquels se raidissent les
haubans.

  [3] C'est l'angle le plus aigu que forme la basse vergue avec la
  grille, quand elle est oriente au plus prs.

Les amures de misaine font dormant sur l'extrmit des minots, passent
dans les poulies des bouquets, passent ensuite dans des poulies  talon
dont les estropes sont capeles sur le bout des minots, passent ensuite
dans des clans ou conduits garnis en plomb dans la muraille du fronteau
d'avant, et s'amarrent  des taquets clous sur le pont par le travers
du mt de misaine.

Les navires qui portent les coutes et amures des basses voiles simples,
les forment avec le mme cordage dont le double est engag dans les
cosses des points d'coute; alors on supprime les bouquets. Le dormant
se trouve sur le point mme de la voile et ne se fait plus sur les
pitons placs extrieurement.

Quelquefois ces coutes sont doubles et les amures simples. Dans ce cas,
les coutes passent comme nous venons de le dire, et les amures formes
par un cordage indpendant font dormant par leur extrmit, qu'on engage
par un cul-de-porc double dans la cosse du point d'coute.


_Boulines des basses Voiles._

Les boulines de la grande voile ne sont pas  demeure. Celle du vent est
seule passe; on la largue et on la dpasse toutes les fois qu'on cargue
la voile, ou qu'on change d'amures.

La bouline de grande voile n'est donc qu'un cordage de grosseur et
longueur convenables, qui est toujours dispos sur le gaillard d'avant;
lorsqu'on doit s'en servir, on le passe dans la poulie estrope sur la
cosse que portent les branches; on fait le dormant sur le montant du
rtelier de manoeuvre du mt de misaine, on passe le courant dans une
poulie coupe croche  une estrope qui embrasse le mt de beaupr en
arrire du fronteau d'avant, et on l'amarre  un taquet ou au montant du
bord oppos au dormant.

C'est ordinairement par le dormant qu'on la largue lorsqu'on veut la
dpasser.

Les boulines de misaine font dormant  la cosse de leurs branches,
passent dans les poulies que nous avons aiguilletes pour cet usage au
capelage du mt de beaupr, longent ce mt, et passent dans des clans
du fronteau d'avant, o on les amarre sur des taquets clous sur le
gaillard.


_Cargues-Points des basses Voiles._

Les cargues-points des basses voiles sont destines  ramener les points
des voiles presque au centre et sur l'arrire de la voile; elles sont
doubles, font dormant  peu de distance du centre de la vergue, passent
sur l'arrire de la voile pour se diriger dans les poulies frappes aux
points d'coute, au-dessus des bouquets, remontent vers la vergue pour
passer dans les poulies que nous avons aiguilletes  cet effet,
descendent ensuite sur le pont pour passer dans un clan des montans des
coutes de hune, ou plus ordinairement dans des poulies places sur la
serre-gouttire; on les amarre alors  des cabillots le long du bord.

Si les cargues-points taient simples, elles feraient dormant sur les
points d'coute au-dessus de l'amarrage qui bride la cosse.


_Cargues-Fonds des basses Voiles._

Les basses voiles portent quatre ou deux cargues-fonds, suivant la
dimension des navires auxquels elles appartiennent. Si elles sont au
nombre de quatre, on les distingue par les dnominations de
cargues-fonds d'en-dedans, et cargues-fonds d'en-dehors.

Leur destination est de porter la ralingue de bordure de la voile 
hauteur et de l'avant de la vergue.

Leur dormant se fait aux hersiaux placs en garnissant la voile, de l
elles se dirigent sur l'avant de la voile, dans des poulies frappes sur
l'avant de la vergue, puis dans des poulies aiguilletes  des pitons
sur les traversins de l'avant de la hune, et descendent le long du mt,
o elles s'amarrent aux cabillots du rtelier de manoeuvre, aprs avoir
pass dans les marionnettes.

Gnralement on supprime, et avec raison, les poulies sur la vergue,
afin de pouvoir lever les fonds au-dessus et faciliter le serrage de la
voile.

Souvent, lorsque les basses voiles ont quatre cargues-fonds, les deux en
dedans de la grande voile sont formes par un mme cordage ainsi
dispos: il est pass dans une poulie dont la caisse porte deux rouets
bout  bout; les deux bouts de ce cordage passent, l'un  tribord
l'autre  bbord, dans les clans intrieurs des deux poulies doubles,
aiguilletes aux pitons du traversin avant de la hune, puis se dirigeant
sur l'avant de la voile ils vont faire dormant sur les deux hersiaux
infrieurs correspondans. Dans le second rouet de cette poulie on passe
un cordage semblable dont les bouts se dirigent dans deux marionnettes
du rtelier de manoeuvre du mt de misaine, o on les amarre. On se
trouve ainsi avoir deux des cargues-fonds de la grande voile sur le
gaillard d'avant.

On voit qu'on pourrait ne haler que sur un des bouts en laissant l'autre
amarr, mais le mouvement serait plus long.


_Cargues-Boulines des basses Voiles._

Les cargues-boulines sont en mme nombre que les cargues-fonds, deux ou
quatre, suivant les dimensions des voiles; elles prennent le nom de
cargues-boulines d'en-dehors, ou cargues-boulines d'en-dedans, pour les
distinguer.

Elles servent  porter les ralingues de chute sur l'avant et le long de
la vergue. Avant de les passer, on aiguillette de chaque ct de la
vergue,  des distances gales de la poulie de cargue-point et de
l'empointure, une poulie pour chaque cargue.

Les cargues-boulines d'en-dehors font dormant aux pattes suprieures
places au tiers des ralingues de chute; de l, se dirigeant par l'avant
de la voile, elles passent dans les poulies extrieures places sur la
vergue et dans les rouets intrieurs de nouvelles poulies doubles,
aiguilletes sur les traversins, en dehors de celles qui servent au
passage des cargues-fonds, descendent le long du mt, au pied duquel on
les amarre au rtelier de manoeuvre.

Celles d'en-dedans passent de la mme manire, les pattes de leur
dormant sont au milieu des branches de boulines.

Lorsque la voile n'a qu'une seule cargue-bouline de chaque ct, son
dormant est au milieu de la ralingue de chute.


_Enverguer une basse Voile._

On la place de l'avant du mt auquel elle appartient, en travers et
dans le sens qu'elle doit avoir sur la vergue. On passe et on frappe les
cargues-fonds et les cargues-boulines, et on les genope sur la ralingue
de ttire; on passe aussi les cargues-points, mais en simple, le
dormant se fait aprs avoir envergu la voile. Les amures et les coutes
ne sont aussi passes qu'aprs l'opration. Aux cosses des empointures
on frappe de chaque ct un cartahu qui passe dans une poulie au bout de
la vergue, de l dans une poulie au chouc, descend le long pour mt pour
passer dans une poulie de retour place  son pied.

Les cargues et cartahus frapps, on serre la voile, de manire que les
deux ralingues soient au-dessus, et celle de ttire sur l'arrire pour
tre applique immdiatement sur la vergue.

On pse sur les cartahus et les cargues; aussitt que les matelots
rpandus sur la vergue peuvent saisir la ttire, ils coupent les
bitords qui serraient la voile, et lorsqu'elle est longe sur la
vergue, les genopes des cargues. Comme elles ont t amarres, la voile
se trouve cargue.

On amarre les empointures l'une aprs l'autre, en ayant soin de mettre
le milieu de la voile sur celui de la vergue.

Si la voile est neuve, et que par cette raison les empointures ne
puissent venir aux taquets, quoiqu'on ait employ un palan pour les
faire rendre, on fait peser dessus les matelots de tout leur poids; il
faut les mettre  distance gale.

Les empointures prises, on amarre sur la filire s'il y en a une, et
dans le cas contraire, sur la vergue, les bitords ou rabans qui
garnissent les oeillets de la ttire.

On fait le dormant des cargues-points, on passe les amures et les
coutes, et la voile peut tre tablie si on est  la mer, et serre si
on est en rade.

Pour la serrer on prend la toile pli par pli sur l'avant de la vergue;
de la manire dont elle est cargue, les ralingues de chute et de
bordure tenues par les cargues-boulines et les cargues-fonds se
trouveront en dedans de ces plis, dont le dernier qui recouvre le tout
est fait avec la toile qui touche la ttire.

Pour les maintenir dans cette position, on a conserv sur l'arrire de
la voile,  son milieu,  deux ou trois pieds de la ttire, une cosse 
patte d'oie, faite avec de larges tresses. Un cartahu qui passe dans
une poulie sous la hune, et qui descend sur le pont au pied du mt, a
son bout suprieur au-dessus de la vergue. Quand on est aux derniers
plis de la toile, on frappe le cartahu sur la cosse, et pesant fortement
dessus on soulage et on soutient les fonds, o se trouve la plus grande
partie de la toile. Celle longe sur les deux cts de la vergue y est
maintenue par des rabans appels de ferlage, qui sont fixs sur la
filire ou sur la vergue par un noeud coulant. Ils embrassent la voile
et la vergue par deux ou trois tours, et le bout s'engage dans les tours
mmes.

Ces rabans ne sont employs qu' la mer, et lorsqu'on serre les voiles
en rade on les cache dans la voile. Ils sont tresss et jets sur
l'avant de la voile, lorsqu'elle est appareille.

On les remplace par de larges morceaux de sangle, fixs sur la filire
et dont la branche arrire porte un anneau. Lorsque la voile est serre,
on passe la branche de l'avant dans l'anneau, et on souque fortement en
engageant l'excdant dans le tour de l'avant.


SECTION III.

HUNIERS.

_Garniture des Huniers._

Les huniers se garnissent  peu prs comme les basses voiles; cependant
il est des diffrences qu'il est ncessaire d'indiquer.

Aux cosses d'envergure et d'empointure on fixe, comme nous l'avons dit
pour les basses voiles, un raban dispos de la mme manire, mais dont
le bout est amarr sur celui qui lui est suprieur; en sorte que,
lorsque le premier raban a servi pour prendre la premire empointure, le
bout de celui de la seconde puisse tre amarr sur la vergue, afin que
le matelot qui doit la prendre puisse la saisir pour soulager la toile,
aussitt qu'il est sur la vergue.

Si l'itague du palanquin de ris a une poulie sur la vergue, on la fixe 
la patte du palanquin qui est en dessous de celle du dernier ris.

Les branches de boulines portent une cosse pour le dormant de la bouline
comme pour la misaine, ces manoeuvres tant toujours simples.

On bague au-dessus des points d'coute une poulie simple pour les
cargues-points.

A chacune des cosses des points d'coute, on estrope une moque qui sert
au passage des coutes. Quelques navires fixent la moque dans le point
mme de l'coute en faisant servir la ralingue comme estrope; mais on
concevra facilement que cette installation est vicieuse; car estrope de
cette manire, le clan de la moque regarde de l'avant  l'arrire,
tandis que celui de la poulie capele au bout de vergue, ou le clan qui
la remplace, regarde de tribord  bbord. De sorte que lorsque les
coutes sont  joindre, l'coute et la ralingue sont tordues pour
appeler convenablement et fatiguent assez pour rompre facilement, ainsi
que nous l'avons vu souvent; avarie qui peut tre bien dangereuse, car
s'il vente frais et que la ralingue du hunier casse, presque toujours il
est dchir.


_Grement des Huniers._

Les huniers, ayant leur ralingue de bordure tablie sur les basses
vergues, n'ont point d'amures, puisqu'ils suivent les mouvemens de ces
vergues qui les prsentent au vent; mais ils ont en plus des palanquins
de ris. Leur grement se compose de

  Deux coutes;
  Deux boulines;
  Deux cargues-points;
  Deux cargues-boulines;
  Deux cargues-fonds;
  Deux palanquins  itagues.


_Ecoutes des Huniers._

Les coutes, lorsqu'elles sont doubles, font dormant aux bouts de la
vergue par un noeud de bouline, vont de l passer dans la moque du
point, reviennent au bout de la vergue, passer dans les poulies qui y
sont capeles, ou dans les clans qui les remplacent, longent l'arrire
de la vergue pour passer dans les poulies de sous-vergues aiguilletes
prs de l'estrope de suspente, descendent de l'avant du mt pour
traverser le clan d'un bitton ou montant, sur la tte duquel on les
amarre  un cabillot en fer qui le traverse.

Si les coutes sont simples, leur dormant se fait aux points d'coute o
elles sont arrtes par un cul-de-porc double. Elles passent aprs cela
comme nous venons de le dire.

Lorsque les poulies sont remplaces par des clans, on doit avoir le soin
d'arrondir les angles, et de garnir les clans en entier, en cuivre ou en
basanne.

Les coutes du perroquet de fougue sont gnralement simples; comme ce
mt n'a pas ordinairement de montans, le retour des coutes se fait dans
des poulies aiguilletes  des pitons boulonns sur le pont  l'aplomb
des poulies de sous-vergues. On les amarre  des taquets fixs au mt
par deux roustures. Quelquefois le clan de retour est pratiqu dans ces
taquets mmes; mais comme alors tout l'effort de l'coute se fait sur le
taquet, cette mthode offre peu de solidit, et ne peut tre employe
que pour des navires d'une faible dimension.

Il est des btimens du commerce qui ont leurs coutes en chanes. Alors
le clan de la vergue doit tre garni en tle; la poulie de sous-vergue
est remplace par une chape en fer, portant un rouet de fonte. Elles
sont manoeuvres avec un palan, ou ce qui vaut mieux, avec un vireveau
qui remplace de chaque ct le montant d'coute. Ce vireveau, sur lequel
elles s'enveloppent, sert  les border avec facilit et  les filer peu
 peu pour carguer le hunier.

Mais si on est oblig de se dcharger promptement d'un hunier, dans une
rafale non prvue, ou dans un grain, auxquels cas il faut filer l'coute
en bande, on concevra facilement combien il est  craindre que son poids
agisse sur le hunier qui bat violemment par la force du vent, et ne le
fasse dchirer, et mme quelquefois ne fasse craquer la vergue.


_Boulines des Huniers._

Les boulines des huniers font dormant  la cosse des branches de
bouline, elles passent ensuite:

Celles du grand hunier dans des poulies dont les estropes, d'un seul
cordage, forment un long pendeur qui embrasse le mt de misaine sous les
jottereaux; elles descendent le long des haubans, passent dans des
poulies de retour fixes sur les serre-gouttire, et s'amarrent  un
cabillot en  bord.

Pour les haler, lorsqu'on est au plus prs, on se sert d'un petit palan
qu'on fouette sur le courant suprieur et dont la poulie simple se
croche sur la serre-gouttire; pendant qu'on hale sur son garant on
abraque la bouline sur son cabillot, o on l'amarre lorsqu'elle est
assez raidie. On dfrappe le palan et on le fouette sur le hauban le
plus voisin.

Les poulies que nous avons places en dessous des jottereaux, peuvent
s'aiguilleter sur l'arrire du chouc du mt de misaine, ou bien encore
embrasser par leur pendeur le capelage de ce mt. Dans ces cas les
boulines descendent par le trou du chat. On peut aussi remplacer ces
poulies par des clans pratiqus dans les longis ou le traversin de
l'arrire de la hune de misaine. Mais on fatigue la hune inutilement et
sans rsultat avantageux.

Les boulines du petit hunier, aprs avoir fait dormant, passent, l'une 
tribord l'autre  bbord, dans les clans extrieurs de la poulie  trois
rouets, capele  cet effet, comme nous l'avons dit, au bout-dehors de
grand foc. Elles longent ce mt et celui de beaupr et entrent sur le
gaillard d'avant, d'o on les manoeuvre par deux clans du fronteau, 
ct desquels on les amarre.

Celles du perroquet de fougue passent dans le second clan de la poulie
double que nous avons place pour le passage des bras de la vergue de
perroquet de fougue, descendent le long des haubans, et s'amarrent 
ct de ces mmes bras.


_Cargues-Points des Huniers._

Les cargues-points des huniers sont passs comme ceux des basses voiles,
c'est--dire qu'aprs avoir fait dormant sur la vergue, ils se dirigent
sur l'arrire de la voile, pour aller passer dans la poulie bague aux
points, remontent vers la vergue, passent dans le clan arrire des
poulies doubles de sous-vergues, descendent par le trou du chat pour
faire retour dans les poulies fixes sur les serre-gouttire et
s'amarrer  des cabillots en  bord.

Si les cargues-points sont simples, ils font dormant au-dessus de
l'amarrage des points d'coute.


_Cargues-Boulines des Huniers._

Les cargues-boulines des huniers font dormant sur les pattes suprieures
des branches de bouline, se dirigent ensuite sur l'avant des voiles pour
passer dans des poulies frappes sur la vergue, au tiers de sa moiti 
partir du milieu, vont sous les barres du perroquet, o elles passent
dans les clans extrieurs de deux poulies doubles, fixes, l'une 
tribord l'autre  bbord, sur la barre avant des perroquets, et
descendent le long du mt, au pied duquel elles s'amarrent au rtelier
de manoeuvre.

Le perroquet de fougue n'a gnralement pas de cargues-boulines.


_Cargues-Fonds des Huniers._

Les cargues-fonds des huniers font dormant aux pattes de la ralingue de
bordure, montent sur l'avant de la voile pour passer dans les poulies
que nous avons frappes, en garnissant les vergues tribord et bbord de
la poulie d'itague; de l elles montent sous les barres de perroquet,
o elles passent dans les clans intrieurs des poulies doubles que nous
venons de placer pour le passage des cargues-boulines; elles descendent
ensuite le long du mt, au pied duquel elles s'amarrent  ct et en
dedans des cargues-boulines.

Si le perroquet de fougue n'a qu'une cargue-fond, ce qui arrive pour les
petits navires, elle est  patte d'oie, comme nous le verrons pour les
perroquets.


_Palanquins de Ris._

Les palanquins de ris sont  itagues. L'itague fait dormant sur la
ralingue de chute,  une patte place en dessous de celle de
l'empointure du dernier ris. Elle va de l passer dans un clan pratiqu
au bout de la vergue, passe dans le second clan de la poulie vierge
fixe entre le premier et le deuxime hauban de hune, et descend le long
du mt. Elle se termine par une cosse  laquelle on croche la poulie
double d'un palan, ou elle forme l'estrope de la poulie double de ce
palan, dont la poulie simple se fixe au ton du bas mt, ou sur les
longis de la hune. Le garant de ce palan descend le long du bas mt et
s'amarre  son pied au rtelier de manoeuvre.

Pour augmenter la puissance du palanquin, les grands navires portent, 
la patte o nous venons de faire le dormant, une poulie dans laquelle
passe l'itague qui alors fait son dormant au bout de la vergue,  ct
du clan o elle passe.

Les btimens de petite dimension, au contraire, n'ayant pas besoin d'une
aussi grande force, passent bien l'itague comme nous venons de le dire,
mais ils suppriment le palan, et l'itague descend alors sur le pont au
pied du mt.

On prouve souvent  la mer le besoin de renforcer et d'aider le
palanquin. On se sert alors d'une manoeuvre supplmentaire  laquelle on
donne le nom de faux-palanquin. La plus convenable, nous croyons, et
celle qu'on a toujours  sa disposition, est la drisse de la bonnette de
hune. Dans le cas o on la destine  servir de faux-palanquin, il faut
qu'elle soit  croc; alors on la croche au ris qu'on doit prendre, et en
halant dessus en mme temps que sur le palanquin, elle rend
l'empointure, tandis que le palanquin soulage la toile.

Le premier ris, ou ris de chasse, tant un ris de prcaution, n'a pas
besoin de l'aide du faux-palanquin. Mais lorsqu'il a t pris, si les
bonnettes ne sont pas appareilles, on croche la drisse  l'empointure
du second ris pour aider  la prendre. Aprs l'avoir prise, on la croche
 celle du troisime, et ainsi des autres.

Avant d'enverguer un hunier, nous ferons une observation que nous
croyons trs-utile  la promptitude si ncessaire dans cette opration,
lorsqu'on l'excute  la mer.

Nous avons dit, en grant un hunier, que le dormant des cargues-boulines
et cargues-fonds se faisait sur les pattes des ralingues, et celui des
boulines sur la cosse des branches de boulines. Lorsqu'il faut enverguer
ou dverguer les huniers, il est toujours long de faire et dfaire tous
ces dormans, et il est bien plus simple de les remplacer par des
estropes  cabillots qu'on frappe sur les ralingues et auxquelles on
capelle les cargues-fonds, cargues-boulines, et boulines termines par
une ganse.


_Enverguer un Hunier._

Avant d'enverguer un hunier, il faut que toutes ses manoeuvres soient
passes et frappes dans la hune. Les cargues-fonds et cargues-boulines
sur la poulie d'itague, les boulines sur l'avant de la hune, les
cargues-points arrts  leurs poulies par un noeud, les coutes aux
pitons du chouc, les palanquins et drisses de bonnette longs sur la
vergue, prts  tre frapps.

Au ton du mt de hune on aiguillette une poulie dans laquelle on passe
un fort cartahu, un garant de capon par exemple, qui sert  hisser le
hunier. Il doit tre serr de manire que les ralingues de ttire et de
bordure soient dgages et prsentent leurs pattes ou cabillots.

Lorsqu'il est serr ainsi, on l'lingue par son milieu, mais sans baguer
l'lingue. On le passe sous le hunier et on le ramne par-dessus en deux
plis ingaux, celui de l'avant le plus court. Dans ce dernier on passe
une garcette qu'on amarre par les deux bouts, on passe le cartahu dans
le pli arrire de l'lingue et dans la garcette, et on l'amarre.

Sur l'avant on frappe un cartahu de retenue pour faire parer de la hune,
et si l'on est  la mer et qu'elle soit grosse, on bride les deux
extrmits du hunier ainsi lingu avec un cartahu qu'on passe dans une
poulie de retour, qu'on amarre  un taquet et qu'on ne mollit qu' la
demande de la drisse et de la retenue.

Lorsqu'en hissant, les extrmits du hunier sont parvenues au-dessus de
la hune, on frappe les palanquins et on croche les drisses de bonnette
(nous les supposons  croc)  des cosses places sur la ttire  une
brasse de celles d'empointure. On capelle  leurs cabillots les
cargues-boulines, cargues-fonds et boulines, on passe les coutes dans
les moques et on en fait le dormant.

On pse sur les palanquins et les drisses de bonnette en mollissant de
la drisse, et le hunier s'longe le long de la vergue; alors on coupe la
garcette de l'lingue, qui reste ainsi suspendue  la drisse.

Les matelots rpandus sur la vergue saisissent les ralingues de ttire,
les rabans d'empointure, et coupent les bitords qui serraient la voile.
Elle dferle, et on peut la border si le temps le permet, ou la carguer
pour terminer l'opration et la serrer.

Lorsqu'on place les huniers dans les soutes  voiles, ils doivent tre
garnis et serrs pour monter dans la hune immdiatement.

On se sert aussi de la drisse de hune pour cette opration. Alors on
abraque celle du bord oppos, de manire que la poulie simple puisse
s'lever au-dessus de la hune pour y dposer le hunier.

Dans ce cas on le hisse paquet et lingu, et lorsqu'il est parvenu
dans la hune on le dispose sur son avant pour y frapper les cargues.

On peut aussi le hisser comme une basse voile; ou bien encore le hisser
pli en double, support par les cargues-fonds et cargues-boulines qu'on
fait travailler ensemble. On l'lve ainsi au-dessus de la vergue, on
frappe les palanquins pour longer la ttire.

La premire mthode dont nous avons parl, nous parat la plus prompte
et la moins sujette aux accidens, puisque le hunier n'est dferl que
lorsqu'on a tous les moyens de le carguer et de le serrer.


SECTION IV.

PERROQUETS.

_Garniture et grement des Voiles de Perroquet._

La garniture des voiles de perroquet se rduit aux deux rabans
d'empointure pour l'envergure; aux petits bouts de bitord sur les
oeillets de la ttire, et aux branches des boulines qui portent
toujours leur cabillot sur lequel se frappe la bouline.

Quoiqu'on y pratique quelquefois une bande de ris, on ne la garnit pas
de garcettes.

Le grement est beaucoup plus simple que celui des huniers,  cause de
la moins grande dimension de la voile, et ne se compose que de

  Deux coutes;
  Deux boulines;
  Deux cargues-points;
  Deux cargues-fonds, et plus souvent une  patte d'oie.


_Ecoutes des Perroquets._

Les coutes, toujours simples, font dormant au point d'coute, passent
dans les clans pratiqus dans la vergue de hune, ou dans les poulies qui
les remplacent, longent chacune une moiti de la vergue de hune pour
passer dans le clan de l'avant des poulies o nous avons fait dj
passer les cargues-points des huniers, descendent le long du mt,
passent dans le trou du chat, et longeant les haubans s'amarrent en 
bord, aprs avoir pass dans des poulies de retour fixes sur les
serre-gouttire.

Si les grands navires veulent mettre les coutes des perroquets en
double, afin de ne pas faire et dfaire le dormant qui alors est sur le
capelage de la vergue de hune, toutes les fois qu'on gre et dgre les
perroquets, il faut fixer les poulies aux points d'coute par le moyen
d'un cabillot; de cette manire le dormant reste toujours fait, et on
n'a plus qu' passer ou dpasser le cabillot, ce qui est tout aussi
facile que de frapper ou dfrapper les coutes simples.


_Boulines des Perroquets._

Les boulines des perroquets se capellent aux cabillots des branches;
elles passent ensuite celles du grand perroquet.

Dans des poulies frappes au chouc, aux barres, ou au hauban arrire du
petit mt de hune; descendent par le trou du chat, et s'amarrent  ct
et en avant des boulines du grand hunier.

Celles du petit perroquet se dirigent sur le bout-dehors de clinfoc,
passent dans les clans extrieurs de la poulie triple qui est  son
capelage, longent ce mt ainsi que le bout-dehors de grand foc et le
beaupr, et s'amarrent  ct des boulines du petit hunier.

Celles de la perruche passent dans des poulies aiguilletes au chouc du
grand mt ou sur le hauban arrire du grand mt de hune,  hauteur du
trelingage, descendent par le trou du chat, et s'amarrent  ct des
boulines du perroquet de fougue.


_Cargues-Points des Perroquets._

Les cargues-points, toujours simples, font dormant en dessus des cosses
des points, passent dans le clan arrire des poulies doubles
aiguilletes sur la vergue de chaque ct de l'estrope de drisse,
descendent le long du mt et s'amarrent  ct des coutes, aprs les
avoir quelquefois fait passer dans la mme poulie de retour qui alors
est double.


_Cargues-Fonds des Perroquets._

S'il y a deux cargues-fonds, chacune d'elles fait dormant  une des
pattes de la ralingue de bordure, monte sur l'avant de la voile pour
passer dans une poulie frappe sur la vergue  l'estrope de drisse, de
l se dirige pour passer dans une poulie aiguillete au capelage du
perroquet, et descend le long du mt au rtelier duquel on l'amarre.

S'il n'y a qu'une cargue-fond, elle est  patte d'oie, c'est--dire que
son extrmit porte deux branches qu'on frappe sur les pattes de la
ralingue de bordure, passe ensuite dans une poulie ou une cosse fixe
sur l'avant de la vergue,  l'estrope de drisse, monte au capelage o
elle passe dans une poulie qui y est aiguillete, et descend le long du
mt o on l'amarre au rtelier si on ne la garde pas dans la hune, d'o
on la manoeuvre.

Les perroquets s'enverguent sur le pont. S'ils n'ont pas de filires, on
les envergue souvent avec un mme bout de ligne qui passe dans le
premier oeillet de la ttire, embrasse la vergue et y fait dormant; il
passe ensuite dans chaque oeillet en embrassant la vergue sur laquelle
on le raidit par un demi-tour, et fait dormant au dernier oeillet.


SECTION V.

CATACOIS.

_Garniture et grement des Voiles de Catacois._

La garniture de catacois est semblable  celle des perroquets. Leur
grement est plus simple, n'ayant pas de cargue-fond. Il se compose
donc de

  Deux coutes;
  Deux boulines;
  Deux cargues-points.


_Ecoutes des Catacois._

Les coutes se frappent aux points, passent dans les clans pratiqus sur
les vergues de perroquet, longent ces vergues, passent dans les clans
avant des poulies doubles o nous avons fait passer les cargues-points
des perroquets, descendent le long des mts de perroquet et de hune, et
s'amarrent dans la hune, au rtelier des haubans.


_Boulines des Catacois._

Les boulines sont capeles au cabillot des branches. Elles passent
ensuite:

Celles du grand catacois dans des poulies ou des cosses aiguilletes sur
les haubans arrire du petit mt de perroquet, et descendent le long des
mts par le trou du chat s'amarrer  ct des boulines du grand
perroquet.

Celles du petit catacois se dirigent sur la flche du bout-dehors de
clinfoc, et passent dans des cosses qui sont  son capelage, longent le
bout-dehors et le beaupr, et s'amarrent  ct des boulines du petit
perroquet.

Celles du catacois de perruche passent dans des cosses aiguilletes sur
les haubans arrire du grand mt de perroquet, et descendant le long des
mts, s'amarrent  ct des boulines de perruche.


_Cargues-Points des Catacois._

Les cargues-points font dormant au point d'coute, passent dans les
poulies aiguilletes sous la vergue de chaque ct de l'estrope de
drisse, ou de sa mortaise, et s'amarrent dans la hune.

Si les vergues de catacois, ainsi que nous l'avons dit en parlant de
leur grement, n'ont ni bras, ni balancines, ni racage, alors la voile
n'a ni boulines ni cargues-points. Son grement consiste en deux coutes
qui, aprs avoir pass comme nous l'avons dit, s'amarrent sur les
barres.

Si les navires ayant des mts de perroquet  doubles flches, ou des
mts de catacois  flche, portent des vergues de contre-catacois, les
voiles tablies sur ces vergues n'auront pour grement que celui des
catacois volans, c'est--dire deux coutes.

Ces coutes passeront dans des clans pratiqus aux vergues de catacois,
ou dans des cosses qui les remplaceront, longeront la vergue, passeront
dans des cosses aiguilletes de chaque ct de l'estrope, ou dans un
clan des poulies de cargue-point de catacois qui seront alors doubles,
et s'amarreront sur les barres.


SECTION VI.

_Bonnettes._

Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface
des voiles carres, en dehors desquelles on les tablit sur des esparts
appels bouts-dehors et distingus par le nom de la vergue qui les
porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de
huniers.

Ces bouts-dehors sont ports sur l'avant des vergues par deux rouleaux
supports par des cercles en fer, placs l'un  l'extrmit, le second
au sixime de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de
fer plate demi-circulaire, assez leve pour que le bout-dehors ne soit
pas gn dans ses mouvemens; elle s'ouvre  charnire pour pouvoir la
faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors.

Chaque bout-dehors porte,  son extrmit extrieure, un clan ou une
poulie dont l'estrope est arrte par un cabillot qui le traverse.
L'extrmit intrieure est perce d'un trou dans lequel passe un cordage
arrt par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du
bout-dehors.

Cette aiguillette sert  le brider sur la vergue, qu'il soit ou non
employ  tablir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste  le pousser
de la quantit ncessaire  l'tablissement de la bonnette, et  le
faire rentrer  son premier poste lorsqu'elle est serre. Ces mouvemens
se font soit  la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues,
soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour
ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers.


BONNETTES BASSES.

_Garnitures des Bonnettes basses._

La ralingue de ttire de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que
dans une moiti; ces oeillets servent  la fixer sur une vergue dont le
milieu est marqu par une mortaise. La moiti non envergue porte  son
extrmit une cosse.

La ralingue de bordure est envergue dans les deux tiers de sa longueur.
Aux extrmits de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant
une patte d'oie. Le tiers non envergu porte  son angle, avec la
ralingue de chute, une cosse.


_Grement des Bonnettes basses._

La bonnette basse s'tablissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y
est fixe par deux drisses; sa ralingue de bordure envergue est retenue
par la patte d'oie frappe sur son arrire; la partie non envergue est
fixe au btiment par une coute.

Le grement d'une bonnette basse est donc:

Deux drisses, l'une extrieure et la seconde intrieure, distingues par
les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans.

Une patte d'oie, une coute; on y ajoute un lve-nez qui sert 
soustraire la voile  l'effort du vent, lorsqu'on veut l'tablir ou la
rentrer.

La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la
ttire, passe dans un clan pratiqu  l'extrmit du bout-dehors de la
basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve  mi-hauban de hune,
et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mt, ou dans une poulie
fixe au chouc du bas mt, puis descend par le trou du chat et le long
du mt, et s'y amarre aprs avoir pass dans une poulie de retour.

La drisse d'en dedans fait dormant  la cosse de la ttire non
envergue, passe dans une poulie fouette sur la basse vergue, et
descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, prs de
laquelle on l'amarre.

La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot
qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des
clans du chaumard plac dates la muraille, en avant des grands haubans,
et s'amarre  un taquet clou sur la serre-gouttire ou sur la muraille.

On tablit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fix sur un bras
de fer plac  l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est
tabli par un croc ou une double charnire.

On assujettit cet arc-boutant par une balancine capele au tiers de sa
longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mt, au pied duquel on
l'amarre, et deux espces de bras frapps au mme point que la
balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrire.

Si le btiment a des oeuvres mortes considrables, on peut y ajouter un
troisime cordage en forme de sous-barbe qui, aprs avoir t capel ou
frapp, passera dans un piton plac sur la joue du navire et montera le
long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer.

La bonnette n'a plus alors de vergue  sa ralingue de bordure; on y
frappe une amure qui passe dans une poulie capele sur l'extrmit de
l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard
d'avant.

L'coute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de
cordage qu'on fixe par son double au point intrieur de la bordure, et
qu'on amarre sur l'arrire et l'avant de la bonnette pour retenir son
point.

Le lve-nez est frapp sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans
une poulie fouette sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, o
il s'amarre en  bord.

Il sert  replier la voile sur elle-mme et empcher le vent de
s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si
la bonnette s'tablit sur arc-boutant.

Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentres, dgres et serres, se
recouvrent d'une toile appele tui, et s'amarrent soit sur le premier
hauban, soit sur l'avant du mt de misaine.


_Grement des Bonnettes de Hune._

Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure tablie sur le
bout-dehors de la basse vergue par une amure et une coute; la ralingue
de ttire, totalement envergue, est hisse  l'extrmit de la vergue
de hune.

Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est 
croc pour servir de faux palanquin, elle y est croche sur une cosse,
passe dans une poulie aiguillete  un piton fix au bout de la vergue,
passe dans le clan suprieur de la poulie vierge  trois rouets qui est
entre les haubans de hune, et descend le long du mt pour passer  son
pied dans une poulie de retour.

Les amures sont frappes au point, passent dans le clan du bout-dehors
ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand
hunier, vers le clan le plus en arrire du chaumard plac prs du
couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier,
vers le chaumard plac en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent
sur les passe-avents.

Les coutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur
l'arrire; cette dernire est passe dans une poulie de retour pour
border la voile; elle sert aussi  la rentrer avec plus de promptitude.

Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses,
et sont en outre fatigus par les bonnettes de hune, dont les amures
cependant sont seules  la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe
souvent,  leur extrmit, un cordage appel bras de bout-dehors, qui
passe comme l'amure dans un des clans du chaumard plac en avant des
grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune
entranerait ncessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la
bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pt s'y opposer, si ce
n'est la force elle-mme du bout-dehors.

Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux
bouts-dehors de misaine un morceau de cordage  cosse, sur lequel on
fixe la candelette de hune qui sert de balancine.


_Grement des Bonnettes de Perroquet._

Le grement des bonnettes de perroquet est absolument semblable  celui
des bonnettes de hune, il passe d'une manire parfaitement analogue;
seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et
s'amarre dans les hunes.

Les bonnettes dgres, serres et enveloppes de leurs tuis, sont
places dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands
haubans.

Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois
portent des bonnettes, il faut,  l'extrmit de chaque vergue de
bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera
l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit
tre passe avant qu'on tablisse la bonnette du perroquet. La drisse et
l'coute se manoeuvrent sur les barres.

Lorsqu'on dgre les bonnettes, leur grement reste pass si on espre
pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette
basse sont frappes sur le hauban de l'avant, ainsi que le lve-nez; la
patte-d'oie est amarre dans le porte-hauban.

Les drisses et amures des bonnettes de hune sont dfrappes, mais
restent le bout amarr sur le pont.

Si on s'en dbarrasse totalement, on dpasse tout le grement des
bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours
tre leves et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses
passes en faux palanquin, ou frappes sur les points des huniers.




CHAPITRE V.

GREMENT DES VOILES LATINES.


SECTION PREMIRE.

FOCS.

_Petit Foc._

Le petit foc se hisse le long du faux tai du petit mt de hune, qui,
ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir t amarr  demeure,
tre garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer.

Sa drisse fait dormant au point suprieur, passe dans une joue de vache
bride et rousture sur le ton du petit mt de hune  bbord, descend
ensuite sur le pont, en arrire des haubans de misaine, passe dans une
poulie de retour aiguillete sur la serre-gouttire, et s'amarre sur un
cabillot le long du bord.

Son hle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au
mme point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie
aiguillete sur l'amure, longe le beaupr, et s'amarre sur le fronteau
d'avant, en passant dans un de ses clans  bbord.

L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du
beaupr sur la draille.

Il porte deux coutes formes par le mme cordage, fix par son milieu
sur le point d'coute, et qui vont ensuite, l'une  tribord l'autre 
bbord, passer dans des poulies de retour aiguilletes en avant des
haubans de misaine, et s'amarrent  des taquets clous contre le bord.

Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa
drisse, dont on fait le dormant, on passe le hle-bas dans sa poulie et
dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on
l'envoie ainsi sur le beaupr; on frappe alors chaque bague sur
l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On
commence par la bague suprieure et on est oblig de soulager la drisse
 mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure.

On peut remplacer les bagues par une filire ou forte ligne dont le
dormant se fait  l'oeillet suprieur de la ralingue, et qu'on passe
successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais
dans le sens oppos aux torons de cette dernire, pour que la filire ne
soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amne le foc.


_Grand Foc._

En grant le bout-dehors du grand foc, nous y avons pass un grand
anneau en fer appel rocambeau.

La draille du grand foc est fixe au capelage du petit mt de hune comme
les tais de ce mt, c'est--dire qu'elle a deux branches qui
s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du
rocambeau, de l passe dans un clan pratiqu  l'extrmit du
bout-dehors, vient en dessous se frapper  un palan dont la poulie
simple est croche  l'trave, et dont le garant, venant sur le gaillard
d'avant, sert  la raidir au besoin.

On conoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour
le faire rentrer on y frappe un cordage appel hle--bord, qui vient
s'amarrer sur le fronteau du gaillard.

C'est au moyen de ce hle--bord et de la draille qu'on place le
rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors.

Si la draille, au lieu d'tre aiguillete au capelage, fait dormant sur
le rocambeau ( un anneau fix  sa partie suprieure), passe dans une
joue de vache bride au ton du petit mt de hune, et vient ensuite se
frapper  un palan qui descend le long du mt, alors on frappe sur le
rocambeau un cordage appel amure, qui passe dans le clan de l'extrmit
du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'trave, qui raidissait
la draille dans la premire installation.

C'est avec l'amure et le hle--bord qu'on manoeuvre le rocambeau
lorsqu'on y fait le dormant de la draille.

Le point d'amure du grand foc est fix sur le rocambeau.

Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du
petit mt de hune, passe dans la poulie fixe au point, dans le clan de
la joue de vache fixe au ton du petit mt de hune  tribord, descend
ensuite sur l'arrire des haubans de misaine pour passer dans une poulie
de retour aiguillete  tribord sur la serre-gouttire, et s'amarre  un
cabillot contre le bord.

Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du
reste de la mme manire.

Le hle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les
bagues, dans une poulie aiguillete au rocambeau, et s'amarre  tribord
au fronteau d'avant, aprs avoir pass dans un de ses clans.

Les coutes sont  pendeurs; les pendeurs sont faits avec le mme
cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'coute, et dont les
extrmits servent  estroper deux poulies simples. Les coutes font
dormant l'une  tribord l'autre  bbord,  des pitons placs en arrire
des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de l dans des
poulies aiguilletes sur la serre-gouttire, et s'amarrent contre le
bord.

On fixe souvent, de chaque ct du rocambeau, un cordage qu'on fait
passer dans une cosse aiguillete sur la civadire, et qui vient se
raidir  un palan croch en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle
hauban du rocambeau, sert principalement  appuyer le bout-dehors
lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile
sur le mt.

Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors.


_Faux Foc._

Le faux foc est une voile supplmentaire qui se place entre le grand et
le petit foc.

Il est amur sur un rocambeau qui doit tre pass dans le bout-dehors
lorsqu'on le gre avant celui du grand foc.

Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un
hle--bord.

Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point
suprieur, passe dans une poulie aiguillete au capelage du petit mt de
hune, et descend au pied du mt de misaine. Son amure n'est pas fixe
comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans
un piton adapt au-dessus du rocambeau, et, longeant le mt, s'amarre
sur l'avant.

Les coutes sont simples et disposes comme pour le petit foc.

Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur
le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure
jusqu' ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on
l'amarre, puis on raidit la drisse.

Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les coutes.

Si, comme le font quelques navires de guerre trangers, on considre le
faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps,
lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu' mi-bton, on lui donne une
draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le
fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au
rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passes de la
mme manire.

Il porte alors un hle-bas pass comme celui du grand foc, et les
haubans que nous avons placs  son rocambeau, le sont  celui du faux
foc.

Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau  toucher le
chouc du mt de beaupr. Il se serre le long de ce mt.


_Clinfoc._

Le clinfoc est tabli sur son bout-dehors, ou sur la flche de celui du
grand foc.

Son amure est fixe sur un rocambeau qu'on passe avant de grer la
flche ou le mt.

Sa draille, aiguillete par deux branches au capelage du mt de petit
perroquet, passe dans un clan en fer adapt au-dessus du rocambeau,
passe ensuite dans un clan pratiqu  l'extrmit du bout-dehors, et
vient se raidir sur l'trave.

Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hle--bord
disposs d'une manire semblable.

La drisse frappe au point, passe dans une poulie aiguillete en dessous
du capelage du petit mt de perroquet, et s'amarre contre le bord  ct
et en arrire de celle du grand foc.

Son hle-bas frapp au point de drisse passe dans toutes les bagues,
dans une poulie aiguillete sur le rocambeau, et s'amarre  ct de
celui du grand foc.

Les coutes sont formes par le mme cordage, fix au point par son
milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une  tribord l'autre 
bbord, contre le bord.

Il se serre sur son bout-dehors.

Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille.
L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer
ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre
comme nous l'avons dit pour le faux foc volant.

Il est des navires qui portent encore un et mme deux focs
supplmentaires appels foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme
leur grement ressemble  celui du faux foc et que leur position dpend
du caprice de celui qui les fait tablir, nous n'en parlerons pas.


_Trinquette._

A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre
dimension, en forte toile, dont la draille longe l'tai de misaine. Il
est appel trinquette ou tourmentin.

Sa drisse passe dans une poulie aiguillete au capelage du mt de
misaine; le hle-bas et les coutes sont semblables  celles du petit
foc.

La draille doit avoir les bagues ncessaires  l'enverguer. Mais comme
cette voile n'est mise en place que dans des temps forcs, lorsque le
besoin s'en fait sentir, il est plus expditif de l'enverguer avec une
filire.


SECTION II.

VOILES D'TAI DU GRAND MAT.

_Pouillouse._

La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'tai, n'a pas de
draille passe  demeure et ne s'tablit que dans les mauvais temps.

La draille fait dormant au ton du grand mt, passe dans une poulie, ou
une moque dont l'estrope embrasse le mt de misaine au-dessus des grands
tais, et vient se raidir et s'amarrer  un piton au pied du mt.

L'amure infrieure se fixe  ce mme piton, et la suprieure 
l'amarrage de l'estrope ou de la moque o passe la draille.

L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au
passage du hle-bas, aprs qu'il a fait dormant sur le point de drisse
et pass dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mt.

La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mt, passe dans
une poulie fixe au point de drisse, dans une seconde poulie frappe sur
une branche du grand tai, ou au capelage du mt, du ct oppos au
dormant, et descend s'amarrer au pied du mt aprs avoir pass dans une
poulie de retour.

Elle n'a pas d'coutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne
de braguet aiguillete au point d'coute, et dont la poulie infrieure
se croche  un piton de la serre-gouttire, en avant des grands haubans.

Cette voile se serre sur sa draille contre le mt, ou se relve et se
parquette sur le grand tai, ce qui n'est que momentan, car on la
dvergue aussitt que le mauvais temps est pass.


_Grande Voile d'tai._

Le faux tai du grand mt de hune sert de draille  la grande voile
d'tai.

L'amure suprieure embrasse le mt, ou se fixe  l'amarrage de la moque
o passe la draille. L'amure infrieure peut aussi embrasser le mt;
mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le
milieu est sur le point d'amure et qui sert  le prsenter au vent, en
s'amarrant au ct du vent du mt de misaine.

Le hle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les
bagues, dans une poulie aiguillete  l'estrope de la moque de la
draille, et s'amarre au pied du mt.

La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache
bride au ton du grand mt de hune  tribord, et descend sur le pont
passer dans une des marionnettes du rtelier de manoeuvre, ou une poulie
de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une
poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait
au capelage du ton du grand mt de hune.

Les coutes sont  pendeurs. Les pendeurs sont forms par le mme
cordage fix par son milieu au point d'coute; chacune de ses extrmits
estrope une poulie dans laquelle passe l'coute dont le dormant se fait
contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre
 ct.

Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, 
toucher la poulie du hle-bas; on la passe dans le point d'coute ou
dans une cosse place un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait
passer dans une poulie aiguillete  l'estrope de la moque de draille,
du bord oppos  celle du hle-bas, et elle s'amarre au pied du mt.

Si on voulait avoir deux cargues, de manire  en avoir une au vent et
une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors
une poulie sous leur passage, de chaque ct de la draille,  l'estrope
de la moque.

Cette voile se serre le long du mt sur la ralingue, ou on la ramasse
sur le trelingage.

Afin de ne pas fatiguer le grand mt de hune, quelques navires portent
leur grande voile d'tai envergue sur une corne qui se hisse le long
d'un mtereau ou seneau lev derrire le mt de misaine.

Cette corne, est retenue dans l'lvation convenable par une drisse qui
fait dormant  son extrmit, passe dans une poulie double aiguillete
sur l'arrire du chouc du mt de misaine, dans une poulie simple
aiguillete sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du
chouc, et descend au pied du mt.

Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frapp aux
longis et croch prs de la mchoire. Lorsqu'elle est dans une position
convenable, on remplace le palan par une petite suspente.

La voile envergue par la ralingue de ttire  la corne, l'est au mt
de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent.

Son amure est un cordage en double, remplac quelquefois par un palan
qu'on porte au vent du mt.

Les coutes sont  pendeur comme nous l'avons dit pour la voile 
draille.

Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans
des poulies fixes sous la corne; et deux cargues-points dont les
poulies de retour sont aiguilletes sur la ralingue de chute, envergue
aux anneaux du mt de seneau.

Elle se serre sur sa corne et son mt de seneau.

Si on supprime le mt de seneau, la drisse se remplace par une patte
d'oie qui fait dormant  l'extrmit et au milieu de la corne, et qui
porte une cosse sur laquelle on pisse un cordage qu'on aiguillette  un
piton sur la face arrire du chouc du mt de misaine.

La ralingue de chute est lace par une filire au mt de misaine.


_Contre-Voile d'Etai._

La contre-voile d'tai se place au-dessus de la hune de misaine, et
monte le long du mt de hune. La draille doit donc pouvoir monter et
descendre le long de ce mt, pour ne pas gner le mouvement de la vergue
de hune.

Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mt de hune,
vient passer dans une poulie fixe  un collier mobile qui embrasse le
petit mt de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe
dans une poulie qui y est aiguillete, et redescend dans la hune se
crocher  un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut tablir la
voile pour faire descendre le collier, et par consquent la draille et
la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait
l'office du hle-bas.

Cette voile est envergue comme toutes les voiles d'tai, sur les bagues
de la draille. Le point d'amure suprieure est fix au collier; le point
d'amure infrieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas
mt, ou passe dans une cosse frappe sur le premier hauban, et s'amarre
dans la hune.

La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un
clan de la joue de vache du ton du grand mt de hune, du bord oppos 
celui de la drisse de la grande voile d'tai, et s'amarre au pied du
grand mt.

Le hle-bas est pass comme celui de la grande voile d'tai.

Les coutes sont formes par le mme cordage, fix par son milieu au
point d'coute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer 
ct de celle de la grande voile d'tai.

Elle se serre le long du ton du mt de misaine.

Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'tai, une voile
appele fausse voile d'tai, mais absolument inutile, car elle est
masque par la contre-voile d'tai. On la supprime gnralement, et la
voile qui est au-dessus de la contre-voile d'tai est la voile d'tai du
grand perroquet.


_Voile d'tai du grand Perroquet._

La draille de cette voile est fixe au capelage du grand mt de
perroquet, passe successivement dans la poulie fixe au collier mobile
qui entoure le mt du petit perroquet, dans une poulie frappe au
capelage du mme mt, et descend dans la hune o on l'amarre.

Pour ramener sur le chouc du mt de hune ce collier qu'on fait monter en
pesant sur la drisse, on y frappe un hle-bas qui vient aussi s'amarrer
dans la hune.

L'amure suprieure est fixe au collier de la draille; l'amure
infrieure sur les barres.

La drisse, aprs avoir fait dormant au point, passe dans une poulie
aiguillete au capelage du grand mt de perroquet, et descend pour
s'amarrer au pied du grand mt.

Le hle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'tai dont nous
avons parl.

Les coutes sont frappes et amarres comme celles de la contre-voile
d'tai.

Elle se serre sur l'arrire du ton du petit mt de perroquet, et pour
cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mt de
hune.

Si on ne porte pas de fausse voile d'tai, ce qui arrive le plus
souvent, on peut alors faire servir l'tai du grand mt de perroquet de
draille  sa voile d'tai. Mais il faut alors que la moque de cet tai
soit aiguillete sur la face avant du chouc du petit mt de hune, et non
 son capelage. Dans ce cas l'amure infrieure de la voile est amovible
et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent.

Mais ces lgres voiles d'tai rendent en gnral si peu de services,
qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le grement et les rendre
volantes.

On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mt de perroquet, dans
laquelle passerait l'amure suprieure dont les deux bouts seraient dans
la hune, on la frapperait  son poste ainsi que la drisse, on la
hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarre, on
tarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure
infrieure amarre dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en
dbarrasser.


_Voile d'Etai de grand Catacois._

Si, au-dessus de la voile d'tai du grand perroquet, on tablit une
autre voile qui prend alors le nom de voile d'tai de catacois, elle est
volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec
cette diffrence que son point d'amure suprieure est au capelage de la
flche du petit mt de perroquet; son point d'amure infrieure s'amarre
sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse
aiguillete au capelage du grand mt de perroquet.


SECTION III.

VOILES D'TAI DU MAT D'ARTIMON.

_Foc d'Artimon._

La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux tai du mt
d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mt comme son tai; elle
passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mt sur lequel
elle est aiguillete  quelques pieds au-dessus de l'tai, et se raidit
et s'amarre  un piton plac sur le pont en arrire du pied du mt.

Son amure suprieure est aiguillete  l'estrope de la moque de draille,
et son amure infrieure aiguillete au mt ou amarre  son pied.

La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mt
d'artimon, passe dans une poulie fixe au point de la voile, dans une
seconde poulie aiguillete au capelage du mme mt, et descend le long
de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la
serre-gouttire, et s'amarrer contre le bord.

Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse.

Le hle-bas frapp sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues,
dans une poulie aiguillete  l'estrope de la moque, et s'amarre au pied
du mt.

L'coute est forme par un cordage qui porte une cosse  une de ses
extrmits. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux
branches qu'on runit par un amarrage,  toucher le point, lorsque la
cosse de l'coute n'en est plus qu' quelques pouces de distance.

Pour border, on passe la longue branche de l'coute dans une poulie du
retour fixe sur la serre-gouttire, on en passe le bout dans la cosse
de la petite branche, et on pse sur le courant pour tendre la ralingue.

Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord 
l'autre, au-dessus de l'tai d'artimon, on frappe  son point d'coute
deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies
aiguilletes  la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mt. On peut
aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie oppose  celle
du hle-bas, puis dans la cosse du point d'coute, et fait dormant sur
la draille au point d'amure.

Cette voile se serre le long du grand mt sur sa ralingue.

Si, au lieu d'tre sur draille, le foc d'artimon est envergu sur une
corne, son installation est absolument la mme que celle que nous avons
donne pour la grande voile d'tai.

Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force  rsister  un temps
de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit
de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de
chute au mt, et dont la draille longe presque l'tai d'artimon.

Cette draille frappe au capelage, passe  peu de distance de l'tai
d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mt sur
lequel elle est aiguillete, et se raidit sur un piton plac  son pied.

Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage
et celle de retour sur le pont sont du bord oppos.

Le hle-bas se passe de la mme manire. Les coutes sont simples,
trs-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement
toutes deux du mme bord.


_Diablotin._

La draille du diablotin est le faux tai du mt de perroquet de fougue;
elle est donc envergue sur les bagues que porte ce faux tai.

Son amure suprieure est fixe au collier de la moque; l'amure
infrieure, amovible, s'amarre au pied du grand mt du bord du vent.

La drisse fait dormant  son point, passe dans une joue de vache fixe 
tribord au ton du mme mt de perroquet de fougue, et descend sur le
pont le long des haubans, o on l'amarre.

Le hle-bas est pass comme pour les autres voiles d'tai.

Les coutes sont simples, faites avec le mme cordage, dont le milieu
est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mt d'artimon.

On le serre sur le trelingage du grand mt.

Si le foc d'artimon est  corne, le diablotin devient nul, puisque la
corne monte  peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime.

On tablit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'tai
appele fausse voile d'tai du perroquet de fougue.

Son grement et son installation sont absolument semblables  ceux de la
contre-voile d'tai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est
juge si peu utile que peu ou point de navires ne la portent.


_Voile d'tai de Perruche._

La voile d'tai de perruche, si on l'tablit, doit tre volante comme
celle du grand catacois, et on l'installe de la mme manire.


_Brigantine._

La brigantine s'tablit sur les vergues de gui et de corne, que nous
avons places sur l'arrire du mt d'artimon; elle peut donc tre
considre comme faisant partie des voiles auriques de ce mt.

Elle est envergue sur la corne, o elle se dploie sur une draille
capele au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une
poulie aiguillete sous la mchoire, et descend sur le pont s'amarrer et
se raidir  un piton sur l'arrire du mt d'artimon.

Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappe sur
son point, qui passe dans une poulie place au bout de la vergue, dans
une seconde fixe au ton du mt d'artimon, et qui descend s'amarrer au
pied de ce mt.

Elle porte alors un hle-bas, dont le dormant est au point de drisse,
qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguillete sous la
mchoire, et s'amarre  ct de la draille.

Elle a deux cargues, une de chaque ct, faisant dormant au point
d'coute, passant dans des poulies sous la mchoire et s'amarrant au
pied du mt.

Lorsqu'on veut s'en dbarrasser, on la hle-bas, on met les
cargues-points  joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mt
auquel elle est lace par une filire, qui, passant dans tous les
oeillets, embrasse le mt dans chacun de ses tours.

L'coute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de
la voile, dans un clan pratiqu dans le gui en avant du dormant, et
s'amarre  un taquet fix sur le gui lui-mme.

L'amure suprieure est aiguillete sous la mchoire; l'amure infrieure
est forme par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au
vent du mt.

Si la brigantine est envergue, ce qui arrive le plus ordinairement, la
drisse, la draille et le hle-bas sont supprims; mais on augmente le
nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le
mt.

On place quatre cargues de chaque ct; elles sont formes de deux en
deux par le mme cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue
de chute, et passe ses branches, l'une  tribord et l'autre  bbord,
dans les deux premires joues de vache places sur la corne, dans les
clans intrieurs des deux poulies triples aiguilletes sous la mchoire,
et s'amarrent au pied du mt; les deux secondes cargues passent de la
mme manire.

Les deux troisimes, appeles vulgairement trangloirs, se manoeuvrent
au pied du grand mt. Le cordage qui les forme passe dans le clan
arrire d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout  bout. Les
deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une  tribord
l'autre  bbord, dans les clans extrieurs des poulies triples fixes
sous la mchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu
au-dessus des points d'coute.

Dans le clan de l'avant de la poulie  deux rouets, on passe un cordage
qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mt, et dont
l'autre bout, passant dans une marionnette de son rtelier de manoeuvre,
sert  carguer les deux fourches de l'trangloir.

Enfin, les deux quatrimes font dormant au point d'coute, et passent,
pour venir s'amarrer au pied du mt d'artimon, dans des poulies
aiguilletes sur la ralingue de chute  mi-distance des points d'amure.

Les btimens qui portent leur brigantine envergue, y prennent
quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est
oblig d'amener, on place un mt de seneau de l'arrire du mt
d'artimon, ou plus gnralement une jumelle sur laquelle la mchoire
monte et descend avec facilit.

Les bricks portant toujours leur brigantine envergue, on a souvent
besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en
dbarrasser. S'ils ne portent pas un mt de seneau, leur grand mt doit
tre suiv afin que les cercles qui remplacent la filire pour lacer la
brigantine au mt, puissent courir avec facilit.

Les ris se prennent sur le gui, c'est--dire qu'aprs avoir amen la
corne, on roule la toile dans la partie infrieure, et qu'on la retient
ainsi roule en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les
oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par
un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse  la fois la
voile et la vergue.

La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amne pour s'en
dbarrasser. Pour le faire avec plus de facilit, on a soin de frapper
sous la mchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage
qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du
hle-bas.

L'amure infrieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la
mchoire et s'amarre au pied du mt.


_Artimon._

L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionne avec
une toile plus forte.

Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon,
qui est alors gr comme la brigantine envergue; avec cette seule
diffrence, qu'ayant moins de surface, son coute, au lieu d'tre sur le
bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement.

Si la brigantine est envergue, l'artimon est sur draille, et son
grement est semblablement plac et semblable  celui de la brigantine
sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais
temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine.

Dans les temps forcs, l'artimon lui-mme est quelquefois remplac par
un artimon de moindre surface, confectionn avec de la toile plus forte.
Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergu sur une corne
de trois  quatre pieds de long, qui se hisse sur le mt d'artimon par
une drisse volante. L'amure et l'coute sont fermes par des palans. On
lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne.

Lorsqu'on tablit cette voile de cape, la corne de la brigantine est
ordinairement amarre et saisie.


_Flche-en-cul._

La flche-en-cul est une voile triangulaire qui s'tablit sur la corne,
 l'extrmit de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se
hisse le long du mt de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit
plus gnralement par une simple drisse qui passe dans une poulie
aiguillete au capelage du mt de perroquet de fougue, et vient
s'amarrer au pied du mt d'artimon.

Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage
du mt d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et
vient se raidir dans la hune par un petit palan.

On frappe au point de drisse un hle-bas qui s'amarre dans la hune.

L'coute fait dormant au point d'coute, passe dans une poulie
aiguillete au bout de la corne et s'amarre dans la hune.

L'amure est forme par un cordage qu'on place du ct du vent, au pied
du mt d'artimon.

On le serre sur l'arrire du ton de ce mt, ou bien il est volant, et se
met en soute lorsqu'on s'en est servi.

Cette voile, d'une bien faible utilit pour les trois mts, est d'un
usage journalier pour les bricks, et surtout pour les golettes o
souvent elle remplace le grand hunier.

Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non
pas dans une poulie, ou  un clan au capelage du grand mt de hune, mais
dans un clan pratiqu au capelage de la flche; ou encore la
flche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de ttire est
envergue sur une petite corne qu'une drisse  patte d'oie, passe dans
le clan du mt de hune, tient dans une position parallle  celle de la
grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flche-en-cul, ils placent une
voile triangulaire qui y est fixe par ses deux amures, et dont la
drisse passe dans le clan de l'extrmit de la flche du mt.

  [4] A bord des golettes, la brigantine prend le nom de grande voile,
  ces btimens n'en ayant pas de carres.


_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._

Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors
pouss sous le vent, on tablit quelquefois  cette voile une bonnette,
dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une
poulie aiguillete au mme piton que celle des drisses du pavillon.

L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapt sur le gui, et s'amarre
sur le couronnement; l'coute s'y amarre aussi.

En dessous de la partie extrieure du gui, on suspend une voile appele
bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappe 
l'extrmit du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe
dans une cosse fixe sur le gui, prs du couronnement o elle s'amarre.

La partie infrieure de la voile est sur une vergue retenue par une
patte d'oie amarre sur le bossoir du vent.

Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilit de ces deux voiles.




CHAPITRE V (_bis_).


SECTION PREMIRE.

DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GREMENT.

MANOEUVRES DU GOUVERNAIL.

_Drosse._

On appelle drosse le cordage qui sert  manoeuvrer la barre du
gouvernail.

A bord des petits btimens qui manoeuvrent la barre  la main, ce qu'on
appelle gouverner  barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant
dans deux poulies simples aiguilletes en  bord, et dans deux clans
pratiqus  l'extrmit de la barre.

Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en
mouvement par le moyen d'un cylindre plac horizontalement sur deux
montans en avant du mt d'artimon. Aux extrmits du cylindre, mais en
dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dpassent
d'une quantit ncessaire pour tre saisis  la main lorsqu'on veut
faire tourner le cylindre.

La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre
tours. Si la barre est sous le pont suprieur, les deux branches de la
drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une  tribord,
l'autre  bbord, dans des galoches fixes aux murailles, de l dans des
mortaises pratiques aux deux cts de la barre, prs de son extrmit,
et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont croches 
des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque
leurs garans sont amarrs et genops.

L'extrmit de la barre se repose et court sur une pice de bois
circulaire garnie de rouleaux, appele tamisaille, et cloue aux baux
suprieurs.

Si la barre est sur le pont suprieur, les deux branches de la drosse
passent dans des poulies de retour fixes sur le pont  leur aplomb,
passent dans des galoches contre le bord, pour de l venir s'amarrer sur
les pitons de l'extrmit de la barre, ou passer dans des poulies
aiguilletes sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord 
ct des galoches.

Les drosses sont en filin de premier brin non goudronn, ou plus
gnralement en cuir.


_Sauve-Gardes._

Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une  tribord, la seconde
 bbord, sur de forts pitons chevills sur membre, de l'avant des
bouteilles; elles descendent ensuite le long de la vote o on les
assujettit par des crampes, et se marient ensuite  deux bouts de chane
en cuivre, fixs de chaque ct de la face du gouvernail, au-dessus de
la partie submerge.

Elles servent  tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est
enlev de ses ferrures par un chouage ou tout autre accident.


_Bragues._

La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans
deux boucles, l'une cheville  l'tambord, et l'autre du mme ct sur
la mche du gouvernail; on ne laisse que le mou ncessaire  son jeu et
on pisse les bouts.

On en place une de chaque ct. Leur but est d'empcher le gouvernail de
s'lever au-dessus de ses ferrures, et par consquent de se dmonter par
le choc qu'il prouve dans un chouage, lorsque le navire talonne; mais
comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles rsistent trop,
elles peuvent concourir  faire casser les aiguillettes dans leur
femelots, on les supprime souvent.


SECTION II.

_Grement des Bossoirs des Canots._

Les petites embarcations sont hisses extrieurement sur des bossoirs
placs  l'arrire du btiment, et sur les cts, par le travers du mt
d'artimon.

Ceux de l'arrire, n'tant que de fortes pices de bois en saillie,
chevilles sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le
canot. On les hisse au moyen de garans appels garans de
porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant
sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles 
mrillon, et dans les clans pratiqus  la tte de chaque bossoir[5].

  [5] Les poulies  mrillon se crochent  la cosse des pattes du
  canot.

Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli
d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe,
pour la patte de l'avant, sur un piton  l'trave, et un second sur la
carlingue; pour la patte arrire,  un piton sur l'tambot, et un second
sur la carlingue.

Ceux placs par le travers du mt d'artimon, sont forms avec des pices
de bois courbes, ou des montans en fer coud. La partie suprieure est
garnie de deux rouets; la partie infrieure est fixe au bord par des
pitons chevills.

Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui
embrasse par son milieu le mt d'artimon, dont les deux branches, aprs
avoir fait un demi-tour sur le mt, sont brides par un amarrage, et
vont faire dormant sur la tte des bossoirs.

Mais comme cette installation oblige,  la mer, lorsque dans le mauvais
temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux
branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point
d'appui de la balancine au mt devrait tre refait, on prfre en
gnral tablir la balancine  patte d'oie.

Pour cela on runit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur
distance respective, et qui porte  son milieu une cosse qu'on empche
de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de
l'arrire. Sur la cosse on pisse la balancine qui passe dans une poulie
aiguillete au capelage du mt d'artimon. On la genope dans la hune
lorsque les bossoirs sont  hauteur convenable; mais lorsqu' la mer on
veut les soulager, on l'envoie sur le pont, o on la pse de manire 
placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que
possible,  la violence des coups de mer.

Un cordage appel hauban, aiguillet sur des pitons placs sur la face
intrieure de chaque bossoir,  leur extrmit, les runit, et se raidit
au moyen d'un bras capel et amarr, pour le bossoir de l'arrire,  un
piton plac sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, 
un piton plac contre le bord en arrire des grands haubans.

Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrire.

Les canots devant toujours tre disposs pour tre mis  l'eau le plus
promptement possible, et cette opration offrant de grandes difficults
pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que
le canot ne remplisse pas, lorsqu'on dcroche ses palans, on les tablit
sur des bosses aussitt qu'on prend la mer.

On confectionne des pattes o la cosse est remplace par une moque, et
on les met en place. A l'extrmit de chaque bossoir, on capelle un fort
cordage dont la longueur doit tre plus de deux fois la distance du
bossoir  la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte
qui correspond  son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet 
gueule, clou sur la face intrieure du bossoir, et de l ils entrent 
bord en passant dans des trous pratiqus  la muraille o on les amarre
sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on dcroche les palans, et
le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses.

Si on veut le mettre  la mer, on fait embarquer les hommes qui en
forment l'quipage, et on file  retour les bosses sur les taquets;
lorsque le canot est sur le point de toucher  l'eau, on largue les
bosses en bande qui se dpassent aussitt sans arrter le canot.


SECTION III.

_Grement des Tangons._

En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placs dans les
porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc 
goupille, ou une double charnire.

Une balancine, capele au quart de sa longueur, passe dans une poulie
aiguillete au capelage du mt de misaine, et qui vient s'amarrer  son
pied, sert  les tenir horizontalement, et  les apiquer si c'est
ncessaire.

Ils ont deux bras capels, et passant, celui sur l'avant dans une poulie
sur le mt de beaupr; celui de l'arrire dans un piton sous les
passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans.

On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs  cosses, selon la
force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en
passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle
du canot. A ct de chaque pendeur est fixe une chelle pour faciliter
aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on
frappe,  hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord.

Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dgre et on les rentre; mais 
bord des grands navires, on se contente de les longer le long du bord.

Quelques navires les emploient pour tablir leurs bonnettes basses, ils
leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parl en traitant de
ces voiles.




CHAPITRE VI.

AMARRES, CORDAGES DES ANCRES.


_Amarres._

On dsigne sous le nom gnral d'amarres, ce qui sert  amarrer un
navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit
sur les boucles des quais.

Ce sont les cbles, grelins et aussires.

Les cbles ont cent vingt brasses de long, leur circonfrence six lignes
par pied de bau; l'ancre  laquelle ils sont talingus a pour poids la
moiti du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion  bord des
grands navires, et on la porte aux deux tiers.

L'talingure se fait en passant le cble dans l'arganeau de l'ancre, et
le tournant deux fois sur lui-mme, o on le retient par trois amarrages
plats.

Deux cbles pisss bout  bout portent le nom de grande toue. Chaque
navire a au moins une grande toue talingue  la plus forte ancre du
bossoir; la moins forte, appele ancre d'affourche, ne porte qu'un
cble, afin que lorsqu'on est affourch on puisse dpasser les tours des
cbles plus facilement.

La seconde grande toue, si le navire en a une, est talingue  une des
ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est
talingue que dans les circonstances extraordinaires.

Le nombre des cbles est suprieur d'un  celui des ancres; mais
l'adoption des chanes a totalement chang les anciennes dispositions,
sans cependant en tablir encore de bien fixes.

Les btimens de guerre, tels que vaisseaux et frgates, avaient cinq
ancres et six cbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille
dans les porte-haubans de misaine, et une cinquime le long de la grande
pontille de la cale; deux grandes toues et deux cbles d'affourche.

Ces quantits se rduisaient, pour les plus faibles navires,  trois
ancres et quatre cbles.

Les btimens du commerce dpassaient rarement ce nombre, et ce n'tait
que dans des campagnes qui pouvaient tre d'une longue dure.

Maintenant tous les btimens de guerre, sans exception, ont deux chanes
de cent quatre-vingts brasses, formes de dix bouts de dix-huit brasses,
runis par des manilles  boulons.

Pour les vaisseaux et frgates, on donne deux cbles pour les ancres de
veille, et on leur talingue trente-six brasses de chane qui s'pissent
avec le cble.

Les btimens d'un rang infrieur n'ont qu'un cble.

Ceux du commerce ont ordinairement une chane de cent quatre-vingts
brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses.

Quel que soit le nombre de chanes qu'on ait  bord, il faut toujours
tre muni d'un cble pour les longer en cas d'chouage; car les chanes
sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles,  longer.

Ces chanes prennent le nom de cbles-chanes.

On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamtre par pied de bau,
ou une ligne par pouce de la circonfrence du cble.

Les cbles, en rentrant par les cubiers, se tournent sur des montans
en bois[6] appuys sur la carlingue, longent le pont, passent sur des
rouleaux placs aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la
cale o ils sont lovs  grands plis, tribord et bbord de l'archipompe.
Leur extrmit infrieure est talingue au grand mt.

  [6] On les appelle bittes.

Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y
tourner les cbles-chanes qui se rendent dans leurs puits au pied du
grand mt, et passent dans des coutillons garnis en fer, pratiqus
au-dessus. Leur extrmit infrieure est boulonne sur une boucle
cheville sur la carlingue, ou embrassant la grande pontille.

Les cubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extrieurement
un rouleau du mme mtal.

On les arrte en les bridant en dessous de leurs coutillons par un croc
en fer, appel cou de cigogne, chevill sous le pont suprieur, et mis
en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche 
l'oeillet du croc, et la poulie simple  un piton plac sous un bau en
avant. On place aussi, soit  l'cubier, soit en arrire des bittes, une
espce d'tau appel slopper, dans lequel le cble-chane est pass et
brid.

Les cbles sont garnis  l'cubier de paillets, pour les prserver du
frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont
arrts en arrire des bittes par de fortes bosses pisses ou croches
 des boucles sur le pont.

Lorsqu'on prend la mer pour de longues traverses, les cbles et les
cbles-chanes sont dtalingus et mis dans la cale. Mais les cbles ne
doivent y tre mis que bien secs. Il faut mme avoir le soin, pendant la
traverse, de les monter sur le pont pour les faire arer.

Les grelins ne sont que des cbles d'une moindre dimension, puisqu'ils
sont commis de la mme manire. Le plus fort grelin a pour circonfrence
la moiti de celle du cble. Les autres ont un pouce ou deux de moins.
Cependant les navires ont souvent deux grelins de la mme force.

Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du
rang infrieur, et enfin de deux.

Les grelins s'talinguent sur des ancres  jet, soit pour affourcher les
navires sur des rades o le vent rgnant est toujours de la mme partie,
et o on n'a besoin que d'empcher le btiment de courir sur son ancre
dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est--dire
le faire changer de position pour une cause quelconque.

Le plus fort grelin est maintenant remplac, sur beaucoup de navires,
par un grelin-chane de quatre-vingt-dix brasses.

Les aussires sont commises en franc filin, c'est--dire  trois ou
quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans.
Chaque navire en a trois; ceux d'un rang infrieur deux.

Elles servent  touer par des calmes ou des faibles brises.

Les grelins et aussires se lovent dans la cale, entre le grand panneau
et celui de l'avant. Ils doivent toujours tre dgags et disposs de
manire  pouvoir tre envoys en mme temps, un par chaque panneau.

Les btimens ont trois ou deux ancres  jet, suivant leur rang. Elles se
placent ordinairement dans les grands porte-haubans.


CORDAGE DES ANCRES.

_Capon._

Pour saisir l'ancre rendue prs de l'cubier par son cble ou sa chane,
on se sert d'un appareil compos d'une poulie double ou triple, estrope
en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre
runie aux clans pratiqus dans le bossoir par un garant appel garant
de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et aprs avoir pass
successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient
passer dans une poulie de retour qui permet de l'longer de l'avant 
l'arrire.

Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frapp un filin appel
aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la
manier.

Lorsque l'ancre est  poste, le garant est dpass.


_Bosse-Debout._

Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour
l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas
haubans, qui traverse un trou pratiqu dans le bossoir, o il est arrt
par son extrmit termine en cul-de-porc.

On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors,
on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratique  l'extrmit du
bossoir, et aprs l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un
taquet, ou une main de fer, plac dans la direction du bossoir.


_Traversires._

L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le
long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliques verticalement.
Cette opration, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de
traversires frappes sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de
cette caliorne portant un pendeur  croc, ou enfin d'un arc-boutant.

Les traversires sont formes par un cordage pli en double, dont les
bouts sont runis par une pissure et dans les plis duquel est fixe une
cosse destine  recevoir le croc de la caliorne.

Chaque traversire est passe sur un des bras de l'ancre, y est retenue
par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empche les
branches de s'carter. Elles sont longes contre la verge, et
aiguilletes sur des cosses places sur le milieu du jas.

C'est en crochant la caliorne de misaine  la cosse de la traversire,
qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre.

On remplace les traversires par un long pendeur  large croc, avec
lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvr, comme la
traversire, par la caliorne de misaine qui se croche  la cosse de la
partie suprieure.

On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en
place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de
balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrire, lui
servent de bras. On aiguillette  la tte une caliorne dont le croc se
fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi dtache du bord, pare
le bossoir qui la supporte, lve avec facilit l'ancre le long du bord,
et rend beaucoup plus prompte cette opration qui est longue et
difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on
traverse est celle du vent, et que la position du btiment exige qu'on
fasse de la voile.


_Serre-Bosse._

Les pattes de l'ancre tant ramenes contre le bord par la traversire,
ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant  une
tte d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage
appel serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous
les bras et la verge et qu'on amarre sur la tte d'allonge.

On dcroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la
bosse-debout, puisque le capon a t dcroch et par la serre-bosse.
Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dpasse;
l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir;
c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller
que de larguer la bosse-debout.


_Mouilleur._

Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chanes, on se sert,
pour mouiller l'ancre, d'un mcanisme en fer appel mouilleur, qui vite
l'opration du peneau, et donne, par consquent, les moyens de mouiller
avec plus de clrit.

Le mouilleur est une barre de fer rond fixe sur le bord, ou contre le
bord, entre le bossoir et le point o reposent les pattes de l'ancre par
deux pitons o tournent ses extrmits. Il porte  son milieu un petit
levier, dont le bout est  oeillet et un peu en dedans des pitons sur
lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placs
 angle droit avec le levier.

Si ce dernier est plac horizontalement et aiguillet pour tre retenu
dans cette position, les montans seront verticalement placs. Si la
bosse-debout en chane est passe dans l'arganeau de l'ancre raidie, et
qu'un de ses chanons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur;
que la serre-bosse passe sur la vergue fixe aussi un de ses chanons
sur le montant arrire, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on
coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les
montans alors devenant horizontaux, les chanons se dcapelleront et
l'ancre tombera.

Cette installation est gnralement adopte; quelques navires l'ont mme
applique aux ancres de veille.


_Tournevire._

Les cbles ne pouvant,  cause de leur grosseur, tre garnis au cabestan
lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appel
tournevire, dont la grosseur est moiti de celle du cble.

Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur,
 cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se
font avec deux bouts de menus cordages  demi-uss, que l'on passe 
travers, perpendiculairement l'un  l'autre, dans la tournevire, et que
l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un
cul-de-porc double.

On fait un oeillet  chaque extrmit, et on pisse sur l'un d'eux une
bonne aiguillette.

On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de
l'avant en embrassant les bittes, et se runissent au moyen d'un
aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage
de la tournevire.

Pour faire rentrer le cble en virant sur la tournevire ainsi garnie au
cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de
chaque pomme, et dans la longueur de l'cubier au grand panneau, une
longue garcette, dont les branches entourent le cble, passent par
dessous, embrassent le cble et la tournevire, et sont tordues ensemble
au-dessus pour les brider fortement.

Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues  la main par des
matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au
fur et  mesure qu'ils s'en approchent.

La tournevire se frappe de la mme manire sur les cbles-chanes.

On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un
cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du cble-chane.
Alors on vire sur le cble-chane lui-mme, et la tournevire est
supprime.

Pour ne pas tre oblig de garnir la chane au cabestan, on a imagin
une tournevire en chane qui y est constamment engrene, et qu'on marie
ensuite avec le cble-chane au moyen des garcettes.


_Orins et Boues._

Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouilles, on
frappe au diamant un cordage appel orin, commis en grelin, d'une
grosseur gale  la moiti de celle du cble, et qui porte  son
extrmit un corps flottant appel boue.

Les boues ont la forme de deux cnes runis par leur base. On les fait
en lige, en douvelle, ou en tle. Elles doivent avoir non-seulement la
force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de rsister au courant
qui tend  le faire plonger.

Elles sont garnies de deux estropes  deux branches, dont les plis
suprieurs contiennent une cosse arrte par un amarrage, et dont les
branches, espaces galement, sont,  leur extrmit, termines en
oeillets traverss par un cordage qui embrasse le grand cercle de la
boue et s'pisse sur lui-mme.

C'est  la cosse de la partie infrieure qu'est aiguillet l'orin. Mais
comme le mouvement que le courant communique  la boue peut facilement
rompre un des tours de l'aiguilletage, et par consquent dtacher la
boue, il vaut mieux amarrer l'orin lui-mme sur la cosse.

Les boues des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de
misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse suprieure,
au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la boue que
lorsqu'on s'aperoit que l'orin commence  raidir; autrement il pourrait
s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler.

Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va
mouiller, on le glne, non au-dessus de la boue comme on le fait
quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de
l'ancre.

L'orin servant  lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opration avec la
chaloupe, doit tre visit avec soin et toujours en tat de la
supporter; malgr cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son
orin, sans avoir pralablement coul un maillon.

Cette prcaution est inutile pour les ancres  jet dont les orins sont
proportionnellement plus forts et en meilleur tat, n'tant le plus
souvent mouills qu'accidentellement.




CHAPITRE VII.

_Des diverses sortes de Gremens._


Nous avons parl de tout ce qui entre dans le grement d'un btiment 
trois mts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de
passer en revue les divers gremens que les localits ou les besoins ont
fait adopter.

Quelque diffrence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions,
il faut toujours empcher les mts de rompre et manoeuvrer les vergues
et les voiles. Lorsqu'on connatra le grement d'un trois mts, on sera
trs-capable de grer tout autre navire, les diffrentes installations
qui seront ncessaires se prsenteront bien vite  l'imagination par la
simple analogie.

Nous nous contenterons donc de donner un lger aperu du grement des
navires les plus gnralement employs.

On peut, sans grande erreur, classer les navires en

  Trois mts;
  Deux mts (bricks et golettes);
  Un mt (sloop).

Le grement des deux mts, bricks, ne diffre en rien de celui des trois
mts. Seulement les bras des vergues du grand mt sont passes sur
l'avant; la brigantine devient une voile plus importante.

Les deux mts, golettes, offrent de grands changemens en mture,
voilure et grement. Le grand mt qui n'est ordinairement que les cinq
huitimes de la longueur du navire, est pour les golettes de la mme
longueur et quelquefois plus considrable. Le mt de misaine participe 
la mme augmentation, mais le mt de beaupr augment en diamtre ne
l'est pas en longueur. Les mts de hune sont dans les proportions des
trois mts.

La golette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mts de hune
sont  flches. Les seules vergues pour voiles carres sont: une vergue
de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet.

Le grand mt ne porte donc pas de voiles carres; sa voilure se compose
d'une voile tablie,  peu de chose prs, comme la brigantine des
bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flche-en-cul.

Le mt de misaine n'a pas de misaine carre, c'est une voile tablie sur
corne comme la grande voile d'tai des trois mts qui le remplace et
prend le nom de misaine. Le petit mt de hune et sa flche portent une
voile de petit hunier et une de petit perroquet.

Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amur sur l'trave, le
grand foc, amur sur l'extrmit du mt de beaupr, et le clinfoc sur le
bout-dehors.

Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand
largue, et surtout sur le vent arrire, puisque dans cette dernire
allure les basses voiles ne peuvent s'tablir, on y supple par une
voile appele fortune, qu'on hisse sur cartahus  la vergue de misaine.
Elle n'a pour grement que ses cartahus et des coutes qui sont doubles
et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on
l'tablit sur des tangons crochs aux pitons d'un cercle en fer, adapt
au mt de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en
diminuer la surface dans le gros temps.

La grande longueur des bas mts, par rapport au bau, est cause que les
haubans, appelant sous un angle trs-aigu, les soutiennent mal; aussi
ces mts doivent-ils tre faits d'une seule pice et d'un bois
trs-liant et flexible.

Si les tais du grand mt taient fixes, ils gneraient la manoeuvre de
la misaine, qu'on serait oblig de dpasser  chaque changement
d'amures. Pour obvier  cet inconvnient, ils sont  palans, et on
largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine.
Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque
aprs l'volution il va se trouver au vent; on largue celui qui tait au
vent et qui se trouvera sous le vent.

Pendant cette opration, qui ne se fait pas toujours  propos, soit par
manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indpendantes
de la volont de celui qui manoeuvre, le grand mt fatigu par le
tangage se trouve peu ou point tay, et il peut en rsulter sa chute.

C'est pourquoi quelques golettes, pour ne pas toucher aux tais pendant
la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mt tenu uniformment, avant
de prendre la mer, crochent et raidissent les tais  des pitons fixs
sur la serre-gouttire, tribord et bbord, par le travers du mt de
misaine.

Quelquefois on runit les bas mts par un cordage appel tai de tte,
qui, aiguillet au chouc du grand mt, se raidit au capelage du mt de
misaine. Mais cet tai les rendant trop dpendant l'un de l'autre, est
supprim gnralement.

Les grandes golettes portent des bonnettes basses  la fortune, et
alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'tablissent comme nous
l'avons dit pour les trois mts.

La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal,
c'est--dire dont la bande est dirige du point d'amure suprieure  la
ralingue de chute, au-dessus du quatrime ris.

Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais
comme les basses voiles des golettes sont leurs voiles principales, il
s'ensuit qu'on est souvent oblig de les porter avec des ris, et qu'on a
par consquent une grande quantit de toile roule, dont le poids
fatigue inutilement. Pour y remdier, on coupe les basses voiles en
deux,  la bande du deuxime ris, et on runit les deux parties par un
transfilage, de manire que, lorsqu'on veut prendre le deuxime ris, on
amne les cornes de la quantit suffisante, et on largue le transfilage.
La surface de la voile se trouve rduite, et est soulage du poids des
deux ris. Il est bien entendu qu'on est oblig de refrapper les coutes.

La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la
misaine a une cargue-point.

La plupart des gremens des btimens  deux mts, autres que les bricks
et les golettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des
modifications. Ainsi le brick-golette a le mt de misaine d'un brick et
le grand mt d'une golette. La golette elle-mme porte quelquefois un
grand hunier et un grand perroquet.

Les btimens  un mt sont: les sloops et leurs modifications. Le mt
est  barres et porte un mtereau; celui de beaupr est  clef,
c'est--dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette
nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande
voile sur corne et gui comme celle des golettes; une flche-en-cul et
deux focs, quelquefois trois.

Les sloops de grande dimension portent un mt de hune  flche, sur
lequel ils tablissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez
ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrire et le grand
largue, ils hissent sur le grand mt une vergue sur laquelle est fixe
une voile de fortune.

Le grement des canots n'tant le plus souvent qu'une modification du
grement du lougre, nous parlerons de ce dernier.

Le mt de beaupr, plac horizontalement, est retenu par deux haubans 
palans, capels  son extrmit et crochs aux pitons placs en avant
des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, galement capele, revient
sur l'avant en passant dans une galoche fixe  bbord de l'trave; dans
les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe.

Le mt de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont  palans. Ce
mt a de plus deux candelettes, toujours en place, croches et raidies;
l'tai se ride sur l'trave. En dessous du capelage et  la tte du mt,
sont deux liens en fer destins au passage du petit mt de hune. Le lien
suprieur est rond, et l'infrieur est carr. Le petit mt de hune est
volant, et ne se gre que lorsqu'on veut s'en servir. Son grement se
compose d'un galhauban de chaque ct, un tai, une guinderesse; ce mt
est termin par une flche en bois mort.

La vergue de misaine est estrope au tiers de sa longueur, vers le gros
bout;  chacun des bouts est pratiqu un trou dans lequel passe un
cordage  cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils
servent d'coute aux huniers. La vergue de misaine est hisse par une
drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse
en arrire du mt, dont la seconde poulie est  l'arrire et au pied du
mt; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double,
passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on
suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser.

Un cartahu de tte de mt sert de balancine  la vergue.

La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on
capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan  la
tte du mt.

Le grand mt, gr comme celui de misaine, a son tai rid  un piton
sur le pont,  quelques pieds en arrire du mt de misaine. Le grand mt
de hune, galement pass comme le petit, a son tai pass dans une
poulie estrope au blin du capelage du grand mt de misaine.

La grande vergue et la vergue du grand hunier sont tablies comme la
misaine et le petit hunier.

Le mt de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la
vergue sont sur l'avant du mt. La vergue de tape-cul est estrope au
quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le
hunier de tape-cul, vulgairement appele _pantalon_.

La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une
misaine, un tape-cul, trois huniers.

Le foc se hisse au mt de misaine et s'amure sur un rocambeau.

La misaine envergue sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixe
sur l'un des trois crocs d'une barre de fer place en dehors et prs de
la tte d'trave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on
la remplace par une perche ou _foule_; l'coute passe dans un rouet en
avant du porte-hauban.

Le petit hunier se hisse le long de son mt par son collier mobile. Les
points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de
misaine qui lui servent d'coute. Cette voile n'a pas de bouline; en la
hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses
galhaubans.

La grande voile amure  des crocs  mrillons, placs tribord et bbord
le long du navire et arrire des haubans de misaine et en dedans du
bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se
bouline sur le mt de misaine.

Le grand hunier s'tablit comme le petit; il a de plus une bouline au
ton du mt de misaine.

Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de
ses haubans; elle s'amure au pied de son mt et se borde  un
arc-boutant  deux haubans  pendeurs, crochs  des pitons placs
tribord et bbord sur la prceinte. L'coute, aprs avoir fait dormant
sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de
l'arc-boutant, et revient  bord.

Le hunier de tape-cul est tabli comme les autres huniers.

Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande
voile par des voiles de moindre dimension, appeles _taille-vents_.
L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on
hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des
autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mts.

Le lougre ainsi dispos a la voilure d'un chasse-mare.


FIN DU GREMENT ET DE LA PREMIRE PARTIE.




TABLE DES MATIRES

DE LA PREMIRE PARTIE CONTENANT

LE GREMENT.


  Avertissement.                               1

  Du grement.                                 3


  CHAPITRE Ier.


  SECTION Ire.

  _Noeuds et Amarrages._

  Epissures.                                   4

  Amarrage  plat.                             5

  Amarrage en trive.                          6

  Cul-de-porc.                                 7

  Noeud de hauban.                            id

  Aiguilletage.                                8

  Genopes.                                    id

  Noeud plat.                                 id

  Demi-Clef.                                   9

  Noeud d'enflchures.                        id

  Noeud d'agui, simple et double.             10

  Noeud d'coute.                             id


  SECTION II.

  _Dfinitions._

  Manoeuvre garnie.                           id

  Manoeuvre congre.                         12

  Paillets.                                   13

  Sangles.                                    id

  Erses et Elingues.                          14

  Estropes.                                   15

  Palans.                                     id

  Bosses.                                     16

  Dormant.                                    id

  Courant.                                    id


  CHAPITRE II.


  SECTION Ire.

  Manoeuvres dormantes des bas mts.          17

  Beaupr, Lires.                            id

  Sous-Barbes, fausses sous-barbes,
    capelage.                                 20

  Haubans.                                    23

  Garde-Corps.                                id

  Des haubans et des tais des bas mts.      24

  Capeler les longis, les traversins et
    les hunes.                                32

  Capelage des bas mts.                      35

  Capelage du grand mt.                      id

  Capelage du mt de misaine.                 40

  Capelage du mt d'artimon.                  41

  Caliornes, candelettes, palans d'tai.      43

  Ridage du grement des bas mts.            45

  Enflchures, trelingages, gambes de
    hune.                                     50

  Capeler les choucs des bas mts.            53


  SECTION II.

  Manoeuvres dormantes des mts de
    hune.                                     54

  Capelage du grand mt de hune.              57

  Guinder un mt de hune.                     61

  Clefs mobiles.                              63

  Trelingages, enflchures.                   68

  Capelage du petit mt de hune.              69

  Capelage du mt de perroquet de
    fougue.                                   70

  Grement du bout-dehors du grand foc.       71

  Capelage du bout-dehors du grand foc.       74

  Du bout-dehors du clinfoc et de son
    capelage.                                 75


  SECTION III.

  Des mts de perroquet.                      76

  Grement des mts de perroquet.             79

  Guinder et capeler un mt de perroquet.     81

  Capelage du grand mt de perroquet.         id

  Capelage du petit mt de perroquet.         83

  Capelage du mt de perruche.                84

  Grement des mts de catacois, de
    bme ou flche.                           id

  Pataras, haubans diagonaux, tai de
    tangage.                                  85


  CHAPITRE III.

  GREMENT DES VERGUES.


  SECTION Ire.

  Grement des basses vergues.                88

  Suspentes et estropes de suspentes.         90

  Drosses.                                    93

  Balancines.                                 95

  Bras.                                       97

  Marche-pieds.                              100

  Palans de roulis.                           id

  Fausses balancines.                        101

  Faux bras.                                 102

  Garnitures de la grande vergue.            104

  Garniture de la vergue de misaine.         108

  Garniture de la vergue barre.              id

  Grement de la civadire.                  109

  Garniture de la vergue de civadire.       112

  Grement et garniture du gui.              114

  Grement de la corne d'artimon.            120

  Garniture de la corne d'artimon.           123


  SECTION II.

  Grement des vergues de hune.              125

  Drisses  itague.                          127

  Bras.                                      129

  Balancines.                                131

  Racage.                                    132

  Marche-pieds.                              134

  Palans de roulis.                           id

  Garniture de la vergue du grand
    hunier.                                  135

  Garniture de la vergue du petit
    hunier.                                  137

  Garniture de la vergue de perroquet
    de fougue.                                id

  Croiser les vergues de hune.                id

  Faux bras des vergues de hune.             139


  SECTION III.

  Grement des vergues de perroquet.         140

  Drisse.                                    141

  Bras.                                      142

  Balancines.                                144

  Marche-pieds.                              145

  Estrope.                                    id

  Racage.                                     id

  Garniture de la vergue de grand
    perroquet.                               146

  Garniture de la vergue de petit
    perroquet.                               147

  Garniture de la vergue de perruche.         id

  Grer les vergues de perroquet.            148

  Dgrer les vergues de perroquet.          151


  SECTION IV.

  Grement des vergues de catacois.          154

  Garnir et grer les vergues de catacois.   157


  CHAPITRE IV.


  SECTION 1re.

  Des voiles.                                159


  SECTION II.

  Grement des voiles carres.               166

  Garniture des basses voiles.               167

  Grement des basses voiles.                170

  Ecoutes.                                   171

  Amures.                                    172

  Boulines.                                  175

  Cargues-points.                            176

  Cargues-fonds.                             177

  Cargues-Boulines.                          178

  Enverguer une basse voile.                 179


  SECTION III.

  Huniers, garnitures des huniers.           183

  Grement des huniers.                      184

  Ecoutes.                                   185

  Boulines.                                  187

  Cargues-points.                            189

  Cargues-boulines.                          190

  Cargues-fonds.                              id

  Palanquins de ris.                         191

  Enverguer un hunier.                       194


  SECTION IV.

  _Perroquets._

  Garniture et grement des voiles de
    perroquet.                               197

  Ecoutes.                                   198

  Boulines.                                  199

  Cargues-points.                            200

  Cargues-fonds.                              id


  SECTION V.

  _Catacois._

  Garniture et grement des voiles de
    catacois.                                201

  Ecoutes.                                   202

  Boulines.                                   id

  Cargues-points.                            203


  SECTION VI.

  Bonnettes.                                 204

  Bonnettes basses, garniture des
    bonnettes basses.                        206

  Grement des bonnettes basses.              id

  Grement des bonnettes de hune.            210

  Grement des bonnettes de perroquet.       212


  CHAPITRE V.

  _Grement des Voiles Latines._


  SECTION Ire.

  _Focs._

  Petit foc.                                 214

  Grand foc.                                 216

  Clinfoc.                                   221

  Trinquette.                                222


  SECTION II.

  _Voiles d'tai du grand Mt._

  Pouillouse.                                223

  Grande voile d'tai.                       225

  Contre-Voile d'tai.                       228

  Voile d'tai du grand perroquet.           230

  Voile d'tai du grand catacois.            232


  SECTION III.

  _Voiles d'tai du Mt d'Artimon._

  Foc d'artimon.                             233

  Diablotin.                                 236

  Voile d'tai de perruche.                  237

  Brigantine.                                 id

  Artimon.                                   242

  Flche-en-cul.                             244

  Bonnette de la brigantine, bonnette
    de sous-gui.                             245


  CHAPITRE V (_bis_).


  SECTION Ire.

  _Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au
    Grement._

  _Manoeuvres du Gouvernail._

  Drosses.                                   246

  Sauve-gardes.                              248

  Bragues.                                    id


  SECTION II.

  Grement des bossoirs des canots.          249


  SECTION III.

  Grement des tangons.                      252


  CHAPITRE VI.

  _Amarres, Cordage des Ancres._

  Amarres.                                   255

  Capon.                                     261

  Bosse-debout.                              262

  Traversires.                               id

  Serre-bosse.                               264

  Mouilleur.                                 265

  Tournevire.                                266

  Orins et Boues.                           268


  CHAPITRE VII.

  _Des diverses sortes de Gremens._

  Golette.                                  271

  Sloops.                                    276

  Lougres.                                   278


FIN DE LA TABLE.


Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD.




ERRATA

DU PREMIER VOLUME.


  _pag._ _lign._    _au lieu de_                 _lisez_:

   4     13       en boucle,                   _ou boucle_.

   6      2       dans l'oeil.                 _dans l'oeil_.

   8     13       sur une vergue,              _sur une vergue, etc_.

  19     16       soit enfin,                  _soit afin_.

  38     17       et  leurs mts,             _et  leur mt_.

  39     25    sur l'oeillet pendant de,  _sur l'oeillet correspondant_.

  43     14       poulie simple,               _poulie double_.

  47     11       horizontalement,             _horizontale_.

  53     20       et pesant,                   _pesant_.

  54     10        hisser, le chouc,          _ hisser. Le chouc_.

  59     17       sous l'avant,                _sur l'avant_.

  60     22       les mts,                    _le mt_.

  166     3       la flche-en-cul,            _le flche-en-cul_.

  172     4       serre-gouttire,             _serre-gouttires_.

  id.     6        la poulie,                 _ la partie_.

  173    21       porte-lots,                  _porte-lofs_.

  238    22       ou le,                       _on la_.

  241    13       lanets,                      _hanets_.

  260     2        jas,                       _ jet_.

  id.  dernire.    id.                          _id._

  270     8         id.                          _id._


       *       *       *       *       *


Note de transcription:

Les errata mentionnes dans le livre  la dernire page ont t
appliqus.

Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajout
_bis_, tel que rfrenc dans la table des matires du livre d'origine.

En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le
typographe, les corrections suivantes ont t effectues:

  p. 15,  corrige apus en dans (dans la manire dont),
  p. 21,  corrige cables en cbles (les cbles-chanes),
  p. 22,  corrige ; en , (filin,),
  p. 38,  corrige cable en cble (les deux tiers du cble),
  p. 38,  corrige A un estrope fait en A une estrope faite,
  p. 64,  corrige poid en poids (le poids du mt),
  p. 71   corrige il en ils (ils passent ensuite),
  p. 86,  corrige baubans en haubans (chose que des haubans),
  p. 101, corrige cappellent en capellent (qui se capellent par),
  p. 103, corrige jotteraux en jottereaux ( hauteur des jottereaux),
  p. 123, corrige envergant en enverguant
            (La brigantine s'enverguant),
  p. 126, corrige palaquin en palanquin (le palanquin des huniers),
  p. 140, change Pour en pour (pour les vaisseaux),
  p. 150, corrige ou en on (enfin on capelle),
  p. 166, corrige formes en forms (les angles forms),
  p. 170, corrige du en au (la partie au vent),
  p. 203, corrige elles pasent, ensuite celles du grand perroquet, en
                  elles passent ensuite celles du grand perroquet.,
  p. 253, corrige mche en mche (sur la mche),
  p. 257, corrige quatre-vingt-dix-brasses en
                  quatre-vingt-dix brasses,
  p. 271, corrige augmention en augmentation
            (la mme augmentation),
  p. 279, corrige a en  (voile amure  des crocs).





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Phocion-Aristide-Paulin Verdier

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receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
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provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
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providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation information page at www.gutenberg.org


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at 809
North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887.  Email
contact links and up to date contact information can be found at the
Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit www.gutenberg.org/donate

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit:  www.gutenberg.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For forty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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